Pour le premier jour des vacances des Vendredis intellos, j’ai choisi un sujet qui à première vue, pourrait sembler plus léger, moins neuronal…mais sur lequel en réalité, on pourrait écrire des dizaines d’articles, et réfléchir des soirées et des soirées durant (va falloir que je tente le débat, la semaine prochaine pendant l’apéro, d’ailleurs!)

L’excellent article que j’ai décidé de commenter est celui de Miss Brownie, qui s’intitulait: « L’importance du choix du prénom« .

Le choix du prénom serait déterminant pour la vie. Je cite:

il semblerait que le choix de ce prénom pour la vie ait une influence sur l’avenir de votre enfant … C’est le Professeur Charles Joubert de  l’université d’Alabama qui l’affirmait en 1991.

D’après lui, plus nous aimons notre prénom et plus haute est notre estime de soi.

On pourrait même aller plus loin et dire que plus les appréciations sur notre prénom sont grandes, plus on va l’aimer, et donc plus on va s’aimer? Et au contraire, plus on aura à subir de moqueries, plus notre prénom pourrait devenir un fardeau, et notre estime de soi en prendre un sacré coup dans l’aile…

Je ne suis pas tout à fait d’accord avec cette idée, que je comprends fort bien, mais pour laquelle il me semble qu’on peut mettre quelques bémols. Un enfant au prénom très original, voire carrément unique, mais au caractère bien trempé, qui a grandi dans l’estime de ses parents, affrontera les quolibets de ses camarades…et on pourra avoir l’impression que c’est SON prénom qui en a fait l’homme au caractère fort qu’il pourra devenir…vous me suivez?
Je pense que la discussion pourrait continuer longtemps, chacun y allant de ses exemples… Tiens, par exemple. Je m’appelle Cynthia, prénom à consonance américaine, voire hollywoodienne. (mon côté comédienne!) … aurais-je eu une meilleure estime de moi si je m’étais appelé Marie-Georges, Valérie, Claudine ou Kimberley? Honnêtement, je n’en sais rien. Ce que je peux affirmer, c’est que j’ai toujours été heureuse d’être la seule de ma classe, de mon établissement, de mon entourage à m’appeller de la sorte. Mon côté unique, somme toute.

J’adore le prénom « Manon ». Mais en tant qu’instit, l’ayant vu jusqu’à sur 3 gamines dans ma classe, si j’avais eu une fille, je n’aurais jamais pu l’appeler ainsi.

Bref, comment savoir si le prénom est réellement déterminant? Miss Brownie soulevait avec justesse le questionnement suivant:

Malgré tout dans notre inconscient je pense que nous ferons plus confiance à un médecin se prénommant Pierre, Paul ou Jacques qu’à un médecin se prénommant Dylan, Brandon ou Kévin si on a le choix…

Mme Déjantée, en commentaire, rappelait tout de même que (selon elle, mais je plussoie!) il y avait là plus une connotation sociale…les Kévin, Dylan ou autres Brandon étant plus utilisés dans les classes sociales populaires…

Pour aller plus loin, je suis allée lire un article reprenant une étude du sociologue Baptiste Coulmont, auteur de Sociologie des prénoms, qui établit une corrélation entre certains prénoms et les mentions TB au bac. Ainsi, même si c’est encore une fois plutôt lié à l’origine sociale plus qu’au choix du prénom en lui-même, appeler ses enfants Madeleine ou Come les amènerait plus facilement vers une mention au bac que si on les appelait Yacine ou Linda…

La question étant: doit-on prendre ces recherches en considération avant de donner un prénom à son enfant?

Ou bien: Puis-je encore changer le prénom de mes niafs, qui n’apparaissent pas du tout dans les études du sociologue?!

Sur ces quelques débuts de réflexion, je vous souhaite de bonnes vacances…et comme devoirs de vacances, si vous pouviez écouter les prénoms des gamins qui se font le plus engueuler sur la plage, histoire de créer une liste des prénoms à bannir, ça pourrait être utile à plein de futures mamans à la rentrée! (et tous les jours, un article commenté sur les VI…yeah!)

 

Maman bavarde

Edit: Suite au commentaire de Baptiste Coulmont, le sociologue dont je parle dans l’article (d’ailleurs, je suis flattée :) ), je découvre son site,  qui peut également servir de pistes de réflexion…notamment sur l’article « Dis moi ton prénom« , qui propose de donner une répartition des notes au bac 2012 selon les prénoms…ingénieux, non?!