L’enfance LIBRE

Il y a quelques semaines, pendant les vacances, j’accompagne mon petit mec sur une aire de jeux dans un parc proche de chez nous. Nous avons croisé un moment de vie d’une grand-Mère et de ses petits enfants. La petite dernière marche à peine, et pourtant elle se trouve sur les jeux des moyens dotée de hauts toboggans. La fringante mamie, soucieuse de ne pas laisser  la dernière de côté, l’installe en haut du toboggan et la fait glisser (sans la tenir) en lui répétant haut et fort « tends tes jambes, ne coince pas tes pieds. » Je me suis retenue de lui dire qu’un petit toboggan adapté était situé à deux pas. Celui où mon fils a appris à grimper, à glisser, sous mes encouragements.

Et des gens comme cette grand-mère j’en ai croisé des tas. A commencé par mes grands parents. D’instinct, si je vois que mon fils n’arrive pas à monter, grimper ou faire des pirouettes, je n’insiste pas. Je trouve qu’il est plus intéressant pour lui que son désir soit le moteur de sa volonté et de sa réussite que de se faire porter pour faire semblant de gravir une échelle!

Ouiiiii, je suis une maman exemplaire!!!!! (quand je le raconte sur mon blog, j’y crois!)

Quand j’ai lu le site internet de l’association Pickler-Loczy, j’ai trouvé l’idée de la motricité libre extrêmement intéressante : « La liberté motrice consiste à laisser libre cours à tous les mouvements spontanés de l’enfant, sans lui enseigner quelque mouvement que ce soit. »

J’ai des tocs, et je m’intéresse à tout ce qui naît spontanément et librement de l’enfance (y’a qu’a voir mon article sur… la formulation par exemple). J’aime cette notion de liberté de découvrir, de connexion profonde avec la pulsion de vie. Souvent brimée par des conventions adultes optues, une compétition à tout craint, et des angoisses de normalité, cette liberté est tuée dans l’enfant, bridée. (Moi je milité avec mon coeur de maman pour que nos enfants soient maitres de leurs découvertes. Que risquent ils a explorer leurs compétences, a aller jusqu’au bout de leurs désirs, si ce n’est apprendre la confiance, la richesse du monde?

Il y a quelques jours, j’ai vu éclore sous mes yeux la tête du premier bonhomme peint par Joachim. La dextérité et la précision de ses gestes ont fait naître du chaos une figure humaine… moi je suis fan. Je ne pense pas qu’il ai appris à la crèche à exécuter ce dessin, pourtant son bonhomme est bien là.

Je vous invite aussi à découvrir l’article d’Annadesmouettes sur ce sujet. Il m’a donné envie de vous parler de la motricité libre aujourd’hui…

J’ai aussi un blog, et parfois j’y poste d’autres articles (parfois) c’est ICI

 

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13 réflexions sur “L’enfance LIBRE

  1. Quand on va à la cité des enfants, je passe une bonne partie du temps à observer les parents et grands-parents qui accompagnent, et je suis toujours étonnée du nombre qui suit son môme pas à pas, le guidant en permanence, l’interrompant avant d’avoir fini pour passer à autre chose. Il faut surtout tout voir et tout essayer, tout survoler et ne rien faire à fond !
    Avant de lire Montessori, et encore plus maintenant, je suis convaincue de l’intérêt de laisser cette « liberté » dont tu parles, et j’ai vraiment envie de dire : »Mais laissez-les tranquilles ! »
    Merci de cet article !

    • je suis d’accord avec toi laissons les tranquilles! Pourtant, il m’est souvent arrivé d’expliquer à mon fils comment faire, de l’encourager, et de le vouloir plus compétent qu’il n’était sur le moment… guidée par l’anxiété qu’il soit trop en retard. maintenant, j’ai compris que son développement ne dépendait pas de moi, sauf pour le cadre sécurisé, pour mettre à sa disposition ce qui lui convenait. long chemin que celui de l’apprentissage pour devenir un parent!

  2. Merci beaucoup de ta contribution!!! En te lisant, je pense tout à coup au billet de la semaine dernière de Geek Mama qui nous expliquait comment beaucoup de parents dégoûtaient les enfants de la lecture en passant, à l’aube des 6 ans d’une lecture désintéressée proposée par les parents à une lecture contrainte, évaluée et contrôlée souvent imposée aux enfants…
    Au final, n’y a-t-il pas dans nombre de nos comportements éducatifs cet objectif de rentabilité, d’apprentissage « efficace » propre au système scolaire conventionnel…??
    Bien sûr, au parc, il y a aussi la crainte que l’enfant ne tombe, ne se blesse, etc…. mais tout de même!!!
    A en écouter certains: TOUT s’apprend et donc se technicise, se rationalise, s’optimise… A quand des livres pour expliquer aux parents comment apprendre à marcher à leur enfant?? (après tout, on le fait bien avec le soit disant apprentissage de la « propreté »…)
    L’inconvénient de cette centration sur l’intervention de l’adulte c’est qu’on en oublie totalement le rôle du milieu…. ce que tu soulignes d’une façon ou d’une autre dans ton billet…

