à l’écoute des enfants : un peu, beaucoup, pas du tout ? {mini-débrief}

Pour cette première contribution en tant que marraine des VI, j’ai l’honneur, grâce à notre chef déléguée de parler d’un thème qui me préoccupe et me passionne de plus en plus : à savoir la question de l’écoute de l’enfant.

C’est quoi, en fait, écouter les enfants ? pour beaucoup, on les écoute trop, en faisant des enfants rois, trop écoutés, trop gâtés, trop aimés, même, presque. On est paradoxalement dans une sorte de mode qui veut que la fermeté et la rigueur soient des trucs biens à appliquer à nos enfants. Et bien oui, vu qu’ils sont pourris, un peu de discipline presque militaire, ça peut pas faire de mal !
C’est en parlant justement d’une maman américaine qui fait scandale que Phypa aborde le sujet : la mère d’une fillette de 7 ans qui a effectivement un problème de poids excédentaire, décide de la mettre au régime à la dure ! Un régime violent dans ses principes, ses privations, l’image aussi qui est renvoyé à cette fillette de 7 ans. Phypa s’interroge d’une part sur les conséquences physiques, mais aussi mentale pour cette gamine ?

Sachant que les régimes « secs » sont très réputés pour leur grande inefficacité, pourquoi cette violence imposée à son enfant ? Et aussi, comment se fait il qu’un jour J, cette femme s’est réveillée d’un coup à se dire que sa fille est effectivement en surpoids et qu’il et temps d’agir ? Pourquoi agir dans l’urgence comme ça, avec une enfant en pleine croissance, en pleine construction ? et quid des conséquences sur les relations entre la mère et sa fille, sur le rapport à la nourriture Ô combien difficile qui doit être déjà présent et qui va sans doute s’exacerber ? et je ne peux m’empêcher du coup d’extrapoler dans ma propre vie, moi qui ais un relationnel plus que difficile avec la nourriture, je me surprend à avoir des envies très contrôlantes sur l’alimentation de ma fille, alors que justement je ne veux pas qu’elle soit dans le contrôle mais dans la sensation de faim et de satiété.

Quel est le bon positionnement, en tant que parent ? On met, même sans le vouloir, souvent bien plus que de la bouffe dans un repas, que ça semble difficile de trouver le juste milieu. Phypa parle de la fameuse « mère tigre » qui se vantait d’élever sa fille à la dure, de l’humilier si elle n’était pas compétente, d’être méchante avec elle si elle la décevait, etc. J’avais lu cet article qui m’avait tellement révolté… On parle de maltraitance lorsqu’il y a des traces de coups…

Or, lorsqu’on humilie, lorsqu’on fait peser l’amour dans la balance des résultats, la maltraitance est bien là aussi, non ? Pourquoi reconnait on tellement la violence physique mais pas la violence émotionnelle ? n’est elle pas moins visible, mais plus pernicieuse justement ? les blessures invisibles sont moins reconnues et sont pourtant si difficiles à cicatriser que cette sorte de mode en telle antithèse d’avec le maternage proximal me fait réellement flipper, car je pense à ces pauvres gamins qui subissent ça quotidiennement !

Je comprend mal cet état d’esprit qui voit du mal dans le manque de rigueur et n’en voit pas dans le manque d’amour réel !

Finalement, le juste milieu ne serait il pas de s’y prendre dés le début ? dés la naissance, un bébé, qui plus est allaité est tellement capable de gérer lui même ses besoins nutritifs (bien sûr hors problèmes médicaux, je précise hein…) . Donc pourquoi du jour au lendemain de ses 6 mois révolus, le bébé devrait il être nourrit montre et balance en main, mixer posé devant, afin que le petit ingurgite purées et compotes, bien liquides, comme le précise tout livre de puériculture disponible dans les rayons de puériculture classique ? le bébé serait il équipé de matériel invisible à l’échographie ? c’est le sujet de la diversification que justement Bulle aborde cette semaine dans les vendredis intellos.

