18 mois… je croyais que la crise, c’était à deux ans moi?

image trouvée ici
C’est à peu près la tête de Surprise quand il n’est pas content…

 

 

En ce moment, Surprise est un tantinet usant (et c’est rien de le dire) quand il s’y mets…

J’ai donc décidé de retourner voir dans « J’ai tout essayé » de I.Filliozat ce qu’elle dit de la période 18-24 mois.

Ben déjà, la période est intitulé : « le non des enfants », ça augure…

En gros, pitchoun a besoin de s’affirmer pour exister, de faire des choix et de s’imposer…Ok…
Alors si on détaille ça donne :

  • Elle (il) s’oppose :

La phase du Non systématique peut ne durer qu’une semaine, juste le temps de vérifier que « je ne suis pas toi, j’ai le droit d’être moi ». L’opposition ne s’installe que si le parent refuse la différenciation. […] Le véritable besoin […] n’est pas de s’opposer, mais de se différencier.

Bon, je trouve ça un peu réducteur, de dire que si ça dure, c’est forcément la faute du parent. Moi je veux bien qu’il se différencie, même si c’est vrai, je l’appelle encore « mon bébé » assez souvent… Seulement parfois, y a pas, les impératifs sont là et on ne PEUT PAS le laisser imposer son avis. (d’ailleurs, tout le monde dit aussi qu’il faut des limites, raisonnables bien sûr, pour les enfants…)
Est ce que, sous prétexte que, bien que très fatigué, il ne veut pas se coucher, je dois le laisser debout jusque 22h? Une fois, pourquoi pas, mais quand il crise  tous les soirs à l’heure du coucher? (pas longtemps, 2-3 minutes, histoire de faire comprendre qu’il n’est pas d’accord du tout.) J’ai plutôt pris l’option : « tu es fâché mon cœur? Tu as le droit, c’est vrai que maman t’empêche de faire comme tu veux et tu as le droit de ne pas être content. » Et je lui laisse ce droit de pleurer et/ou de crier.

La solution proposer par Filliozat : ne pas donner des ordres mais installer des association, des routines, poser des questions pour le faire réfléchir. Poser des questions, c’est bien, la routine, ça doit être rassurant pour un petit certes. Et le dessin illustrateur montre le dialogue suivant

Maman : Il fait sec ou mouillé dehors?
Fille : Mouillé!
Maman : et quand c’est mouillé?
Fille : Les bottes!

Déjà avec le mien, c’est fichu pour le dialogue, il n’a pas énormément de vocabulaire en Français, et moi, je n’en ai pas non plus tellement en Surprisien…
Et ensuite, si fiston, au lieu de répondre : les bottes!, te dis « les tongs! » ou encore « les crocs! », t’as pas l’air benête non?
J’avoue qu’alors, je serai trèèès fortement tentée de le laisser mettre les chaussures de son choix, histoire de le laisser constater que finalement, c’était peut pas l’idée du siècle… Image de mère indigne au SuperU garantie… XD

Item suivant :

  • Il hurle à la moindre frustration (ah bah oui, c’est le mien là… et il hurle aussi de joie… quelqu’un a des tympans de secours? ^^)
    La perte vous semble minime, mais pour son cerveau encore immature et incapable de relativiser, c’est un drame. […] Son cerveau a fabriqué de la dopamine et des enképhalines, molécules du plaisir et de l’anticipation de la récompense. Quand vous lui refusez (ce qu’il veut), le taux de ces molécules chute brutalement et déclenche une réaction d’agressivité vers le premier objet ou la première personne présents.
    […]
    manifester de l’empathie sera plus efficace que de consoler. Il a le droit de pleurer! Il a vraiment mal et son cerveau est sous stress.