    • oui, nous sommes conditionner par la norme scolaire et la réussite, un peu comme je le dis dans ma réponse à Elodie. Du coup pour l’apprentissage de la propreté, je laisse venir, je sais qu’il est prêt mais il ne reste plus qu’il le souhaite vraiment et que ça vienne de lui, comme il l’a fait pour lâcher sa susu en la léguant à sa cousine toute neuve, de son propre chef. finalement, je la motricité libre c’est une méthode pour expliquer aux parents comme apprendre à marcher à leurs enfants : en les laissant libre de leur mouvements! de toute façon, comme parler, marcher, manger, il n’y a pas d’apprentissage réel. L’acquisition viendrait de l’échange avec le milieu, le contexte et l’inné?

    • oui, le rôle du milieu me laisse songeuse. Et je pense à Arno Stern qui parle de l’environnement « exceptionnel » et à la fois banal de son clos lieu et de l’importance de peindre à plusieurs. bon, je crois que je vais refaire un post sur A stern bientôt… merci de ton commentaire!

      • Je connais mal A. Stern donc forcément je ne te serai pas de grande aide… Mes références sont plutôt du côté de la didactique des disciplines scientifiques… de ce côté là, le rôle du milieu est fondamental.. selon les approches, il inclut ou non le pan interactionnel.. Il est admis que le rôle de l’enseignement est de structurer le milieu pour apprendre, un milieu capable de rétroaction étant considéré comme seul propre à générer un apprentissage dans des conditions identiques à un apprentissage « naturel » mais visant néanmoins l’acquisition d’un concept particulier (puisqu’organisé par l’enseignant dans ce but). Pour creuser cette idée tu peux aller voir le concept de situation didactique/adidactique chez Brousseau. Après, si tu veux t’intéresser au milieu incluant les interactions, la grande référence selon moi (point de vue de didacticienne des sciences donc!) c’est quand même Vygotski (cf. le texte que j’ai filé la semaine dernière dans le mail collectif).

        • ce que tu me dis me laisse encore plus pantoiseuh. ça m’interesse mais encore faut il que je reconnecte mes neurones, un soir dans la semaine…

  3. Chez nous, on a fait le choix de laisser les enfants le plus libres possibles de leurs mouvements, et, contrairement à tout ce qu’on m’avait prédit, les Doux se montrent relativement prudents. Ils n’ont eu en tout et pour tout que quelques bosses à déplorer (je croise les doigts). Bien sûr, il ne s’agit pas de les laisser grimper sur le balcon, mais de les laisser libres de faire leurs propres expériences, fut-ce au prix de quelques gamelles. Ceci dit, il m’arrive souvent de donner quelques conseils au grand, mais j’essaye de le faire quand je sens qu’il est demandeur. Parfois, j’ai quand même bien du mal à tenir ma langue, en particulier quand je le vois tenir son crayon, parce que là je stresse en pensant à ses apprentissages scolaires futurs. C’est bien difficile parfois pour les parents de ne pas intervenir (et de gérer leur propre frustration ;)) !

    • effectivement, mais comme pour Arno Stern, parfois apprendre une technique (tenir son pinceau) libère le geste et la créativité. Je ne me gène pas non plus pour accompagner mon fils quand il galère ou quand il me le demande. Je suis d’accord avec toi sur la frustration parentale qui cache un malaise finalement. merci de ton commentaire.

  4. Ici laisser les enfants libres d’évoluer à leur rythme, c’est quelque chose qui me tient vraiment à coeur… c’est comme ça que je me suis intéressée à l’approche Pikler-Loczy, à la pédagogie Montessori, etc.
    C’est une conviction pour moi qu’il vaut mieux les laisser expérimenter par eux-mêmes, et je trouve aussi que c’est se simplifier la vie (ma deuz’ vient de devenir « propre » toute seule sans que je l’entraine à quoi que ce soit, comme sa soeur, et quand je lis les « conseils » des magazines, ça me fait halluciner toutes ces stratégies pour un pipi dans le pot !!!).

    C’est vrai que ça reste marginal, et pas toujours compris, en particulier pour la génération des grands-parents (ce que j’ai du mal à expliquer, parce que tous ces pédagogies ne sont pas nouvelles, Emmi Pikler, Maria Montessori ont vécu dans la première moitié du XXème siècle). Je pense que dans la tête des gens, liberté équivaut à absence de cadre, et que donc ça fait peur.
    Il y a aussi la crainte que les enfants n’y arrivent pas si on ne fait « rien ». Il y a aussi une part de toute-puissance de l’adulte derrière ça.

    • oui, cette toute puissance adulte comble la véritable angoisse de ne pas être un bon parent! Et j’aime bien cette idée de simplification de la vie par la confiance! merci de ton commentaire.

  5. Pingback: Ainsi va la vie… [mini-debrief] « Les Vendredis Intellos

  6. Pingback: La cité des enfants | Conseils educatifs

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