De l’accompagnement des apprentissages de nos enfants [mini-débrief]

La vie de nos enfants est apprentissage, dès la naissance : apprendre à se nourrir en tétant, à bouger, à se retourner, à lever la tête, à babiller, à communiquer…
Nous, parents, regardons avec délectation ces petites ou grandes étapes qu’ils franchissent.

Maman Sauterelle nous fait d’ailleurs part des apprentissages chez le tout-petit de 10 mois. Elle fait le point sur son développement psycho-moteur… en mettant l’accent sur le fait qu’il n’y a pas un enfant pareil ! Traduction : chaque enfant évolue à sa vitesse. Car quand on a un enfant, surtout si c’est le premier, on peut facilement se mettre la pression : « ah bon, mais le mien ne fait pas de quatre pattes », « mais il a dix mois et il ne parle pas vraiment »… Et on peut vite tomber  dans l’écueil de vouloir le pousser à rattraper son « retard ». La bonne façon pour court-circuiter l’apprentissage lui-même… Chaque chose en son temps ! Et puis apprendre, pour les tout-petits, on l’apprend en tant que parent dès les premiers mois de l’enfant, c’est avant tout jouer.

Mais comment les aider alors ? Devons-nous juste les regarder si on ne doit pas les pousser, ou encore les accompagner ? Une question qui taraude à n’en pas douter de nombreux parents.

MayBeegreen nous donne de nouvelles réponses très concrètes pour aider les enfants dans leur apprentissage (pour lire son premier billet qui traite de la question, c’est par ici) grâce à un ouvrage de John Holt. Ce qui semble être sûr, dans un premier temps, c’est qu’intervenir à tendance à couper l’herbe sous le pied de l’enfant avide d’apprendre, ce qui a pour effet de produire finalement un effet contreproductif. Eviter de faire à sa place est donc important. Mieux : il faut au maximum laisser l’enfant découvrir par lui-même. C’est de cette manière qu’il apprend vraiment. Et d’ailleurs, cela est aussi vrai quand on est adulte : enfin, en tout cas, moi, je n’apprends bien les choses qu’en faisant, en ayant menée ma réflexion pour comprendre, comme si le schéma s’imprimait en moi me permettant d’acquérir cette connaissance. Cela semble logique quand on y pense, apprendre en découvrant. Pourtant, qui le fait avec son enfant ? Pas moi malheureusement. Même si je laisse faire ma Zouzou, que j’essaie de faire preuve de patience, est-ce que je ne l’assiste pas trop ? Une réflexion que je vais pouvoir mener grâce à ce billet passionnant qui donne des clefs pour l’apprentissage des mathématiques, de l’écriture,la musique ou encore de la lecture.

C’est justement de l’apprentissage de la lecture dont nous parle GeekMama mais sous un tout autre angle, à travers le joli roman de l’ineffable Daniel Pennac « Comme un roman ». Elle aborde la question du plaisir de lire… mis en opposition au devoir lire instigué par l’école et l’apprentissage de la lecture. Mais surtout, comment apprendre un enfant à lire, à aimer lire ? Je ne crois pas que cela s’apprenne, malheureusement. On aime lire souvent pour des raisons personnelles il me semble. Je me suis mise à lire alors que chez moi il y avait peu de livres. L’été, gamine, je lisais 2 à 3 livres par semaine : je n’avais que ça à faire ! Les livres m’emmenaient ailleurs, dans d’autres mondes, sans doute plus radieux que la réalité. Mais je ne pense sincèrement pas que ça soit grâce à mes parents que je suis tombée amoureuse des mots. Ce qui est sûr, c’est que j’ai néanmoins rencontré sur mon chemin une prof de français exceptionnelle, qui aimait les mots encore plus que son métier, et qui savait communiquer sa passion des textes. Je me souviens de moment d’analyse de textes particulièrement délectables. La seule chose que l’on puisse faire pour accompagner cet apprentissage, il me semble, c’est faire en sorte que les livres fassent partie de son environnement quotidien, au moins l’enfant aura la possibilité de s’y intéresser non ? Quant à l’apprentissage « technique » de la lecture, comme le dit GeekMama, il est important d’échanger avec son enfant pour rendre ludique cet apprentissage qui a souvent un caractère obligatoire jouant en sa défaveur, bien loin de tous les bonheurs que peut apporter la lecture. Et surtout, rendre cet apprentissage plus léger, susciter des solutions chez l’enfant par exemple, en lui faisant dessiner ce qu’il a compris de l’histoire qu’il a lu, en nous la racontant… Que sais-je ! En enlevant ce côté « obligatoire », garder à l’esprit la notion du jeu comme apprentissage, comme avec nos tout-petits. Et puis, on peut se poser la question s’il est important pour nous et pour l’enfant d’aimer lire et pourquoi ? Il peut aussi aimer faire de la musique, faire du sport… A méditer…

