Accoucher par soi-même

Voilà le titre pour le moins détonnant de l’ouvrage que les Editions Mama ont mis à disposition des Vendredis Intellos il y a quelques semaines…

A première vue, voilà de quoi faire monter au créneau tant les partisans de la technicisation de la naissance et ceux de la prise en compte des potentialités de la physiologie…

Et ce, d’autant plus que l’ouvrage,sous-titré « Guide de la naissance non assistée » ne cache en rien son objet: il s’agit clairement pour lui d’évoquer le cas de ces femmes qui décident de mettre leur enfant au monde sans quelconque forme de présence médicale.

Que les partisans de la technicisation de la naissance s’en offusquent, cela n’étonne personne… Que ceux de la naissance physiologique (en milieu hospitalier ou à domicile) puissent voir ce genre de livre d’un mauvais oeil peut paraître d’abord surprenant pour tout un chacun…

Pourtant je vous l’assure, pour avoir eu la chance d’accoucher par deux fois (et peut être bientôt trois!) accompagnée par une sage femme libérale dans l’intimité de ma maison; pour avoir dû par cent fois peser le pour et le contre ; par cent fois expliquer à nos familles et amis quelle était l’expérience et la compétence de la sage-femme que nous avions choisi ; potasser les études internationales et statistiques avec la ferme intention d’envisager l’accouchement physiologique comme le résultat d’une recherche de minimisation des risques compte tenu d’un contexte médical, logistique et psychologique ; organiser les différents scénarios de transfert ; nous heurter tantôt à des médecins et professionnels de santé insuffisamment informés sur le sujet, ou trop pétris de certitudes, ou simplement persuadés de savoir à la place des gens ce qui est bon pour eux ; pour avoir vécu ce parcours du combattant et voir encore chaque jour nombre des sages-femmes qui portent ces revendications accusées, acculées, jugées, entravées…

je ne peux être que soupçonneuse à l’endroit d’un propos qui donne du grain à moudre à tous les détracteurs de l’accouchement physio (et en particulier l’accouchement à domicile)…

Lors de la dernière séance de préparation à la naissance à laquelle j’ai assisté pour la Brioche, le sage femme qui l’animait (qui réalise pour sa part des accouchements en plateau) a utilisé une métaphore que j’ai trouvé assez pertinente pour décrire la complémentarité de la physiologie et de la technologie dans l’aventure de la naissance…et que je me propose de vous développer un peu…

Comparons donc l’accouchement à l’ascension de l’Everest…

La sage femme y serait alors guide de haute montagne… sa mission est d’accompagner à bon port le randonneur (c’est à dire la femme en travail et le bébé)… Les risques (les crevasses, les avalanches, etc…) existent ; mais son rôle est de les anticiper (ne pas partir quand la météo n’est pas favorable) et de les minimiser par quelques techniques simples (s’encorder, utiliser des chaussures à crampons, emporter du matériel de survie…). En aucun cas, elle ne peut faire l’effort à la place du randonneur, qui va devoir marcher, lutter contre le froid, la brûlure du soleil, le manque d’oxygène, et repousser encore et encore ses limites… En aucun cas non plus, elle ne pourra s’approprier l’extrême humilité et l’immense fierté de son randonneur parvenu, faible et endolori, au sommet…

Mais lorsque ça tourne mal, elle peut appeler l’hélico. Celui-ci ne demandera rien au randonneur, il le saucissonnera dans son brancard, le treuillera peut être sans mot dire et l’emmènera d’un coup d’hélice au sommet… Le randonneur ne pourra probablement pas ressentir dans son corps les mêmes sensations que celui qui y sera monté à pied, mais l’essentiel sera là:

Il sera vivant et prêt à se remplir les yeux du fantastique spectacle du soleil couchant sur la mer de nuages (je rassure les curieux: je n’ai jamais fait d’alpinisme ailleurs que dans mon imagination)…

Tout ça pour dire que j’ai encore du mal à envisager l’ANA (accouchement non assisté) autrement que comme ces toutes premières expéditions il y a 100 ou 200 ans où les aspirants alpinistes montaient en corde rudimentaire, sans équipements adaptés, sans aucun secours… et se faisaient littéralement décimer…

En dépit de toutes ces réticences, je reste une femme curieuse… et c’est donc pleine de curiosité que je me suis lancée dans la lecture de l’ouvrage en question….

