Je serai méchante parce que je t’aime


Au détour de la Toile, je suis tombée sur une superbe lettre d’une maman méchante à ses enfants dont voici un extrait :

Un jour, quand mes enfants seront assez vieux, pour comprendre la logique qui motive un parent, je vais leur dire, comme mes parents méchants m’ont dit :

Je t’ai aimé assez pour te demander où tu allais, avec qui, et quand tu serais de retour à la maison…

Je t’ai aimé assez pour être patiente jusqu’à ce que tu découvres que ta nouvelle meilleure amie ou ton grand copain, n’était pas fréquentable….

Je t’ai aimé assez pour me tenir plantée là dans le cadre de porte pendant deux heures tandis que tu nettoyais ta chambre, une affaire de 15 minutes en principe !

Je t’ai aimé assez pour te laisser voir la colère, la déception et les larmes dans mes yeux. Les enfants doivent apprendre que leurs parents ne sont pas parfaits.

Je t’ai aimé assez pour te laisser assumer la responsabilité de tes actions même lorsque les pénalités étaient si dures qu’elles ont presque brisé mon coeur.

 

Mais surtout,

Je t’ai aimé assez pour dire NON même quand je savais que tu me détesterais pour ça. Telles étaient les batailles les plus difficiles de toutes. Je suis heureuse de les avoir gagnées, parce qu’à la fin, tu y as gagné aussi. Et un jour, quand tes enfants seront assez vieux pour comprendre la logique qui motive des parents «méchants», tu leur diras :

Vos parents étaient ils méchants?

Les miens l’étaient.

Mes parents étaient donc des parents méchants. Mais au moins, je savais l’importance que j’avais à leur yeux. Je n’ai jamais douté de leur amour.
Je souhaite, j’espère, réussir à représenter pour mes enfants, une ancre, une point de stabilité, un îlot d’amour jamais menacé.
Oui, c’est parfois dur, enfant, de faire ses devoirs avant la télé, (alors que les copains…) d’aider à débarrasser la table, de ranger sa chambre. C’est pesant, à l’adolescence, de devoir dire où on va, à l’heure où l’on se croit déjà adulte et capable d’assumer tout et n’importe quoi.
Pourtant, je n’ai jamais regretté ces demandes de mes parents. Je n’ai jamais regretté que ma mère exige de savoir où et avec qui j’étais, et jusqu’à quelle heure. Car une maman qui demande ça, c’est une maman qui s’inquiète et qui aime. Ce qui m’embêtait le plus, c’est que je savais que si j’avais du retard, elle allait s’inquiéter ; que quand je sortais (c’était pas souvent non plus) elle serait incapable de dormir tant que je ne serais pas rentré. Mais je n’ai jamais eu de parent indifférents. Et ça, c’est irremplaçable.

La Farfa

(Si quelqu’un a lu le livre dont la couverture me sert dans cet article? Il a l’air bien sympa. ^^)

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24 réflexions sur “Je serai méchante parce que je t’aime

  1. Selon moi, il y a tout de même un juste milieu. On ne peut pas sur-protéger ses enfants malgré l’élan qui nous y pousse, moi en tout cas. Pour l’instant, il reste avec moi (il n’a pas un an!) et je me dis qu’il est en sécurité mais je n’ai aucune envie de l’empêcher de faire ses expériences plus tard. Ce que dit bien cette lettre d’ailleurs: attendre qu’ils se rendent compte par eux-mêmes.
    Et puis peut-être, parfois, accepter aussi qu’on peut avoir tort, même en tant que parents aimants. Et avoir confiance en eux.
    Tout un programme!
    En tout cas, cette démache m’intéresse (même si j’ai un peu de temps devant nous) car personnellement, j’ai eu besoin que mes parents m’expliquent certains de leurs choix, ce qu’ils n’arrivaient pas toujours à faire, et certains que je n’ai toujours pas compris. Mais parler au moins, pour comprendre qu’effectivement, comme c’est dit ici, perosnne n’est parfait.

