Lâcher prise pour éviter le burn-out…

Les modes se font et se défont. Le monde de la maternité n’y échappe pas. Les différences mouvances grandissent, s’éteignent très rapidement relayaient par les médias et tout particulièrement par internet. Le monde maternel actuel est inondé d’idées liées au maternage, au retour au naturel, à l’éducation non violente, aux méthodes Montesorri, Dolto. Il faut donner le meilleur à son enfant, tout repose sur les épaules de leurs parents. En parallèle on voit émerger des « mères indignes » et fières de l’être. Dans l’article des Mères à bout de nerfs publié sur le site Sciences Humaines par Catherine Halpern, l’auteur nous propose quelques pistes de réflexions pour comprendre d’où vient ce phénomène.

  • La montée en puissance du maternage :

    Dans un livre qui souleva de vifs émois, Le Conflit. La femme et la mère(Flammarion, 2010), Élisabeth Badinter pointait le risque d’un retour en arrière sous couvert d’un retour à la nature. Lait maternisé, petits pots industriels ou couches jetables sont l’objet d’opprobre tandis que l’on vante l’allaitement à la demande ou les couches lavables. De plus en plus d’études scientifiques entendent réhabiliter le concept d’instinct maternel, déplore-t-elle.

    Le retour à la nature est un phénomène qui est monté en puissance ces dernières années. On nous parle de développement durable, d’énergies propres, d’impact environnemental, de trou dans la couche d’ozone, de réchauffement climatique, d’agriculture bio, etc. La maternité n’a donc pas échappé à la tendance et c’est aussi sûrement qu’elle a commencé une nouvelle mutation. On remet en cause tout ce qui vient de l’industrie :

    • Il faut faire les petits pots de son enfant, qui plus est avec des aliments bio. Les petits pots industriels habituent les enfants à des goûts artificiels, et les mettent présence de produits chimiques.
    • Les couches jetables polluent énormément que cela soit en amont ou en aval de leur utilisation. Les couches lavables on refait leur apparition, plus modernes, plus esthétiques, en plus d’être plus écologiques et plus économiques.
    • l’allaitement est ce qu’il y a de meilleur pour son enfant, il n’est pas « normal » de donner à son enfant un lait créé artificiellement à partir d’un lait qui est produit à l’origine pour des bébés d’autres espèces. Cela devrait être réservé à des cas très particuliers.
  • Théorie de l’attachement :

Forgée par le psychanalyste John Bowlby après la Seconde Guerre mondiale, dans un contexte où de nombreux enfants ont été séparés de leurs parents, cette théorie fait de l’attachement continu et stable à une personne qui prend soin de lui (care-giver) un des besoins primaires du bébé, indispensable à son bon développement émotionnel et social.

[…]

Les mères sont désormais culpabilisées car elles craignent de créer des « carences affectives ». Elles sont persuadées que l’avenir de leurs enfants est entre leurs mains et qu’à ce titre elles doivent tout faire pour eux. Quoi qu’il leur en coûte.

Je trouve qu’on baigne vraiment dans cet état d’esprit. L’avenir de nos enfants se joue dès les premiers jours, voir dès la grossesse. En cas de problèmes psychologiques chez l’adulte on se tourne vers l’enfance pour dénouer le problème. L’éducation passe par l’exemple, il faut montrer le meilleur de soi pour le bien de notre enfant.

  • Puérocentrisme :

    Les experts, les psychologues en particulier, en ne s’attachant qu’à l’intérêt de l’enfant, jouent un rôle important dans la culpabilisation des mères. Le « puérocentrisme » qui s’est instauré dans nos sociétés menace la « cause des femmes », leur émancipation et leur épanouissement. S. Garcia interroge notamment la construction par Françoise Dolto d’une « cause de l’enfant ». Elle montre l’ambiguïté de cet héritage qui a permis de rompre avec des pratiques éducatives autoritaires et rigides, mais au prix de l’assignation des femmes à leurs devoirs de mères d’abord et avant tout.

    Les enfants sont placés au centre de toutes les attentions. Sans tomber dans le piège de l’enfant roi, il faudrait être à leur disposition, à leur écoute pour mieux les aimer, mieux les comprendre, mieux les stimuler et les aider à grandir. La femme passe au second plan par rapport à la mère. L’auteur précise également que le poids de tous ces changements repose sur les mères. Les pères ne sont pas autant sollicités.

Je rajouterais que les règles d’éducations sont sorties de la sphère familiale. Avant, on lavait son linge sale en famille. Les référents en terme d’éducation étaient les aïeules, les membres d’une même communauté. Maintenant, on estime nos mères et grands-mères beaucoup trop éloignées de notre réalité. La référence est recherchée dans les livres, sur internet, auprès d’experts extérieurs, neutres, émotionnellement non impliqués. Ces références nous montrent la voie à suivre dans le meilleur des mondes, si on a aucune contrainte extérieure, pour faire de nos enfants de meilleurs adultes.

On demande également à ces mères de rester des femmes belles, aimantes, à l’aise dans la société. Il faut aussi qu’elles restent performantes dans leur travail.

