ill. Julie Faulques, rue des enfants

Avez-vous remarqué à quel point les vilains sont laids ?

Dans les vieux contes pour enfants, le méchant y est souvent représenté de façon négative. Il est souvent moche à faire peur. Ogre, vieille sorcière avec verrue sur le nez… Ne pas avoir été avantagé par la Nature et être gentil ne semble pas compatible.

Une personne belle physiquement et avec un fond noir comme du goudron, non mais quelle hérésie! A moins qu’il ne se soit travesti par je ne sais quel sortilège, masquant son véritable visage.

Mais pourquoi sont-ils aussi méchants et affreux ?

Bruno Bettelheim répond à la question dans Extrait de Psychanalyse des Contes de fées ( Robert Laffont, 1976 )  :

« Les personnages des contes de fées ne sont pas ambivalents ; ils ne sont pas à la fois bons et méchants, comme nous le sommes tous dans la réalité. De même qu’une polarisation domine l’esprit de l’enfant, elle domine le conte de fées. Chaque personnage est tout bon ou tout méchant. Un frère est idiot, l’autre intelligent. Une sœur est vertueuse et active, les autres infâmes et indolentes. L’une est belle, les autres sont laides. L’un des parents est tout bon, l’autre tout méchant.

[…]

Ce contraste des personnages permet à l’enfant de comprendre facilement leurs différences, ce qu’il serait incapable de faire aussi facilement si les protagonistes, comme dans la vie réelle, se présentaient avec toute leur complexité. Pour comprendre les ambiguïtés, l’enfant doit attendre d’avoir solidement établi sa propre personnalité sur la base d’identifications positives. »

Les histoires modernes pour enfants n’ont plus forcément ce schéma. Le méchant n’est pas toujours si méchant que cela.

D’ailleurs, dans le dessin animé « Moi Moche et Méchant« , Gru finit par être un bon gentil. Pareil dans MegaMind, le vilain n’est finalement qu’un adorable personnage qui cherche à exister d’une manière ou d’une autre. Même Shrek est un ogre gentil. Vous aviez déjà vu cela un affreux méchant qui devient un bisounours ?

Quant aux histoires d’aujourd’hui destinées aux enfants, elles abordent souvent un thème bien précis, ont souvent une morale, mais une absence totale du mal incarné.

Les contes classiques font trembler nos enfants, il active leurs peurs. Il parait que cela est nécessaire à leur développement. Pourtant certains parents choisissent volontairement de ne pas lire « La véritable histoire du petit chaperon rouge » à leurs enfants ou oublient de dire que le chasseur a tué une biche dans Blanche-neige puis a rapporté son coeur à la méchante reine en lui faisant croire que c’était celui de Blanche-Neige, pour ne traumatiser …

Cherchons-nous à préserver nos enfants ?

Mais finalement, les peurs sont toujours présentes et parfois, elles naissent de choses bien réelles vu ou entendu à la télé, dans les magazines ou en classe.

Alors ? Les contes classiques pour enfants tels que Hansel et Gretel, on continue de les lire le soir à nos enfants ou lirons-nous uniquement des histoires en mode quasi Bisounours ?

Si vous êtes curieux de connaître les questions de ma fille sur les contes de fées, venez faire un tour sur mon blog.

MissBrownie