Un an que Working mum est en congés parental. Le mot congés n’est pas justifié. Avoir un bébé à gérer est un vrai boulot. Un boulot qui nécessite aussi des compétences particulières : patience, dévouement, capacité d’animation d’un public difficile… Et pour le paiement avec des bisous et calins…. Il ne faut pas hésiter à réclamer au bébé-patron souvent avare. Le mot parental ensuite : les deux parents peuvent prendre ce congés. Or, 96% sont des femmes. Même si les hommes sont de plus en plus enclin à prendre du temps et moduler leur emploi du temps (source : sciences humaines ) serait-ce notre fameux instinct maternel ? Après tout, si on parle tant de Mars et Vénus, cela fait peut-être parti de nos « prérogatives » ?

Au départ, j’ai béni ce congés parental : bébé n’a pas fait ses nuits jusqu’à ses 6 mois donc on faisait des siestes communes, j’ai allaité jusqu’à 5 mois passés et impossible de réussir à tirer mon lait. Pour ces deux raisons, j’étais contente. On avait un vrai rythme serein. Il y avait l’envie aussi de vouloir passer du temps avec ma fille : la voir s’éveiller, les premiers sourires, les premiers areuh, je n’avais pas du tout envie de la laisser déjà à quelqu’un, même si formé, même si compétent… Je voulais qu’elle les fasse à nous !
Aujourd’hui, ma fille a 15 mois. Je sens qu’elle a besoin de bouger, de s’activer, de voir autre chose, d’être en vadrouille… Alors je me pose la question de la mettre un peu en halte-garderie. Je la sors bien sûr beaucoup, elle voit d’autres enfants et n’est pas plus demandeuse de jouer avec eux… Néanmoins, je me questionne beaucoup sur ce que je peux encore lui apporter.

Pour prendre ce congé parental, nous avons réfléchi. Il y a l’envie mais aussi la réalité financière à prendre en compte. J’avais réfléchi avant même sa naissance : courir après les horaires, après le métro, les rendez-vous… Et pour donner combien à la crèche ou à la nounou ? 30% de mon salaire… Non, merci. D’ailleurs, je ne suis pas la seule à faire le calcul. Le congé parental est majoritairement assuré par des foyers modestes. « A peine moins payé pour rester à la maison », pas de honte à avoir certains au chômage font pareil: le calcul chômage vs salaire proposé à une nouvelle embauche n’est pas toujours à l’avantage du retour au travail.

Il se pourrait que ce soit néanmoins un cercle vicieux pour certains : je suis à peine moins payé en étant chez moi, je reste donc chez moi, mais je vais sans doute passer par une période de chômage car aucun employeur va vouloir une femme qui a été inactive pendant longtemps… Donc mon niveau de vie ne va pas s’améliorer et je vais offrir moins à mon enfant (la pauvreté infantile est divisée par trois ou quatre lorsque la mère travaille dixit le même magazine). Bien sûr on parle de financier. Cela peut aussi avoir des avantages pour le développement de l’enfant : sa mère lui donne confiance en lui, assez pour pouvoir lui donner envie de découvrir le monde, elle a le temps, l’enfant ne connaît à priori pas de stress avec des horaires infernales à vivre… Aujourd’hui, garder un enfant à la maison ne veut pas dire le couper du monde non plus: de nombreuses PMI ont des lieux d’accueil justement pour les parents au foyers qui veulent sortir leurs enfants. Pour ma part, nous voyons du monde tous les jours. Entre deux siestes, il y a forcément une activité à l’extérieur : balade en poussette, un tour au toboggan, une baignade à la plage, des courses (vive le caddie ! l’attraction du jour…), des lieux d’accueil bébés/parents pour jouer tous ensemble…

Au vu des places disponibles en collectivité, le congé parental répond à un vrai besoin de garde

Une analyse intéressante de Sciences humaines : les places en crèche coutent cher, il est donc préférable de payer les mères pour qu’elles restent chez elle. Cela permet également l’embauche pour les remplacer. Avantage pour l’Etat donc et pour les mamans ? J’en connais qui préfèrent largement aller bosser et pas seulement pour les aspects financiers. Cela leur donne un équilibre psychologique : je reste femme et active tout en étant maman. C’est clair que, quand on ne bosse pas, la société ne te fait pas te ressentir très utile… Et pourtant c’est le job de ta vie : éduquer ton enfant. Bien plus que faire augmenter les ventes, répondre au téléphone and co… Je ne critique pas pour faire tout ça moi aussi hein !
Avec mes nouvelles copines, jeunes mamans et aussi en congés parental, nous évoquons souvent le sujet : quand retourner travailler ? Aux trois ans de l’enfant ? « C’est long ». On en parle beaucoup sans doute que nous ne sommes pas totalement à l’aise (t’as fait quoi aujourd’hui ? Comme d’hab), que la société nous donne le sentiment d’être « inactive »…

L’article évoque le cas de la Suède, j’en avait déjà entendu parler avant d’être mère : congés parental jusqu’au 16 mois de l’enfant dont 8 semaines pour le père. Ensuite, obligation d’accueillir l’enfant en collectivité. Maintenant que je vis la situation, je dis bravo ! 16 mois c’est idéal quand je vois ma fille évoluer. Et 8 pour le père, bravo aussi ! Mais pourquoi je ne suis pas née blonde et là bas??!!
Ne travaillant pas (au sens de la société), je me donne l’obligation de faire tout le reste à la maison : courses, ménage, cuisine… Et c’est clair que ce cercle est vicieux aussi. Car oui quand papa travaille beaucoup je ne me vois pas lui demander quoi que ce soit (même sans demander, il pourrait faire de lui même), mais un jour, quand je vais moi aussi travailler, il va falloir alors lui aussi l’éduquer ? Enfin, vous voyez l’idée ! Donc oui au congé parental mais attention à ces travers ! Et pour aller dans mon sens, le calcul de la rentabilité d’une femme qui arrête de travailler temporairement versus de nouvelles places en crèche démontre que l’Etat a tout intérêt à en créer.

Alors on fait une pétition ?

Working mum