Pleurs et colères des enfants et des bébés

Il y a quelques jours, j’ai relu un livre que j’avais acheté peu après la naissance de ma première fille: Pleurs et colères des enfants et des bébés, une approche révolutionnaire. Ce livre, écrit par la psychologue suisse-américaine Aletha Solter, m’avait pourtant « remuée » lors de ma première lecture et c’était avec quelques appréhensions que je redécouvrais certaines pages…

Le résumé du livre nous dit ceci:

Pleurs et colères expose une façon nouvelle de comprendre la fonction des pleurs au cours du premier âge et de l’enfance.

Ce livre révolutionnaire vous aidera à améliorer vos rapports avec les enfants, que vous soyez parent, substitut parental, enseignant ou professionnel de la santé, et à mieux comprendre pourquoi les bébés et les enfants pleurent. Vous y apprendrez comment répondre au mieux à leurs manifestations. Il vous permettra également :

  • d’aider les bébés à dormir toute la nuit,
  • d’aider les enfants à surmonter le stress et les traumas,
  • de développer leur capacité d’attention et leur intelligence,
  • d’améliorer leur estime d’eux-mêmes et leur équilibre émotionnel,
  • de réduire leurs comportements violents.

Peut-il y avoir un discours plus prometteur pour de jeunes parents épuisés par les nuits sans sommeil et les crises de larmes à répétition de leur bébé tout neuf?

Malgré toute la délicatesse utilisée par l’auteur et malgré toutes les références scientifiques et littéraires citées, le poids de la culpabilité pesait sur mes épaules lorsque j’ai lu ce livre pour la première fois. Moi qui avais déjà bien du mal à savoir ce qui me semblait correct ou pas pour notre bébé, voilà qu’en quelques pages je ne savais plus que douter!

D’après l’auteur, les pleurs sont « un mécanisme naturel de soulagement du stress, qui permet aux enfants de se remettre des effets d’expériences effrayantes ou frustrantes vécues antérieurement ». L’affirmation de ce besoin fondamental de l’enfant implique par conséquent le respect de ces larmes et rejette donc le comportement habituel qui vise à vouloir calmer l’enfant à tout prix.

« Si aimante qu’elle puisse paraître, cette attitude ne tient pas compte pour autant d’une fonction importante des pleurs. De plus, elle impose aux parents une charge insupportable en suggérant que leur rôle consiste à faire cesser les pleurs des bébés et des enfants ».

 

Je repense aisément à toutes ces heures passées à chantonner, bercer, câliner et allaiter notre bébé dans l’espoir de la voir enfin se calmer… Nous étions constamment sur les nerfs tant ces épisodes de larmes nous faisaient douter de notre capacité à répondre aux besoins de notre bébé. Dans ces moments là, quiconque aurait eu le malheur de venir nous dire que nous étions en train de « réprimer » un besoin naturel aurait certainement été mal reçu…

 

Car c’est bien de cela qu’il s’agit selon Aletha Solter. En cherchant à apaiser les pleurs de nos enfants, nous ne ferions que réprimer ce mécanisme réparateur que sont les pleurs et cela ne serait pas sans conséquences: problèmes émotionnels et comportementaux, discipline, hyperactivité, agressivité, dépendance…

 

Quelle serait alors la solution?

 

L’auteur propose donc « une conception totalement nouvelle des pleurs et des colères qui constitue une percée dans la compréhension des besoins et des émotions des enfants. Les pleurs ne devraient jamais être ignorés. Ils devraient toujours recevoir une réponse bienveillante« .

 

La clé serait uniquement dans la façon de répondre aux pleurs de notre enfant. Au lieu de chercher à faire cesser ses cris, il faudrait à l’inverse encourager l’enfant à se « décharger » tout en le maintenant dans nos bras, en le regardant dans les yeux et sans le bercer. D’après l’auteur, il n’est pas rare que les pleurs du bébé ou de l’enfant durent plus d’une heure mais qu’ensuite il retrouverait sa gaieté, comme si rien ne s’était passé…

 

Les quatre parties qui composent ce livre expliquent de façon détaillée les mécanismes de soulagement du stress chez les enfants et les bienfaits psychologiques des pleurs (Première partie), de la naissance à un an (Deuxième partie) puis de un an à huit ans (Troisième partie), avant de terminer par une partie réservée aux applications pratiques avec divers témoignages de parents ayant appliqué la « méthode » décrite.

 

Si je suis revenue vers ce livre, c’est bien parce que dernièrement nous avons beaucoup de difficulté à communiquer avec Miss N. Tout n’est que conflit, larmes et colères… Nous essayons, du mieux que nous le permet notre patience du moment, d’expliquer et de discuter afin de l’aider à gérer ces émotions qui provoquent ce déferlement de larmes.

 

Ce qui est le plus difficile pour moi lorsque je suis face à ces crises, c’est bien l’intensité de ces sentiments que je ressens car je suis de ces personnes qui ne pleurent jamais. En tous cas, jamais en public… L’auteur recommande aux personnes dans mon cas de « redevenir capable de verser des larmes » en prenant conscience de nos propres émotions ainsi que de nos sentiments réprimés pendant l’enfance…

 

J’ai refermé ce livre avec un sentiment différent de celui ressenti lors de la première lecture. J’ai plus de recul par rapport à notre vécu et notre « expérience » en tant que parents. Ce que je retiens cette fois-ci est davantage le message suivant:

« C’est lorsqu’ils semblent en mériter le moins que les enfants ont le plus besoin d’amour et d’attention »

Pour lire d’autres contributions sur le sujet, je vous recommande les billets de Laetibidule et de La Poule Pondeuse.