AAaaaah, c’est donc pour ça qu’il balance ses jouets et qu’il tape…. Sauf que je ne nous vois pas le laisser frapper des jeux, les balancer  et encore moins frapper quelqu’un quel qu’il soit! Dans cet item, aucune piste n’est donnée à part « laisser la crise passer et montrer de l’empathie mais sans consoler. »
Et là, j’ai juste une réaction : GNNNÉÉÉ?!?  C’est quoi alors l’empathie? Consoler, ce n’est pas forcément lui dire « ce n’est rien, arrête de pleurer. » Pour moi c’est plutôt calin-bisous et « vas y pleure, tu as le droit. » Je ne vois pas trop l’opposition entre empathie et consolation…
Dommage, c’est le truc qui nous soucie le plus avec Surprise, les crises de colères à la moindre frustration, et là, la piste donnée ne me convient vraiment pas. Je considère qu’on a le droit d’être triste, mais pas d’être violent. Et si on ne lui apprends pas cela maintenant, alors quand?

Bon, la semaine prochaine, je vous parlerai des trois item restant dans la période 12-24 mois.

 

En attendant, je crois que je vais nous en imprimer quelques uns, de ces bons… Si Surprise n’en veut pas, ça peut nous servir à nous, les parents… parce que nous aussi, on a le droit d’être fatigué et pas top réceptifs aux hurlements parfois…

Si tu veux venir lire ce que j’en dis, en prenant (encore) plus exemple sur ce qui se passe chez moi, c’est ici.

Advertisements

24 réflexions sur “18 mois… je croyais que la crise, c’était à deux ans moi?

  1. Tiens, ça me parle en ce moment! Dix-huit mois chez nous aussi et le NON se décline presque en chanson en ce moment!! Pareil que toi pour le livre de Filliozat, les explications m’ont été utiles mais je trouve qu’il manque davantage de pistes pour nous guider selon le caractère de l’enfant.

      • personnellement j’ai bien aimé comprendre ce qu’il se passait + quelques pistes dans ce livres, mais je trouve que c’est très complémentaire avec les habiletés Faber & Mazlish, qui m’ont aussi pas mal aidée pour cet âge. J’aime bien aussi le fait de se demander : à qui appartient le problème? (ça c’est du Gordon).
        Le coté vraiment bien de « Parler pour que les enfants écoutent, écouter pour que les enfants parlent », c’est que c’est très pratique, et accessible. Connais tu?

        Oui, toutes les émotions sont acceptables mais tous les comportements ne le sont pas!

        Seulement à cet âge (et avec le recul c’est bien plus facile!), on met en place des choses mais on ne voit pas encore le résultat :-) c’est frustrant mais vraiment c’est important de le faire, pour la suite.

        Des choses qui aident souvent les parents : écouter en silence et avec attention, reformuler ce qu’il se passe pour lui (tu es en colère…), lui offrir par l’imaginaire ce qu’il souhaite (tu aimerais…), lui donner un endroit pour taper (le coussin…), lui permettre de dessiner sa colère, contenir physiquement et doucement pour les petits.

        Je précise que mon fils a tapé pendant trèèèès longtemps (et ça m’a mis régulièrement dans tous mes états). Dernièrement (il a 3 ans maintenant), je lui avais fait mal sans faire exprès, il a esquissé un geste de frapper, que j’ai contré, et il a dit : « maman j’ai eu mal alors j’ai vraiment envie de te taper ! ». Je lui ai dit : ah bon, tu es tellement en colère que tu voudrais me faire mal ». « oui » . et ça s’est arrêté là. En fait ce qui nous aide c’est de le contenir physiquement tout en écoutant son émotion. C’est dûr car au début ça me mettait vraiment en colère qu’il essaie de me taper, et ça ne faisait que renforcer son émotion (quand j’ai un problème, maman n’est pas stable, n’est pas là pour m’aider à évacuer ma tension), il le sentait. J’ai dû faire un travail sur moi sur : qu’est-ce que ça me fait à moi quand quelqu’un essaie de me faire mal.

        Pour ce qui est de l’habillement, moi je lui indique mon avis mais il fait comme il veut. Après une ou deux fois dehors en body en hiver ou pieds nus (oui oui je suis passée pour une mère indigne mais pour moi ça s’appelle vivre les conséquences naturelles de ses actes – je prends par contre toujours ses vêtements chauds avec moi), je n’ai plus aucun problème pour qu’il s’habille. Par contre il a souvent besoin d’aller sur le balcon pour sentir quelle température il fait.

