Vers l’abstraction

Quand notre enfant était petit, il faisait connaissance avec les objets de son environnement au moyen de ses sens : il les palpait au moyen de ses mains, en repérait l’usage, découvrait son entourage au moyen de ses yeux, de ses oreilles, de son odorat ou de son goût, en ordonnait les éléments dans son esprit suivant leur usage ou leur forme, ou leur couleur, ou leur signification : une assiette ou un saladier sont de la vaisselle un teckel et un boxer sont des chiens ; cela n’est pas évident au premier coup d’œil, il faut trouver les points communs. C’est un gigantesque travail si on songe qu’à la naissance il est arrivé dans le chaos et qu’à deux ans il a déjà accompli une grande partie de cet ordonnancement. C’est pourquoi on l’aide en le faisant vivre dans le réel et en prenant soin de ne pas l’embrouiller. (…)
L’Enfant et la Vie n°150 Avril-Mai-Juin 2007
Notre petit enfant a besoin de concret, de réel, il a besoin de voir, de toucher pour se rendre compte, pour catégoriser, pour organiser sa pensée, pour se repérer.
Il suffit de voir un enfant utiliser un matériel, un jeu qui correspond exactement à son intérêt : il va manipuler, jouer, expérimenter et recommencer jusqu’à ce qu’il ait rassuré le fait que ce sera toujours ainsi, qu’il y arrivera toujours…
Ainsi le petit enfant qui découvre l’amusement de grimper sur le canapé. Il va monter, redescendre, monter, redescendre, encore et encore, non pas sans peine. L’adulte à côté va l’aider à monter, pensant faire bien, pendant l’aider. L’enfant redescendra aussitôt : ce n’est pas être assis qu’il veut expérimenter, mais bien l’acte de monter.
Vers 6 ans, c’est l’abstraction : l’enfant commence à avoir accès au monde d’une autre manière ; plus seulement à ce qu’il voit ou à ce qu’il touche, mais à ce qu’il suppose, à ce qu’il imagine, à ce qu’il déduit de ce qu’il connaît déjà ou de ce qu’il découvre. (…)
L’Accès aux idées générales
La vraie imagination
Ce n’est pas une image du monde qui leur faut, c’est le monde lui-même… c’est la vie au monde… c’est l’âme du monde… Mais le monde ne se couche pas sur le papier, ne se laisse pas emprisonner entre quatre murs.
L’Enfant et la Vie n°150 Avril-Mai-Juin 2007
J’aime cette idée de donner notre confiance aux enfants en les laissant créer leur imagination, en nourrissant simplement leur idée du monde.
Dis maman, c’est quoi le travail du pompier ? Dis maman, à quoi ça sert ce truc ? Dis maman, comment on fabrique le poisson pané ? Dis maman, d’où ils viennent mes vêtements ?
Nous sommes là pour donner l’impulsion de départ. Générer l’idée, l’envie, le projet de l’enfant. Une fois qu’il aura rencontré quelque chose qui l’intéresse, un détail, il va tout chercher sur le sujet, afin de catégoriser, classer, se repérer (oui oui, comme le tout-petit !!!!, sauf que cette fois, à partir d’un détail, il sera capable d’imaginer le tout)
Si on a vu une rivière, on peut en imaginer d’autres, plus grandes ou plus petites, plus lentes ou plus torrentueuses. Ces rivières font partie d’un tout : elles sont alimentées par des affluents, et ceux-ci par des ruisseaux, le tout par la pluie et les infiltrations ; elles vont à la mer, dont la surface s’évapore…etc. Dans les ruisseaux, les fleuves et la mer, c’est toute une vie de roches, de plantes et d’animaux qu’on peut apprendre à connaître. Mais le point de départ de toute cette société ne se trouve pas sur du papier ou dans un livre. Le point de départ, c’est avoir eu la chance d’avoir vu une rivière, un ruisseau, un estuaire ou la mer, d’avoir rencontré ou questionné un éclusier, un pêcheur, un océanologue ou un marinier par exemple. Si on a pu le faire, le livre prend tout son intérêt et sa valeur.
L’Enfant et la Vie n°150 Avril-Mai-Juin 2007
Il y a eu un temps ou j’étais devenue complètement addict à l’ordinateur. Je ne savais plus en lever mon nez. Un jour j’ai lu qu’on ne pouvait expliquer à nos enfants la caresse du vent ou le chatouillement d’une coccinelle sur sa main. Ça m’a complètement fait revenir à la vie réelle. Nous avons besoin de vivre dans le monde réel. Nos enfants encore plus. Puissions-nous avec nos enfants « revivre » de manière naturelle !!!
Nous avons beaucoup à apprendre des enfants !!!
L’enfant a besoin de la vie réelle pour sa croissance, apprenons à nous soucier de cette réalité et à le guider vers les vraies choses =)

Anna des mouettes

3 pensées sur «Vers l’abstraction»

  1. Merci de ta contribution!!! J’ai personnellement pris conscience de l’importance de l’imagination dans le développement de l’enfant et de l’humanité en lisant A.Gopnik… J’ai hâte de lire ton article et je file chez toi!!

  2. Pingback : De l’art d’enseigner… la vie {mini-débrief} « Les Vendredis Intellos

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