La préparation prénatale

Pendant la grossesse, dans nos contrées industrialisées, on suit des cours pour se préparer à ce qui va nous arriver à la fin. Quoi donc ? La naissance de notre progéniture !

J’avais en tête cette appellation qu’on entendait dans les films, cours d’accouchement sans douleurs ?! Il semblerait qu’elle ait été revue pour une appellation plus appropriée de préparation à la naissance, ou prénatale. Quelle que soit la préparation, l’apprentissage qu’on voudrait nous inculquer, même avec la péridurale, un accouchement sans aucune douleur du début jusqu’à la fin me semble bien utopique !

Enfin bref, comme je suis en plein dedans, je suis allé relire le chapitre qui lui est consacré dans le livre d’Isabelle Brabant Vivre sa grossesse et son accouchement Une naissance heureuse…

Si je devais n’en citer qu’une phrase je choisirais sûrement celle-ci :

« N’oubliez pas cette vérité en cherchant un cours prénatal, votre corps sait déjà comment accoucher. »

L’auteur ajoute que « le cours prénatal servira plutôt à calmer les inquiétudes qui pourraient l’empêcher de bien fonctionner et à vous donner des moyens de soutien qui vous faciliteront la tâche. »

L’idée ne serait donc pas tant de nous apprendre comment faire pour accoucher, la nature a déjà tout prévu pour cela, que de nous donner les clés pour appréhender nos angoisses face à ce qui va se produire à ce moment là, tant physiquement que psychiquement…

Mais alors que choisir ? Les possibilités sont vastes, les maternités proposent des parcours de préparation dites classiques, souvent en groupe, l’haptonomie, le chant prénatal, le yoga, la préparation individuelle avec une sage-femme, etc…

Il n’y a évidemment pas de réponse absolue.

Isabelle Brabant évoque ce qui lui semble important dans la préparation prénatale.

« Elle devrait faciliter votre rencontre avec l’inconnu, l’inattendu, vous familiariser avec les sensations de la naissance au point de faire fondre vos inhibitions, vous encourager à participer activement et à faire respecter vos désirs pour cette naissance. Une attitude faite de confiance en vous-même et de souplesse aide à vivre un accouchement normal. Elle vous prépare à accepter votre propre travail tel qu’il se présentera et à le vivre comme une expérience d’apprentissage profondément positive, même s’il s’avère plus difficile que vous ne l’aviez prévu. »

« Le corps, les émotions et le mental doivent apprendre à fonctionner harmonieusement »

Mais pour cela il faut être préparé, par les moyens que l’on choisit, il faudrait :

– « avoir accès à une information critique pour bien comprendre le processus lui-même ainsi que les gestes posés par ceux qui assistent l’accouchement »

–  «  s’ouvrir à l’énergie de la naissance »

Lorsque l’on accouche coexistent une force qu’on ne soupçonne pas forcément, avec une certaine vulnérabilité. Il y a des parties de nous qui ont peur, sont mal à l’aise ou tendues, voudraient ne pas entendre parler de douleur ou de perte de contrôle. Le travail peut être court et intense, ou long, douloureux « dans le dos »… Il n’y a pas une possibilité mais de multiples scénarii et la préparation devrait nous permettre de nous imaginer dans ces situations pour ne pas être dépourvue lorsqu’elles surviennent, bien que l’on ne puisse jamais tout prévoir !!

–   « un environnement et un soutien » adaptés.

« La femme qui accouche a besoin d’intimité, de calme, de sécurité » Qui peut lui fournir cela ? Le compagnon présent (papa ou une autre personne..), son rôle sera celui là. Et « ce que les femmes apprécient le plus pendant l’accouchement, c’est leur seule présence. Mais alors là leur présence entière : de cœur, d’esprit, de corps. »

« Le travail de la femme consistera à plonger dans un monde intérieur fait de sensations et d’émotions, à abandonner toute idée de contrôle des opérations et à suivre son corps qui lui, sait comment accoucher. Pas facile si on se sent observée, jugée, chronométrée. Ou si notre propre rationalité analyse, évalue et décortique à mesure que le travail avance»

« Les cours prénatals doivent être une occasion d’enrichir notre réserve de moyens de soutien disponibles » 

Il n’existe certainement pas une préparation qui permette de trouver l’idéal qui nous correspond, l’auteur évoque ainsi l’idée d’aller glaner partout où l’on peut ce qui peut nous permettre de répondre à nos besoins particuliers d’information, nos besoins d’échange, ou encore de relaxation.

Reste à pouvoir le faire techniquement, savoir à qui on peut s’adresser, pouvoir prendre le temps de s’interroger sur ce dont on a besoin ou même envie… Je ne crois pas que ce soit si simple mais il est bon de savoir que de nombreuses possibilités s’offrent à nous.