L’ouvrage se décompose en 9 chapitres que je regrouperai personnellement en trois périodes..

La première partie, composée des quatre premiers chapitres, entend faire le bilan sur la façon dont la naissance est envisagée dans la société actuelle…

Il y est donc question d’analyser les différentes représentations communes sur la grossesse et l’accouchement, et la façon dont ces représentations varient selon les cultures (chap 1). Il y est également question de discuter les risques induits par les techniques courantes en obstétrique (déclenchement, injection d’ocytocines de synthèse, poussée dirigée, rupture artificielle des membranes, etc…) (chap. 2) dans le but d’aboutir à une réflexion plus générale à la fois sur les conséquences psychologiques et physiques délétères des accouchements traumatiques sur la vie des femmes et des enfants (chap. 3)  et sur la persistance d’une culture médicale privilégiant l’interventionisme (chap. 4).

Mon avis est que si les questions évoquées dans le chapitre 1 me semblent à la fois légitimes et insuffisamment explorées ( comment se fait-il que les femmes de certaines cultures semblent souffrir moins que les autres en accouchant? Comment se fait-il que les primates semblent vivre leur mise bas plus sereinement que nous autres humaines? Quel serait réellement le taux de mortalité/morbidité maternelle et infantile dans un contexte purement physiologique (et non par exemple dans le contexte hospitalier biaisé du 18ème siècle où en plus d’une très faible technicité, les médecins disséquant les cadavres venaient contaminer les parturientes de leurs mains souillées…)), les quelques réponses apportées multiplient selon moi les maladresses scientifiques comme par exemple dans cette affirmation qui me semble plus que contestable (ou du moins tautologique) à de nombreux égards:

Physiologiquement, on ne peut distinguer une femme occidentale, d’une femme vivant dans une société tribale, et il y a peu de différences entre les humains et les autres mammifères. Par conséquent, si nous voulons comprendre les énormes écarts qui existent entre les deux pour ce qui concerne la naissance, il nous faut examiner la façon dont l’accouchement se déroule et les différences physiologiques entre les animaux, les femmes des sociétés tribales et les femmes modernes occidentales. (p. 28)

 Les informations des chap. 2 et 3, pour la plupart peu novatrices (par rapport à celles figurant dans de très nombreux ouvrages en faveur de l’accouchement physiologique) et fortement empreintes de pathos (les témoignages assez violents et alarmistes s’enchaînent…là où j’aurais souhaité trouver nettement plus d’argumentation scientifique) m’ont plutôt déçue… Par ailleurs, les raccourcis y sont nombreux, les études prises pour référence pas toujours citées:

[…] des études ont montré que les enfants qui ont été soumis à des anesthésiants durant la naissance présentent un taux plus élevé de dépendances vis-à-vis des drogues à l’âge adulte. […]On apprend à l’enfant dès le premier jour de sa vie que les médicaments sont la meilleure manière de résoudre ses problèmes et d’apaiser ses souffrances. (p.69)

Seul le chapitre 4 a réellement retenu mon attention…en ce sens qu’il poursuivait en quelque sorte la réflexion que j’avais amorcée (mais non achevée!!) ici et ici sur certains fondements de la culture médicale, propre à générer les comportements objectivement regrettables tels que cités dans ledit chapitre, à propos d’un conseil d’un professeur à ses étudiants en médecine:

A vrai dire, un des éléments clés de mes conseils subversifs aux étudiants en médecine est: pour réussir un examen, terminer vos études de médecine et conserver votre raison, choisissez toujours la réponse la plus interventionniste dans un QCM et vous avez de fortes chances d’avoir bon. (p.77)

Ceci me conduit à adhérer plutôt à la conclusion selon laquelle:

La technologie seule ne contribue pas aux naissances réussies, et mettre les bébés au monde en dehors de la cellule familiale sans aucune considération pour les aspects psychologiques, sociaux et spirituels laisse un vide dans la vie de bon nombre de femmes et d’hommes. (p. 75)

