L’adoption par un couple fertile : pourquoi, pourquoi pas ?

Depuis quelques mois, l’une de mes amies (que nous appellerons Sophie) et son conjoint, parents d’une petite fille de 3 ans, se sont lancés dans l’aventure de l’adoption. Ils sont donc ce qu’on appelle un couple « fertile », ce qui ne les empêche pas d’avoir choisi de concrétiser une envie très forte : celle d’agrandir leur famille en y accueillant un enfant venu d’ailleurs, un enfant qui ne serait biologiquement pas le leur.

Je trouve que c’est un très beau projet. C’est une idée qui m’avait aussi effleurée à l’époque où je n’avais pas encore d’enfant, sans vraiment prendre la mesure du bouleversement que cela doit représenter – en termes de procédures, de temps, de questionnements sûrement mais aussi d’organisation de la fratrie. Bref, je crois que dans mon idée lointaine, il se serait s’agit davantage d’un acte « humanitaire » que d’une adoption au sens propre. C’est une distinction que cherche à établir le Guide Marabout de l’adoption, que j’ai emprunté à la bibliothèque pour l’occasion et qui me paraît, de mon point de vue de personne non concernée qui ne cherche pas de réponse ou de soutien particulier, intéressant et plutôt bien conçu. Il explique ceci :

Face à la détresse des enfants à travers le monde, la priorité pourrait sembler d’explorer toutes les pistes afin de trouver un foyer pour le plus grand nombre d’entre eux, le plus rapidement possible. La Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE) rappelle que tout doit être fait dans un premier temps pour maintenir ce dernier dans son pays et sa culture d’origine. […] Dans certains pays, cela équivaut à une cruelle quadrature du cercle. L’adoption apparaîtrait donc comme l’une des réponses au problème.

Dans les années 1960 à 1980, face à la misère du Tiers Monde rendue plus visible par la télévision, des œuvres américaines et européennes travaillant sur le terrain ont encouragé l’adoption d’enfants qu’elles recueillaient.

[…] dans la discrétion, de nombreux couples, qui refusaient une vision humanitaire de la famille, entreprenaient, souvent seuls, avec ténacité, un cheminement personnel vers un enfant dont ils aspiraient tout simplement à devenir les parents – rien de plus ni de moins. Sans le savoir, ils ouvraient les portes de l’adoption internationale à des milliers de couples, ce qui allait permettre d’offrir à des enfants du monde entier une famille et une place à part entière dans la société française. C’est là toute la différence entre action humanitaire et adoption. L’engagement humanitaire se définit selon les besoins d’une collectivité, même quand il soulage les difficultés des individus qui la composent ; il répond à des carences matérielles, sanitaires, culturelles, qu’il cherche à pallier à la fois dans l’urgence et sur le long terme.

L’adoption, en revanche, est une action au cas par cas, une réponse unique apportée aux besoins précis d’un enfant précis. Au sein d’une même institution, le cas de chaque enfant adoptable devra être traité de façon individualisée, ses besoins appréciés aussi bien que faire se peut : les parents qui pourront convenir tel bambin ne conviendront peut-être pas du tout à tel autre.

Si je suis au courant du projet de mon amie, j’avoue n’avoir jamais osé lui demander précisément ce qui l’avait guidée vers cette envie. Aussi je suis ravie qu’elle ait accepté de répondre à mes questions et j’espère que son témoignage intéressera d’autres que moi.


Sophie, saurais-tu expliquer, décrire, comment l’envie d’adopter un enfant t’est venue ? A-t-elle précédé ou suivi celle d’avoir un enfant biologique ? Ton conjoint a-t-il toujours eu cette envie également ou avez-vous fait ce cheminement ensemble ?

Cette envie nous l’avions séparément et nous l’avons partagée dès les premières semaines de notre relation, en nous disant qu’un jour, nous adopterions un enfant. Sans pour autant que ça interfère sur notre envie d’enfant biologique, présente également. De longues années plus tard, nous avons eu notre petite fille, qui nous a comblés et il y a un an, alors que beaucoup pensent alors à concevoir un deuxième enfant, c’est cette envie d’adopter qui nous est revenue comme une évidence : nous avons décidé de nous lancer!

