Quand la maîtresse de grande section nous annoncé que mon fils serait pour son entrée au CP dans une classe de double niveau, j’ avoue que je n’ étais pas convaincu du bien fondé de cette idée. Selon elle, comme elle le soupçonnait d’ être un enfant précoce et qu’il avait de grandes capacités, sauf en écriture, elle a pensé que si il était dans une classe composée de CP et de CE1 il serait tiré vers le haut.

J’ en ai discuté avec des amies, d’ autres maîtresses aussi, qui m’ont dit qu’a priori c’ était plutôt une bonne chose.

Moi j’ ai juste eu peur qu’il se sente perdu et qu’il ne suive pas. L’ empereur aime avoir des repères forts dans la vie quotidienne et à l’école aussi. Aussi j’ ai pensé que ça allait lui prendre du temps pour s’habituer à ce nouveau mode de fonctionnement.

 » Passés les premiers jours, où ils doivent s’habituer à cette cohabitation originale,les élèves en tirent beaucoup de bénéfices. D’abord, les plus grands deviennent souvent les « tuteurs » des petits. Rien de tel pour responsabiliser les enfants et cimenter une cohabitation basée sur l’entraide et non la compétition. »

Difficile de savoir si mon fils s’est vraiment habitué à ce système ou la maîtresse n’est pas toujours là pour l’ aider comme en Grande Section. Il n’ en parle quasiment pas.

 » En principe, les enfants qui fréquentent les classes à double niveau sont très autonomes et savent travailler seuls. Le fait d’avoir un peu plus de « liberté » (sous surveillance, toujours !) renforce leur faculté à s’organiser. « .

C’est justement l’inverse de ce que la maîtresse m’a fait comprendre au sujet de mon fils. Elle le trouve encore immature et dit que comme il est de la fin d’ année, il y a forcément un gros décalage avec ceux qui sont nés en Janvier ou Février. C’est le seul apparemment qui se croit encore en Grande Section en lui demandant a quelle heure il va aller jouer, ou a se lever de manière intempestive, si il a fini son travail par exemple. il a du mal a s’organiser aussi. Elle le trouve rêveur et moins concentré que les autres.

Néanmoins, elle dit qu’il  est bon élève ( sauf en écriture comme toujours ) . Elle a bien insisté sur le fait pendant la réunion sur le fait qu’une classe de double niveau n’est pas une classe ou on met les élèves les moins bons, au contraire. Beaucoup de parents semblaient penser le contraire et elle a voulu les rassurer. Elle nous a aussi fait comprendre qu’il fallait un temps d’ adaptation à nos chères têtes blondes pour prendre le rythme, les habitudes de travail mais que très vite ça allait se faire.

Alors entre d’autres  parents inquiets, une institutrice qui  » doit faire face à une organisation et à une préparation sans failles de ses journées « , j’ attends de voir ce que ça va donner et pour l’instant mes craintes subsistent.

L’année scolaire est encore longue et mon fils a encore le temps de mûrir, d’ acquérir de la patience, de la concentration, et de se détacher de ses habitudes de maternelle.

On en reparlera dans 6 mois.

Et si bien sûr vous avez connu la même situation, n’ hésitez pas à partager votre expérience

Préenbulles

 

Source : Safia Amor avec Isabelle Petit-Jean, professeur des écoles, et Brigitte Chevalier, enseignante pour  Enfant Magazine

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