    • Oui, un juste milieu, c’est tout à fait ça. :)
      Et montrer à l’enfant que ce n’est pas arbitraire et juste pour l’embêter mais qu’il y a de vraies raisons derrière. (ce qui amène aussi à se demander, « pourquoi est ce que je veux lui interdire cela? Ai-je une vraie bonne raison pour cela?)

  2. Mes parents ont donc été méchants à bon escient même si je pense que des fois il faut aussi savoir lâcher prise et laisser nos enfants faire leurs propres expériences. Mais je rejoins La femme baleine, je pense que les parents doivent expliquer leurs choix et leurs craintes vis à vis de ceux de leurs enfants pour que ces derniers acceptent mieux les « non »

  3. Oh mon dieu mais c’est moi ça!!
    J’avoue je suis comme cela avec mes enfants (les 2 grands ont 8 et 6 ans), je leur dit « non » très souvent et j’essaye de leur expliquer pourquoi (même si je passe parfois pour une folle quand je refuse que ma fille joue seule en bas de l’immeuble).
    Ils savent que je suis maman louve et maman poule et que je veux toujours les avoir en visu lorsque l’on sort. Mais soyons honnêtes: à cette époque ou en 1 fraction de seconde, un enfant peut être kidnappé, il vaut mieux être attentif qu’inconscient?

    • Je crois que malheureusement, on ne pourra jamais les protéger à 100% (et d’ailleurs, il faut parfois leur laisser faire des erreurs, c’est comme ça qu’on apprend aussi. ;) mais ça n’empêche pas d’essayer. :) (et de les protéger au max contre les rapts et autres violences, et essayer de les empêcher de faire de grosses erreurs très graves.)

  4. cette lettre me dérange. notamment l’emploi du terme « méchant »
    il me semblait que c’etait un hoax cette lettre d’ailleurs.

  5. Effectivement cette lettre un hoax…. plusieurs sites le confirment…surtout dans la mesure où il était à l’origine indiqué comme émanant d’une neuropsy… http://www.xanetiz.com/hoax-canulars.html
    Ceci étant, même si sa validité scientifique est nulle, elle s’est énormément diffusée sur le net et ce n’est à mon avis sans raison… Je reviens un peu plus tard pour vous commenter ça plus en détail!

    • Oups, honte sur moi! J’ai pas du tout penser que ça pouvait être un hoax.
      Cela dit, sur le principe, mettre des limites à l’enfant me semble quand même bien. Et lui expliquer pourquoi on lui mets ses limites très utile.
      Et expliquer que si on mets des limites, c’est parce qu’on l’aime et qu’on veut le protéger (même si, on ne peut pas le protéger de tout et qu’il faut aussi accepter de le laisser faire ses propres erreurs… mais bon, si on peut lui éviter les groooos plantages hein. ;) ).

      • N’aie pas honte!! Comme je disais plus haut, si la lettre a si bien diffusé c’est qu’à mon avis elle fait écho à ce que beaucoup pensent… d’où l’intérêt de l’analyser!!! ;)
        Ceci étant, il nous permet à tous de nous rappeler que sur Internet tout doit toujours être vérifié!!! :-)

  6. Je complète mon propos en disant qu’à mon sens la thématique de « qu’est-ce que l’autorité? » est extrêmement prégnante en ce moment…pourquoi, je ne sais pas trop? J’ose espérer que c’est parce que le temps de l’opposition frontale entre partisans du tout autoritaire et partisants du « interdit d’interdire » est désormais révolu: la communication non violente ayant (par exemple!) permis de montrer qu’il était possible (et nécessaire!) de poser les bases d’une autorité qui soit compatible avec le respect et la considération des émotions et des besoins de l’enfant…
    A titre d’illustration de l’importance de cette problématique sur la scène médiatique actuelle, je vous remets ici un lien à commenter que j’ai mis sur la page fb des VI: http://www.scienceshumaines.com/l-enfant-n-est-pas-qu-un-enfant_fr_21191.html

    • Oui, tout à fait, il faut trouver un juste milieu entre ces deux courants. Mettre des limites nécessaires et les expliquer autant que possible. Et laisser l’enfant donner son avis et lui montrer qu’on l’écoute (même si on ne change pas d’avis pour autant. ;) )

  7. Cette lettre a beaucoup circulé effectivement, avec des auteurs différents à chaque fois (mais toujours neuro qq chose …).
    Globalement je suis d’accord avec l’idée générale, que notre rôle de parents c’est aussi (mais pas que…) poser des limites pas toujours très bien acceptées par nos enfants, et qu’il faut accepter pour cela d’avoir parfois le mauvais rôle.