C’est une chose difficile à expliquer et qui ressemble d’ailleurs à l’envie de concevoir un bébé, un sentiment qui “prend aux tripes”.

Peux-tu expliquer, en quelques mots, les différentes étapes de la procédure d’agrément ? Où en êtes-vous dans cette procédure ?

La procédure d’agrément est départementale, tout est géré par le Conseil Général local. Le délai est de 9 mois (et ça n’est pas anodin) après la date de dépôt du dossier administratif. Il y a plusieurs entretiens avec un/une psychologue et un/une assistante sociale qui sont chargés de nous interroger et de définir selon des critères bien précis si nous sommes aptes à accueillir un enfant issu de l’adoption. Les deux rédigent un rapport et la Commission Départementale d’agrément statue et rend une décision.

Nous avons réalisé tous les entretiens en famille, tous les trois, notre fille fait partie intégrante de ce projet et nous lui avons toujours expliqué ce que nous faisions, en nous mettant le plus possible à son niveau.

Actuellement nous sommes titulaires de l’agrément et nous commençons à faire les démarches vers les OAA (Organismes Autorisés pour l’Adoption ) ainsi que l’AFA (Agence Française d’Adoption).

Au cours de cette procédure, l’un de vos interlocuteurs vous a-t-il demandé ce qui vous motivait, en tant que couple « fertile », à vouloir adopter ?

Bien sûr, c’est la question clé au centre des entretiens pendant la procédure d’agrément. Nous souhaitons donner un foyer, une famille à un enfant qui n’en a pas.

Pour nous, adopter c’est une manière différente d’envisager la parentalité, nous ne pensons pas que le lien du sang soit nécessaire. Pour avoir vécu les premières heures et jours avec ma fille, je me souviens que l’amour n’était pas présent au départ, à ma grande surprise, mais qu’il s’est construit petit-à-petit, au fil du temps. Ce lien je l’imagine de la même façon avec un enfant adopté.

Une fois l’agrément obtenu, vos démarches auprès d’Organismes Autorisés pour l’Adoption (OAA) sont-elles différentes, devez-vous faire face à des critères de sélection ou de priorité particuliers ?

Tout d’abord nous ne pouvons être candidats à l’adoption qu’auprès d’OAA qui ont été autorisés dans le département où nous avons obtenu l’agrément : ils ne le sont pas tous donc nous sommes déjà limités !

Ensuite nous allons déposer notre candidature pour des OAA qui réalisent des adoptions dans des pays permettant aux couples ayant déjà un enfant biologique d’adopter : il y en a peu.

Et avec tout ça les OAA ne sont pas obligés d’accepter notre candidature s’ils estiment que nous ne serons pas retenus par les autorités du pays, dernier volet de tri.

La sélection est donc drastique… sans oublier le volet financier : de nos jours pour adopter il faut avoir un certain niveau de revenus, une adoption à l’étranger coûte entre 10 000 et 15 000€ (frais administratifs et de traduction, frais de voyage et séjour sur place…).

En tant que couple ayant déjà un enfant biologique, nous privilégions l’adoption internationale, car même si en théorie nous pourrions adopter un enfant français, dans les faits ceux-ci sont confiés à des couples infertiles.

Est-ce un projet que vous partagez avec vos proches (familles, amis) ? Si oui, dans quelle mesure ? Si non, pourquoi et comment imagines-tu leurs réactions le moment venu ?

Non, nous n’avons absolument pas parlé de ce projet, de la même façon que nous n’avions pas communiqué quand nous avions décidé de faire un bébé. Pour nous, cela ressort de la vie intime du couple et nous ne voulons pas en parler.

Je pense aussi que c’est une façon de se prémunir contre les questions sur l’avancement du projet, de la même façon que pour un enfant biologique, une manière de ne pas “retourner le couteau dans la plaie” alors que le projet n’est pas abouti.

Concernant nos proches, nous espérons qu’à l’annonce de l’arrivée prochaine de l’enfant, ils sauront se réjouir et accepter notre décision. Mais ce qui prime pour nous c’est qu’ils accueillent l’enfant de la même façon qu’un enfant biologique et ne fassent pas de différence.

