Mon corps, ce n’est pas le tien

Il y a quelques temps, Phypa nous faisait partager les recommandations de l’OMS concernant l’éducation sexuelle des enfants (le rapport complet est ici).

Égoïstement, je me suis penchée sur les matrices relatives aux enfants de 0-3 ans (j’ai pas encore le modèle adolescent sous la main pour expérimenter).

Je souhaite commenter une petite partie des conseils prodigués, celui qui me parait le plus simple à aborder et probablement le plus important : les « yes » and « no » feelings.

Je n’ai appris que très récemment à faire confiance en mes sensations, mes impressions. Ici, il s’agit d’abord de rappeler à l’enfant que lorsque quelque chose lui est désagréable, il peut le dire, que c’est son corps et que seul lui peut dire « oui » ou « non ». Une fois cette base acquise, on pourra ensuite expliquer qu’en cas de sensation désagréable, il lui appartient de la faire cesser en signifiant son désaccord, et aussi de faire appel à une adulte si cela ne cesse pas après ses propres réactions.

Je trouve véritablement salvateur (au sens premier : « qui sauve ») d’apprendre à l’enfant que c’est sa sensation qui est la bonne. Cela évite la mise en place de chantage avec un adulte abusif qui « sait » ce qui est bon, et l’enfant qui n’osera pas dire non, et faire ainsi cesser l’abus.

Cela m’a rappelé une vidéo que j’ai visionné il y a quelques mois, la voici.

C’est kitsch dans la forme mais très clair dans le discours.

Je ne vous cache pas que cela a fortement inspiré mes premières discussions sur le sujet avec Progéniture. Par exemple, j’avais commencé avec « Quand tu n’aimes pas quelque chose … », et devant le peu de succès de mon discours, j’ai adapté en « Quand ça te fait Non … », et là elle a tout de suite compris. C’est en train de s’installer comme une expression classique, et c’est extrêmement pratique, y compris pour nous, quand elle fait quelque chose qui nous déplait.

Exemple concret, je ne supporte pas qu’on me tripote les cheveux, elle a quasiment cessé depuis que je lui dis que « ça me fait Non » alors qu’auparavant, c’était comme pisser dans un violon (et je vous jure que ça ne lui faisait pas Oui, au violon …).

 La Tellectuelle

11 réflexions sur “Mon corps, ce n’est pas le tien

  1. je dis ca a mes gosses aussi. leur corps c’est leur corps. et si quelqu’un les touches d’une maniere qui les derange ils peuvent dire non! c’est eux qui decident ! (ma derniere a 3 ans et demi)
    meme pour le reste de la vie, c’est important de savoir que notre corps nous appartient, a nous seuls(es)

  2. Je trouve ça très sain d’apprendre à son enfant à écouter son corps, à dire que c’est le sien. J’essaie de faire ça avec ma Zouzou. Car moi non plus, je n’ai pas appris à écouter mon corps, au contraire, à taire ce qu’il me dit, à me taire. La grossesse et l’accouchement m’a permis de reocnnecter un peu… moi ausi. Mais le chemin est long…

  3. Merci beaucoup de ta contribution!!! Elle tombe à point nommé puisque c’est précisément ces références que je cherchais pour commenter la contribution de Sandy sur la pédophilie… quand j’étais gamine, notre école avait organisé une sensibilisation basée sur le « ça fait oui/ça fait non » que j’avais trouvé très intéressante!! Je suis vraiment ravie que tu en aies retrouvé, par le biais de l’exploitation de ce document, l’origine!!!
    Seul bémol, apparemment, cette approche ne permet pas de prendre en charge certains sentiments ambivalents des enfants soumis à des attouchements sexuels… en clair: des fois « ça » fait pas non…. (même si ça devrait!!!). Certaines victimes de viols vivent ça aussi, apparemment c’est très dur à supporter (d’avoir ressenti du plaisir physique malgré le dégoût et le traumatisme que l’acte à engendré…).

    • Tant mieux si ça t’a permis de renouer avec ces souvenirs, hélas on ne trouve pas la suite sur le net (il y a 3 épisodes, je crois)

      Pour moi, même si ça fait « oui », il y a toujours la gêne et le sentiment de « bizarreté » qui alertera toujours l’enfant.
      L’autre jour, j’ai vu Progéniture ressentir ce que j’appelle cette « bizarreté » : elle était en culotte et maillot de corps, je me rends compte qu’on a oublié de mettre la crème, hop, ni une ni deux, je remonte son maillot, baisse sa culotte et tartine de crème, machinalement. Elle s’est renfrognée, presque fermée, et sa réaction m’a alertée.
      Après discussion, elle m’a dit qu’elle n’aimait pas ça lui faisait non, c’était trop étrange et décalé pour elle, j’ai arrêté le crémage.

      Rien de désagréable ou d’interdit dans mes gestes, juste ses limites personnelles qui ont fait tilt. Ça fait non dans la tête et pas dans le corps, on arrête aussi.

      Pour moi, on apprend jamais assez à écouter cette voix qui fait non dans la tête, Jaddo l’exprime assez bien, elle a une alarme à « trucs bizarres ».
      Même si le « truc bizarre » ne « fait pas non », on sait qu’il se joue un truc pas net.

      J’essaye de lui inculquer ça, mon alarme personnelle marchant plutôt bien, j’ai, juste du apprendre à mieux l’écouter une fois adulte.

  4. Pingback: Respecter son corps [mini-débriefing] « Les Vendredis Intellos

  5. Pingback: Sur la blogo cette semaine … #2 » mamananonyme.fr

  6. Je n’ai pas encore d’enfant (la livraison du premier est prévue d’ici quelques petites semaines :) mais je trouve cette discussion intéressante et importante. Par contre, je me pose la question suivante : au cours de la vie d’un petit enfant, on peut être amené à lui faire « subir » des gestes qui ne sont pas agréables, mais qui pour autant sont inévitables et qu’il faut apprendre à supporter.

    Je pense principalement aux gestes médicaux : un vaccin à injecter, une carie à soigner, la manipulation d’un kiné, ce genre de chose. Est-ce que les enfants ne sont pas susceptibles de dire, de façon légitime pour ces situations-là aussi, que « ça leur fait non » ? Et si c’est le cas, comment est-ce qu’on explique que oui, mais là, il faut passer outre sa résistance et se laisser faire ?

    • C’est vrai que c’est le même genre de situation : on va leur imposer un geste désagréable, en disant que c’est pour leur bien …

      Chez nous la question s’est posée pour le rinçage des cheveux, objet de terreur. Mais parfois il faut bien les laver ces cheveux !!

      Bref je n’ai pas la réponse pour le moment !

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