Oui, le baby blues du papa existe !

Vous vous souvenez de cet épisode de desperate housewives où Tom revient de chez le médecin et qu’il informe Lynette qu’il est atteint de baby blues ?

Bien que drôle, j’avais été plutôt choquée par cette scène : cette façon de tourner en dérision la question du baby blues du père me choquait particulièrement. Pourtant, c’était la première fois que j’en entendais parler. Cette question est vraiment trop peu évoquée dans les médias. Je suis persuadée que la majeure partie d’entre nous n’en ont tout bonnement jamais entendu parler.

Il y a bien un article de libé datant de 2010 qui évoque cette question. Egalement, hier dans l’émission « les maternelles » sur France 5, pour la première fois depuis la création de l’émission ( qui fête ses 10 ans)  le thème du jour portait sur le baby blues du père. Oui, pour la première fois ! Alors que la plupart des sujets qui ont trait à la parentalité ont déjà été évoqué à maintes reprises. Cette omission est bien révélatrice de ce qu’on attend d’un père : être toujours présent, fort à côté de la pauvre maman qui souffre lors de l’accouchement.

Je les remercie, parce que qu’il m’a permis de prendre conscience que mon propre Homme en avait souffert. Bon, de façon très légère : durant la première semaine de vie de notre fille il a été pris de nausées, plus tard il a su mettre des mots sur ces nausées, qu’il a qualifié de « nausées de stress » ( c’est-à-dire comparable à celles qu’il peut ressentir dans des moments psychologiquement éprouvants). Par ailleurs, il a été très présent et heureusement car l’accouchement et l’allaitement m’avait énormément fatiguée, la petite ne dormait pas, notre famille et nos amis étaient trop éloignés géographiquement pour nous apporter leur aide, je ne pouvais compter que sur mon mari pour récupérer un peu.

Car, dans la vraie vie tout ne se passe pas toujours comme on le voudrait. Oui, un homme peut faire une dépression du post partum. Selon les témoignages, cette dépression se manifeste de différente manière.

D’abord, elle peut intervenir avant la naissance ( on parle alors de couvade) ou dans les six mois qui la suivent. Souvent une envie permanente de pleurer saisie les pères. Cette sensation peut-être accompagnée de nausées, mais également d’un besion de se retrouver seul, d’une crainte dès que le père se trouve avec son enfant dans les bras ou d’une peur de sa propre mort ou de celle de son enfant.

D’après les témoignages de l’émission, il existe plusieurs manière de s’en sortir pour le père. Pour certains, le retour au travail a été salvateur, même si il a été source de culpabilité ( dans la mesure où il ne se sent pas à la hauteur face à son enfant ).

Certains hommes ont trouvé une aide précieuse dans le personnel de l’hôpital où leur conjointe a accouché. Encore faut-il que ce personnel soit formé sur l’écoute des pères ou un minimum informé sur ce baby blues du papa, ce qui n’est pas encore le cas partout (loin s’en faut). Comme pour toute dépression le sport est un très bon curatif. Et bien sûr, la psychothérapie reste un lieu de passage indispensable.

Ce sujet nous amène à nous interroger sur la place du père lors de l’arrivée d’un nouveau-né : dans l’émission,  une sage-femme nous dit « être un père, c’est ne pas être une mère ». Mais, est-ce qu’aujourd’hui, la société n’attend pas trop de ce père qui lors de la naissance doit-être tout à la fois : un Homme fort sur qui la mère puisse se reposer, un père pour l’enfant, mais également, lorsque la mère est trop fatiguée, une mère pour cet enfant. L’égalité des sexes passe aussi par la prise en compte des sentiments, de la fatigue du père lors de l’arrivée d’un nouvel enfant dans la famille. Je crois que la prise de conscience de l’entourage familial ici, dans un monde individualiste où l’on n’accorde désormais que peu de place à cette famille lors de la naissance, peut jouer un rôle primordial dans l’aide au père et à la mère. L’intervention de la famille peut permettre de soulager les parents et d’éviter au père souffrant de baby blues de trop culpabiliser à l’idée de ne pas pouvoir épauler correctement sa conjointe.

Sandy les bébous

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4 réflexions sur “Oui, le baby blues du papa existe !

  1. J’avais déjà lu qq trucs sur les dépressions du père mais jamais réellement décrites en terme de baby blues immédiatement conséquents à la naissance…Il est très important de montrer ce que l’arrivée d’un enfant peut avoir de perturbant aussi dans la vie des pères…je file lire la suite chez toi!

  2. Pingback: La naissance: Des choix et des actes qui pourraient tout changer {Mini-débrief} « Les Vendredis Intellos

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