Premier enfant et crises de couple

Serge Hefez (psychiatre) a écrit La danse du couple avec Danièle Laufer. Il y traite de son approche de la thérapie de couple et l’illustre par des explications et des exemples concrets. Il réserve une petite place à l’impact des enfants dans les crises que le couple rencontre.

Il aborde notamment celle induite par l’arrivée du premier.

Premier enfant et crise de modèle

Les hommes sont de plus en plus valorisés socialement pour leurs qualités féminines de douceur, de comprehension, parce qu’ils savent s’occuper d’un enfant ou faire la cuisine. Les femmes sont socialement très valorisées pour des qualités autrefois masculines de performances ou de réussite. Après avoir été mis à l’arrière-plan après la naissance de l’enfant, tout cela revient en force.

Le problème n’est plus tellement dans la connaissance et la reconnaissance mutuelles, mais dans la répartition des tâches. Le « savoir qui nous sommes » fait place au « savoir qui fait quoi ». D’autant que le couple doit se confronter à l’onde de choc que povoque la réintégration brutale des familles d’origine, tant dans l’imaginaire de chacun (« je voudrais être aussi bonne que ma mère l’a été », ou, au contraire, « je ne veux surtout pas faire comme elle ») que dans la réalité s’ils participent à la garde de l’enfant.

Confronter sa vision de l’éducation avec celle de son conjoint au quotidien c’est autre chose que parler théorie avant ou même pendant la grossesse.

Notre première dispute à propos de notre premier enfant a eu lieu lors de notre retour à la maison.
L’ainé avait 4 jours, c’était la nuit, il était dans sa nacelle dans notre chambre et pleurait dès qu’on l’y posait, mais se calmait lorsqu’il était contre moi dans notre lit même sans téter.
Nous n’avions jamais abordé la question du cododo « dans le lit parental », Mr Mari avait dans la tête l’histoire de sa petite soeur que sa mère avait laissé pleurer quelques heures seule dans le salon une fois et qui depuis avait fait ses nuits (après vérification, elle été âgée de 6 mois au moment de cette épisode), il était tard et j’étais fatiguée, j’ai calé l’Ainé entre l’oreiller d’allaitement et moi et j’ai entendu Mr Mari lâcher très en colère « et bien voilà, il a gagné ».

« Protéger » notre enfant qui avait besoin de contact du au refus non seulement de son propre père mais aussi de mon conjoint, mon équipier, a été une expérience assez désagréable.
Heureusement nous avons réussi à nous harmoniser sur ce point assez rapidement.

Réfléchir ensemble aux choix éducatifs, décider de si l’on doit accorder ses violons ou pas sur certaines règles (et dans le cas du « pas » de si l’on se doit d’intervenir lorsque l’enfant enfreint une règle dont nous n’avons cure mais qui est importante pour l’autre parent), revoir la répartition des tâches ménagères et trouver un équilibre juste pour chacun, sont autant d’occasions de grandes discussions de fond pas toujours calmes et d’ajustements quotidien pour le couple parental.

Carpediem

5 réflexions sur “Premier enfant et crises de couple

  1. Pendant longtemps, il suffisait aux mères de mettre au monde, de nourrir et de protéger leurs petits. Aujourd’hui, il leur faut aussi organiser le quotidien et l’éducation de leurs enfants, tout en prenant le temps de s’occuper d’elles, de leur vie professionnelle et amoureuse… Autant dire qu’elles se démènent sur plusieurs fronts à la fois. Dans ces conditions, qu’ont-elles à transmettre ? Quels gestes, quelles décisions feront d’elles des mères bonnes, ou plutôt, si l’on croit certains psychanalystes, « suffisamment bonnes » ? « Avec l’enfant commence la solitude des jeunes mères, écrit l’écrivain Christian Bobin. La pensée éternelle les incline vers l’enfant, sans relâche. » (in La Part manquante, Gallimard, 1994) C’est cet amour-là, livré sans mode d’emploi, que nous avons voulu explorer.

  2. Merci beaucoup de ta contribution!!! Elle me parle assez je dois dire… c’est vrai qu’un enfant fait tant ressurgir de choses en nous, de frustration, d’espoirs… et c’est tellement impossible à anticiper, les discussions sont certes utiles mais tellement d’une nature différente des problèmes qui se poseront par la suite au coeur de la vie concrète…
    Je pense aussi à la place des grands parents, souvent discrets lorsqu’un jeune couple se forme, ils reviennent parfois en force (pour le meilleur et aussi pour le pire) au moment de la naissance de l’enfant… un peu comme si l’enjeu de la transmission, de la passation, de la survie, était d’un coup incarnée par ce bébé tout neuf!

    • Sur ce point, un livre qu’il fait bon lire à deux : Parents Efficaces, de Gordon. « Les parents n’ont pas a être d’accord sur tout en matière d’éducation »… La petite phrase qui peut sauver bon nombre de couples !
      Et faire preuve de pragmatisme, en écoutant ses besoins primaires : ainsi, puisque JE m’occupe de tous les réveils, toutes les nuits, MON confort de sommeil a imposé le cododo avec mon aînée. J’ai proposé 2 options : soit dans notre lit, soit dans un canapé-lit dans la chambre de BB. Petits test histoire de voir ce qui nous convient le mieux… Deux ans plus tard, nous sommes 4 dans la même chambre… :)

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