« Ainsi chez un bébé de quelques jours ou quelques semaines, l’œil qui fixe une lumière, l’oreille qui s’arrête sur un bruit, l’attention qui se concentre sur un bercement, etc., sont autant d’équivalents de bouches qui s’attachent au mamelon. » Ciccone A. In Claza A, et Contant M., Psychomotricité, Paris : Masson, 1993. Des les premiers jours de leur enfant, les parents cherchent constamment à le stimuler. La psychomotricité chez l’enfant permet de favoriser l’intégration sociale et les apprentissages scolaires. Une meilleure intégration des sens et de la psychomotricité favorise sa participation sociale mais aussi le développement de sa personnalité tout entière.

La psychomotricité part du principe que les processus de construction personnelle et la prévention des troubles de la vie psychique et relationnelle passent par la mise en œuvre de l’expérience corporelle. Ils sont visés par de multiples outils de médiation utilisés par les professionnels, comme par exemple le jeu et les activités telle que l’acrobatie, le funambulisme ou la jonglerie qui sont des activités au fort potentiel psychomoteur pouvant permettre d’illustrer certaines techniques d’apprentissage.

« L’apprentissage psychomoteur s’inscrit dans une certaine dynamique évolutive. Fitts et Postner différencient trois phases dans tout apprentissage : une phase cognitive, une phase d’association et une phase d’automatisation.»
• La phase cognitive: comment faire, comment exercer la nouvelle activité et dans quel but.
• La phase d’association: où vous mémorisez cette nouvelle activité à force de répétition.
• La phase automatisation: l’action ne mérite plus d’y penser et on peut passer a l’apprentissage d’une sous action (par exemple, marcher sur des échasses et jongler en même temps).

Moi j’ai une mémoire visuelle, quand je suis sur le trapèze et que le prof m’explique quel est l’enchainement que je dois effectuer, j’ai tendance à me bloquer et descendre du trapèze pour voir quelqu’un d’autre faire l’enchainement d’abord. Enfant j’étais très maladroite et ne débrouillait qu’en danse classique. Activité reposant sur la démonstration physique du mouvement à effectuer puis de la phase de répétition et d’automatisation. Savoir si ma mémoire visuelle a été « surdéveloppée » par l’apprentissage de la danse ou si la danse était la seule activité sportive ou j’excellais parce qu’elle répondait à mes capacités naturelles d’apprentissage ; c’est l’éternelle question : qui vient le premier l’œuf ou la poule !

A savoir si en stimulant d’avantage la phase cognitive de mon apprentissage sur le plan psychomoteur, j’aurai pu briller d’avantage en géométrie ; je ne sais pas. Il est pourtant clair qu’en pratiquant des activités telles que le trapèze ou l’acrobatie, qui nécessitent une excellente appréhension des données spatiales, j’aurai sans doute pu stimuler mes capacités d’apprentissage en la matière. Et en regardant mon fils de 15 mois se déplacer d’une activité à l’autre, essayer de comprendre comment un diabolo fonctionne ou rester en équilibre assis sur une boule ; je peux presque voir ses neurones au travail et comprendre la complémentarité évidente qu’il y a entre les activités du cirque et les techniques de psycho-corporelles.

 French Girl In London
Pour un témoignage sur le premier cours de cirque d’un petit bout de 15 mois, cliquez ici.