Comment abordez-vous le sujet avec votre fille ?

Nous l’avons abordé dès le départ, dès la prise de décision, en lui expliquant le plus simplement possible puis par la suite à chaque étape. Elle se projette elle aussi, elle imagine où dormira l’enfant qui est selon les moments, un garçon ou une fille, un bébé ou un grand frère.

Comment imagines-tu l’arrivée de ce nouvel enfant dans votre vie ?

Idéalement nous partons tous les trois en voyage dans le pays de l’enfant, faisons connaissance sur place, on règle tous les soucis de paperasserie administrative et on rentre chez nous, tous les quatre.

Dans les faits, cela sera sûrement moins rose. Certains pays imposent un séjour sur place de 6 semaines ou deux mois afin de connaître l’environnement et la culture, l’histoire de l’enfant adopté. Le principe me paraît tout-à-fait positif, seulement je ne vois pas bien comment concilier ces exigences avec notre travail même si d’après les intervenants rencontrés il existe des solutions : je pense que nous étudierons plus en détail quand le moment concret arrivera.

A l’arrivée chez nous, nous pensons au congé de maternité et paternité voire un congé parental pris par l’un ou l’autre parent voire les deux à tour de rôle pour permettre à l’enfant de connaître mieux sa famille, de se familiariser avec la langue française et les habitudes de vie avant l’entrée à la crèche ou à l’école selon l’âge.

Nous n’avons pas choisi l’âge de l’enfant mais nous savons déjà que ça ne sera pas un bébé car ils sont confiés de préférence aux couples infertiles.

***

L’ouvrage sur lequel je m’appuie pose aussi une question quelque peu dérangeante, à savoir « Les parents d’enfants biologiques seraient-ils de meilleurs parents adoptifs ? ».

Certains psychologues se sont demandés si les meilleurs parents adoptifs ne seraient pas en fin de compte ceux qui ont déjà donné naissance à des enfants. Le danger d’une confusion entre enfant biologique et adopté, entre enfant désiré, imaginé et réel ne viendraient ainsi se télescoper avec autant d’intensité sur cet enfant né ailleurs et devenu sien.

L’expérience montre que les parents d’enfants biologiques qui ont adopté des enfants ne font « aucune différence » entre eux, comme ils disent – si ce n’est les degrés de connivence ou d’empathie variables que l’on peut avoir avec ses enfants, fussent-ils tous biologiques, tous adoptés, ou un mélange des deux !

Le risque, pourtant, serait de trop vouloir gommer les différences : l’enfant adopté arrivera avec son tempérament, son état de santé, son vécu. Il devra être accueilli et respecté dans sa différence, il aura besoin de temps pour s’adapter à un mode de vie qui pour les autres va de soi, pour acquérir selon les cas une langue, des conventions et des notions que les autres auront assimilées sans difficulté.

On aura beau accorder un amour égal, si on ne sait pas reconnaître ces différences propres à l’enfant, l’adoption pourra être un échec.

Ce passage, au titre assez inutilement provocateur à mon avis, m’est toutefois apparu intéressant pour expliquer les « difficultés » particulières qui attendent les parents qui seront amenés à accueillir un enfant dans une famille déjà créée et « biologique ».

Que les futurs adoptants soient un couple stérile, un couple qui a déjà des enfants ou un(e) célibataire, ils devront tenter d’évaluer la place qu’occupera l’enfant adopté, de cerner les motivations qui font qu’ils souhaitent fonder ou élargir leur famille par la biais de l’adoption : cet enfant qu’ils se proposent d’accueillir, vont-ils vraiment le considérer comme le leur, au même niveau que les enfants biologiques qu’ils ont eu ou qu’ils auraient voulu avoir ? Vont-ils le porter dans leur cœur et le sentir dans leurs tripes, quand il est malade ou malheureux ? Comment vont-ils réagir quand, adolescent, il dit les rejeter ou rejeter ce qu’ils représentent ? A travers ces interrogations, le dialogue avec d’autres, la découverte d’expériences multiples, l’enfant, peu à peu, devient réel…

Enfin, le témoignage que j’ai trouvé assez fort d’une mère adoptive, tiré également du livre :

Quand Sarah est descendue de l’avion avec son père – je n’avais pas pu l’accompagner, j’étais restée avec nos deux enfants « faits maison » -, quand je l’ai vue, j’ai été saisie de douleurs violentes, et d’un mélange très fort d’émotions, comme au moment de l’accouchement des deux premiers. Sarah était là, elle approchait, elle avait neuf ans ; ce jour-là, dans l’aéroport, j’ai accouché d’elle, mon troisième enfant.