Elle propose justement une autre pratique, qui vient peu à peu dans les foyer, à savoir ce qu’on appelle souvent « la diversification menée par l’enfant » : sortant de l’idée que le bébé n’est capable d’ingurgiter que des purées très lisses jusqu’à un âge avancé (j’avoue ne pas connaître les tableau modèles vu que justement on a pratiqué amplement la DME), menant souvent à un soucis : celui qui fait que le bambin ne veut pas de morceaux ! Ben oui, il n’a pas trop l’habitude de ça ! J’ai trouvé intéressant que Bulle explique justement d’où vient ce postulat étrange, et elle explique également pourquoi et comment le bébé est finalement capable de gérer des aliments déjà solides dés le début de la diversification, donc généralement entre 6 mois et 1 an.

Je trouve ça bien que cette « pratique » (guillemets car ça devrait être logique et pas juste un choix éducatif) sorte un peu du placard tellement elle est d’une part bonne pour le bébé qui fait des découvertes non seulement au niveau du goût mais des textures bien plus enrichissantes que purée carotte, puis courgette, etc… et qu’aussi il faut le dire, la DME, certes risque d’être plus salissante, mais c’est quand même moins galère à gérer pour les parents qui ne doivent pas préparer 36 repas différents selon les âges de leurs chères têtes blondes, brunes ou rousses !

Ce qui nous amène à parler du thème abordé par nos Supers Parents Camille et Olivier, à savoir les rapports dans la fratrie et surtout, comment les gérer sans tomber dans les habituels « regardes ta soeur, ELLE, elle… » . Ce genre de phrasé nous vient malheureusement assez facilement, et non seulement ça n’aide en rien à la situation, mais en plus de ça, ça pourrit quand même les choses au niveau de la relation fraternelle et ça génère une ambiance de comparaison assez malsaine et déplaisante. à travers leur lecture des maintenant très connus Faber & Mazlich, Camille et Olivier partagent avec nous différentes réflexions essentielles, qui peuvent se résumer en le postulat suivant : que en tant que parents, nous ne sommes pas là pour que nous enfants s’aiment, veuillent jouer ensemble ou pas, nous ne maîtrisons que bien peu sur ce sujet, mais que nous, en tant que parents, soyons là pour d’une part savoir écouter VRAIMENT nos enfants dans l’expression de leurs sentiments, mais également  contribuer à ce que nos enfants se sentent suffisamment sécurisés et bien dans leurs pompes pour exprimer leurs émotions, et après, adviendra ce que voudra ! et j’ai adoré le petit test proposé pour justement un peu se faire une idée de ce que peuvent vivre les enfants d’une fratrie !

En fin de compte, parvenir à écouter VRAIMENT nos enfants, ça aide beaucoup généralement ! bien plus que de partir dans des affrontements continuels et si fatiguants pour chacun ; et c’est pourtant une conviction de beaucoup que l’affrontement continuel fait forcement partie de notre rôle éducatif !

Maybegreen se fait cette réflexion à travers la lecture du très connu aussi Thomas Gordon, avec sa tout aussi fameuse « méthode du gagnant gagnant ». J’avoue que le principe de la « méthode » me dérange un peu, mais bon, on peut piocher beaucoup de choses intéressantes chez Gordon, sans pour autant (et c’est de toute façon le cas dans toutes les « méthodes », aussi bonnes soient elles) : ce que j’aime, c’est cette manière de voir l’enfant comme une personne à part entière, ni plus ni moins importante qu’un autre humain, avec les mêmes droit, devoirs et cie : si on considère l’enfant comme un égal, ça change déjà une énorme conception des choses ! Je me dis souvent que les enfants doivent tolérer des choses que nous ne supporterions pas 3 secondes ! Beaucoup d’adultes leur demandent patience, écoute, calme, discrétion, etc… alors que nous, adultes, sommes les premiers à ne pas remplir ce contrat ! Pourquoi a t’on tellement d’attentes, si lourde pour les petites épaules d’un enfant ???

