Comment être parents d’adolescents « autrement » ?

L’article de Kiki the Mum m’a interpellé et permis d’écrire enfin cet article qui mijotait sur l’adolescence et son accompagnement… je ne vous propose ici qu’un avant-goût, mais il est déjà intéressant à faire mûrir !

La puberté est une réalité physiologique, l’adolescence est ce qu’on a nommé (ce n’est pas moi qui le dit, mais à ce propos lisez l’article de Kiki the Mum pour les Vendredis Intellos que j’ai mis en lien plus haut)  bien pratiquement pour imposer aux adultes en mutation de ne pas entrer trop vite dans le pouvoir que donne le rôle d’adulte , mais aussi ses responsabilités et ses devoirs… Alors entre droits et devoirs, la limite est compliquée : non, le travail des enfants n’a pas sa place, mais de quel droit interdirait-on aux « jeunes » de prendre des responsabilités : combien créent des associations ou apprennent un métier avec un proche, sans pour autant avoir le respect qui serait accordé dans les mêmes situations à des adultes d’âge plus avancé… Si peu parce qu’on ne leur en donne pas l’occasion, ni même ne leur permet d’en faire naître l’idée bien souvent : ils sont en effet presque toujours l’objet de sarcasmes plus ou moins appuyés, de sourires en coins :  » l’âge bête » etc… On oublie trop souvent qu’ils sont en train de se chercher, et qu’en plus ils sont en mutation physiologique, comme on oublie la même chose au sujet de la ménopause et de l’andropause, passés dans le silence et l’oubli bien commodes… et aussi forts semble-t’il (ben oui, je n’ai pas encore « testé » :D ) On mets de cases et puis c’est fini ? Non, toute la vie de l’être humain est une mutation mentale et physique, pour autant faut-il stigmatiser les périodes charnières alors qu’elles sont déjà assez complexes (pas forcément compliquées) à vivre !?
Pour moi, ce qu’on a commodément nommé adolescence est une de ces 2 périodes charnières qui entourent la période « royale » socialement parlant (et aussi au niveau de l’espèce humaine) qu’est la période de reproduction, rien que ça !! Alors quoi, l’adolescent est en pleine demande de reconnaissance sociale et humaine, personnelle, et la société ne lui octroie que peu de droits, beaucoup d’obligations, la famille la première, bien entourée qu’elle est pour ne pas dévier… Eh bien je crois pour l’avoir vu qu’on peut accompagner nos « adolescents » autrement.

Le livre de Catherine Dumonteil-Kremer « L’adolescence autrement Faire confiance aux ados, faire confiance à la vie! » (éditions Jouvence) est riche pour nous donner confiance en nous et surtout en eux :

« Lorsque ma dernière fille a dépassé sa dixième année, j’ai senti une forme d’urgence qui m’a poussée à me dépasser. (…) Des questions nouvelles se posaient chaque jour qui engageaient ma responsabilité, l’avenir de mes enfants ! Les limites ont-elles encore du sens à cet âge-là ? Comment maintenir le lien, la communication avec eux ? Comment soutenir leurs apprentissages ? Comment donner une information sur la sexualité ? Quelle attitude adopter face à internet, aux jeux vidéo, aux expériences qu’ils font avec l’alcool, les drogues, etc. ? Et quel accompagnement leur donner pour que leur existence ait du sens? (…)                                Je vous propose un partage d’idées, d’expériences, de connaissances. (…) un grand voyage, qui va vous conduire à l’autonomie, celle de vos enfants mais aussi la vôtre. » (extrait de l’introduction)

