Un enfant, une chambre ? [Les vacances des VI]

Pour cette publication spéciale vacances, je t’écris (mais pas depuis une planche à voile), pour te reparler de cet excellent article de Flolasouricette.

Il paraît que pour écrire bien il faut parler de ce qu’on connaît. Alors voici pour ma famille.

Du temps de mes grand-parents et de leurs ancêtres, la contraception n’existait pas, et on avait le logement qu’on avait point barre. La question ne se posait pas. On faisait en fonction de la place dont on disposait, du nombre d’enfants qui se présentait, et de l’argent disponible.

Du temps de mes parents, on pouvait contrôler le nombre d’enfants, et il semble qu’on se posait plutôt la question de combien d’enfants on souhaitait vraiment avoir plutôt de combien on pouvait en placer dans la maison.

De notre temps à nous, force m’est de constater que le discours ambiant des gens de mon âge et de mon entourage est : un enfant par chambre, et si on n’a pas les moyens d’avoir une pièce en plus, il n’y a pas d’enfant en plus. Et c’est pour le bien des enfants.

Ce qui forcément, sous entend que faire le contraire, c’est pas bien. Et comme j’ai l’intention de faire le contraire, eh ben, jsuis pas contente.

Etant habitante de la région parisienne et étant donné le prix du mètre carré, je pense aussi avec tristesse à tous ces voeux de famille nombreuse irréalisables, non pas pour des questions de moyens au sens nourriture, vêtements etc, mais pour des questions d’espace.

J’ai envie de faire le parallèle avec la séparation générale des familles. Il fut un temps où les maisons de retraite n’existaient pas, et où plusieurs générations cohabitaient sous le même toit. Voire même sur une même branche, un regroupement de fratries.

Problèmes économiques, pertes d’emploi, et que voit-on revenir : la cohabitation des générations par souci d’économie.

Peut-être sommes-nous à un croisement.

Un croisement entre le passé lointain où la cohabitation forcée la rendait insupportable, et le passé plus récent où chacun vit chez soi le plus tôt possible, avec parfois un brin de solitude à la clef.

Peut-être redécouvrons-nous les vertus d’un mode de vie qu’on subissait jadis par non choix, mais qui, après exploration de l’inverse, nous semble présenter maintenant quelques avantages.

Peut-être aussi que je suis complètement à côté de la plaque.

Peut-être aussi que je cherche seulement à justifier nos envies d’avoir plus d’enfants que de chambres.

Toujours est-il que je n’arrive pas à me convaincre de la suprématie de la chambre particulière.

Bien sûr, surtout quand ils grandissent, les enfants, les jeunes gens, éprouvent le besoin de s’isoler, seuls ou avec des copains/copines. N’y a-t-il que la chambre qui puisse permettre cela ? Ne peut-on imaginer un genre de salon avec un planning par exemple ?

Faire semblant de dormir, inventer des signaux lumineux pour discuter quand on n’en a plus le droit, se rassurer parce qu’on n’est pas tout seul, jouer à se faire peur avec les ombres, partager des secrets… Voilà à quoi je pense en premier quand je pense à partage de chambre.

Mais peut-être que dans dix ans, on montera des cloisons partout pour faire cesser les cris ?

A vos avis !

Vaallos

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6 réflexions sur “Un enfant, une chambre ? [Les vacances des VI]

  1. J’ai 3 chambres pour 4 enfants (les 2 derniers, 4 ans et 18 mois partagent la leur), mais le jeu préféré des mômes, c’est le trafic de paddock, aller dormir les uns chez les autres, à leur place, dans le même lit (les 2 grands de 6 et 8 ans ont des lits doubles pk servent à recevoir aussi), ou encore mieux, dans les lits de camps. Fréquemment les 2 plus grands négocient avec leur frère de 4 ans de pouvoir dormir avec la petite de 18 mois. Et le rêve de tous : les lits superposés (que 2 chambres sous combles ne permettent pas, évidemment). ;-)

  2. Ici, on a bien 3 chambres et 2 enfants, mais on a décidé de faire chambre commune pour les deux garçons (4 ans et 10 mois) et une salle de jeux, avec dans l’idée de créer une fratrie partageuse et respectueuse de l’autre. L’avenir nous dira si nous avons raison ;-)

  3. Ca fait plaisir que le sujet soit reabordé ! Nous nous apprêtons à faire comme toi, le deuxième arrive et sera avec notre fils ainé. C’est la question récurrente d’ailleurs à la vue de mon ventre… On a en plus pas tant de m². Et pourtant comme on est bien. Miniglobetrotteur a compris que le bébé serait à coté de lui et en est (aujourd’hui) content. Évidemment je me dis parfois qu’adolescents ça ne pourra pas marcher mais ton Idee de faire un vrai partage du salon me plait beaucoup. Que toutes les pièces soient bien à tout le monde plutôt que chacun ait la sienne isolée !

  4. Bon ben moi, j’ai une chambre libre, si ça vous dit. Mais si vous tenez à tout prix à accueillir un nouvel enfant chez vous, il reste quand même les placards (pardon). :)
    Plus sérieusement, je ne suis pas inquiet par ça. Je ne crois pas une seconde que l’envie d’enfanter puisse être mise de côté pour un problème de nombre de chambres disponibles.
    En revanche, la cohabitation entre les générations, et plus largement l’évolution des relations intergénérationnelles est, pour moi, une vraie source d’inquiétude qui en dit long sur l’individualisme rampant qui plombe notre modèle de société !

  5. Oh, merci pour ta superbe présentation ! J’adore ta façon de voir les choses. C’est vrai que quand j’ai parlé de troisième bébé à M. Doux, sa première réaction a été de dire « mais où on va le mettre !? »… A sa décharge, il ne garde pas de bons souvenirs de partage de chambre avec son petit frère , alors que étant fille unique, la question ne s’est jamais posée chez moi. Après, je crois que la taille de l’habitation joue au moins autant que le nombre de pièces pour prévenir les conflits et que malheureusement la tendance actuelle est de construire des appartements avec des pièces de plus en plus petites…

  6. Merci beaucoup de ton article!!! Je t’avoue bien volontiers qu’avec Mr D, la simple vue d’une chambre libre nous donnait des envies de petits déjantés… conclusion on a trois chambres pour 7 personnes… soit deux affreux par chambre et Briochin avec nous.. La dernière fois que j’ai demandé à l’Anté-pré-ado s’il souhaitait qu’on lui aménage le bureau comme chambre à lui tout seul, j’ai eu droit à un NON catégorique!! Néanmoins pour avoir longtemps partagé avec mon frère la même chambre (et pour avoir parfois détesté ça) j’essaie de rester attentive à leur besoin d’indépendance (on a notamment mis une sorte de demi-cloison) entre les « coins » de l’Anté-pré-ado et celui de la Princesse… LE truc dont j’aurais juste REVE à l’époque!!! ;)

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