Enfin, Phypa nous livre les résultats d’une étude menée sur l’éducation sexuelle faite à nos jeunes en Europe dans un billet très complet qui fait suite à sa participation de la semaine dernière (pour ceux du fond qui n’ont pas suivi, c’est par). Une question qui ne doit pas être abordée par-dessus la jambe (hu hu ^^). Car oui, la sexualité, ça s’apprend… Outre la pratique, la théorie est son fondement ! C’est juste super important à mon sens. Que ce soit dans la famille ou à l’école dans le cadre de cours, il faut parler de sexualité à nos jeunes. Sinon, ils vont chercher des réponses à leurs questions seuls ou auprès de copains… Ce n’est pas un mal, sauf si c’est l’unique manière de répondre à des questions juste primordiales. Les débuts dans la sexualité sont primordiaux pour le restant de leur vie. Ce qui ressort de l’étude c’est que :
– la sexualité est globalement abordée à travers les cours de biologie… Hum… Et les sentiments, ça s’explique avec des chromosomes ? Une activité cardiaque ??
– et le non donné à cette éducation est souvent… mal formulée. Appeler un chat un chat, c’est peut-être un meilleur début… à mon sens…
– cette éducation ne fait pas l’unanimité et dans certains pays il y a même des détracteurs (pression religieuse).
Cela me rappelle d’ailleurs le tollé que cela avait fait quand dans mon collège les cours d’éducation sexuelle devaient être introduits. Les parents avaient crié au scandale. Alors que nous, on attendait que ça, puisque à la maison on n’en parlait pas vraiment. Et le silence n’est jamais bon conseiller, preuve en est le taux d’avortement de certains pays…
Informer, c’est donner les outils à nos enfants pour vivre au mieux leur sexualité – un des grands plaisir de la vie et une des plus belle chose aussi-, et leur donner les clefs pour la commencer, la retarder, faire des choix, bref, la maîtriser : y’a pire comme cadeau dans la vie non ?

Kiki the mum

3 réflexions sur “De l’accompagnement des apprentissages de nos enfants [mini-débrief]

  1. Oui en effet, nous avons du mal à laisser nos enfants faire leurs propres expériences nécessaires aux apprentissages.

    Et oui je suis d’accord la pression scolaire finit par les dégoûter d’apprendre, ce qui est quand même un comble !!
    Au risque de radoter, je suis 100% convaincue que « enseigner ce n’est pas remplir un vase, c’est allumer un feu » !!

    L’éducation sexuelle : j’étais mitigée quand Mme Déjantée m’a proposé le sujet.
    Et finalement, il y a un vrai besoin.
    C’est vrai que l’équilibre entre ne pas s’immiscer dans leur vie intime, préserver la notre, et donner les bonnes infos est périlleux.
    Je ne suis pas sûre d’avoir trouvé la recette non plus.
    J’ai un peu tiqué , je me suis sentie prise de cours quand l’infirmière scolaire a expliqué la puberté aux enfants en CM2 , la classe de Miss Puce l’an dernier.
    Et puis finalement, avec le recul, c’est très bien qu’une voix adulte, hors du cercle familial trop proche, mette pour tout le monde les mêmes points sur les même i, avec le groupe de pairs, déjà si (trop !) important.
    Mais dommage qu’ils n’étudient pas quelques passages de Cyrano de Bergerac en parallèle !!

    • A quand un angle d’attaque transdisciplinaire biologie-français pour l’éducation à la sexualité??!!!
      Merci encore d’avoir accepté de t’attaquer à ce sujet!!!

  2. Merci Kiki et désolée d’arriver si si tard!!! Je suis à la rue moi cette semaine (je compte donc doublement sur vous toutes pour prendre le relais!! ;) )
    Un sacré débrief que je t’avais refilé, rien qu’avec des contributions longues et très fouillées!!! Comme toujours tu t’en es admirablement tirée!!!
    Je dois avouer que toutes ces réflexions que nous menons sur l’apprentissage au sein des VI me font de plus en plus ressentir une furieuse envie de me documenter sur l’instruction en famille ou pire: les modalités de constitution d’une école libre…. (oui non mais là je vous rassure, ce sera pour ma prochaine vie!! ;) )

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