Et pour avoir vu certains jeunes adultes ayant été accompagnés au moins en partie avec respect de leur personnalité et de leurs besoins, j’espère m’en tirer au moins aussi bien et voir mes enfants devenir aussi équilibrés, rayonnants et pleins de vitalité, de confiance et de volonté… Les aider à non pas trouver leur route (car quand peut-on dire qu’on l’a trouvée pour de bon? Nous la construisons toute notre vie!) mais à la forger par eux-même. Qui peut dire quelle sera la route? Elle a déjà commencé pour une ou deux de mes filles, tout juste entamée, et ne pas se jeter sur eux quand on voit des réactions « typiques d’ados » n’est pas toujours facile, mais continuer à les accompagner en respectant encore plus et de plus en plus leur propre vision du monde (en mutation comme l’est toujours la nôtre d’ailleurs!!) mais sans oublier bien sûr que chaque membre de la famille participe à la vie de cette famille… Chacun des membres d’une famille a ses priorités bien sûr, grandir, jouer et apprendre (souvent les deux à la fois), travailler, rêver, réfléchir, philosopher, créer… mais le plus dur dans tout ça est de rallier tout ce petit monde pour que le quotidien et la maison soient vivables pour tous (rangement, propreté, repas, etc) qui ne sont pas du même rang d’importance pour chacun, mais nécessaires malgré tout… Et qui laissent aussi un peu de temps pour des activités tous ensemble ou par groupes selon les envies… La famille c’est tout ça, et l’adolescence est à mon avis davantage une création de liens qui partent de l’adolescent plutôt qu’un détachement des liens forgés par les parents, cela ne veut pas forcément dire que les liens seront brisés dans le processus ! Ils pourront l’être si nous parents nous oublions que nous avons été dans cette création de nouveaux liens (et de quête de nous-même, mais la quête de soi n’est jamais finie ensuite), ou bien ils seront différents mais tressés de confiance et de respect mutuel si nous réussissons à les écouter et les respecter sans être trop bloqués par notre peur de les voir se faire du mal, qui est somme toute la principale cause de soucis et de discordes durant cette période…
 » Dans de nombreuses sociétés traditionnelles, le voyage fait partie des rituels de passage à l’âge adulte. Il est aussi un moyen d’apprendre à se connaître et à se développer. Les contrées que nous allons traverser [dans ce livre et/ou dans ce que vont vivre nos adolescents], vous les connaissez déjà. Vous vous souviendrez peut-être des paysages que vous avez parcourus il y a longtemps. Cette période est tout simplement exaltante. Energie, enthousiasme, plaisir de découvrir, de prendre des risques, loyauté, joie d’être autonome, ce sont les mots qui me viennent lorsque je regarde certains adolescents. Je rêve d’une société où ils prendraient un grand plaisir à vivre. Et pourtant, aujourd’hui, un nombre alarmant de jeunes montrent des signes de mal-être. ennui, manque de motivation, tristesse, rupture, confusion, sentiment d’incompréhension, c’est ce dont j’entends le plus parler lorsqu’il est question d’adolescence autour de moi… et c’est aussi ce qui revient dans mes propres souvenirs. Qu’est-ce que je me suis ennuyée! Au collège, je passais presque tout mon temps à regarder ma montre dans l’espoir que le temps passe plus vite. Ma routine de vie était sans intérêt, et vous ? Lorsque vous pensez à cette période, qu’est-ce qui vous revient en mémoire ? Que pouvons-nous faire pour nos enfants ? Que peuvent-ils nous apprendre? Comment changer notre regard sur l’adolescence ? Comment faire face ensemble aux grands changements que la vie nous réserve ? Comment les aider à vivre dans un monde en pleine mutation qui a bien plus besoin de solidarité que de compétition? Toutes ces questions sont encore pour nous des opportunités de croissance personnelles à saisir à pleines mains! Êtes-vous prêts à m’accompagner ? N’oubliez pas votre sens de l’humour, vous pourriez en avoir grand besoin ! » (extrait de l’introduction)
Maybeegreen

5 réflexions sur “Comment être parents d’adolescents « autrement » ?

  1. Merci pour ta contribution. Il est vrai que nous changeons constamment !

    J’espère que mes enfants deviendront des adolescents / jeunes adultes passionnés, avide de connaissances, de découvertes… ce qu’ils sont déjà en tant qu’enfants finalement. Je pense que notre société inhibe tout cela. Grandir ne serait-il donc qu’une affaire sérieuse ? ;-)

    Je file chez toi !

    • Merci Vert Citrouille :)
      J’espère aussi qu’ils garderont des étoiles plein les yeux et de la vitalité à aller de l’avant comme certains ados que je connais et qui entrent maintenant dans le règne « respecté » de l’adulte avec une force vive et une sérénité dont je ne me souviens pas avoir fait preuve moi-même, plutôt valsant entre mon envie de mordre la vie et la crainte d’être mal dans ma peau comme il était « de rigueur » … Ne sommes-nous pas en partie le fruit de ce que la société nous dicte?? Mais nous pouvons aussi affronter le libre arbitre et forger notre propre chemin ! C’est ce que j’ai compris et commencé depuis, mais nul ne sait la suite ;) Et comme dit Catherine Dumonteil-Kremer, n’oublions pas notre humour : il en faut , d’autant plus que nos enfants s’éloignent de l’enfance avec petits ou grands fracas !! Grandir, c’est aussi se créer des liens, nouveaux ou en renforcer certains, en affaiblir d’autres, c’est choisir un peu ou beaucoup comment on veut être pour maintenant ou pour plus tard, c’est apprendre à rire de ce qu’on ne souhaite pas être et aussi de ce qu’on est un peu, c’est apprendre … à vivre, non plus comme l’enfant de ses parents, mais comme juste soi… et c’est aussi impressionnant que passionnant, non ??

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