On voit bien la pression subie par les mères, elles veulent le meilleur pour leurs enfants. Elles veulent être toujours à fond et irréprochables dans tous les domaines. Elles sont à leur disposition des solutions parfaites à chacun de leur problème. Mais elles sont impossibles à appliquer toutes en même temps et en couvrant tous les domaines. Même en se concentrant uniquement sur l’aspect « mère » des femmes, être une mère qui allaite (éventuellement tire son lait au travail), nourrit son enfant des petits pots maisons bio, utilise des couches lavables, reste à l’écoute de son enfant pour repérer ses périodes sensibles pour apprendre les choses, verbaliser et expliquer à l’enfant tout ce qui l’entoure, organise son intérieur en fonction de son enfant, tout cela prend beaucoup de temps. on n’a pas besoin de rajouter la nécessité de prendre soin de soi pour se sentir bien, ni d’être reposé et disponible pour son travail pour voiur que cela est impossible.

Les femmes se laissent souvent deux choix :

  • Soit elles en font encore plus pour tendre vers l’idéal de la mère, de la femme et éventuellement de la travailleuse. Elles risquent alors le burn-out.
  • Soit elles partent dans la direction inverse : elles se déclarent mères indignes et fières de l’être.

L’auteur ne développe pas beaucoup de solutions pour faire bouger les choses.

Alors quelles solutions pour aider les mères ? Rien de bien miraculeux. Favoriser les aides institutionnelles bien sûr, mais surtout diminuer la pression sociale sur les femmes qui favorise leur culpabilisation et faire évoluer les représentations sociales des hommes pour les amener à davantage s’investir dans leur parentalité. Bouleversement qui ne se fera pas en un jour. Pour l’heure, reste aux femmes à essayer vaille que vaille de tenir le coup et d’éviter la crise de nerfs…

Je ne crois pas que les femmes soient impuissantes face à la situation. Elles ne pourront pas changer les choses sans les aides extérieures (comme les aides institutionnelles, l’entourage, les entreprises), mais elles peuvent commencer par faire le vide autour d’elles. Il revient à chaque femme de :

  • faire la part des choses et le tri dans toutes les informations qu’on nous donne.
  • accepter qu’on ne peut pas être tout le temps au top dans tous les domaines.
  • s’écouter pour connaître ses priorités.
  • véhiculer une image réaliste de la maternité avec ses hauts et ses bas auprès des autres et tout particulièrement des autres mères ou futures mères.
  • demander de l’aide plutôt que de se laisser déborder.
  • d’être à l’aise avec ses choix sans penser à l’avis des autres (bien sûr mon enfant serait mieux nourri exclusivement de nourriture bio et maison, mais cela me demanderait trop d’investissement en temps que je préfère consacrer à me détendre pour être mieux disposé par la suite).
  • et de lâcher prise.
Et vous, vous en êtes où ? Mères parfaites proches du burn out ? Mères indignes ? ou tout simplement mères ?
Pour ma part, je réponds à cette question sur mon blog dans l’article suivant : Mère ! Ni indigne, ni parfaite…
Images : ryuu ji
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30 réflexions sur “Lâcher prise pour éviter le burn-out…

  1. J’ai lu l’article de référence et je le trouve très noir, sans nuance et je pense qu’être mère ce n’est ni blanc blanc, ni noir, mais au contraire une belle palette pleine de nuances, on peut aller du rose ou rouge, vers le marron ou parfois le noir.
    Je suis mère de trois enfants, au foyer par choix. Ma carrière ? Quel carrière ? Je suis enseignante, si je m’arrête de travailler 3 mois, 1 ans ou 10, dans 20 je serai toujours enseignante. Et il en va de même pour beaucoup de métiers, les opportunités d’évolution dans les entreprises ne sont pas si nombreuses, beaucoup de secrétaires, de caissières, d’ouvrières, de vendeuses, resteront à ces postes toute leur vie. C’est pourquoi cette phrase m’a fait bondir : « celles qui ont des revenus faibles rencontrent des obstacles matériels. Face aux frais de garde, elles peuvent être tentées de cesser leur activité professionnelle. Avec d’inévitables conséquences sur leur carrière. » Un retour précoce au travail, sans rupture permettrait une belle carrière professionnel pour les femmes au revenus faibles ! Allons donc ! C’est une vision faussée de notre société. Cela peut-être vrai pour des femmes ayant fait des études supérieures qui ont un plan de carrière, mais ces femmes attendent souvent un âge un peu plus avancée pour avoir des enfants et leur carrière est à ce moment déjà bien lancé.

    Je pense qu’en tant que mère il faut être clair avec soi et avec son conjoint. Je ne suis pas une mère parfaite, j’ai des limites, j’ai des failles, ce qui ne m’empêche pas d’être une mère aimante, et d’être présente pour mes enfant.
    Mes enfants sont à la maison avec moi 24h/24, car ils ne sont pas scolarisés, j’arrive pourtant à trouver du temps pour moi (la preuve je suis en train d’écrire un commentaire à 9h17 du matin). Cela tient-il du miracle, ai-je des enfants exceptionnels ? Je ne crois pas, je pense que cela vient de moi, de nous, de ce que je leur dis, leur transmets. Ils ont 5, 3 et 1 an et je leur ai déjà dis que maman avait besoin de temps pour elle (et ils l’ont très bien compris), qu’ils pouvaient jouer seuls, qu’il y a des moments où je fais des activités avec eux (peinture, jeux, jardin…) et des moments où je suis occupée à autre chose (écriture, couture…) Je pense d’ailleurs que cela est très positif pour mes enfants qu’ils me voient faire autre chose que seulement le ménage, les repas et m’occuper d’eux.
    Mes enfants participent aussi aux tâches quotidiennes, on cuisine ensemble, ils m’aident à leur mesure pour le ménage, le rangement, et les jours où je n’ai pas envie et bien les moutons continueront de voler une journée de plus et je sortirai une pizza du congélo.
    Au jour d’aujourd’hui j’ai trouvé mon équilibre en tant que femme et mère, mais je sais que ce n’est pas le cas de toutes.