La seconde partie de cet ouvrage, composée des chapitres 5 et 6, est celle sur laquelle je m’étendrais le moins…. L’auteur y expose à quel point les croyances et les attentes implicites des femmes jouent sur leur vécu, et le déroulement de leur accouchement. Malheureusement, si ces affirmations me semblent dans l’absolu tout à fait pertinentes, l’angle d’approche choisi par l’auteur (presque uniquement centré sur ses propres croyances entendues au sens de représentation, mais aussi de spiritualité et de foi religieuse) me semblent une incursion mal venue dans ce qui relève avant tout des choix personnels de chacun…

La troisième partie de l’ouvrage, composée des chapitres 7, 8 et 9 est consacrée aux témoignages de naissances non assistées (celles de l’auteur mais aussi de pas mal d’autres couples), est finalement celle qui, selon moi, fait son plus grand intérêt … Dans cette partie, le contexte de ces naissances très singulières, leur recevabilité sociale, les enjeux idéologiques complexes qui les accompagnent et les risques encourus disparaissent pour laisser place avant tout à la parole des mères et des pères aux prises avec un évènement qui les dépassent…et c’est ce que j’ai apprécié…

James a préparé un jus à base d’ail, de gingembre, de choux, de betteraves, de carottes, de citrons vertes et d’oranges qu’il m’a apporté sous la douche. « Je ne peux pas, ai-je sangloté, je suis désolée ». C’était comme si toute la tristesse du monde s’était abattue sur moi parce que je ne pouvais boire le jus que mon mari m’avait si gentiment préparé. A partir de cet instant, j’ai commencé à perdre pied. Je n’étais plus capable d’accompagner mes contractions de « Oooooh! » et de « Aaaaah ». Celles-là n’arrivaient pas en vagues progressant doucement vers un point culminant, mais frappaient violemment mon corps tel un camion s’écrasant contre un mur de béton. Moi: Si tu réussis à décrisper ton front et ta bouche, ton vagin va se détendre. Ma pomme: Va te faire foutre! Je ne peux pas faire ça. ça fait trop mal! Moi: Souviens-toi, l’esprit est plus fort que la matière. Ce n’est pas de la douleur. Ce sont des sensations intéressantes auxquelles tu dois prêter attention. Ma pomme: Aïe aïe aïe aïe aïe aïe aïe aïe! Moi: Inspire et gonfle ton ventre, tu es en train de t’ouvrir. Ma pomme: Tu vas la fermer, oui ou non? (p.159)

Ma conclusion sur cet ouvrage est qu’on n’aurait pu choisir de pire appellation que celui de « Guide »… Guide, il n’est point… parce que les informations de nature scientifique me semblent par deux fois contestables ; parce que les informations de nature spirituelle ne sont en rien analytiques mais bien plus prosélytes, enfin, parce que l’expérience propre de l’auteur (en dépit de ces cinq accouchements) ne peut à elle seule prétendre à une quelconque représentativité…

A ce titre, je garde donc de ce livre les témoignages émouvants que j’ai pu y lire, de femmes qui vont à la rencontre d’elles même, d’hommes qui les accompagnent et qui les soutiennent, de bébés graves et volontaires, et qui, au delà de leur contexte pour le moins discutable, me laisse irrésistiblement en tête l’enivrant sentiment que la naissance, loin des scènes  chirurgicales mises en scène par Hollywood, avec force sang, cris, peut aussi être un moment simple, intense et merveilleux…

Mme Déjantée

19 réflexions sur “Accoucher par soi-même

  1. Sans avoir lu le livre, je déplore que la bataille pour préserver la physiologie de la naissance se transforme en un combat contre tout accompagnement médical. C’est se tromper de cible ; c’est décréter que la nature est forcément bienfaisante. Elle ne l’est pas toujours. A l’échelle de l’espèce, c’est anecdotique, mais à l’échelle de l’individu…
    Exigeons des prises en charge plus respectueuses des mécanismes physiologiques, plus de confiance , d’intimité, de patience, de présence… Mais certains accouchements auront toujours besoin de la technique médicale pour bien se dérouler. Ne nions pas cette réalité.