    En revanche, j’ai beaucoup de mal avec à peu près tout le reste. L’utilisation du terme « méchant » notamment, qui à mon sens renvoie l’idée que l’autorité est forcément coercitive, et désagréable, occultant complètement le fait qu’on peut poser des limites dans la bienveillance, comme le rappelle Mme Déjantée au-dessus, et en arrivant à dépasser le débat gentil / méchant pour arriver à penser la justification et l’intégration des règles. On ne pose pas des règles pour « embêter » l’autre, mais parce qu’elles ont un sens, et il me semble qu’en faire comprendre le sens est aussi important que s’assurer de leur respect.
    L’énumération de règles m’agace aussi, elles sont toutes plus subjectives les unes que les autres (et bizarrement, il n’y a pas les principales règles sociales citées, plus des trucs qu’on pourrait considérer comme anecdotiques comme le menu du diner ou l’âge du premier petit copain; et qui ne sont finalement « que » des habitudes familiales).

    Mais surtout ce qui me dérange profondément, c’est ce lien de cause à effet entre la « rigueur » de l’éducation et l’honnêteté de l’adulte qu’il deviendra. Rien ne prouve qu’un enfant qu’on laisse manger des hamburgers et du coca, ou qui ne participe pas aux tâches ménagères deviendra un vandale, un voleur ou un alcoolique (rien que ça…) et inversement, ce n’est pas parce qu’un enfant a été élevé de façon assez stricte qu’il ne tournera jamais mal…

    • Bien sûr qu’on ne doit pas juger les enfants comme ça. Et qu’un enfant élever de façon très « laxiste » ne sera pas forcément pire qu’un enfant élevé de façon très stricte (d’ailleurs, une éducation trop stricte peut, à mon avis, entrainer une réaction de rejet de la part de l’enfant)
      Je n’avais pas du tout compris cette lettre comme ça et je ne m’attendais à ce qu’elle suscite de telles réactions. ^^
      Pour moi, on utilise ici le terme « méchante » parce que quand même, souvent, les enfants qui n’obtiennent pas ce qu’ils veulent peuvent dire ça à leurs parents (t’es méchante! parce qu’on leur a refusé quelque chose, sérieusement, ça ne doit pas être si rare que ça non?)
      Pour moi, c’est justement pour faire comprendre aux enfants qu’on les aime et que non, on n’est pas méchants (bien sûr) mais qu’on s’inquiète et qu’on ne peut pas les laisser faire tout ce qu’ils veulent.
      Je n’ai pas compris la lettre comme une apologie de l’éducation ultra-stricte, mais plutôt comme une explication contre l’éducation des enfants-roi à qui on ne refuse rien, ou pire, des enfants qui font ce qu’ils veulent parce que les parents s’en moquent complet et qui, du coup, se sentent délaissés par leurs parents.(et qui sont en fait, en recherche d’attention…)
      Bref, je n’avais pas compris la lettre comme ça du tout. Du coup, je trouve très intéressant vos commentaires (à toutes), car ça me fait beaucoup réfléchir.

  8. Canular (hoax) ou pas, j’ai moi aussi beaucoup aimé ce texte qui a pas mal circulé.
    Je crois qu’il ne faut pas forcément tout prendre à la lettre et au premier degré, que les limites sont différentes pour chaque famille.
    Mais le principal message est que les parents qui nous paraissent comme les rois des casse-pieds le sont aussi par amour.
    Et quant à moi j’ai assez aimé le second degré des parents « très méchants », et je dis de temps à autres à mes enfants que « oui, je suis une maman très méchante  » quand je leur interdis quelque chose, ce qui les fait à la fois rire et râler.