En tous les cas, je souhaite bonne chance dans cette aventure à tous les parents adoptants ou en voie de l’être, en espérant qu’ils trouvent dans cet accueil tout le bonheur qu’ils souhaitent, tout en faisant également celui de l’enfant accueilli… un « objectif » similaire à celui que l’on a avec un enfant biologique finalement, non ?

Madame Sioux

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25 réflexions sur “L’adoption par un couple fertile : pourquoi, pourquoi pas ?

  1. Je te remercie beaucoup d’avoir publié ce témoignage. Maman de deux enfants (biologiques), je me suis toujours dit que si on décidait d’avoir un troisième enfant ce serait par la voie de l’adoption. C’est une idée que j’ai depuis que j’ai 20 ans et je ne pourrais pas l’expliquer…

    • C’est ce que j’ai compris en lisant les réponses de mon amie : ce désir ne s’explique pas, il fait juste partie de soi et quand on le peut, c’est chouette de pouvoir le réaliser.

  2. Merci Mme Sioux pour cet article qui m’a serré la gorge et rendu les yeux humides…
    Je me souviens moi aussi, plus jeune, avant que le projet de faire des enfants ne deviennent vraiment concret, m’être dit que j’adopterai un enfant, parce que tous les enfants ont droit à une famille, et que les liens entre parents et enfant sont tellement plus que quelques gènes… Mais voilà, aujourd’hui, après avoir eu deux enfants avec l’homme que j’aime, j’ai abandonné cette idée d’adopter, car je sais que je n’aurai pas le courage et la persévérance nécessaires à ce parcours. Et j’en ai le cœur serré… Alors lire le témoignage de Sophie m’a beaucoup émue et je suis très admirative de leur démarche familiale !

    • Je suis également admirative à la fois de la démarche en elle-même mais aussi de la façon dont ils savent la rendre vraiment familiale. Heureuse que ce témoignage t’ait touchée :-)

  3. L’adoption, c’est un sujet sur lequel on peut être amené à se pencher quand l’épée de Damoclès de l’infertilité trône désespérément au-dessus de nos têtes. Des questions, des doutes, des peurs, une réflexion chargée d’émotion d’autant plus parce qu’il s’agit entre autre de faire la distinction entre son désir d’enfant, de fonder une famille et son désir de grossesse, c’est une façon d’envisager la parentalité différente et cela oblige à se projeter dans bon nombre de choses que les couples qui se lancent dans la conception d’un bébé n’envisagent peut être même pas…
    Pour nous la question s’est posée évidemment, et nous avions déjà la réponse pour notre gynéco PMA qui nous demandait si on y avait déjà réfléchi, un oui franc et massif. Pourquoi oui si vite? Parce que comme ton amie, avant même de vouloir concevoir, avant même de savoir que nous ferions partie de ceux qui n’y arriverait peut être pas, nous avions en commun ce désir d’adoption un jour, sans s’être concerté avant nous avons découvert notre envie commune. J’aurai bien du mal à l’expliquer en quelques phrases.. Nous nous sommes battus pour concevoir, nous nous serions battus pour adopter tout autant.. Certains parfois ont l’opportunité de pouvoir faire les deux en même temps, mais le plus souvent les portes se ferment si on essaie encore de faire partie de ceux qui veulent une grossesse..
    Quant à réaliser ce projet, il y a eu la complication des choses, il y a la dimension financière qui est une grosse barrière, etc…

