Par amour pour son fils, par respect pour ses valeurs

Je viens partager avec vous une histoire qui m’a profondément touché. Nils, papa d’un petit garçon de 5 ans, a incarné au delà de tous les jugements, son engagement pour l’égalité des genres.

Le fils de ce papa Allemand ne se sent à l’aise qu’en jupe ou en robe. Une situation sans doute pas si extraordinaire. Plutôt tolérée bien que faisant jaser à la capitale, c’est en déménageant dans une petite ville du sud de l’Allemagne que ce papa a pris la mesure des moqueries et de leurs dimensions à l’échelle du village.

Faire le choix de la différence

Voici une très belle phrase de ce père:

On ne peut pas attendre d’un élève de maternelle qu’il ait la même capacité à s’assumer qu’un adulte si on ne lui montre pas comment faire

La solution apparaît comme évidente : aidez son enfant à s’assumer, le copier pour le supporter.

C’est bien ce choix que Nils a fait.

Par amour pour son fils - Père de famille.fr

L’enfant avait, on peut le comprendre, beaucoup de difficultés à se faire des amis. Si la maturité d’un enfant de 5 ans ne leur permet pas de s’assumer, ils restent en mesure de juger et différencient déjà clairement les codes genrés de notre société.

D’abord le week-end, puis pour emmener son petit gars à l’école, Nils a adopté le style vestimentaire de son fils pour l’aider à s’assumer.

Je trouve cet acte courageux. Il est dans doute plus facile pour un parent de tenter de faire rentrer son enfant dans le moule de la société que de le conforter dans des comportements hors normes, décalés, qui choquent.

Plus facile pour le parent mais dévastateur pour l’enfant.  Apprendre la frustration est un élément fondamental de l’éducation d’un enfant mais dans quelle mesure ? Frustrer un enfant qui veut une boite de tic tac à la caisse est bien différent que d’empêcher un enfant de se sentir bien dans sa peau.

Faire le choix de la différence était dans cette situation le choix du bien être pour un enfant. Il n’y a pas grand chose de plus important.

Et l’égalité des genres?

Est-ce qu’un garçon qui porte des robes est l’égal de son voisin en jeans et en polo ? Est-il l’égal d’une petite fille qui porte la même robe que lui ? Soyons honnête, je ne le pense pas. Tout du moins je ne pense qu’il soit perçu comme suffisamment « normé » pour bénéficier des mêmes chances que ces petit(e)s ami(e)s.

Mais est-ce que la question fondamentale ne serait pas : est-ce qu’un enfant frustré en jeans et polo est l’égal de son voisin qui porte les mêmes vêtements ? Je ne le pense pas non plus.

Car cet enfant grandira et cherchera à s’assumer tel qu’il est. Le frustrer n’est que retarder son émancipation et elle sera d’autant plus difficile et douloureuse que sa différence n’a jamais été acceptée.

Respecter son enfant n’est-ce pas nourrir toute d’une profonde empathie toutes les réflexions sur son développement ? Sans essayer de comprendre le pourquoi mais en cherchant à identifier le meilleur, en l’acceptant tel qu’il est.

Ce père est allé au delà de l’acceptation. N’oublions pas que d’accepter que son fils porte de robe n’est certainement pas chose aisée. Nils a su l’accepter et tout faire pour l’assumer.

Cette histoire reste pour moi un exemple d’amour et de respect qui représente le père comme je l’envisage, sans même savoir si j’en serai capable… Un amour pour son fils mais aussi un respect de ses propres valeurs qui me laisse rêveur.

Mes sources :
http://avantbear.tumblr.com/post/30368038226/fousheezy-kcalron-oneandonlygabriel
http://yagg.com/2012/08/30/pere-en-robe-en-solidarite-avec-son-fils-de-5-ans/#comment-63904

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8 réflexions sur “Par amour pour son fils, par respect pour ses valeurs

  1. J’avoue que je suis très perplexe.

    D’un coté j’aime bien la réaction de ce papa.

    D’un autre côté, j’ai tendance à apprendre à mes enfants à se plier à un minimum de conventions sociales, et je ne crois pas que j’aurais laissé mon fils aller en robe à l’école.
    En revanche, je crois que je le laisserais faire comme il veut à la maison.

    De la même façon, je ne laisse pas ma fille aller au collège en débardeur. Mais en vacances, libre à elle de se promener en short , débardeur et tongs.

    Je crois que le sujet va au-delà des conventions de genre. Que met-on derrière le port d’un vêtement ? Quelle est la frontière entre affirmation de soi, respect d’une convention sociale, respect des autres ?