Gordon propose aussi le fait que l’enfant a souvent les clés de ses problèmes, et que plutôt que de faire à sa place (ou de l’envoyer sur les roses ;) ), l’aider un peu à trouver seul sa clé, est bien plus lui rendre service que de faire à sa place. Alors certes, ça demande une attention (et une patience ;) ) un peu plus ardue de notre part, mais en retour on reçoit tellement ! ça demande un gros lacher prise, accepter que l’enfant ne puisse (ça semble logique pour un adulte, et pourtant souvent les enfants n’ont pas le même traitement) pas faire parfaitement dés le début, et qu’il puisse casser quelques verres ou renverser de l’eau avant de savoir se servir sans en mettre à côté.

Globalement, là, on parle de l’écoute de l’enfant ! Mais quelle écoute ? Comment se déconditionner de ces postulats anciens voire archaïques qui sont encore tellement en vogue aujourd’hui ? à croire que l’enfant est manipulateur, violent, jaloux, susceptible, désagréable, et j’en passe. Comment faire ? Je ne sais pas, je n’ai pas de solution toute prête ! Ce que je constate au quotidien, c’est que tendre à cette vision des choses, ça offre dans la relations une richesse vraiment très forte, parfois des questions sur le bon sens de nos choix, mais en fin de compte, au fond, j’ai cette conviction (en plus du constat quotidien et régulier que ça porte ses fruits) que proposer l’écoute de l’enfant, dans ses besoins vitaux mais aussi dans ses besoins de réassurance, d’amour infini et d’écoute vraiment présente, c’est lui offrir plus que tous les objets du monde, c’est lui donner le droit d’être lui, vraiment. Et de ne pas être celui que nous aimerions qu’il soit, ni celui qui réparera l’enfant que nous avons été et qui devrait réparer nos blessures d’enfant. Juste lui. Pour avoir les ressources pour vivre sa vie, en toute confiance en lui, en sa capacité à être « aimable » pour lui et pas pour ce qu’il doit faire pour plaire, en sa capacité aussi à se faire du bien, tout simplement. Celui qui croit en lui est fort, bien plus que celui qui est sur la défensive ou le paraître. Et cette richesse, elle vient de très loin, de cette enfance qui est encore bien trop souvent bafouée au nom de principes incompréhensibles mais pourtant étrangement, implanté dans une culture qui croit que l’éducation réside dans la contrainte et l’affrontement.

J’ose croire en ces changements, même infimes, dans la perception de l’enfant. Chaque enfant respecté dans son intégrité saura respecter tous ceux qui l’entourent en retour.

MamanDragon

5 réflexions sur “à l’écoute des enfants : un peu, beaucoup, pas du tout ? {mini-débrief}

  1. Beau billet :)
    Il n’est pas toujours facile de se défaire de nos réactions soudaines, guidées par notre vécu, par les tendances de la société, par les principes archaïques, par les exemples qu’on nous a donnés par le biais de la télé, des livres, de ce qu’on a vu… Bref autant de moments de vie qui biaisent nos instincts.
    En ce moment, je vais à un atelier Faber et Mazlich, et je le trouve vraiment très utile. Car même en souhaitant mieux écouter mes enfants, je me sens parfois un peu prisonnière de tout ce que j’ai évoqué ci-dessous. Ca permet de « déprogrammer » en faisant les petits jeux de rôle.

    • Hello Marie-Claire, nous sommes aussi en pleine formation F&M sur Paris… en espérant bientôt animer des ateliers de parents sur la région Bordelaise.

      Bravo Maman Dragon pour ce superbe Mini débrief !!

  2. Bravo MamanDragon pour ce résumé :^) J’ai apprécié le lire.
    J’ai fait il y a plusieurs jours un petit article sur la DME sur mon blog (sans savoir qu’on pouvait aussi l’appeler comme ça, je fais une nouvelle découverte aujourd’hui…),
    et ça me donne envie, de, peut-être, un jour, participer aux VI, que je lis régulièrement !

  3. Bravo pour ce premier mini-débrief Maman Dragon :) Un sujet qui t’a bien inspiré et avec lequel tu t’es bien débrouillée !
    @Myzotte : au plaisir de te lire dans les VI ;)

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