    Une phrase m’a aussi marquée dans l’article, le fait que les pères de familles où la femme reste au foyer par choix ressentent le besoin de travailler plus pour que financièrement le foyer vive bien, je la trouve assez vraie, du moins chez nous. Mon mari s’impose une certaine pression de ce côté là.

    • Quand j’ai lu le passage sur les carrières des femmes à faible revenu, ça m’a aussi interpellé. Je me suis demandé si j’étais trop loin de la réalité, si maintenant tout le monde avait le droit à une progression de carrière.
      Pour ma part, je suis cadre, j’ai 30 ans, j’ai trois enfant, l’aînée à 3 ans et demi. Il y a 4 ans et demi, on aurait pu dire que j’avais une carrière prometteuse. Mais je me suis moi-même mise sur la touche, en changeant d’entreprise pour une société où on serait moins exigeant sur mes horaires afin de fonder ma famille sans culpabiliser, sans sentir une pression omniprésente à mon travail. Est-ce que c’était lâche de ma part ? Non je ne crois pas, car les exemples de mères dans mon ancienne entreprise ne me faisaient pas rêver, je n’avais pas l’intention d’avoir deux nounous pour mes enfants et ne les voir que les week-end, et les vacances.
      Mais au début, je me suis sentie accaparée par ce rôle de mère, et je culpabilisais quand je ne m’occupais pas de mes enfants. Au bout de 3 enfants, mes perspectives sont différentes. J’espère pouvoir trouver l’énergie pour essayer de repenser à ma carrière, à mes ambitions. Un jour, mes enfants auront moins besoin de moi, et j’espère ne pas être passée à côté de quelque chose.

      • Comme Ju le disait avant de m’arrêter de travailler j’étais dans une course perpétuel. Quand j’ai su que j’étais enceinte de bb2, j’ai dit stop. En tant qu’enseignante je passais ma journée à m’occuper des enfants des autres, et les miens dans tout cela ? Je ne voulais que ce soit les auxiliaire de la crèche qui les voient grandir. j’ai fait un choix. Je suis à la maison. Pour le moment cela ne me pose aucun problème. Je pense qu’assumer ce choix, dire que l’on ne peut pas tout faire et le mettre en avant peut-être même bénéfique. J’ai eu une vie professionelle, je l’ai mis entre parenthèse pour mes enfants, maintenant je reviens dans le monde du travail et j’y suis à 100%.
        Personnellement, élever mes enfants,les voir au jour le jour, aura changer ma vision de l’enfant de ses capacités mais me transforme aussi. Pourquoi pas mal de maman aspire à un changement de vie professionnel après s’être arrêter de travailler ? Pourquoi il y a autant de mum entrepreneur ? Car avoir des enfants cela donne d’autres envies, d’autres idées de la vie. Alors oui il y a les coups de blues, les pleurs, les craquages, les raz le bol, mais tout cela nous permet à un moment de faire des choix et de trouver notre place et de savoir qui nous voulons être.

    • @ Vert Citrouille : je n’ai qu’une fille de 1 an et quand je lis qu’ils te laissent du temps pour toi je me dis wouaouh ! C’est quoi ton remède miracle ? Ma miss crampon ne veut pas décoller ! Bon, en même temps je la vois 2 heures le matin et 2 heures le soir alors peut être que ça joue. Mais le we, 10 minutes pour moi :-), je fais comment pour les avoir ?

      • Il faut avoir un autre enfant ! ;o) Ma première était pot de colle jusqu’à la naissance de son frère, quand il a eu 9 mois ils ont commencé à jouer ensemble et à partir de ce moment les plages de liberté ont commencé à grandir : 30 minutes, puis 1h, maintenant cela peut-être 2h sans problème. Il faut quand même jeter un coup d’oeil de temps en temps, histoire de vérifier qu’ils ne démontent pas la maison ! ;o) Ma petite dernière depuis qu’elle est née grandit au milieu des deux grands, elle dormait dans son transat avec leur cris et leurs rires, elle les observait, maintenant elle les suit et participe.

      • Complètement d’accord avec Vert Citrouille. Quand tu as plusieurs enfants, tu n’as pas forcément beaucoup moins de temps pour toi. En ce moment, c’est la réflexion que je me fais, nous faisons beaucoup plus de choses avec 3 enfants, qu’avec 2, et qu’avec 1.
        Nous faisons déjà beaucoup plus de choses avec les enfants, beaucoup plus de sorties, on va au restaurant avec les 3 alors qu’on n’aurait jamais osé avec 1 et rarement avec 2.
        Et puis, les enfants s’occupent beaucoup ensemble, jouent beaucoup ensemble. C’est à la fois magique de voir ce lien se créer entre eux, mais c’est aussi salutaire pour les parents qui peuvent faire autre chose.

        Je m’en suis fait la réflexion encore hier soir, où j’ai pu cuisiner pendant 3/4 d’heures alors que les deux filles jouaient sagement ensemble, et le petit dernier les regardait.