    • En effet, le livre le soulignait également : se tourner vers l’adoption lorsque l’on est infertile, c’est aussi arriver à distinguer désir de grossesse et désir d’enfant, être persuadés que l’on peut créer des liens avec un enfant que l’on n’a pas porté. Adopter, c’est certainement se questionner davantage que lorsque l’on conçoit un enfant naturellement !!
      Le fait de tenter de concevoir un enfant (facilement ou avec la PMA) semble effectivement être une barrière dans les démarches d’adoption (ce que tu évoques était confirmé dans le livre) et cela peut se comprendre, pour que la démarche demeure claire car les modalités d’accueil de l’enfant sont ensuite un peu différentes… mais quand on a le désir d’un « enfant » avant tout sans être sûr qu’une démarche ou l’autre aboutira, cela doit être dur de se mettre des freins pour se contenter d’une démarche après l’autre.

  4. Super article sur un sujet tellement complexe ! je suis souvent étonnée des réactions épidermiques que ce sujet amène, dans le tout ou rien.
    Perso, je trouve que c’est une belle démarche et aussi que c’est très courageux tellement le processus administratif est long…Il faut vraiment s’accrocher. Et après, quand les choses « se tricotent  » bien, je trouve que c’est une vraie richesse pour chaque membre de la famille…

    • Moi aussi, c’est un peu en réaction à mes propres questions et à celles que j’ai vues soulevées dans mon entourage en abordant cette question que j’ai voulu demander à mon amie d’en parler… et elle l’a vraiment bien fait je trouve. Effectivement, ça n’est pas choisir la facilité donc j’imagine combien cette envie doit être forte pour se lancer l’aventure.

  5. Je crois que pour adopter, la question n’est pas d’être fertile ou pas, même si les psy fantasment sur « le deuil de l’enfant biologique », mais d’être la famille dont un enfant qui arrive avec « ses valises de traumas » a besoin pour parvenir à se construire et vivre sa vie.

    Oui je suis d’accord, derrière tout ça, il y a la question « comment se construisent les liens qui permettent à l’enfant de grandir » dont on découvre vite qu’elle est universelle quel que soit le mode de filiation.

    • En effet, la démarche d’accueil d’un enfant venu d’ailleurs, avec son propre vécu, est une façon de fonder ou d’élargir sa famille bien particulière, qui doit être désirée en tant que telle – en dehors de toute question de fertilité ou pas.
      Cependant, pour en avoir un peu parler avec mon entourage, j’ai vu que certains ne comprennent pas (sans juger pour autant) ce désir, dans la mesure où le couple peut aisément fonder sa propre famille.
      Mais au final, oui, la question de la création de liens forts, de confiance créatrice d’épanouissement entre parents et enfants reste le « défi » à relever que l’enfant soit biologique ou non.

      • Tu as bien posé la question. « certains ne comprennent pas ce désir »

        Pourquoi demande-t-on toujours à des adoptants, ou à ceux qui choisissent d’avoir 5 enfants, ou à ceux qui décident de ne pas en avoir de se justifier ??!!

        C’est un choix intime qui ne concerne que ceux qui le font et qui n’ont aucune raison de se confondre en excuses et en explications de leur projet de vie.

  6. Merci beaucoup pour ce magnifique article et témoignage!!! J’espère sincèrement qu’il ouvrira la voie à d’autres contributions sur ce thème sur les VI!! Ton amie l’a merveilleusement dit, il y a bien d’autres façon que les liens du sang pour être parent…!

  7. Je suis enchantée de voir le sujet de la filiation adoptive abordé au VI.
    Je partage l’avis de Phypa.La question de la fertilité ou d el’infertilité est finalement peu importante,puisqu’il s’agit de trouver la famille adéquate pour un enfant dont la dernière solution est de lui offrir une famille en dehors de son pays, de sa culture.
    Je souhaite également beaucoup de courage à cette famille dans ces démarches auprès des OAA, c’est de plus en plus difficile, d’autant plus que leur fille est jeune et que les OAA en général (après un certain recul par rapport aux années 80 notamment) préfèrent respecter l’ordre de la fratrie.