    C’est très subjectif. Nos enfants sont forcément sensibles à notre perception. C’est aussi un sujet de conflit avec les ados…

  2. Je crois que je ressens à peu près la même perplexité que ce que phypa a exprimé. C’est sans doute parce que ce Nils ne met pas du tout les mêmes significations que moi derrière un habillement conventionnel, que je me sens gênée par ce témoignage. Oui en effet c’est une belle preuve de soutien. Et oui aussi, parfois frustrer son enfant c’est enterrer quelque chose qui ressurgira plus tard. Mais où est la limite entre une telle frustration et le simple apprentissage d’une convention sociale ?

    Finalement (je n’ai pas été lire les sources), est-ce que Nils exprime qu’il fait cela dans l’attente que cette idée passe à son fils (comme une lubie du moment, comme p.ex. les filles qui veulent s’habiller en princesse pendant un temps), ou est-ce qu’il pense que c’est parti pour être quelque chose de pérenne pour son fils ?

    Et qu’en pense la mère ? (si elle est présente tout au moins)

    Ne pas considérer que ce que fait le fils de Nils puisse être un « problème », là, je suis sans difficulté. De là à lui apprendre par l’exemple que c’est acceptable dans la société dans laquelle il grandit, personnellement je le prends comme une tromperie. Et ça me gêne.

    Beaucoup d’idées qui se bousculent…

  3. Merci pour vos remarques. Très intéressant.
    Effectivement, on est en droit de se demander si cette « hyper adaptation » à l’enfant est véritablement un service rendu.
    J’ai le sentiment que l’enfant comprend qu’il est hors norme. Il le comprend car il est le seul à porter des vêtements de filles, parce qu’il supporte le regard des autres.
    Mon point de vue est qu’un enfant épanoui et équilibré sait se plier à la norme (ou la convention) qui veut qu’un homme ne porte pas de robe.
    Je pense que Nils se dit que son fils portera des robes tant qu’il sera plus à l’aise en « fille » et qu’il est plus facile de rentrer dans la norme que d’en sortir.
    Madame Irza, tu as raison, aucune des sources ne fait référence à la mère, ce qui est bien dommage.

  4. Moi je trouve ça assez chouette.

    Dans l’école de ma fille il y avait l’année dernière un petit garçon qui est venu plusieurs fois en robe à l’école, ou à des évènements autour de l’école. Ca n’a pas plus soulevé de réactions que ça… Ce n’est pas très conventionnel, certes, de là à choquer ??? Est-ce que c’est si « inacceptable » dans notre société qu’un homme porte une jupe ? Les écossais en portent bien, dans des tas d’autres cultures les hommes en portent, … chez nous, non, mais au final que « risque »-t-on à porter une jupe, à part passer pour un original ?

    On en revient toujours un peu au même point, dans notre quête de l’égalité homme-femme, on accepte à la rigueur que les filles adoptent les codes vestimentaires, les jeux, plus tard les études et les carrières des enfants, mais l’inverse, ça coince.

  5. Je pense qu’il y a des règles en société et qu’il est important de les faire respecter à ses enfants et de les enseigner et que cela englobe la politesse, le respect d’autrui et la pudeur par exemple.

    Mais ici je pense qu’on est loin de tout cela, cet enfant et son père font sauter un stéréotype purement sexiste et leur manière de faire n’a pas but d’offenser qui que se soi.

  6. La question est peut être de savoir jusqu’où va la gêne et le mal être ressenti par cet enfant… Quant aux conventions sociales, il me semble certes important de sensibiliser les enfants à leur existence… mais c’est à nous de juger les enjeux qu’il y a derrière leur non respect (je pense par exemple à la lutte contre hypersexualisation des fillettes) et de décider en conséquence si elles méritent ou non d’être respectées…

  7. Si ce papa au lieu d’un garçon avait une fille qui souhaitait elle aussi porter une robe on sent bien qu’il ne se serait pas cru obligé d’en porter une lui aussi. Pourquoi alors ce monsieur est-il plus solidaire de son fils que de sa fille? Par ailleurs pourquoi cette histoire d’hommes en robes comporte t elle quelque chose de prescriptif? Avez vous remarqué que la robe est très voyante car rouge? Pourquoi ces deux personnes ne portent-elles pas de chaussures? Affronter les bouts de verre est-ce, ça aussi, une libération d’avec les codes sociaux? Ou bien tous ces signes sont ils l’expression d’une soumission à d’autres codes, à une autre grégarité?

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