  2. je navigue à vue, un peu comme un navire dans la tempête, la barre est dure à tenir, j’ai l’impression d’avoir le poids du monde sur les épaules : le poids de ma famille, les soucis et les chagrins de mes enfants, les angoisses de mon chéri, le budget du foyer à gérer, la vie sociale de la famille à organiser, les absences de la nounou, les maladies des enfants, les coups de déprime de mes amies, mes réunions au travail, ma carrière, mon poids à surveiller… il parait que « les femmes s’inquiètent pour tout tout le temps »…

    Debout 7h, couchée minuit, mon brushing, mon maquillage, câliner les enfants au réveil, les nourrir, les habiller assez chaudement, , partir au travail à l’heure, ne pas rater le train, travailler 8h, jouer des coudes pour avoir sa place dans l’entreprise, défendre ses dossiers, son poste, courir pour aller chercher les enfants à l’heure, discuter un peu avec le nounou, rentrer à la maison, préparer un repas, ranger, laver les enfants, les écouter, lire une histoire, essayer de passer quelques moment d’intimité avec son homme, mettre le linge à laver, étendre une autre panière, plier le linge de la troisième, se faire la remarque que je ne repasse même pas, la honte… vouloir prendre un bain mais être trop fatiguée, se démaquiller, dormir, se lever la nuit si les enfants pleurent et rebelotte le lendemain … ce n’est pas noir c’est fatigant !

    On doit être maternelle, professionnelles, désirables, séduisantes et heureuses. On n’a pas le droit de se plaindre car on a tout : le mari les enfants la maison, alors on sert les dents parce qu’il y a des gens qui ont de vraies raison de se plaindre …

    • Je crois que la principale erreur est là : tu as bien le droit de te plaindre. On peut toujours trouver des gens qui ont plus de problèmes que nous. Ce n’est pas pour autant qu’il faut avoir honte de demander de l’aide, de pouvoir se délester un peu de temps en temps de ce qui nous ronge.
      Et puis, il faut clairement apprendre à lâcher du lest et définir ses priorités chaque jour…

  3. euh, faudrait pas tout confondre, là. Assimiler tout ce qui est du maternage à de la culpabilisation, c’est une peu comme jeter le bébé avec l’eau du bain. La culpabilisation des mères existait bien avant le mouvement de maternage, nos mères étaient également dans le « il faut » en permanence. Ma grand mère n’a pas allaité « parce que le lait artificiel c’était mieux » (dixit le médecin), même si elle l’aurait voulu. Ne pas écouter le médecin était pécher ! De nombreux psychanalystes et pédiatres mettent tout sur le dos de la mère, et ce ne sont pas ceux qui défendent le maternage.

    Donner de l’information, ce n’est pas culpabiliser. Dire que le lait maternel permet statistiquement aux enfants d’être moins allergiques, moins malades, c’est de l’information. Dire que les couches jetables, ça crée des problèmes de gestion des déchets, c’est de l’info. C’est permettre de faire un choix éclairé et responsable. Chacune reste libre d’en faire ce qu’elle veut, en fonction de ses choix à elle, de ce qui compte le plus pour elle, de ses limites à elle.

    Ce qui est culpabilisant c’est de dire « il faut faire ceci » « il faut faire cela, sinon, votre enfant ne sera pas… » ce qui est le discours de plein de « spécialistes » et de magazines pour jeunes mamans.

    Personnellement c’est via le maternage que j’en suis justement venue à savoir m’écouter moi, parce qu’en apprenant à écouter mon fils j’ai appris à m’écouter, et à savoir où sont mes limites, en toute autonomie. Oui je suis devenue une mère autonome !

    Ça m’a permis de sortir des « il faut » « il faut  »  » il faut » qu’on entend de la bouche de presque tous les « spécialistes ».

    Ca m’a permis de pouvoir voir les conséquences de mes actes sans me dire « mon dieu je suis une mauvaise mère »

    Ca m’a permis de faire des choix éclairés et qui me conviennent.

    Ca n’a pas été facile pour moi et effectivement au début après la naissance de mon fils je culpabilisais beaucoup, je ne savais pas m’écouter, j’ai fait des choses au détriment de mon bien être car j’étais incapable de faire des choix sans craindre le jugement d’autrui. Mais en rencontrant des personnes du monde du maternage, en travaillant sur l’éducation bienveillante et la communication non violente, ça m’a permis de faire un sacré chemin en matière d’autonomie et de respect de moi même. Et ça n’est pas incompatible avec le maternage, avec l’écoute de ses enfants, croyez-moi.

    Et j’ose prétendre que ce sera bien plus facile pour mon fils de faire ses propres choix quand il sera père car lui apprend à s’écouter et à respecter les autres et lui même dans la relation.

    • Il est clair que le maternage n’est pas culpabilisant. Il et clair que les idées qu’il véhicule sont souvent pleines de bon sens, et une avancée pour les mères, les enfants, etc. Ce qui est culpabilisant c’est d’être persuadé que c’est mieux sur pleins d’aspects et de se dire qu’on n’est pas en mesure de faire ce qui est mieux (par manque de temps, de disponibilité, de moyens)…

      Ceux qui fréquentent un peu les forums, peuvent également se rendre compte que ces communautés permettent des regroupements de personnes convaincues qui ont envie de convaincre les autres. J’ai cependant l’impression que depuis mon ainée qui a 3ans et demi à aujourd’hui, les « intégristes » se font un peu moins entendre.

  4. Merci pour cet article! Je suis comme Ju, à courir partout, mais je pense comme Clochette qu’on colle l’étiquette de culpabilisation un peu partout.(notamment sur l’allaitement et les couches) Du coup, je pense qu’on fait du mieux qu’on peut, simplement; pour ma part je me dis qu’un peu plus grands, nos enfants nous laisseront un peu plus de temps et qu’on ne peut pas être parfaite même si on ne peut s’empêcher d’essayer. Ainsi, j’allaite exclusivement tout en travaillant, mais je donne des petits potr, je mixe lavables et jetables: on fait des petits arrangements!