Bonne lecture!

Une mère ordinaire

 

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10 réflexions sur “Pleurs et colères des enfants et des bébés

  1. Merci beaucoup pour ton billet ! C’est effectivement troublant comme méthode au premier abord mais je retiens l’idée que les pleurs sont à écouter et à accueillir quand tous les autres besoins ont été écartés. Perso, je n’aime pas trop les livres qui culpabilisent ! Mais en lisant ton billet sur ton blog, je vois que tu as maintenant un autre sentiment. Cette théorie est très intéressante mais je pense qu’il est impossible de l’appliquer tout le temps. Elle a le mérite de rassurer les parents qui se pensent mauvais si leur bébé pleure beaucoup !

    • En effet, c’est bien ce que l’on devrait retenir de ce livre! L’auteur cherche également à montrer à quel point les sources de stress (et donc de larmes) sont nombreuses pour les bébés et les jeunes enfants, ce qui nous semble tellement habituel en tant qu’adultes ne l’est jamais pour nos petits (I. Filliozat nous le rappelle également dans « J’ai tout essayé »).

  2. J’avais déjà entendu cela mais de manière non culpabilisante pour les parents, à la PMI je crois. L’idée est que le bébé a en effet besoin de pleurer pour décharger ses tensions, et qu’il ne faut pas chercher à l’empêcher de pleurer absolument et surtout ne pas penser qu’il pleure parce qu’on a mal fait quelque chose avec lui, … Mais le bébé a aussi besoin de sentir compris, écouté et aimé à ce moment là, donc si le parent veut le bercer, lui chantonner des chansons, c’est bien aussi.
    Je trouve ça assez intéressant comme principe et ça m’a aussi sensibilisée au fait que tout ce qu’on peut proposer à un enfant peut se révéler très (trop parfois) stimulant et qu’il faut aussi leur ménager des temps de repos, où on a l’impression qu’il ne se passe rien ( mais ça c’est parce que nous on est hyper habitués à notre environnement, à ses bruits, aux objets présents etc.)…
    et je ne connaissais pas ce livre, merci pour la réf !

    • Ce qui me faisait culpabiliser était en grande partie le fait que j’allaitais « à la demande » mais sans vraiment savoir si ma fille me demandait à téter pour se nourrir (alimentation) ou pour se nourrir de contact, de chaleur, de proximité. L’auteur met en relation les cas de dépendance et de troubles alimentaires à cause de cette habitude de nourrir l’enfant qui aurait uniquement besoin de pleurer… Tout cela n’est pas prouvé scientifiquement mais le poids de ces mots sur une jeune maman pleine de doutes fut immédiat!!

  3. Bon ben c’est pas tout ça… mais va quand même falloir que je le lise pour de vrai et en entier ce bouquin!!!! ;) Au début, la question des pleurs « nécessaires » m’avait un peu rebutée (comme beaucoup je dois dire) mais mise bout à bout avec la posture de l’écoute empathique (accepter les pleurs des bébés de la même façon qu’on se refuse à nier les émotions des plus grands) cela prend doucement sens…!
    Merci beaucoup de ta contribution!!!!

  4. Ayant tout essayé avec ma fille de 5 ans qui continue à pleurer, bouder, être agressive, se mettre en colère pour un oui ou pour un non, je vais m’empresser de commander ce livre… j’ai l’impression qu’il pourrait m’apporter un éclairage nouveau. Merci pour la référence.

  5. Ma foi, je vais me laisser convaincre assez facilement. J’ai observé ce phénomène avec un de mes cousins avec une personnalité très spéciale peut-être à la limite de l’autisme. Il faisait des crises de colère et de pleurs sans raison jusqu’à ses 12 ans (pas de caprice pour un jouet). Notre nourrice pleine de bon sens le mettait dans le couloir et le laissait faire sa crise sans le disputer et il revenait tranquille et « soulagé ». Conseil que j’ai donné à notre institutrice commune de CE2 complétement affolée par ses crises d’un enfant calme à l’ordinaire. Et mon cousin revenait tout aussi calme sous l’œil ahuri de notre instit qui me regardait tout aussi bizarrement pour accueillir ces crises de façon zen.
    Et moi-même au cours de ma grossesse difficile où j’étais insomniaque, je faisais des crises de désespoir et de larmes lors des nuits où épuisée je ne parvenais toujours pas à dormir. Et l’air de rien, une fois les gros sanglots passés, je ressentais un doux soulagement et mon optimisme revenait, le même que je ressens quand très grosse migraineuse on me fait enfin une perfusion qui me soulage aux urgences ou quand je fais du sport. Les bébés n’ayant pas les moyens de courir, ils n’ont peut-être que les pleurs pour déclencher une réaction violente de leurs corps pour recevoir un afflux d’hormones tranquillisantes.

  6. Pingback: On fait comment quand on parle pas ? {mini-debrief} « Les Vendredis Intellos

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