    • Je suis entièrement d’accord avec toi… c’est sur cette complémentarité que j’ai voulu insister en développant la métaphore de l’alpiniste… En tant que patiente, j’ai conscience que la liberté dont je jouis aujourd’hui de pouvoir accoucher physiologiquement en toute sécurité est due aussi à l’existence de techniques médicales performantes…
      Concernant plus particulièrement l’ouvrage, je regrette qu’on ne découvre qu’au fil des pages (et encore de façon extrêmement masquée) que ces naissances « non assistées » ne sont majoritairement qu’une solution par défaut, le résultat d’un rendez vous manqué entre une sage-femme et un couple…

      • De même, pour avoir eu le bonheur et la chance de pouvoir donner naissance par deux fois dans notre intimité accompagnés par notre précieuse sage-femme (après avoir accouché par trois fois en maternité), même si la force qui nous remplit alors semble immense, l’accompagnement global me semble une des forces de telles naissances, un des piliers discrets mais vital !
        En effet, la grande majorité des ANA (accouchements non assistés) « choisis » le sont par manque de sage-femme pratiquant l’AAD ou la plateau technique, parfois même plus simplement par manque de maternité respectueuse suffisamment proche… d’autres le font par refus de toute intrusion, le plus souvent suite à des traumatismes, mais pas toujours… Un ANA peut-être beau, certainement, tant qu’il se passe bien, et comme on dit, dans la majorité des naissances, il n’y a rien à faire, et alors tout se passe bien ; cependant, prendre le risque qu’il y ait quelque chose à faire sans sage-femme pour veiller sur la naissance me semble beaucoup trop coûteux en cas de danger pour la santé du bébé tant que de la mère… Je suis persuadée qu’il y aurait bien moins d’ANA s’il y avait plus de sages-femmes pratiquant l’AAD, le plateau technique, et davantage de maternités HAB et militant de façon intense pour des conditions favorables à l’allaitement , moins de grands pôles et plus de personnalisation… voire s’il existait enfin de vraies maisons de naissance en France, et cela dans chaque département… ainsi chaque famille, chaque mère pourrait choisir ce qui lui correspond le mieux, ce qui lui convient le mieux à ce moment là et pour cette naissance-là !
        La naissance est un instant de poésie brute dans ce monde! Cela ne veut pas dire qu’elle est par nature facile ou violente, cela veut dire qu’elle est ce qu’on en fait et peut donc être merveilleuse autant qu’intense, mais qu’une part restera toujours incontrôlable…

  2. Merci pour cette article Mme Déjantée. Avec trois accouchements en milieu hospitalier, dont le dernier m’a laissé un goût amer, je me suis souvent demandée si mon ressenti aurait été différent à la maison.

    Mes deux premiers accouchements étaient beaucoup plus médicalisés (déclenchement) et pourtant j’en ai un souvenir plus apaisé. Le deuxième notamment était top, avec une sage-femme très très à l’écoute.
    Le dernier s’est déroulé plus naturellement (je suis arrivée à la maternité déjà dilatée à 8 et je n’ai pas eu de péri, comme je le souhaitais) et pourtant le manque d’écoute de la sage-femme et l’incompréhension de mon chéri m’ont laissé très mal (et ma fille avec) pendant les premiers mois jusqu’à ce que je comprenne pourquoi avec la sage-femme qui me suivait.

    En conclusion, je dirais que ce n’est pas tant le milieu qui importe mais les personnes qui nous entourent pour ce moment si particulier dans la vie d’une femme ou d’un homme. A mon sens, l’avantage de choisir l’accouchement à la maison ou en plateau, c’est le lien qui est déjà créé avec une sage-femme qui nous respecte et nous comprend. Se retrouver face à une inconnue pas forcément à l’écoute ne met pas toujours dans de bonnes dispositions, et quand l’appréhension se mêle à la douleur tout est plus difficile à gérer.

    Peut-être d’ailleurs n’ai-je pas réussi à établir un lien de confiance avec la sage-femme pour mon troisième accouchement car je suis arrivée déjà secouée de contractions (et aussi parce qu’elle trouvait que je mettais de la mauvaise volonté pour me laisser aller, quand j’y pense quelle cruche) alors que pour les deux premiers j’ai pris le temps de discuter avec les sage-femmes sur mes souhaits et mes questionnements avant de rentrer dans le vif du sujet ?

