Le rôle des pairs dans l’apprentissage

Si l’on se dit souvent que bien des choses reposent sur l’éducation donnée par les parents, voire sur la famille élargie, et même l’école, on pense souvent en terme d’adulte comme référent dans l’apprentissage, comme guide.
Mais l’on oublie bien souvent – enfin pour ma part – que les enfants, entre eux, peuvent être une source très riche d’apprentissage.
Plus que nous, les grands.

Et c’est une étude scientifique qui le dit : des chercheurs ont mis en situation des chimpanzés, des capucins et des enfants. En plus d’avoir caractérisé un comportement d’entraide existant uniquement chez l’être humain, selon Questions Science – qui retranscrit l’essentiel de l’étude malheureusement qu’en anglais -,

« les chercheurs ont constaté que dès qu’un enfant d’un groupe résout une étape du casse-tête, il explique souvent aux autres comment le faire ou les laisse regarder les différentes étapes afin de pouvoir l’imiter. Ce type de collaboration n’est jamais observé parmi les chimpanzés ou les singes, qui garde pour eux-même leurs résultats. Ce type de culture cumulative, où des générations peuvent s’appuyer sur les innovations de leurs ancêtres, a uniquement été observée chez les humains. »

Les enfants s’entraident na-tu-relle-ment ! Peut-être même qu’ils apprennent mieux de leur pair que de nous. Mais oui : les enfants eux, ont une longueur sur nous : ils parlent la même langue. Celle des gestes, des expressions, puis verbale. Ils sont « connectés » alors que nous on essaie de décrypter, avec notre vue d’adulte et nos propres préoccupations. L’enfant lui, comprend ce que l’autre enfant veut faire.
Et finalement, l’enfant qui apprend d’un autre enfant, ne se sent-il pas plus à l’aise, conforté par le fait qu’il a la même taille, à peu près le même âge donc et à peu près les mêmes capacités ?
N’est-il pas mieux face à un pair qui n’émet aucun jugement de valeur dans son apprentissage en le ponctuant d’un « c’est bien » ou « oui comme ça ! » ?

Je n’y avais jamais pensé à tout ça, jusqu’à ce que je parle un peu avec la directrice de la future école de ma Zouzou. Qui me disait qu’elle croit que les enfants s’ennuient un peu avec les adultes, et qu’ils sont bien avec leurs semblables. Je me suis dit, qu’après tout, cela était sans doute vrai en ce qui concerne l’apprentissage.
Quand j’amène ma Zouzou à la crèche, je l’observe, avec ses copains. Elle regarde, elle scrute. Elle apprend. D’ailleurs on le voit souvent : il suffit qu’un enfant explore un espace, un geste, l’autre le suit spontanément ! Un se cache, l’autre fait de même, l’une essaie de sauter à pieds joints, l’autre fait pareil. D’ailleurs, dans ce cas, ce n’est pas l’adulte qui montre comment faire que l’enfant regarde, mais bien un enfant comme lui ! J’entends d’ailleurs ma petite dire souvent « comme un tel » ou « comme une telle » quand elle porte son sac de crèche ou expérimente un jeu.
En fait, cette entraide spontanée, elle existe quand j’y pense et effectivement de manière assez naturelle ! Une fois, au square, ma Zouzou montait un pan incliné avec des prises. Une petite fille attendait et semblait avoir peur. Ma Zouzou lui a expliqué comment monter, simplement. J’ai trouvé ça extra !

Peut-être même que l’entraide, si rare de nos jours à mon sens, est quelque chose de naturel chez l’être humain, mais, comme la curiosité et ben d’autres belles choses, on a tendance à le perdre de vue une fois adulte… Encore une fois, les enfants ont de belles leçons à nous apprendre si l’on daigne prendre le temps de les observer…

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22 réflexions sur “Le rôle des pairs dans l’apprentissage

  1. Mouais. En même temps ça dépend de l’a^ge des enfants, et de leur désir de proximité (oserais-je dire promiscuité?) avec … 25 à 30 pairs TOUS LES JOURS, 6 heures par jour. biz!