        • Les astuces que tu donnes, à part le coussin, je fais déjà (et je « rouspète » sur le Papa quand il lui dit « mais non, tu ne t’es pas fait mal, c’est rien » à base de « tu n’en sais rien, c’est lui qui sait si il a eu mal ou peur, ne lui dit pas de ne pas pleurer » ^^ ) mais c’est vrai que quand j’en suis à la 5ème colère de la matinée, il finit dans son lit (avec le discours « c’est pas une punition, tu as le droit de pleurer, d’être fâché etc, mais là, maman n’en peux plus donc si tu veux crier, c’est dans ton lit. Bisous mon cœur » ;) )
          Je vais investir dans une énorme peluche, ou dans un grooos coussin je pense. Histoire de lui donner un truc qu’il a le droit de frapper, taper, mordre autant qu’il veut. Un doudou bouc-émissaire en quelque sorte.)
          Faudra aussi que je me trouve le bouquin dont tu parles, je l’avais repéré, mais il y a tellement de choix que finalement, je m’y perds, je ne sais plus lesquels lire et je finis par me demander si je ne me prends pas trop la tête et que je devrai plus y aller à l’instinct… ^^’
          Merci de ton commentaire!

          En tout cas, j’ai hâte qu’il commence à parler vraiment, histoire qu’il puisse mettre des mots, expliquer ce qui le fâche. Je lui dis « tu es fâché, tu es en colère ». Parfois, ça le calme, mais parfois, souvent, ça ne fait rien du tout. Après, un enfant n’est pas l’autre, surement que Surprise est surtout très émotif. Et je comptes bien lui permettre de garder son caractère bien trempé. :)

          • Attention à l’instinct : ok car ils sont la chair de notre chair mais l’instinct, c’est aussi reproduire sans réfléchir ce que nos parents ont fait sur nous et ça, perso j’y fais attention car je ne veux pas reproduire les « erreurs » de mes parents, je ne veux pas sous la colère faire ou dire des choses …
            Je réfléchis aussi, oui, à l’instinct pour certaines situations mais attention en ce qui concerne l’éducation des enfants !

            • Bien d’accord avec toi. Quand je dis, à l’instinct, c’est plutôt, sans chercher à faire comme c’est écrit dans tel ou tel bouquins, ou de telle façons parce que tata gertrude a dit que etc… bref, c’est se faire confiance et leur faire confiance, en n’écoutant que soi, et en ne tenant compte des conseils des autres (grands-parents compris) que si ils nous conviennent. Et ne pas forcément chercher à être wondermaman. ;)
              Je sais pas si je suis très claire dans mes explications. ^^’

  2. Merci pour ce partage ….
    Je ne vis pas encore le non, mais en lisant cet article… Je pense au livre de Catherine Dumonteil-Kremer: « Poser des limites à son enfant et le respecter » (Vous connaissez, déjà, peut être … Mais je partage au cas où..), elle donne l’astuce du gros coussin dans la chambre, qu’on  » propose » à l’ enfant pour exprimer sa colère en se défoulant à sa guise, tout en restant à côté… Ce que j’ai retrouvé dans l’accompagnement « Montessori ».
    J’ai trouvé que cela était intéressant et l’ai gardé dans sans coin de mon esprit pour quand j’en aurais besoin…. Il permet l’expression verbale mais aussi corporelle donc rien ne reste bloqué !!!
    Au plaisir de vous lire..
    Stéphanie

  3. Ha vaste sujet, moi aussi je croyais que j’y échapperai jusque les 2 ans de miniglobetrotteur et nous (j’ai fait fait une contribution là-dessus début février d’ailleurs). Je ne sais pas si c’est une bonne solution mais quand il tapait (il n’a que 23 mois, mais je vais essayer de parler au passé, avec un peu de chance…) ou jetait ses jouets sur moi, je sortais de la pièce en lui disant qu’il me faisait mal et que dans ces conditions j’arrêtais de jouer avec lui.Dans ces moments, j’ai à l’esprit ce que dit Filozat dans « au coeur des émotions de l’enfant » en parlant du respect de nos propres besoins. Pour le reste… Bon courage !!