Pour ma propre expérience, je me suis plutôt laissée porter la première fois, la maternité proposant des séances de préparation classiques et en groupe. Je n’ai pas eu le sentiment d’être là juste pour écouter à quelle sauce j’allais être mangée, à quel point je ne pourrai pas faire ce que je veux puisque protocole de maternité il y a.

La présentation des lieux, du contexte dans lequel on allait arriver le jour J m’a permis de me situer, mais j’ai aussi apprécié l’écoute des sage-femme qui menaient les séances, répondant à nos questions diverses, et aussi énormément l’échange qu’il y avait avec les autres futures mamans qui se posaient autant de questions que moi, mais aussi celles qui venaient avec leur expérience d’un premier accouchement, complétant l’expérience des sage-femme dans l’accompagnement des femmes avec leur propre vécu.

Est-ce que cela m’avait bien préparé à la naissance de ma fille ? Je suis bien obligée de répondre par la négative, mais pas parce que j’ai eu le sentiment qu’on ne m’avait pas donné les bonnes clés, plutôt parce que ce type de préparation est faite à un groupe de femmes auxquelles on donne le plus d’informations possibles en un minimum de temps avec une généralisation inévitable et que encore une fois chaque naissance est différente et imprévisible. Il y a aussi sûrement le fait que je ne m’étais pas forcément posé toutes les questions auxquelles il m’aurait fallu une réponse avant d’y être confrontée, et bien sûr le jour de la naissance, les personnes qui m’ont assisté ne sont pas celles qui ont mené ces préparations.

Dans l’idéal il faudrait être suivie, faire la préparation et accoucher avec la même personne…

Cette fois-ci je réitère… Oui j’aurai pu chercher mieux, ou plutôt différent, je n’en ai pas vraiment eu le temps et finalement cela me conforte d’une certaine façon de faire la préparation là où je vais accoucher. Je me suis dit que cela risquait de ne rien m’apporter, mais finalement je viens armée de mon expérience, j’oserai les questions bien plus que la première fois, et je pourrai me resituer dans le contexte. On verra ce que ça donne…

Chocophile

3 réflexions sur “La préparation prénatale

  1. Super article, qui me conforte dans mes choix des derniers jours: en effet après avoir suivi 3 cours de préparation avec les sages femmes de la maternité où j’étais inscrite, j’ai changé, de gynécologue et de maternité, à 7 semaines de la DPA. L’absence de dialogue et d’ecoute, que je soupçonnais vues mes consult gynéco bâclées, à été confirmée par les cours de préparation du lieu de l’accouchement (pas d’alternative à la péridurale alors qu’outre le fait que je n’en souhaite pas, l’etat de mon dos rend la manœuvre hasardeuse à carrément dangereuse, salles de travail et naissance glauques et minuscules (au fait non la salle physio promise par le gynécologue en fait y a pas), politique limite anti allaitement (une heure de « vous allez souffrir, être esclave, votre bébé ne prendra pas de poids, et pourquoi vous voulez un tire-lait » je ne vois pas comment appeler ça)… Donc dans mon cas la préparation prénatale m’a servi à me rendre compte que je n’étais pas au bon endroit. Alors je fais à la maison, avec livres etc, et dans la nouvelle maternité.
    Dans la maternité où j’étais les cours de préparations étaient proposés très tard (8e mois) et j’ai vraiment eu l’impression que c’était aussi pour empêcher les couples de changer, en les mettant devant le fait accompli à la dernière minute.
    Ces cours de préparation prénatale doivent aussi être l’occasion de vérifier qu’on est sur la même longueur d’onde entre futurs parents et les équipes d’après mon expérience.

  2. Merci beaucoup Chocophile d’avoir trouvé l’énergie pour écrire ce billet!! Je suis bien contente de te lire à nouveau parmi nous!!!
    Dois-je conclure que le bouquin de Brabant t’as plu??!!
    Pour ma part, j’ai du attendre 5 grossesses pour pouvoir enfin avoir une prépa à la naissance digne de ce qu’elle décrit… pourquoi? je n’en sais trop rien… d’abord parce qu’on ne peut désirer ce qu’on ne connaît pas, ensuite parce que je n’étais pas capable de verbaliser ce dont j’avais besoin, enfin parce que je ne suis pas tombée sur les bonnes personnes (et aussi que prise dans les différents soucis, contraintes et échéances de la grossesse je n’avais plus d’énergie à consacrer à la recherche d’une bonne prépa). Cela ne m’a pas empêchée de vivre de beaux accouchements mais je dois dire que j’ai tout de même vu la différence lors de l’accouchment de Briochin… Quoiqu’il en soit, je pense que l’essentiel reste de se sentir à l’aise, écoutée, accompagnée et rassurée, quelque soit la prépa pour laquelle on opte…

  3. Pingback: Prendre du temps pour soi lorsque l’on est maman #mini débriefing « Les Vendredis Intellos

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