    • Je suis persuadée que tu as raison et que l’environnement émotionnel est un paramètre majeur pour permettre à un accouchement de ne pas vécu comme un traumatisme…
      Je pense aussi qu’au moment où nous accouchons nous sommes en état d’extrême vulnérabilité, ce qui renforce encore l’importance de ce paramètre…
      Dans mon cas par exemple, durant la naissance de PMH à la maison( naissance donc n’ayant nécessité le recours à aucune technique médicale, avec la présence de ma sage femme AAD) à un moment donné de l’expulsion, je me suis retrouvée face à une grande angoisse… ma sage femme ne s’y attendait pas à ce moment là et, probablement très concentrée sur les évènements m’a répondu plus sèchement que ce dont j’aurais eu besoin sur le moment… Cette phrase anodine que ni elle ni Mr D ne se sont souvenus après coup est restée longtemps dans ma mémoire avec le sentiment désagréable de ne pas « avoir assuré ».. Je mets donc encore une fois tout cela sur le compte de la subtile alchimie du moment, de son extrême intensité, bien plus que sur le déroulé objectif de l’accouchement….

  3. Quel début de vendredi en fanfare avec cette participation sur un sujet qui te touche vraiment de près pour l’avoir vécu et pour le vivre très prochainement. Je te souhaite de pouvoir vivre cet evenement dans les meilleures conditions qui soit ! Pour ma part, je m’interroge vraiment sur les conditions de ma prochaine rencontre avec un petit être tant désiré…. Je sais que je ne veux pas revivre mon douloureux accouchement mais être lâchée seule loin de cet hôpital ou j’exerce me fait un peu peur… Les témoignages tels que ceux que tu cites (dans l’ouvrage cité) et ceux que tu nous apportes via ton blog m’aideront à cheminer afin de choisir au mieux pour moi quand le moment sera venu, et il en est de même je pense pour toutes les futures mamans désireuses de renouer avec les méthodes naturelles et physiologiques qu’ont connues nos ancêtres….

    • Comme je disais à Ally un peu plus haut, les conditions « objectives » compte selon moi bien moins que l’environnement affectif… Que l’on choisisse la maison ou l’hôpital, peu importe en définitive.. qu’on s’assure d’y être accueillie, entourée, soutenue, rassurée, respectée me semble en revanche la priorité absolue…
      Je regrette d’ailleurs quelque part d’avoir découvert dans ce livre que la majorité de ces ANA étaient pour nombre d’entre eux une solution par défaut, faute d’avoir trouvé un tel environnement sécurisant… La violence des protocoles médicaux n’est finalement que la violence des personnes qui les appliquent aveuglément, bien plus que l’acte en lui-même (cf. mon billet sur mon blog perso sur ma rencontre avec l’anesthésiste de la mater…).

  4. Donner son avis sur un livre sans l’avoir lu c’est le bon moyen de lancer un débat qui n’a rien à voir avec le contenu du livre et les idées proposées par l’auteur.

    • C’est précisément pour cela que les VI mettent un point d’honneur à citer les passages commentés!! Pour permettre d’élever autant que possible le débat!! Maintenant si tu fais partie des personnes ayant l’opportunité de lire ce livre en entier, je serais ravie que tu joignes ton opinion et ton interprétation à la mienne!!!

      • Il serait grossier de ne pas honorer votre invitation ludique. J’achève la lecture du bouquin, puis je reviens…
        Hélas, 10lunes, tout ne se passe pas toujours bien.
        Ben, les professionnels ne devraient, justement, RIEN proposer à ces femmes. Et alors, ces femmes se sentiraient comprises et soutenues…

        • Ravie que la discussion se poursuive!!! Quant à ta dernière phrase, je n’y adhère que dans un sens: autant je pense que le milieu médical gagnerait énormément à se questionner (à les évaluer!) sur les conséquences délétères de leurs interventions (et réussir enfin à rompre avec la règle de l’interventionnisme maximal telle que décrite dans l’article) autant je ne pense pas qu’une femme en travail n’attende « RIEN » de la part de son entourage… du soutien, du respect, des encouragements, la présence bienveillantes de personnes expérimentées, c’est un minimum… c’est en tout cas ce qui ressort de l’ouvrage d’Ina May Gaskin, souvent cité (mais pas toujours à propos) dans celui que j’ai commenté ici, qui devrait être lui aussi commenté dans les semaines à venir sur les VI et qui me semble bien plus pertinent sur ce point!!

