Le bonheur d’éduquer

Si je trouve intéressant de lire des ouvrages qui ne correspondent pas forcément à ma façon de penser, j’aime me reposer en lisant un livre dont les théories reflètent ce que je ressens. C’est le cas deNos enfants sont des merveilles : Les clés du bonheur d’éduquer de Denis Marquet.

Dans cet essai, il n’y a que peu de conseils concrets, pas de recettes miracles et encore moins de culpabilisation, ce qui est, vous en conviendrez, original et réconfortant. Je pense vous en parler en plusieurs fois car il y a beaucoup à dire. Je ne suis pas d’accord avec tout, c’est évident mais j’adhère vraiment à la thèse de l’auteur. Le mot-clé est l’émerveillement.

Tout enfant est une merveille, cela signifie que la relation juste avec son enfant est, avant toute autre chose, l’émerveillement. Dès sa naissance et sans limite de temps, s’émerveiller de son enfant est la base de l’éducation. (…)

Poser sur son enfant un regard émerveillé, c’est comme s’occuper d’une plante : elle est belle de nature mais se flétrira si on ne l’arrose pas.

Je trouve que c’est un postulat de base tout à fait réjouissant et qui rend l’éducation plus agréable. L’auteur est justement parti du constat qu’en matière d’éducation, on évoque le plus souvent les difficultés. Or, pour lui, c’est du bonheur (mais pas non plus « que du bonheur »). Mais pour que cela fonctionne bien, il faut oublier tous ses principes (j’adore !) et se centrer sur l’enfant, celui qui est là devant nous.

La caractéristique humaine qui me semble la plus essentielle est le fait que chaque individu est, au moins potentiellement, unique.

L’être humain aspire à devenir et à exprimer l’être unique qu’il est.

C’est la clé de l’éducation heureuse.

L’enfant a besoin de ressentir que l’éducation qu’on lui prodigue n’est destinée qu’à lui, et qu’elle a pour objectif de l’aider à devenir et à exprimer dans le monde l’être unique qu’il est.

Trop souvent, les parents donnent une éducation centrée sur eux-mêmes : leurs peurs et leurs attentes, leur passé, leurs principes et leurs repères… Ou bien, ils se règlent sur la savante parole des experts lesquels, nous les verrons, se contredisent à peu près sur tout !

Dans les deux cas, le risque est de perdre de vue les besoins de cet enfant-là, singulier, nouveau, irréductible à tout savoir.

Je propose une éducation centrée sur l’enfant.

L’auteur ne propose donc pas de théorie précise puisque chaque enfant est unique. Seul conseil : regarder et écouter son enfant. Cela ne veut pas dire que c’est facile, bien entendu. Il précise quand même quelques principes à retenir pour trouver le bonheur dans le fait d’éduquer.

Tout change tout le temps. En conséquence, ce qui est bon un moment ne l’est plus à un autre, ce qui a été bon peut devenir tout à fait nuisible, ce qui aurait été néfaste un peu plus tôt peut être devenu nécessaire et tout change de manière extrêmement rapide.

Cela exclut donc de s’appuyer sur UNE théorie et d’appliquer les mêmes principes à tous ses enfants. Il faut vivre dans l’instant.

Chaque enfant est absolument unique et, par conséquent, ses besoins en matière d’éducation diffèrent de ceux d’un autre enfant.

Evidemment, ce n’est pas simple, cela suppose d’être ouvert, humble et conscient.

La seule qualité qui est requise en matière d’éducation, c’est la conscience. (…)

Que signifie être conscient ? Trois choses essentielles :

– Accepter ses sensations ;

– Lâcher ses idées ;

– Donner son attention.

Vous l’aurez compris, l’idée n’est pas de dire que tout est facile, qu’il « suffit » de regarder son enfant pour que tout marche sur des roulettes. Le travail sur soi est indispensable, il y a beaucoup de choses à « lâcher ». Je trouve ça beaucoup plus juste que d’appliquer des principes établis.

Enfin, ce que j’ai apprécié dans cet ouvrage, c’est qu’il n’y a aucune culpabilisation.

Nos erreurs, nos lacunes, n’ont pas d’importance. Elles ne blessent que l’image que nous voudrions avoir de nous-mêmes. Ce qui compte, c’est de persister dans l’erreur le moins possible. Ce qui suppose d’en prendre conscience. (…)

(…) Les parents ont un droit à l’erreur illimité, en même temps que le devoir de reconnaître et de corriger chacune d’elles. En effet, reconnaître une erreur neutralise ses conséquences. Exprimer des regrets est, la plupart du temps, source de guérison pour l’enfant.

Je ne sais pas vous mais moi, ça me met en joie !

Tout cela peut vous paraître un peu théorique mais dans un autre billet j’aborderai les passages un peu plus pratiques puisque plusieurs chapitres sont consacrés aux différentes étapes du développement de l’enfant.

 

Clem la matriochka

3 réflexions sur “Le bonheur d’éduquer

  1. Merci beaucoup de ta contribution Clem!!! Effectivement, j’aime assez ce point de vue sur l’erreur, une vraie bouffée d’air comparé à ce qu’on lit souvent!! Une manière de laisser à nouveau un peu de marge à la spontanéité et au bon sens en matière d’éducation!!!
    J’en discutais tout à l’heure sur twitter, s’émerveiller de son enfant quand il est tout petit est une chose mais seront nous encore capables de le faire lorsqu’il sera ado? J’espère que oui!

  2. tu m’étonnes que ça met en joie ;-)) même si je pense qu’on peut faire des erreurs. moi, j’ai peur d’etre trop autoritaire, trop dure, ce qui pourrait évoquer de la crainte … mais j’y travaille!! en tout cas ton résumé est parfait!

  3. Pingback: De l’utilité de neuroner -mini debrief- « Les Vendredis Intellos

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.