Une marraine au bout de la rue

C’est le sujet d’un article du Blog du Monde  « Une année en France » écrit par Pascale Kremer intitulé « Fabrice 9 ans, et sa marraine qui adoucit la vie« , qui parle de l’association Parrains par mille. (d’où est copiée la photo).

 Fabrice, 9 ans, vit en équilibre entre deux mondes. Celui de sa marraine, Dominique Halperin. Et celui de sa mère, Kadet Diakite. Pour le bien de l’enfant, ces deux femmes de cultures et de milieux sociaux si éloignés ont noué une amitié que les cloisonnements de la société française rendent d’habitude improbable. Parrains par mille a permis ce rapprochement, il y a trois ans.

L’association promeut le parrainage de proximité, offre à des familles en difficulté le soutien d’autres familles prêtes à donner un peu de leur temps, de leur attention, de leur affection à un enfant. Vingt-deux ans que prospère ce « parrainage d’enfants du bout de la rue » dont bénéficient, par l’intermédiaire de cette association, près de 500 gamins partout en France

Et c’est l’histoire de rencontres entre une maman qui n’arrive pas à tout faire, une marraine qui a envie de s’occuper d’un enfant, et un enfant tout content qu’on s’occupe de lui.

Du coté de la marraine :

Dominique Halperin sait la rudesse de cette parentalité déclinée en mode « mono ». Seule, une poignée d’années, avec ses deux aînés, elle suppose que, sans ses amies, elle aurait « peut-être sombré ».  Aujourd’hui en couple, mère de trois adultes, deux fois grand-mère, cette enseignante de maths tout juste retraitée qui forme encore des profs lorsqu’elle ne court pas les théâtres, ni ne chante ou ne joue du piano, voulait « aider une famille à s’en sortir un peu mieux, un enfant à se construire ». Gouaille, joie de vivre et générosité. « Les impôts et tout le bazar, je veux bien ! Mais si les gens étaient un peu plus solidaires, ce ne serait pas plus simple ? »

Et du coté de la maman :

Arrivée de Côte d’Ivoire il y a une quinzaine d’années, elle n’a connu neuf ans durant que les dix mètres carrés humides d’une chambre d’hôtel insalubre. Fabrice (il en est devenu asthmatique) et sa petite sœur Marie-Espérance y sont nés. Son bébé de 17 mois endormi dans le dos, Kadet Diakite nous raconte, sans cesser de manipuler les faitouts dans sa minuscule cuisine-couloir, avoir travaillé sur les marchés, puis « pris un coup dans le dos » qui l’oblige désormais à survivre avec les 900 euros d’un RSA que les deux géniteurs des trois enfants n’ont pas le bon goût d’améliorer. « Les pères africains, ils n’assument pas. La seule chose qu’ils font c’est mettre la photo de l’enfant sur leur portable. »

Le parrainage, découvert à la télévision, lui a paru la plus évidente manière de récréer cette famille élargie qui, en Afrique, entoure les enfants et leurs mères. « Toute seule, je coulais, se souvient-elle. Maintenant, quand je suis tracassée, j’appelle Dominique.

Voilà, c’est l’histoire tout simple d’une maman en difficulté, et d’une grand-mère qui déborde d’énergie et d’un respect mutuel qui s’est installé entre elles deux.

Dominique Halperin nous l’avait assuré plus tôt : « Elle a cette grandeur d’esprit. C’est une belle femme. » Kadet Diakite jamais ne se plaint, tentant éternellement de faire face à tout. « Une leçon ! »

« Maintenant, quand je suis tracassée, j’appelle Dominique. Elle a les mots justes pour me rassurer. A nous deux, on essaie de le cadrer, de trouver la solution. La vie est moins lourde, j’ai arrêté de hurler pour de petites choses. »

Chacune a trouvé sa place autour de l’enfant pour être complémentaire et lui apporter ce dont il a besoin.

Pas de rivalité, chacune a un rôle différent, et chacune s’enrichit du partage avec l’autre.

« Il faut un village pour élever un enfant »  dit un proverbe africain. Mais finalement c’est vrai pour nous tous.

Je crois que c’est bien pour un enfant d’avoir d’autres adultes affectueux que ses parents autour de lui.

Phypa

5 réflexions sur “Une marraine au bout de la rue

  1. Merci beaucoup de ta contribution!!! C’est vraiment une très belle idée que ce projet!! Je t’avoue qu’en lisant l’intro, je craignais un peu d’y retrouver un peu trop de préjugés socio-culturels (grand mère blanche prof VS maman solo noire sans emploi) mais leur discours montre qu’elles sont chacune dans un profond respect l’une de l’autre, toutes deux tournées vers l’épanouissement de l’enfant et ça c’est très très chouette!!!

  2. En fait ce que j’ai trouvé intéressant, c’est la démarche de la mère, qui a pris conscience de ses limites, les a acceptées, et a su trouver un soutien dans un lien enrichissant pour tout le monde.

  3. :très chouette expérience. Merci. J’ai l’impression que cette initiative de parrain/marraine a déjà été évoquée ici? Mais j’aime vraiment le respect qui se dégage de cette histoire, cette amitié, cette solidarité. Ca m’évoque les alloparents de Didierjean-Jouveau!

  4. Pingback: Besoin d ’aide? {mini-débrief} « Les Vendredis Intellos

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