Bon il y a quelques temps, Mme Déjantée me proposait de rédiger quelque chose sur les programmes d’éducation sexuelle à l’école.

Bof, je m’étais dit, me donnant le temps de la réflexion. Il faut faire de la biblio,  sur les programmes dans les différents pays, tout ça.

Et puis je suis tombée sur un article du n°22 de mars de Causette intitulé « Où est passé le premier baiser«   basé sur une interview de Gisèle George, pédopsychiatre, notamment auteur du livre « La confiance en soi de son enfant ».

Elle fait le constat que la sexualité est omniprésente, mais pas forcément sur un mode très épanouissant, et cela peut même s’avérer destructeur pour nos jeunes.

C’est aussi les constat fait lors de la sortie du rapport de Chantal Jouanno sur l’hypersexualisation, dont j’ai parlé ici.

Voici ce qu’on peut lire dans cet article de Causette cité plus haut à propos du premier baiser :

« Le sexe est partout, « mais il n’y a pas d’éducation sexuelle ». Au collège, les jeunes ont tendance à échanger  des informations plus ou moins justes et adoptent des conduites sexuelles, qui ne sont pas sans conséquence. La pédopsychiatre Gisèle George est formelle:  » Les enfants en danger sont les 12-15 ans, car leurs pratiques sexuelles ont changé. » Et d’expliquer que l’âge des premiers baisers est devenu celui des premières fellations. « Les jeunes pensent que cette pratique est normale, que c’est un signe d’amour comme l’était le flirt. lls s’envoient des « sexto », des propos sexuels ou des images de leur corps nu que nous qualifierions de pornographiques, mais qu’ils considèrent comme I’expression d’une intimité qui traduirait une relation d’amour. » Par ailleurs, les 12-15 ans, en plus de manquer d’une information de qualité, se connectent facilement sur les sites pornographiques. »

Oui vous avez bien lu , entre 12 et 15 ans , « l’âge des premiers baisers est devenu celui des premières fellations« .

Voilà à quoi mène l’omniprésence du sexe sur un mode majoritairement consommateur, et sans dialogue construit avec les adultes.

Alors oui, quand on lit ça, l’éducation sexuelle apparaît comme une urgence.

Donc cet article est à prendre comme l’introduction à une série des différentes idées sur comment armer nos enfants pour qu’ils aient les pratiques qui leur conviennent à eux, pas celles qui sont à la mode dans leur groupe de pairs.

Alors pour conclure ce premier volet, juste pour le plaisir, et pour finir sur une note plus poétique, je citerai ces vers d’Edmond Rostand extraits de Cyrano de Bergerac :

« Un baiser, mais à tout prendre qu’est-ce ?
Un serment fait d’un peu plus près, une promesse
Plus précise, un aveu qui se veut confirmer,
Un point rose qu’on met sur l’i du verbe aimer;
C’est un secret qui prend la bouche pour oreille,
Un instant d’infini qui fait un bruit d’abeille,
Une communion ayant un goût de fleur,
Une façon d’un peu se respirer le coeur,
Et d’un peu se goûter, au bord des lèvres, l’âme !« 

Phypa