  4. J’ai lu ce livre aussi, et j’ai eu la même réaction que toi lorsque l’auteur dit que si c’est bien géré, le terrible two ne dure que quelques jours! Comme chez nous ça dure depuis 1 mois ou 2 (elle a 19 mois), je trouvais ça hyper culpabilisant. Et pareil que pour Mère ordinanaire, je trouve que ça manquait de pistes pour nous guider. Cependant j’ai quand même beaucoup apprécier lire ce livre, les explications y sont claire, et ça m’a bien aidé à prendre sur moi et à relativiser. Les crises je les vis mieux maintenant, je suis plus patiente… Pendant combien de temps? hum hum!

    • Oui, ça aide déjà à relativiser et prendre du recul, à accepter la situation et le fait qu’on ne peut pas forcément y faire grand chose. Mais j’aimerai bien trouver la solution miracle. ;) XD

  5. Merci pour cette participation oh combien intéressante… L’empathie que tu cites dans ton article est une des premières techniques relationnelles que l’ont m’a enseignée à l’école d’infirmière mais ça reste néanmoins très difficile à mettre en place alors avec son enfant… Ne pas faire intervenir de sentiments dans une discussion en essayant de comprendre sans juger alors que l’on voit son petit se mettre dans des états inqualifiable de colère… Perso, moi je n’y parviens pas !.. Et pour ce qui est du coussin j’ai moi même longtemps pratiqué lorsque j’étais ado et je peux dire que ça m’a bien servi, je passais colère et frustration à travers lui…

  6. Oh, ça me rassure de voir que d’autres passent par les mêmes phases. J’ai essayé la méthode douce, la méthode plus dure, mais finalement j’ai lu qu’il faut distraire son attention pendant les moments de crise. A voir si cette methode fonctionne.

  7. Je suis maman de deux poulettes, et figurez vous qu’avant de découvrir les VI, je n’avais jamais entendu parler de cette fameuse crise des 2 ans !! Je n’ai pas non plus l’impression de l’avoir traversée. Je ne dis pas que mes filles n’ont jamais contesté, essayé d’affirmer leur opinion différente de la mienne, je dis juste que tout ça s’est passé de façon diffuse depuis qu’elles sont nées, et continue de se passer. Mais sans heurt, sans crise, sans prise de tête !
    Et à force de lire des posts sur cette « crise des 2 ans », je me demande parfois si certaines ne l’anticipent pas trop et finalement réagissent dès le premier non de leur enfant en se disant « ça y est voilà la crise du non ! » et du coup entretiennent un étrange climat autour de ce « non »…

    Attention, je ne juge pas, je ne critique pas, je m’interroge c’est tout ! À trop disséquer, analyser à l’avance les comportements de nos enfants, est ce que l’on ne se trompe pas parfois ?…

    • Je suis plutôt d’accord avec toi dans l’idée que ça n’apporte finalement guère de soutien d’ériger en « phases » les différents moments de l’évolution d’un enfant… et ça manque souvent de pertinence (je pense par exemple aux stades de développement de Piaget dont on montre de plus en plus que les limites sont mouvantes…). On peut aussi s’interroger sur les conséquences de cette modélisation sur notre perception de notre vécu avec notre enfant (on craint la crise d’ado/des deux ans, donc on anticipe, donc on génère en partie…). Ceci étant le besoin d’autonomie combiné à l’immaturité psycho-motrice des enfants entre un an et 3 ans est une réalité, pas toujours simple à vivre pour les parents, souvent génératrices de conflits, de colères, et le besoin de soutien des uns et des autres me semblent indéniable… C’est aussi une des raisons qui font que j’apprécie les descriptions de cette fameuse « crise » qui lui donnent du sens plutôt que les présentent comme une mauvaise passe durant laquelle il s’agit de « triompher » sur son enfant de crainte de voir le petit diable se réveiller lors de la crise d’adolescence!!! (je force un peu le trait, j’admets, mais certains discours vont dans ce sens!!)

      • C’est clair que je n’aime pas quand ma mère me dit « ne cède pas à tous ces caprices hein! » quand je réponds qu’il est un peu jeune pour faire des caprices, elle me dit « oh mais je blaguais voyons! »
        vraiment? ^^’

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s