Il y a quelques jours, alors que je suis en vacances et que j’y ai perdu quelques neurones, je tombe sur un lien posté  sur la page facebook des vendredis intellos (quoi? Vous n’êtes pas inscrits à la page FB des VI?!)

Le titre de l’article : Talents hauts et le sexisme en littérature de jeunesse sur la plateforme de Alka, me fait sourire. Donc, je me lance dans la lecture de ce pavé. Mon sourire s’estompe au fur et à mesure de ma lecture. Mes neurones se remettent en place tout doucement. Je lis:

« Le discours sexiste dans la littérature jeunesse n’est pas explicite bien entendu, mais il est autorisé à circuler et surtout à se reproduire puisque la majorité des ouvrages que les enfants lisent est proposée par l’Éducation nationale. Ces livres sont choisis pour leur qualité pédagogique et parce qu’ils participent, selon les thèses de Bourdieu, à la reproduction d’une culture. Ces textes ont donc une fonction sociale : ils doivent à la fois développer le goût de la lecture et favoriser l’intégration des enfants dans la vie. Ainsi, toute littérature doit être un modèle. Les sentiments tels que le courage, la volonté, la confiance en soi, les difficultés de la vie, le sens de l’honneur, la générosité ; l’amitié, le sens de la famille… qui y sont développés doivent servir d’exemple aux lecteurs. Or, ces caractères sont le plus souvent ceux des héros que des héroïnes. Cela s’explique par le fait que la majorité des personnages principaux en littérature de jeunesse sont masculins. Les personnages féminins n’ont que des rôles secondaires comme les grands-mères, les mères, les sœurs ou les amies intégrées à un groupe de garçons. Par ailleurs, la femme, qui gravite autour du personnage principal, ne peut être courageuse ou téméraire puisqu’elle est le symbole de la relation maternelle au héros. Elle tient le rôle de réconfort alors que l’homme, dans cette triade de personnages, apporte au personnage principal une distanciation critique qui vient le couper de la relation initiale avec la femme. Même si les lectrices parviennent à s’identifier aux héros masculins, elles retiennent le message de la mémoire collective, qui leur dit que les femmes se placent toujours au second plan. »

Et je m’interroge tout de go. Est-ce que moi-même, en tant qu’instit, en tant que maman, en tant que fervente admiratrice de littérature de jeunesse, j’offre à mes enfants (les miens, ceux des autres.) cette image que le courage, la détermination, la force ne sont que masculines? Ne suis-je pas en train de les étriquer dans la pensée que certaines valeurs sont réservées aux hommes, tandis que d’autres, moins glorieuses, seraient pour les femmes?

Me voici donc à analyser chacune des lectures offertes cette année. A ma décharge, pas mal d’animaux. Tous masculins, ceci étant. Et crotte. Est-ce que ça compte?!

Puis, je me souviens de la princesse coquette. L’histoire d’une petite fille bien coquine. Oui, mais ça parle pas mal de fringues dans cette histoire…arghhhhhh!

Mais je reviens ensuite sur l’histoire du Gruffalo. La héroîne, c’est une petite souris qui lutte avec tout son esrpit cotre un serpent, un hibou, un renard et un énorme gruffalo et qui finit par gagner. Ouf, je suis sauvée, mes enfants aussi!

En même temps, je continue à lire la suite de cet article, qui signale que depuis des années, des efforts sont tout de même mis en oeuvre pour que les filles soient, comme les garçons, à leur tour, des héroïnes fortes et vaillantes, tel Alice au Pays des merveilles (ceci dit, à mon humble avis, celle là, elle se shootait à quelque chose, ne serait-ce qu’aux petits gâteaux. Bon, passons.)

Je lis également sur Talents hauts, la maison d’édition qui s’inscrit contre le sexisme. Et j’en viens à me demander si à un moment donné, on en fait pas juste un peu trop. Dans la littérature de jeunesse, il y a des héros, il y a aussi des héroïnes. Bien. Alors forcément, si on compare un héros comme Superman et qu’on le met en parallèle à Martine, on est en plein dans le sexisme.

Mais dans la littérature de jeunesse actuelle, est-on vraiment encore sur ce schéma? Les petites filles ne peuvent-elles pas se sentir représentées également par les ptits lapins malicieux, comme les garçons se trouver des points communs avec la reine des souricettes qui joue de vilains tours aux chats? Ne va-t-on pas trop loin dans la réflexion, ne faisons nous pas, à un moment donné, de la masturbation de cerveau sur tout et sur rien, oubliant par là-même juste le plaisir de lire une belle histoire?

Je m’interroge et je n’ai pas de réponse définitive, mais j’attends avec impatience vos avis éclairés sur la question!

PS: Et Dieu, est-ce un homme ou une femme? (uhu^^)

Cynthia, héroïne.