    Maman depuis mi-2010 de 2 enfants de 6 et 3,5 ans et en cours avec un OAA pour un troisième, je mesure à quel point arriver à créer une filiation, d’autant plus adoptive, n’est jamais gagné d’avance. Il faut du temps et de la disponibilité, parfois on pense que tout va bien et on s’apperçoit qu’on est encore en période où l’enfant n’est simplement que l’enfant idéal pour plaire, par instinct de survie psychologique. Quand il devient enfin lui même, c’est parfois dur (colère, violence) mais c’est bon signe!!

    • N’hésites surtout pas à nous rejoindre pour nous aider à développer le thème de l’adoption sur les VI, je suis persuadée que cela pourrait être utile à beaucoup et enrichissant pour toutes et tous!!!

  8. Je me suis souvent posé la question de savoir s’il y avait vraiment une pénurie d’enfants à l’adoption? Elle est avérée en France (et en Angleterre), mais je n’arrive pas à trouver d’informations pour ce qui concerne l’adoption internaltionale. Au cours de la seule réunion d’information sur l’adoption à laquelle j’ai assisté, j’ai entendu qu’il n’y avait en tout cas pas de jeunes enfants en bonne santé à l’adoption. Comptre tenu de cette pénurie, je comprendrais l’amertume de certains couples infertiles s’ils peuvent avoir le sentiment de ne pas avoir la priorité par rapport à un couple déjà « béni » par un enfant. Mais je m’interroge sur la réalité de cette pénurie.
    Quant à dire que des parents biologiques seraient de meilleurs parents adoptifs, euh… je ne suis pas convaincue! Même si un second enfant bénéficie probablement de l’expérience qu’on a tiré du premier… C’est en tout cas bien cruel à entendre pour un couple en mal d’enfant! – le FAMEUX « Mais tu peux pas comprendre, t’as pas d’enfant! »
    Personnellement, je voulais aussi adopter (je voulais beaucoup, beaucoup d’enfant dont des adoptés), et puis en fait, comme je suis infertile, paradoxalement je ne le peux pas, parce que j’ai choisi la PMA et qu’il est difficile de mener les deux parcours à la fois.

  9. Oui il y a très peu d’enfants adoptables, et surtout d’enfants de moins de 3 ans en bonne santé (agrément le plus courant), malheureusement celà ne veut pas dire qu’il y a « pénurie » d’enfants en besoin de famille.
    Tous les orphelins ne sont pas adoptables, et tout les enfants adoptables ne sont pas orphelins.Les solutions à favoriser sont le maintient de l’enfant dans son pays de naissance : tout d’abord créer et/ou maintenir des structures permettant aux mères de ne pas abandonner leurs enfants, ensuite favoriser l’adoption intra familiale, puis nationale, et enfin internationale si aucune autre possibilité. Il existe aussi des familles d’accueil, des centres d’apprentissage, etc…

    Il est évident que l’adoption est avant tout une mesure de protection de l’enfance, un moyen d’assurer à l’enfant un droit fondamental : celui de grandir dans une famille. Cet intéret supérieur de l’enfant est parfois dur à entendre par les couples en mal d’enfant, mais doit rester prioritaire.

    il faut ajouter qu’il est très difficile pour un pays de voir partir ses enfants, comme il est difficile d’expliquer aux familles de naissance ce qu’est l’adoption internationale.

  10. joli article bien sûr, mais comme d’habitude on parle du désir des parents, et dans l’ensemble des beaux sentiments. Si on l’aime sincèrement, alors peu importe….Alors, j’aimerais qu’on sorte deux minutes du rose bonbon, et qu’on lise un peu les témoignages bien souvent douloureux des adoptés devenus adultes, qui ont peu la parole (mais dieu sait que les candidats à l’adoption parlent de leur côté !)
    Pour être grande soeur (fille biologique par rapport à nos parents) d’un petit frère adopté, j’ai pu vivre de l’intérieur combien c’ets difficile pour un enfant adopté de se sentir aussi aimé que l’enfant biologique : malgré TOUT, il garde toujours un doute par rapport à ce que montrent et disent les parents. J’ai beaucoup cherché de témoignages par rapport à cela, d’adultes qui ont été adoptés., et cela va dans la majeure partie des cas dans ce sens. Tout simplement, il n’y a PAS de REPARATION de l’abandon initial ou de la perte initiale, même si on le découvre bien tard, ou que la plupart des parents adoptifs refusent longtemps de l’entendre parce qu’ils vont aimer très fort et très sincèrement leur enfant.

