On adore avoir des chiffres aux échographies durant la grossesse… Et le fémur mesure 3 cm, et le périmètre cranien 24 cm, et le BIP, et le DAT, etc. Seulement voilà, certaines idées générales sur la précision, la pertinence de ces mesures sont mises de côté par les futurs parents, mais aussi par les soignants… Pour ces Vendredis Intellos, je souhaitais vous proposer la lecture de cours en ligne d’échographie foetale de l’université Paris V, qui permettent de remettre un peu les pieds sur terre à propos de cette technique d’imagerie si répandue.

Jje vais surtout citer et commenter celui concernant la biométrie foetale. Ce qu’on appelle biométrie, c’est bien sûr l’évaluation des mensurations du fœtus. périmètre crânien, longueur du fémur, diamètre abdominal,…

Ce cours commence avec une mise en garde :

« Certains pensent que la biométrie foetale est simple à effectuer et à interpréter. Il faut effectivement garder un solide bon sens pour effectuer cet examen. Les enjeux sont pourtant multiples. Les bases incontournables doivent être parfaitement maitrisées, et certaines subtilités permettent de prendre du recul et de mieux interpréter l’examen ». 

J’aime bien cette expression, « prendre du recul« . Et c’est ce qui m’intéresse dans cette publication. La question qui revient en permanence, c’est celle de la précision des mesures. Par exemple, la datation de la grossesse : après avoir expliqué rapidement la méthode, l’auteur déclare très clairement :

« Ainsi nos comptes rendus devraient conclure à une date donnée +/- 7 jours. »

Ça fait un intervalle de 15 jours ! Finalement, c’est la date des dernières règles, la longueur « habituelle » du cycle menstruel qui permet d’établir une date à peu près correcte. Pas l’échographie !

Beaucoup de mesures sont effectuées, et sont attendues fébrilement par les futurs parents : périmètre crânien, « BIP », « DAT », longueur du fémur… Et sont sources de nuits de doutes, voire d’angoisse lorsqu’elles ne sont pas dans les normes. En fait, il semble que leur importance, dès lors qu’elles sont effectuées dans des populations à bas risque, est toute relative :

« Qu’en est-il de la mesure du périmètre cranien ? C’est la mesure la moins intéressante des trois mesures effectuées couramment, son intérêt est extrèmement modeste. »

« La mesure du diamètre bi-pariétal n’a aucun intérêt en dehors de certaines considérations de mécanique obstétricale. Il reste néammoins la mesure la plus reproductible de toutes. Elles est donc indispensable en période d’apprentissage. »

De quoi « prendre du recul« , non ? Ce qui est néanmoins étonnant, c’est que la pratique des échographistes, et surtout l’interprétation des valeurs qui est faite par les gynécos soient si éloignées de ces précautions, qu’ils ont donc bien dû apprendre un moment donné de leur formation !

Je souhaite terminer par une autre phrase de ce document, qui permet un peu plus de « recul » :

« Il est intéressant de savoir que dans une population à bas risque, l’estimation de poids foetal par examen clinique est aussi performante que par examen échographique « 

Pour un autre billet, avec d’autres références sur la précision des mesures en échographie obstétricale, c’est ici sur mon blog !

Mr Pourquoi

N.B. Dans ce cours, les notions de sensibilité et de spécificité d’un examen.

La sensibilité, c’est le pourcentage de cas où le « problème » à détecter est effectivement mis en évidence. La spécificité  correspond, parmi les cas déclarés positifs, au pourcentage de cas réel. Par exemple, un test de sensibilité de 80% détecte 80% des cas (donc 20 % de faux négatifs). Un test de spécificité de 60%, a parmi les cas déclarés positifs, 6 cas sur 10 réellement positifs (40% de faux positifs)