Quand papa et maman s’épuisent… [mini débrief]

L’ « épuisement parental »… ENCORE ce sujet, allez-vous me dire ??!!

En même temps, difficile de ne pas en parler, difficile de passer au travers, même si on fait tout pour que ça soit temporaire. Il s’agit effectivement du « marronnier » du moment, comme je le lisais je ne sais plus où, un thème traité largement, partout et à toutes les sauces, notamment depuis la sortie du livre de S. Allenou sur le sujet.

Pour autant, s’agit-il d’une mode ?! Je ne crois pas ! Le « phénomène » était peut-être moins visible, peut-être mieux accepté par les générations précédentes, lorsque la femme au foyer était la norme et qu’épuisée ou pas, c’était là son travail quotidien, à effectuer sans se poser trop de questions, dans la mesure où les alternatives étaient peu nombreuses…

Mais le syndrôme ne s’applique-t-il qu’aux mères à la maison ? Le travail des femmes les a-t-il rendues moins sujettes à l’épuisement dû à la maternité et à la gestion domestique ? Il ne semble pas, si l’on en croit l’article cité par Juliechall. En fait, quelle que soit la situation « professionnelle » des mères, c’est bien l’enchaînement des tâches, le stress et le manque de temps pour soi, qui mènent à l’épuisement, au (plus ou moins gros) craquage. Quant au conseil évoqué à la fin de l’article, le fameux « lâcher prise », on peut se demander en quoi il consiste exactement. S’il s’agit des tâches domestiques, il ne faut pas exagérer : rares sont les personnes qui s’acharnent à avoir une maison plus propre que propre, je pense qu’on essaie toutes de faire ce qui nous paraît être le « minimum » puis on s’occupe de nos enfants, du reste… Le craquage vient-il vraiment du trop plein de tâches domestiques ou plutôt de manque d’ « épaulage », de soutien, de reconnaissance, aussi bien du conjoint que de l’entourage ?

Et comment faire lorsque le conjoint lui aussi, éprouve des difficultés à vivre sereinement sa nouvelle (ou pas) vie de parent ? Kawine nous dévoile ainsi l’existence d’un « babyblues du père ». Un phénomène qui affecte le père et se répercute, selon l’étude citée, fortement sur le développement de l’enfant, notamment au niveau du langage. J’ai trouvé dommage que l’article n’explique pas « pourquoi » les pères dépriment. Ok, c’est une question subtile et qui dépend beaucoup des situations mais on n’a aucune piste. S’agit-il de la perte de repères, de la peur de « mal s’y prendre », de la perte de temps libre, de grande fatigue, de difficulté à se situer par rapport à l’enfant,… tout ça à la fois ? En tous les cas, cet article nous révèle que les pères, comme les mères, vivent la pression du « parent parfait » et se sentent finalement assez démunis, assez mal préparés, face à leur nouvelle parentalité. Comme les mères, oui.

Comme je l’abordais l’autre jour sur mon blog, dans ma vision du cataclysme dû au « devenir parent » : cela résulte avant tout, selon moi, d’une nouvelle forme de la famille, un éloignement géographique, un rejet aussi parfois, des valeurs et de l’accompagnement que pourraient nous prodiguer nos parents, et enfin surtout d’un manque de contact avec les thématiques de la naissance, des soins et de la vie avec un nouveau-né avant d’y être, brutalement, confronté soi-même. Autant de facteurs qui créent ce sentiment, chez les parents, d’entrer dans un monde parallèle à la naissance du 1er enfant, puis qui les épuisent face à la gestion du quotidien et à l’isolement qui est souvent leur lot.

Madame Sioux

(non mais sinon, déprimez pas, c’est génial d’avoir des enfants hein ! ;-) En tous cas, j’ai encore jamais regretté !)

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Une réflexion sur “Quand papa et maman s’épuisent… [mini débrief]

  1. Merci beaucoup de ton débrief!!!! Sur la question du « lâcher prise », je crois que je commence à avoir ma petite idée… Comme tu dis, aucun parent ne va s’acharner à récurer sa maison, à retapisser le salon et à concocter des petits plats de chef étoilé en pleine crise de croissance du petit dernier MAIS néanmoins nombre d’entre eux garderont néanmoins consciemment ou non cet objectif… Je m’explique: j’ai rencontré une maman qui sortait de 6 mois de dépression pour « épuisement » suite à la naissance de son enfant… Quand je lui ai demandé comment cela avait débuté, elle m’a par exemple expliqué de quelle façon elle était très investie avant la naissance de son enfant dans l’activité de nombreuses associations, elle et son mari (entre autres!!).. A la naissance de son petit, elle avait d’abord ralenti, mais peu, trop peu, et puis la fatigue avait commencé à se faire sentir et elle n’avait pas tiré la sonnette d’alarme… et plus elle était fatiguée, moins elle était capable de trouver les solutions et les ressources pour ajourner, annuler, déplacer les obligations… et donc plus elle était submergée et en retard… de fait, elle « laissait tomber » mais ne « lâchait pas prise » pour autant puisque chaque manquement venait renforcer en elle son sentiment de ne pas être « à la hauteur », de ne pas être capable… D’où pour moi l’importance du lien entre « norme » et « épuisement maternel »… Dans le cas de la dépression paternelle, j’ai bien l’impression que cela procède d’un phénomène identique (du peu que j’avais lu, le chômage était un facteur de risque très très important… ), on retrouve donc en permanence cette crainte d’être un mauvais parent, incompétent et indigne… qui alimente l’épuisement tel un cercle vicieux…

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