  5. Personnellement, depuis que je suis traitée pour mon hypothyroïdie, ça va (beaucoup mieux). (parce que ça compte aussi beaucoup, les soucis médicaux, sur ce qu’on arrive à faire.)

    Bien sûr, par moment, je ne me trouve pas à la hauteur, mais j’ai appris à relativiser, à me faire plus confiance et surtout à défendre mon point de vue.
    J’ai notamment du expliquer que NON je ne me sens pas obliger de rechercher un poste avec des horaires me permettant de m’occuper de mon fils (soit autre chose qu’un plein temps), mais que c’était un choix de ma part parce que je veux passer du temps avec mon fils et mon mari.
    C’est manifestement difficile à comprendre pour certaines personnes que c’est pour moi, que je fais ce choix, et pas pour mon fils (et donc que c’est pas un sacrifice).

    J’ai appris à faire mes choix sans craindre les regards extérieurs (pas toujours facile), à ne pas me fier aveuglément au médecin etc….
    J’essaie de faire au mieux, un peu comme tout le monde.

    C’est vrai qu’il n’est pas facile de contrer la pression qu’on nous mets. J’ai la (très grande) chance d’avoir un mari qui ne me mets pas la pression, qui s’occupe de son fils et pas seulement pour les jeux. (c’est lui qui le gère le matin souvent, il change des couches, il fait les lessives… Oui, ça devrait être banal, mais malheureusement, y en a manifestement pas tant que ça, vu ce qu’il me dit sur ses collègues de boulot et ce que j’observe de mon coté.) Ça aide vraiment.

    Pour ce qui est des risques de carrière mise en stand-by, je dois avouer que c’est un peu ma crainte, de ne pas retrouver de poste intéressant après plus de 2 ans d’arrêt. On verra bien.

    Donc pour répondre à ta question, plutôt mère, tout simplement pour moi. :)

  6. Je me retrouve pleinement dans ce billet, où plutôt je retrouve ce que vit ma petite femme en ce moment, 9 mois après avoir donné naissance à notre plus grand bonheur. On lui a diagnostiqué un ulcère, une gastrite et une oesophagyte la semaine dernière. Et cette semaine, une hyperthyroïdie s’est ajoutée à la liste. Tous les médecins pointent le stress. Et je vois venir ce burn-out depuis déjà plusieurs mois…
    On en parle souvent tous les deux. C’est très dur pour elle d’accepter de ne pas pouvoir être la professionnelle performante, la mère exemplaire, la femme de rêve, l’amie parfaite… qu’elle souhaiterai être. Et même si elle se rend compte que cette aspiration n’est pas raisonnée, rien pour l’instant ne peut l’empêcher de culpabiliser. Le poids est trop fort.
    Aujourd’hui, c’est un long travail qui commence pour qu’elle retrouve un équilibre…

    • Le conjoint a un rôle important à jouer dans tout ça. Je ne parle même pas de l’épauler dans les tâches ménagères, les soins de l’enfant, mais surtout de témoigner à sa femme son soutien, sa confiance et sa compréhension.
      J’ai la chance d’avoir tout cela à la maison même si je ne lui témoigne pas toujours beaucoup de gratitude. C’est le premier à prendre en cas de gros coup de fatigue !

  7. On parle beaucoup de la difficulte des meres a satisfaire a la nouvelle norme de maternage.
    Mais je trouve qu’en France il y a une particularite (evoquee dans le dernier chapitre du « Conflit » par Elisabeth Badinter), c’est la pression societale pour qu’etre une femme et une epouse soit au moins aussi important qu’assumer son role de mere..

    Je vis en Angleterre et ici c’est tres different.

    On retrouve la pression du maternage, des couches lavables, des vetements en coton bio, des purees maison, voire meme il faudrait faire pousser ses legumes dans son jardin, et il n’y a pas de veritable mode de garde avant que les bebes aient 12 mois. Par la suite les seuls modes de garde disponibles sont tres souvent excessivement cher (dans mon cas 80% de mon salaire passe dans le prix de la creche, et pourtant il ne s’agit pas d’un salaire bas, la creche pour les moins de 2 ans coute l’equivalent de 2,5 smics a plein temps!).
    Et recemment je lisais un roman qui raconte une grossesse qui survient chez un couple adolescent (« Slam » de Nick Hornby). Le papa contemple la maman en train d’allaiter et se dit qu’elle est bouffie, que ses seins ont enfles, qu’elle est cernees et grosse alors que quand il l’a rencontree elle voulait etre mannequin. Et il se dit qu’il n’aurait pas aime qu’elle reste belle, cela aurait signifie quelle ne prenait pas le bebe au serieux!

    En France c’est la norme pour les femmes de retourner au travail des la fin du conge maternite, de retrouver sa ligne aussi vite que possible, ne pas allaiter parce que les seins en patissent, il faut trouver du temps pour se maquiller, se coiffer, cordonner ses vetements propres et repasses, et etre une epouse sexuellement disponible.

