Pour ma toute première participation aux VI, je voulais parler des colères des enfants, et de ce qu’en dit Isabelle Fillozat dans « au coeur des émotions de l’enfant ».
Lire ce livre (que j’ai découvert grave aux VI où il a déjà été largement abordé) a été pour moi une révélation.

Isabelle Fillozat nous dit :

Quand l’enfant insiste, crie, hurle, fait une scène pour avoir sa glace, il affirme son désir et c’est très important.

Dire « si, j’en veux ! » c’est continuer d’affirmer que je suis là et que j’ai des droits. Si l’autre refuse, c’est son problème, mais moi je sais que j’ai le droit de désirer. L’enfant n’a pas toujours besoin que ses envies soient satisfaites, il veut juste qu’elles soient reconnues, que ses émotions soient entendues.

La colère aide donc l’enfant à s’affirmer, à construire son identité : « toi tu es toi, et tu veux ça, mais moi je suis moi et je veux autre chose »

Ce qui est important à mes yeux dans ce passage, c’est aussi que tous les désirs des enfants n’ont pas besoin d’être satisfaits (et heureusement) mais qu’ils ont par contre besoin qu’on les entende, qu’on les écoute et qu’on les reconnaisse.

Fillozat le dit plus loin :

Une certaine dose de frustration est donc inévitable, elle est aussi utile à condition que les émotions, et notamment  la colère de l’enfant, soient entendues.

Et que se passe-t-il si on n’écoute pas les colères des enfants ? On aboutit à la violence. Fillozat fait bien la différence entre la colère, qui est l’expression de moi, mon identité et mon besoin, de la violence qui cherche à détruire l’autre.

La violence est une ultime tentative pour faire entendre un message, mais le message est alors si déguisé que rares sont ceux qui le comprennent.

Voilà pourquoi il est si important d’écouter les colères de nos enfants et c’est un principe que nous essayons d’appliquer dans notre famille.
Ma fille de presque 20 mois entre dans ce qu’on appelle souvent le « terrible 2 » et les « colères » sont monnaie courante. Quotidiennement, elle exprime qu’elle veut continuer à jouer et pas aller au bain, qu’elle voudrait bien mettre ses chaussures et son gilet toute seule.
A chaque fois, j’essaie de la laisser s’exprimer et de l’écouter. J »avoue que le matin quand on est en retard, ça n’est vraiment pas évident.

Un matin où je la déposais chez la co-famille, elle et l’autre petite se sont disputé un jouet ou un livre.
Ma fille l’avait pris en premier donc la nounou le lui a donné. L’autre petite a éclaté en gros sanglots de désespoir, un vrai gros chagrin.
La réaction classique dans ce genre de situation c’est « arrête de pleurer, c’est pas grave »
Bien sur plus on lui dit ça, plus les sanglots redoublent d’intensité.
J’ai alors expliqué à la nounou notre approche : dire à l’enfant qu’on comprend tout à fait qu’il ne soit pas content, qu’il en a le droit mais que pour le moment, c’est l’autre enfant qui joue avec ce jouet / lit ce livre alors elle ne peut pas l’avoir.
Eh bien le temps que j’explique ça, la petite a séché ses larmes, retrouvé le sourire et pris un autre jouet.
J’avoue, ça m’a surprise, je n’étais même pas en train de lui parler. Mais j’y vois quand même plus qu’une simple coïncidence. Et ça m’a conforté dans mon opinion : il est vital d’écouter les colères de nos enfants.

GreenWitch