      • En lisant ton article j’ai aussi eu cette lecture et parfois j’explique à mes enfants que si je leur demande de faire quelque chose c’est que je suis parfois plus à même de voir leur besoin, c’est prendre soin d’eux, car je les aime, même si cela les embête. Cela me fait penser à une situation vécue il y a quelques jours, ma grande était très fatiguée et refusait de faire une sieste, après lui avoir expliqué que ce n’était pas pour l’embêter mais au contraire car je l’aimais que je lui demandais de faire la sieste (nous avons bien sure eu une discussion un peu plus longue que ça), elle s’est couchée et a dormi 2h. Mon aînée du haut de ses 5 ans comprend très bien, d’où c’est « non, mais je le fais quand même » moitié boudeur/moitié rieur.

      • Par contre, c’est sûr qu’il faut expliquer les limites, montrer que ce n’est pas juste pour l’enquiquiner. Elles sont alors mieux (ou moins mal) acceptées je pense. ^^

  9. Mes parents n’ont pas été ainsi, et j’ai énormément manqué de confiance en moi.
    Je veux, à tout prix, que mon fils puisse prendre conscience de sa valeur, même si je dois pour cela le protéger, le respecter malgré lui… et je n’ose imaginer l’ampleur de la tâche qui m’attends !

    • Mes parents m’ont mis des limites et donné énormément d’amour. Ça n’empêche pas que je manque de confiance en moi. Du coup, je compte, non seulement donner de l’amour à mon fils (notamment, en ne le laissant pas faire n’importe quoi) mais aussi lui dire souvent à quel point je suis fière de lui, lui laisser la possibilité de donner son avis et de se sentir écouter aussi.
      J’espère que ça lui donnera confiance en lui et en ses capacités.

  10. Pingback: Artikeul-Roll pour les Vendredis Intellos #2 « Sauterelle Box

  11. J’avoue que la fin : « je savais que si j’avais du retard, elle allait s’inquiéter ; que quand je sortais (c’était pas souvent non plus) elle serait incapable de dormir tant que je ne serais pas rentré » me dérange énormément. Je crois que faire ressentir ça à son enfant c’est lui mettre un sacré poids sur les épaules. Oui c’est parce qu’on l’aime, oui c’est naturel de s’inquiéter, mais je me demande si ça n’est pas aussi le retenir à la maison, le culpabiliser de la quitter, et puis aussi lui gâcher un peu le plaisir ^^

    J’aime beaucoup « Je t’ai aimé assez pour dire NON même quand je savais que tu me détesterais pour ça.  » C’est tellement ça ! On est tellement amenés à faire des choses que nous-même détestons, que nos enfants vont détester, et on serre les dents parce qu’on pense que c’est la bonne chose à faire.

    • Bien sûr que ce n’était pas facile à vivre. Mais comme j’ai dis, je préfère une maman comme ça qu’une maman qui s’en fiche. ^^
      Après c’est vrai que ça m’embêtait pour elle, parce que je n’aime pas la voir s’inquiéter pour ça, mais ça ne m’empêchait pas de sortir (je ne sortais pas beaucoup de toute façons, les sorties en boite, ça a jamais été mon truc, donc c’était plus des soirées entre copines. :) )
      Mais oui, faut aussi accepter de les laisser partir, et ma mère le faisait mais sans arriver à cacher son inquiétude. Je pense que de toute façon, elle n’aurai jamais pu faire autrement. Le plus dur, c’était de devoir donner une heure de retour, parce que c’est pas facile d’estimer ça, quand on est jeune adulte. Et que si j’étais en retard et que je ne prévenais pas, je savais qu’elle allait se faire un sang d’encre. Ca c’était plus dur.
      Mais bon, ça fait penser à la chanson de Nougaro « cécile, ma fille » (la partie où il l’entend rentrer sans bruit etc…)

  12. Pingback: Encaisser, pas taper, jouer [mini-débriefing] « Les Vendredis Intellos

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