    • Effectivement, je n’ai pas lu ce livre (et je l’ai dit). Mon commentaire concerne de façon plus générale les partisans de l’ANA. Ils affirment implicitement (puisque tout est censé bien se passer sans accompagnement) que les difficultés et complications que craignent les professionnels de santé sont liées à l’hypermédicalisation de la naissance.
      Il me semble normal de revendiquer une médecin respectueuse, beaucoup moins de souhaiter totalement s’en passer, encore moins de faire l’apologie de son absence.

      • Pourtant, la question me semble judicieuse : en reprenant la métaphore, quelqu’un qui gravit l’everest sans guide est-il complètement « anormal » ? Je rejoins le fait qu’en faire l’apologie, le souhaiter pour chaque femme est aussi douteux que de souhaiter pour chaque femme d’accoucher par césarienne, avec une péri, à la maison, ou quoi que ce soit de « normé ».

        Je trouve néanmoins que le fait que des femmes souhaitent se passer d’un suivi médical devrait nous permettre de nous poser la question, nous, les médicaux, sur ce que nous avons à proposer.
        Chaque femme que l’on rencontre a déjà une histoire d’écrite, et c’est dans son histoire que nous apparaissons ; nous n’en sommes pas responsables.

  5. Pour ma part, je retiens ta métaphore de l’alpiniste, que je trouve bien trouvée. Pour ma grossesse actuelle, j’ai choisi l’accompagnement global et un accouchement en plateau avec ma SF, ce qui sous-entend pour moi un certain projet de naissance et l’espoir d’un accouchement plus physiologique que le précédent, avec une personne présente de A à Z pour m’accompagner et m’aider dans cet enfantement – une mise au monde active donc. Pourtant, j’ai parfois du mal à expliquer cette envie à mes proches, qui pour la plupart, ne voient que le côté médicalement rassurant de la salle d’accouchement standard et l’effet antalgique bienvenu de la péridurale… lorsque j’explique mon envie de cheminer par moi-même, dans l’écoute de mon corps, à la rencontre de mon bébé, je crois que mes explications font un peu mystiques !!
    La prochaine fois, je tente le coup de l’alpiniste ;-)

  6. Merci Mme Déjantée pour cet article. Belle métaphore de l’alpiniste. J’aurais aimé découvrir tout ça, et ne serait-ce que la possibilité de faire un plan de naissance, avant mon premier accouchement qui, hélas, m’a bien déçue :/ Je suis partie accoucher « les yeux fermés » et ai eu droit à pas mal d’interventions que je croyais normales et pour lesquelles on ne m’a pas demandé mon avis. Au final, césarienne car bébé ne s’est pas engagé, au bout de deux heures à ouverture complète. Pourtant, le monitoring (branché en permanence!) ne disait rien d’anormal quant au rythme du coeur du bébé. Bref, je raconte un peu ma vie, mais je suis surtout contente de découvrir qu’il y a des alternatives à ces pratiques trop interventionnistes, sans bien sûr tourner complètement le dos aux pratiques médicales, enfin, tout est dit dans ta métaphore :-)
    Sinon pour ma part, je ne me sens pas prête pour un AAD, mais me tournerai plutôt vers le plateau technique, en espérant que mon utérus cicatriciel ne soit pas problématique :/

  7. Bah j’aurais dû lire cet article il y a 2 semaines : j’ai acheté le bouquin et je suis super déçue (surtout qu’il coûte assez cher !).
    Perso, tout ce prosélytisme m’a laissée un peu pantoise. Comme tu dis, il y a quelques bonnes choses, mais c’est vraiment gâché par ça…

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