    Pour moi, il etait plus difficile de repondre a ces dernieres exigences. Je me sens tres « mammifere » avec mon fils, l’allaitement long et le co-dodo m’ont ete naturels et pour nous aussi c’est du fait maison – ce n’est pas une contrainte, j’aime ca (je n’ai pas essaye les couches lavables toutefois et je n’en ressent aucune culpabilite, le menage / lavage c’est pas mon truc par contre!). En revanche, j’ai tres profondemment ressenti le jugement et la desapprobation des mes amis (et surtout des femmes!) et famille francais, et c’est ce qui m’a poussee a retourner travailler je pense. Sans l’approbation de mes proches je ne me sentais pas complete en ne travaillant pas. Cela a voulu dire faire des compromis sur la fusion avec mon bebe, culpabiliser a continuer d’allaiter et coco-dodoter parce que cela se mettait en travers de notre vie sexuelle, m’auto flageller au travail parce que je dois partir tot et que je ne peux pas assister aux reunions du soir, et de grands moments de deprime en contemplant les bourrelets et les seins qui descendent jusqu’au genoux dans le miroir.

    Donc moi, plus que le maternage, c’est la triple casquette maman – working-girl – porn star obligatoire qui m’epuise, et la sensation que je n’ai jamais le niveau non dans ma facon d’elever mon bebe mais dans mes 2 autres vies!

  8. « Le papa contemple la maman en train d’allaiter et se dit qu’elle est bouffie, que ses seins ont enfles, qu’elle est cernees et grosse alors que quand il l’a rencontree elle voulait etre mannequin. Et il se dit qu’il n’aurait pas aime qu’elle reste belle, cela aurait signifie quelle ne prenait pas le bebe au serieux! »

    MAIS QUELLE HORREUR. C’est exactement tout ce que je rejette, cette vision de la maternité.
    Moi j’ai voulu préserver ma beauté tout en mettant un enfant au monde. Pas pris de poids, donc pas de vergetures, robe et léger maquillage dès la maternité. Et on me l’a fait payer. Regards suspicieux, recherche de ce qui n’allait pas, jugements non fondés. Et en plus je n’allaitais pas. Bien sûr, le père lui ne faisait RIEN, tout le monde s’en fichait. J’ai élevé mon enfant seule, j’ai parfois pris quelques mois de break par rapport au travail quand il en avait besoin. Je ne me suis pas levée au MOINDRE pleurs de BB, j’ai donné des petits pots parfois, je me suis permise de confier mon enfant à ma maman lorsqu’il avait deux mois pour sortir en boîte, parce que cela me faisait du bien de temps en temps, pour profiter un peu de la vie aussi. J’étais d’autant plus contente de le retrouver ensuite. Je ne me suis absolument pas culpabilisée. Mais ne vous y trompez pas, je lui donne énormément de moi-même, mais je donne ce que j’ai décidé de donner, pas ce que l' »ON » m’impose. J’ai par conséquent vécu la maternité comme un bonheur, sans pesanteur, un brin de fatigue tout de même mais pas l’ombre d’une crise de nerfs, de remise en question existentielle.
    Devinez quoi, aujourd’hui il a quatorze ans, nous sommes très proches, c’est un amour, en bonne santé, il réussit en classe.
    Alors quoi, toutes ces obligations nouvelles, ça rime à quoi? Ecoutez vous et faites preuve d’un minimum de personnalité. Faites un peu comme ces messieurs, comme disait Winnicott, la mère (ou le référent affectif) suffisamment bonne/bon s’en « fiche un peu »…elle vit aussi pour elle, pas dans la regard des autres à tout prix.

    PS: je pense que la mode du maternage et du cododo, allaitement à la demande, long, met la pression sur un couple, et rend le fait d’élever un enfant encore plus pesant, douloureux, désolée…et les soi-disant bénéfices sont controversés (etude Kramer) N’oubliez pas que les lobbys, les idéologues, cela existe. Et que l’enfant peut être (bien malgré lui) un instrument puissant pour faire revenir les mères au foyer..cela a des conséquences.

    • Bonsoir,

      je ne suis pas d’accord avec vous….

      Laisser pleurer son enfant la nuit ou lui « apprendre  » à « faire ses nuits » est néfaste et cruel, et nombreux sont les experts médecins et psy à le dire…. Donner à l’enfant ce que seulement soi, en tant que parent, on a décidé de lui donner, ce n’est pas, à mon avis, considérer l’enfant dans tout son être, comme un être humain doté de ses propres besoins, souvent sans possibilité d’être différé pour le nourrisson. Cela ne veut pas dire non plus tout donner au point de ne plus être en mesure de donner… mais bien ménager ses forces.

      Considérer le maternage comme un risque pour les femmes de les renfermer à double tour dans leur foyer, c’est, selon moi, avoir vraiment la vue brouillée. La vraie vision moderne d’une société où tout le monde y aurait sa chance, y compris femmes et enfants, ce serait celle où les pouvoirs publics institueraient de manière certaine dans la loi la possibilité pour les femmes d’avoir vraiment le choix de s’occuper de leurs enfants sans sacrifier ni leurs enfants ni leur carrière, grâce à des aides adaptées (congé maternité allongé, congé parental pour le PREMIER enfant), cela pourrait induire un changement des mentalités aussi… D’autres pays le font déjà depuis longtemps… Quand notre société française sortira-t-elle de son conservatisme aveuglant et retardé?

      • J’aurais tendance à penser que l’une et l’autre d’entre vous décrit des parts de réalité…Ce qui me tracasse c’est qu’on oppose trop souvent le respect des besoins des parents avec ceux des besoins des enfants… il est évident que les uns comme les autres sont fondamentaux: un enfant a besoin de voir ses besoins pris en compte parce qu’il est dans l’incapacité de les satisfaire seul autant qu’il a besoin d’avoir des parents sereins, épanouis et qui n’agissent pas par culpabilité…
        Autant je trouve les différentes études sur l’impact positif du maternage aussi bien que l’impact négatif sur de l’épuisement maternel (ou l’importance d’être une mère non « parfaite » mais « acceptable »), autant je pense que nous ne trouverons pas de solutions à nos situations particulières sur leur unique base: nous sommes uniques, notre enfant est unique et ce que nous vivons au temps t est unique… Aucune règle ne peut valoir dans l’absolu!!
        Avec un peu d’idéalisme, je me plais à penser que la meilleure solution est celle que, en toute connaissance de cause et de tout coeur, nous considérons à chaque instant, comme étant la meilleure pour nous….

