L’adultisme, histoire de définitions [Les vacances des VI]

C’est les vacances et c’est le 15 août ! Allons-nous laisser nos neurones en jachère pour autant ? Que nenni !

Pour ce jour férié, j’ai choisi de vous parler de l’article de Maman Dragon au sujet de la supériorité supposée de l’adulte sur l’enfant.

Ce billet commentait un article du magazine Kaizen (n°1, mars-avril 2012) au sujet de l’ « adultisme ».

Le professeur Barry Checkoway de l’université d’Ann Arbor dans le Michigan définit l’adultisme comme suit : « Tous les comportements et les attitudes qui partent du postulat que les adultes sont meilleurs que les jeunes, et qu’ils sont autorisés à se comporter avec eux de n’importe quelle manière, sans leur demander leur avis. »

L’adultisme est une notion étudiée et combattue par  Teresa Graham Brett, éducatrice et consultante, militant pour l’égalité des chances. Sa théorie est que la société peut être changée en changeant de regard sur les enfants et la façon dont nous les traitons.

Dans notre propre vie, même si nous combattons le racisme, même si nous nous battons pour un monde en paix, pour un monde plus respectueux de l’environnement, si nous utilisons notre pouvoir sur les enfants qui vivent avec nous, alors nous perpétuons l’injustice et l’oppression. Nous faisons en sorte que nos enfants acceptent un monde basé sur cette loi : celui qui a le plus de pouvoir contrôle celui qui en a le moins.

Citations issues de la traduction de l’article Adultism: The Hidden Toxin Poisoning Our Relationships with Children.

Le billet de Maman Dragon fut l’objet de nombreux commentaires, chacun montrant combien il était difficile, tout d’abord de savoir quand nous étions « adultistes » (tous les commentateurs n’étaient pas d’accord sur la notion d’oppression ; là où certains voient de l’adultisme, d’autres parlent de limites posées)  mais aussi de la manière de combattre  notre propension naturelle à cultiver l’oppression dans nos foyers. La richesse des débats prouva que cette réflexion remue pas mal de choses dans nos certitudes et notre manière de voir la relation parents-enfants.

J’ai souhaité faire quelques recherches sur le terme « adultisme » qui me paraissait être un anglicisme un peu sauvagement traduit et j’ai découvert que l’adultisme en France a été défini par Boris Cyrulnik comme étant le fait pour un jeune enfant de se comporter comme un adulte. C’est un mécanisme de défense assez classique chez l’enfant maltraité.

Boris Cyrulnik qualifie l’adultisme de « mécanisme de défense » et de « stratégie relationnelle coûteuse ». Il ajoute encore que ça consiste pour l’enfant à «apprendre le déplaisir de vivre par responsabilité précoce ».

Citation issue du blog Un temps pour soi, de Sylvie Bergeron, psychologue.

Dubitative devant ce mot aux multiples définitions, très différentes, j’ai donc fait une recherche dans le Larousse : adultisme n’y existe tout simplement pas. J’ai trouvé que cette rapide recherche méritait d’être racontée ici, car elle prouve combien le travail reste grand en matière de sciences de l’éducation : il y a tant de phénomènes à étudier et à définir !

La Tellectuelle

2 réflexions sur “L’adultisme, histoire de définitions [Les vacances des VI]

  1. Merci beaucoup de ton article!!! Et aussi de tes recherches et précisions!! Je rejoins entièrement ta conclusion: entre les concepts en mal de dénomination et les contresens dans les terminologies (sans parler des anglicismes tels que celui sur lequel tu viens de mettre le doigt!), il reste fort à faire!!! Et heureusement!!

  2. Pingback: L’adultisme – Bouts de Ficelle

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