    • Oui, je suis d’accord avec toi, dans le cadre scolaire, à 25 ou 30, ce n’est pas l’idéal. En petit groupe, cela est sans doute plus confortable. L’expérience concernait un petit groupe. Je pense que à 25 ou 30, ce n’est pas confortable non plus pour les adultes d’ailleurs ;)

  2. merci pour ton article. Il me fait penser à un article de Courrier International (le même numéro que celui de Phypa) sur une école en Hongrie où le principe pédagogique est la collaboration entre les enfants et non la compétition… ben ça marche super bien!
    Mon fils a dit à sa grand mère, qu’il venait de voir 4 jours de suite, « je t’aime bien mais pas tous les jours » parce qu’il avait très envi de retourner à la crèche et retrouver ses copains!

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  5. Merci beaucoup de t’être penchée sur le sujet!!!! Personnellement ça m’évoque un truc lu il y a qq années à propos des élèves « tuteurs »… (globalement les élèves qu’on invitait une fois leur travail terminé à aller aider les autres). Certains parents n’y voyaient qu’un intérêt pour celui qui était aidé… En réalité, il avait été démontré que les deux enfants en retirait du positif: celui qui aidait trouvant dans cette activité l’occasion de reformuler et réorganiser ses propres connaissances pour les consolider les rendre plus performantes!!! L’entraide a donc encore de beaux jours devant elle!!!

    • Je ne me suis pas penchée beaucoup (serais-je tombée sinon ? ^^) sur le sujet, mais merci de m’avoir permis de l’aborder. Une très belle notion qu’on a pu toucher du doigt et qui mérite bien un approfondissement de la question.
      Et puis je reste persuadée qu’un groupe d’enfant, comme un groupe d’adulte, finit par trouver son fonctionnement sans qu’aucun adulte n’intervienne. Et oui, être aidant, (je transpose ne serait-ce qu’à nous, adulte) est extrêmement valorisant : on se rend compte qu’on sait, on peut affiner notre réflexion ou notre apprentissage et le transmettre, apporter véritablement quelque chose à quelqu’un.
      On oublie que donner, c’est recevoir, et les enfants en sont les fidèles porte-drapeaux.

  6. Non seulement c’est utile pour les enfants du point de vue des apprentissages, tant pour l' »aidé » que pour l' »aidant », mais c’est aussi très valorisant pour les enfants, et ça peut aider certains à prendre conscience de leurs capacités (chacun ayant à un moment donné la possibilité d’aider un autre^).
    Mon compagnon pratique un système de « tuteurs » dans une classe de CP de 29 élèves, donc ce n’est pas un problème de taille de classe, mais de façon de penser la classe ;-)

    • Merci beaucoup Prune pour ce témoignage :) Merci.
      Et je garde cela sous le coude car effectivement, les professeurs ne peuvent décemment pas s’occuper comme ils le voudraient de 29 élèves. En plus de valoriser les enfants « tuteurs » cela leur donne confiance : un adulte qui leur fait confiance, c’est très positif à mon sens.
      Je vais peut-être en glisser un mot à la directrice de l’école de ma Zouzou bien dépitée par le nombre des classes…

      • En même temps ce n’est pas le système des enfants tuteurs qui peut à lui seul remédier au problème des effectifs en classe. Ca s’inscrit de façon plus globale dans une façon de penser la classe autre que « 29 élèves en face de moi » : travail en autonomie, en sous groupes, individualisation, etc. qui impacte autant la façon d’organiser les enseignements (il y a moins de « cours magistral » et plus de production personnelle des élèves de type exposé par exemple) que la façon d’organiser la vie de la classe (de façon à permettre aux élèves de travailler ensemble sans se gêner)
        Si le sujet t’intéresse, je peux te filer plein de titres de livres sur les pédagogies coopératives ;-)

          • Je me permets de vous citer deux expériences qui montrent que l’entraide entre pairs est possible et bénéfique pour les enfants : PICKLER LOCKY établissement d’enfants orphelins ( il y a des sites sur internet) et la pédagogie FREINET en France qui malheureusement est de moins en moins connue et donc de moins en moins enseignée. et voir aussi tout ce que dit Phillipe Meirieu.
            COCOLILI ex puericultrice

  7. Pingback: Et si on construisait l’école autour de l’enfant ? « Les Vendredis Intellos

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