      • Je crois qu’il faut aussi prendre conscience du fait que la vérité n’est ni immuable ni universelle. Ce qui est connu aujourd’hui comme vrai, ne le sera peut être pas quand nos enfants seront adultes.
        Il est vrai qu’actuellement, il n’est pas recommandé de laisser un enfant pleurer. Mais il n’est pas non plus recommandé d’être épuisé au point d’en vouloir à son enfant, d’être à bout de nerfs. Certains d’entre nous s’en sont très bien sortis alors que leurs parents les ont sûrement laissé pleurer la nuit. C’est pourquoi, je crois que c’est à chacun de savoir positionner le curseur entre répondre immédiatement au besoin de son enfant et répondre à ses besoins d’adultes. Il faut toujours mettre en relation, le bénéfice et le risque de chaque alternative. Il faut apprendre à sortir de la vision manichéenne du bien et du mal.
        Par exemple, je suis atterrée devoir que des femmes sont incapables d’arrêter de fumer complètement le temps de la grossesse. Tout le monde sait que la cigarette peut faire des ravages pendant la grossesse. Cependant, certains disent qu’il vaut mieux continuer de fumer un peu et ne pas être stressé que d’arrêter et être stressé.Celles qui continuent considèrent cette dernière phrase comme la vérité, celles qui arrêtent non… Il n’y a pas de vérité absolue et immuable.

    • En fait je pense que c’est positif! Bien sur c’est exagéré et Nick Hornby mets cette vision des choses dans la bouche d’un garcon de 15 ans, donc c’est supposé être assez simpliste.

      Mais cela traduit qu’en Angleterre, il y a beaucoup moins de pression sur les femmes quant à leur apparence! Si l’on veut se maquiller, faire un regime draconnien pour soi-même et parce que l’image de soi est importante, très bien! Mais si ce n’est pas possible, personne n’y trouvera à redire.

      Au contraire, en France, je pense qu’on a pas véritablement le choix, parce que sortir dans la rue sans être impeccable, même en sortant de la maternité, c’est vraiment TRES mal vu!

      Par ailleurs je ne pense pas qu’on puisse choisir de ne pas prendre de poids pendant une grossesse, c’est loin d’être uniquement une question de volonté…

  9. Perso je persiste à trouver les arguments de Badinter « contre » le mouvement du maternage proximal d’assez mauvaise foi dans la mesure où la pression, on l’a effectivement tout autant pour être une « bonne mère » qu’une « bonne épouse », « bonne professionnelle », etc.

    Donc quelque part mettre la pression pour qu’après l’accouchement on retrouve rapidement la ligne, le temps de se pomponner, etc. ce n’est pas un problème, mais la mettre sur l’allaitement ou les purées bio, ça l’est ??? Parce que bon perso, je trouve que passer du temps à me faire un brushing, ça n’a RIEN de plus épanouissant pour moi que d’éplucher des carottes… pour ma part, je n’ai pas envie d’être une femme esclave de mon intérieur, mais je n’ai pas envie non plus d’être une femme objet, j’ai envie de faire ce que je veux, zut…

    Ce sur quoi tout le monde est à peu près d’accord je crois, c’est qu’on ne peut pas se mettre la pression sur tout en même temps… c’est là qu’on risque le burn-out. Après ça serait bien que tout un chacun laisse les adultes que nous sommes décider de ce que nous avons envie de faire de notre vie, et quelles priorités nous souhaitons nous fixer…

    Moi j’ai choisi de me reconvertir sur le plan professionnel pour plus profiter de ma famille, je suis extrêmement heureuse de mon choix, je bosse moins mais mieux, je m’y retrouve (y compris professionnellement parlant). J’ai choisi l’allaitement long, les couches lavables et l’éducation non violente, et ça me rend heureuse aussi. Je ne le perçois pas comme pesant ni douloureux, en revanche je comprend tout à fait que certaines personnes le ressentent ainsi, très clairement ça ne peut pas convenir à tout le monde. Pour autant ce n’est pas parce que ça ne convient pas à certaines que cela ne peut pas convenir à d’autres.

  10. Merci à toutes et tous de vos réactions, de vos témoignages, vraiment très enrichissants!! Et un grand merci à Maman Koala pour cette contribution!!!

    Il me semble absolument clair que les parents, et plus particulièrement les mères, sont soumis actuellement à une pression sociétale phénoménale, qui conduit un nombre considérable de femmes au burn-out (et qui, bien heureusement, commence enfin à être identifié comme tel!!!)…
    Les causes sont par contre, beaucoup moins claires: je suis assez d’accord avec Prune pour dire que faire reposer le burn out maternel sur le dos du maternage proximal est en définitive un argument de facilité…