    Tout ça pour dire que l’article et les commentaires se focalisent comme trop souvent sur les quetsions d’adoption sur le ressenti des parents, mais que c’est par rapport aux enfants qu’il faut aussi se poser la question. Nombreux sont les adoptés qui ont le sentiment en intégrant une famille où est déjà présent ou sera présent un enfant biologique que ce ne sera jamais pareil, et ils ont raison. Eux, ils n’ont pas été gardés, soit par leurs parents soit par la famille de leurs parents. L’enfant biologique, il a été voulu, il a été dans le ventre de maman, il a été allaité par maman, etc etc ET MOI ET MOI ? Les traces seront indélébiles. Bien sûr qu’on peut accompagner cela, mais admettre cette blessure et surtout qu’on ne la réparera jamais s’avère bien plus difficile dans la réalité que dans les rêves des parents adoptants, généreux toujours…
    Donc, non, ça n’est pas pareil.Je dis souvent que si la question s’était posée pour moi, ça l’aurait été uniquement pour infertilité, pour ne pas faire si compliqué. Et avec fratrie ou rien, mais ça c’est une autre question.

    • Bonjour pechegingembre et merci pour ton témoignage. Bien sûr, il s’agit là du point de vue, très généreux (et peut-être encore « idéalisé » ?), des futurs parents. La réalité pour l’enfant adopté est certainement bien différente et j’imagine que son parcours de vie restera particulier, même si on lui offre un foyer.
      Selon ton expérience, un enfant adopté se posera donc moins de questions sur la sincérité de l’amour de ses parents si ceux-ci ont une fratrie constituée uniquement d’enfants adoptés ? C’est intéressant car comme dans toute relation parent-enfant (adopté ou non), le parent n’a que son propre point de vue : il est toujours difficile de mesurer à quel point l’enfant se sera senti aimé, soutenu, encouragé tout au long de sa vie, comment certaines décisions des parents (prises pour ce qu’ils pensent être le bien de leur enfant) pèsera sur l’enfant, etc…
      Cela t’intéresserait-il de nous reparler de cela à l’occasion d’un petit article sur ce blog, afin de nous fournir un éclairage de « l’autre côté » de l’adoption, sujet assez peu abordé ici jusque là ?

      • Effectivement, croire que l’amour peut tout régler est une erreur, nos enfants auront toujours cette particularité, cette blessure dans l’estime de soi : ils n’ont pas gardé leurs parents de naissance.
        Je ne suis pas la mère de naissance de mes fils et je ne souhaite pas l’être, j’ai simplement pris la suite, mes fils sont des livres dont je n’aurais jamais les premières pages. Mais je dis aussi, dans les moments de conflits, que je n’y suis pour rien, que ce n’est pas parceque je les ai adopté qu’ils ont été abandonnés, nous avons une seconde chance, profitons en!
        Comme un enfant biologique, ils ont été désirés, attendu pour eux même et en aucun cas pour réparer quoi que ce soit ou arranger notre conscience. Mais contrairement aux enfants biologiques, pour avoir été attendu par une seconde famille, ils ont du être laissé par une première, et on ne le changera jamais.

        L’enfant arrivé par adoption est encore plus loin de l’enfant idéal que l’enfant de naissance, et a besoin de beaucoup plus de latitude pour se (re)/construire, et il y a des façon de fonctionner qu’on ne changera pas

  11. Pingback: Plus d’un chemin pour devenir parent {mini-debrief} « Les Vendredis Intellos

  12. Mme Sioux, Merci pour cet article. J’aimerai vraiment avoir des nouvelles de votre amie. Pechegingembre, merci de votre réponse… POurrait on se mettre en relation. Je suis en effet en phase de pré adoption et justement ces questions sont centrales. Nous avons un fils de 5 ans (biologique) … Merci d’avance

    • Pour tout vous dire, mon amie a dû abandonner son projet, faute de moyens financiers suffisants. Mais si ça vous intéresse, dîtes-moi et je lui demanderai si elle veut bien échanger qq mails avec vous :-)

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