Je n’ai pas lu « Jalousies et rivalités entre frères et sœurs » de de Adèle FABER et Elaine MAZLISH. Non : je l’ai dévoré en fait. En une matinée.

Un des chapitres qui m’a le plus intéressée, c’est celui sur les rôles et étiquettes qu’on a tendance à coller aux enfants et dont ils n’arrivent ensuite plus à se défaire.
Il y a les grands classiques « le matheux », « la littéraire », « le cancre », « le musicien », « l’artiste », « la maniaque », « la désorganisée »…. Ce sujet là a d’ailleurs déjà été abordé ici.

Aujourd’hui, je voudrais parler d’un rôle qu’on attribue quasiment systématiquement aux enfants dès lors qu’un second enfant nait ou même dès qu’il est en route : le grand et le petit, l’ainé et le cadet…

Dans le livre, on retrouve dans chaque chapitre des témoignages de parents sur les différents sujets abordés.
Celui ci m’a particulièrement interpelée :

Nous pensions faire un compliment à Michael en lui répétant sans cesses combien il était « grand ». C' »était « maman, papa, notre grand garçon et le bébé ». Mais après la séance de la semaine dernière, Kay et moi, nous  avons eu une discussion et nous en sommes venus à la conclusion que nous avions privé Michael de son côté bébé. Par exemple, lorsque le bébé se mettait à ramper, nous disions : « eh ! Regarde ce qu’elle fait ! » avec beaucoup d’enthousiasme. Quand Michael se mettait à ramper derrière elle, nous l’arrêtions et lui disions que ce n’était pas un comportement pour un grand garçon.
Nous avons donc entamé une véritable campagne. La première chose que nous avons faite a été de laisser complètement tomber les étiquettes. Plus de « grand garçon », plus de « bébé ». Maintenant, c’est Michael et Julie. Et je crois bien que ça a des effets positifs. Hier, je tenais Julie sur un genou et Michael a grimpé sur l’autre. Il s’est mis à se balancer de haut en bas en disant « je suis Superbébé » Puis il m’a regardé pour voir comment j’allais réagir. J’ai souri en disant « Salut Superbébé » Depuis son jeu préféré c’est de s »asseoir sur mes genoux et de faire Superbébé qui revient de la clinique en marchant, parlant, courant et nageant.

Je me suis rendu compte que je suis en train de faire la même chose avec ma fille depuis que je suis enceinte : j’essaie de la faire grandir trop vite, de la faire entrer dans ce rôle de grande sœur qu’elle n’est même pas encore puisque bébé2 n’est pas encore né.

Par exemple, j’ai été très contente qu’elle veuille marcher pour aller à la crèche et j’ai rapidement décidé de ne plus prendre la poussette.
Sauf qu’en fait, son envie de marcher n’a duré qu’un temps et que de plus en plus, il a fallu que je la porte. D’abord une partie du chemin puis tout le long.
Les trajets sont devenus pénibles : moi portant 12 Kg et quelques dans les bras et pestant et maugréant à cause de mon bidon s’arrondissant.
Et insistant sévèrement : « Tu es grande maintenant, tu peux marcher »

J’ai réalisé que ma fille, qui sera certes la grande dans quelques mois, est encore bien petite. Et que je n’ai pas à la faire grandir plus vite juste parce qu’elle sera l’ainée de mes enfants. Elle a encore le droit d’être un bébé, elle est encore un bébé.

Nous avons repris la poussette le matin. Et retrouvé nos trajets agréables.

GreenWitch