    Claude Didierjean-Jouveau dans sa récente contribution Guest aux VI (https://lesvendredisintellos.com/2012/02/02/retour-sur-mere-pere-et-alloparents-guest/) nous avait d’ailleurs à ce titre appelés à réfléchir au fait que si le maternage proximal n’était pas directement responsable de l’épuisement maternel ; l’isolement et le fait que la mère assure fréquemment seule ce maternage, lui, l’était de façon très marquée… En ce sens, elle invitait non à renoncer aux bienfaits pour l’enfant (et le parent!!) du maternage proximal mais bien plutôt à soutenir la mère au travers d’une solide communauté d' »allo-parents » père, grands parents, frères et soeurs, etc… Signalons au passage que la défiance à l’égard des grands mères a aussi été l’oeuvre des médecins du XXème siècle qui y voyaient un risque de voir leurs prescriptions remises en question (voir à ce sujet « L’art d’accommoder les bébés »… pas encore beaucoup commenté dans les VI si ma mémoire est bonne!!)…

    Quand à la centration sur l’enfant, le terme me gêne car il s’oppose de fait à une centration sur l’adulte… comme si les besoins de l’un et de l’autre ne pouvaient être compatibles… Le billet de Vallos (https://lesvendredisintellos.com/2012/03/02/communication-epanouie-quand-le-parent-se-respecte/) de la semaine dernière insiste bien sur le fait que des perspectives, telles que la communication non violente par exemple, pose à la base de la relation éducative, tant le respect des besoins de l’un que le respect des besoins de l’autre…

    Enfin, tout comme Prune, je pense que l’article de SH oublie un peu trop de parler de la pression au travail générée par exemple par le congé maternité extrêmement court, par le peu d’encouragement au congé parental pour les papas, … Ainsi que de la pression générée par les canons de la beauté qui nous voudraient belles, fraîches et disposes pour nos maris sitôt l’accouchement passé… L’un comme l’autre enferment les femmes dans une dépréciation d’elles mêmes, à mon sens, première étape vers la dépression…

  11. Après avoir essayé d’être une mère maternante et parfaite décrite dans l’article, je me suis vite fixé des objectifs beaucoup plus réalistes.
    Mes fils sont élevés aux petits pots, parce que je préfère jouer aux petites voitures avec eux quand je rentre du boulot que de leur faire à manger. J’ai arrêté l’allaitement quand je n’en pouvais plus et ça m’a permis d’être plus épanouie et disponible pour mes fils et pour moi. Je reste persuadée que mes enfants ont plus besoin d’une mère équilibrée et heureuse car elle a passé du temps pour elle que du lait maternel des légumes maison et des couches lavables.

    Je garde mon boulot car il fut aussi que je pense à mon avenir, si jamais il arrivait quelque chose à mon couple, il faut que je puisse m’assumer toutes seule.

    Mais c’est clair que la société fait peser une sacrée pression sur vos épaules !!!

  12. Pingback: Mes Vendredis Intellos «

  13. Par observation des gens qui m’entourent, ce genre de culpabilité ne touche que les mères qui réfléchissent beaucoup… Je ne sais pas comment le dire sans mettre les gens dans des catégories, mais finalement on appartient tous à un sociostyle… En tout cas, il y a bien une socio-catégorie de maman, qui ne nous lis certainement pas, qui prend des congés parentaux, donne des petits pots, ne fait pas de cododo… et à des enfants tout aussi adorables que les nôtres.

    • J’ai bien peur que la culpabilité et l’épuisement maternel ne soit pas l’apanage d’un milieu social particulier… Les normes auxquelles nous faisons référence, au contraire, si. Comme tu le soulignes, il y a probablement de nombreuses mamans qui ne voient pas dans le fait de faire des petits pots maisons ou utiliser des couches lavables, une quelconque forme d’idéal… elles n’en sont pas moins soumises à mon avis à d’autres formes de normes probablement tout aussi exigeantes…que celles-ci soient véhiculées consciemment ou inconsciemment par les traditions familiales, le pédiatre, la PMI, le milieu professionnel, etc…

  14. je trouve que le dernier paragraphe que tu cites est très juste : que les hommes s’investissent plus dans la « parentalité » et la pression sera moins forte du côté des femmes, notamment dans le monde du travail… mais c’est une lame de fond…

  15. Pingback: Il n’y a pas de parent parfait*… juste un équilibre à trouver [mini débrief] « Les Vendredis Intellos

  16. Je suis en plein burn out en ce moment et c’est très difficile à vivre.
    On met une pression immense sur les mères alors que les pères n’en ont que très peu. Je suis très proche du maternage, mais je crois vraiment qu’on devrait parler de « parentage proximal » ?
    Si seule une femme peut allaiter, par contre, porter son enfant, lui préparer à manger, se lever la nuit, changer des couches est à la portée des deux parents ! Ce qui est la même chose pour les tâches ménagères, un homme peut aussi bien les faire qu’une femme.
    J’ai lu (ou entendu) quelque chose de très vrai. Quand un homme (ou une femme) rentre du travail, il a envie de se poser, de décompresser. Mais la femme (ou l’homme) au foyer a tout autant envie/besoin de décompresser de sa journée à s’occuper des enfants !!
    Garder des enfants toute la journée est un boulot à part entière et il est particulièrement éprouvant. Pourtant, je l’ai choisi et je ne le regrette pas. Mais je sais que je pourrais être plus tranquille au boulot parfois (moins d’imprévus, de bruits, plus d’interactions avec des adultes).
    Les femmes sont restées « responsables » du foyer (enfants, ménage) et doivent en plus travailler pour ramener de l’argent !! Sans parler de rester une femme épanouie (mince, belle et active sexuellement).
    Et après on s’étonne qu’elles sombrent dans le burn out ! On appelle ça épuisement maternel en français et je trouve le terme particulièrement bien choisi.

  17. Pingback: Et ça continue, encore et encore… | Les Vendredis Intellos

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