Grossesse et ambivalence des sentiments

Je viens de lire « Je rêve d’un enfant » de Monique Bydlowski. L’auteur est médecin, psychiatre, psychanalyste. Dans son ouvrage elle traite de l’expérience psychique de la maternité. Elle pose des questions qui m’ont toujours passionnée. Par exemple : Pourquoi certaines femmes désirent-elles depuis toujours un enfant ? Pourquoi d’autres deviennent-elles mères par surprise, en croyant ne pas le vouloir ? Pourquoi d’autres encore restent-elles infertiles ?

Cette semaine, j’ai choisi de parler d’une partie de son œuvre qui traite de l’ambivalence dans le désir d’enfant. Nous parlerons là du désir d’enfant ainsi que de la grossesse et non de l’amour porté à un enfant après sa naissance.

Pour Monique Bydlowski : « Le désir d’enfant le plus vif et l’amour maternel le plus authentique peuvent pourtant s’associer au vœu inverse : voir disparaître l’enfant. L’ambivalence est inscrite au cœur de tout amour humain et l’amour maternel ne fait pas exception ».

Je sais que cette ambivalence est très rarement reconnue, mais ce que l’auteur avance, me parle complètement. Pour moi, on peut désirer très fort quelque chose et en même temps en avoir très peur. On peut être en admiration face à une personne qui en même temps nous exaspère. Et je pense qu’il en est de même pour la grossesse, cette période si particulière où on rêve l’enfant et parfois on a envie de faire machine arrière.

L’auteur dit : « Paradoxalement, certaines femmes vont choisir, par exemple, le début de leur grossesse pour entreprendre un sport violent, ou un voyage lointain et sans confort ! Les femmes qui identifient en elles des sentiments négatifs à l’égard de leur enfant sont souvent très inquiètes…».

Et c’est vrai que c’est angoissant de ressentir des sentiments ambivalents pour son futur enfant. Mais il est important de rappeler que cet enfant est encore un enfant imaginaire, avec tout le mystère que cela comporte (vais-je réussir à l’aimer? Serai-je à la hauteur de mon rôle de mère ?). Et que le fait de « partager son corps » avec un être que nous ne connaissons pas encore vraiment peut parfois être déroutant.
Souvent au moment de la naissance les choses changent foncièrement, la rencontre se produit et c’est d’un amour inconditionnel et sans limites que nous nous trouvons transportées !

C’est ainsi que Monique Bydlowski dit : « Après la naissance, l’ambivalence s’estompe le plus souvent, et c’est d’amour et d’empathie pour un enfant bien réel qu’il va être question. »

Cette rencontre avec l’enfant réel, j’en parle dans mon blog.

À la mère si

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5 réflexions sur “Grossesse et ambivalence des sentiments

  1. Personnellement, je suis allée passer des partiels à quelques heures de route de chez moi à 8 mois de grossesse, avec une bonne dose de fatigue! Partiels que je n’ai pas réussis et études que je ne continue pas actuellement mais je crois que j’avais besoin de me dire que ma vie continuait à m’appartenir malgré cette chose ENORME qui était en train de m’arriver…Ton article donne bien envie de lire l’ouvrage en tout cas!

  2. Merci beaucoup de ta contribution!!! C’est vrai que la grossesse suscite souvent des sentiments bien complexes, contradictoires… liés en partie à la « cohabitation » avec le foetus, liés aussi aux bouleversements à venir…
    Je t’avoue sincèrement que je suis parfois assez réticente à adhérer entièrement aux approches psychanalytiques pures, qu’il s’agisse de grossesse ou d’autre chose… L’affirmation qu’une partie de l’infertilité puisse d’être d’origine psychologique est possible mais assez souvent nocive pour les aspirants parents à qui la nature ne sourit pas autant qu’à d’autres et qui se demandent bien en quoi sont-ils coupables…
    Hormis ce point, je trouve vraiment ça très bien qu’on s’interroge enfin sur la complexité des processus d’élaboration psychique de l’enfant à venir… j’aimerai beaucoup savoir d’ailleurs s’il existe des études similaires portant sur les futurs papas…!!

  3. Lorsque que je discute avec d’autres mamans de nos énervements avec les enfants, on conclut parfois en rigolant « Bon, avoir de temps en temps envie de les tuer, c’est normal. C’est passer à l’acte qui n’est pas normal » ;-)

    Sinon, je suis comme Mme Déjantée, à propos de la culpabilisation des couples infertiles.
    Le blocage psychologique existe , on a vu nombre de femmes se retrouver enceintes, après l’accueil d’un enfant adopté, comme si elles avaient eu besoin d’une sorte d’autorisation.
    Elles ou leur compagnon, car l’infertilité n’est pas toujours féminine.

    Mais cette affirmation est parfois du même ordre que d’affirmer que c’est Dieu qui veut qu’on soit enceinte ou pas, et qu’il ne faut pas aller contre la volonté de Dieu.

    Par contre se préparer à accepter un enfant réel qui sera forcément différent de l’enfant rêvé, c’est salutaire !

    • En fait, en ce qui concerne ces couples infertiles qui concoivent un enfant alors que la medecine ne leur avait donné aucun espoir, le Professeur René Frydman (il me semble que c’est dans son ouvrage « Un enfant, enfin » que je l’ai lu mais je n’ai pas vérifié!) dit que c’est une simple question de probabilité! Si un couple « normal » a 25% de chances de concevoir à chaque cycle, alors il concevra probablement dans les 12 mois. Si un couple infertile a 2% de chances, alors ça n’empêche pas que cela peut arriver, au bout d’un temps plus ou moins long… Et probablement que l’absence de stress (une fois le parcours AMP / adoption terminée) peut aider, mais de là à parler de « blocage », je ne suis pas sûre!

      Je ne me rappelle pas avoir connu ce sentiment d’ambivalence personnellement, je ne crois pas m’être dit OH LALA MAIS QU’EST CE QUE J’AI FAIT. Mais enfin, mon parcours est très particulier, et je pense qu’intellectuellement j’etais trop occupée à stresser sur la santé de cet enfant et avoir le sentiment qu’il pouvait m’être retiré à tout moment, pour me questionner sur mon désir d’enfant!

  4. Pingback: Une petite fille est née [mini-debrief] « Les Vendredis Intellos

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