Etre parents : entre le culturel et l’affectif {mini-débriefing}

Dans une société où la maternité est de plus en plus standardisée. Quand on voit le nombre de “carnets d’entretien pour gnomes” qui déboulent à chaque rentrée dans les librairies. Entre les check-list- de naissance et les débats stériles qui vont de la tétine au nichon, il serait peut être temps de revenir à l’affectif ?

Avoir un enfant est dans notre société une étape importante de notre vie. L’arrivée d’un enfant, est bien souvent pensée, pour ne pas dire programmée. C’est la construction de la famille au sens social, la légitimité du couple au sein de la société, qui passe même avant le mariage aujourd’hui. Avoir un enfant est devenu une étape primordiale. Mais alors que la société met l’accent sur l’importance de l’enfant dans la construction familiale, doit on considérer un “droit à l’enfant” ? Une loi selon laquelle chacun peut prétendre à la maternité ? Doit on ici aussi sortir de l’affectif, de ce besoin physiologique que ressent la femme ou l’homme à une période de son existence ? Doit on vraiment faire d’un désir une formalité ? Si l’on veut mettre un droit sur la maternité, faudrait-il alors que ce désir relève davantage de la réflexion que de l’instinct. Parce qu’au droit à la maternité, se heurte la capacité à procréer.

Cette question sort du débat lancé par Warnock, et qui vise particulièrement la procréation médicalement assistée. Selon la philosophe, ce droit à l’enfant n’existerait pas.  (Un Guest serait d’ailleurs bien venu sur le sujet … Mme Déjantée, si tu m’entends !! ) Que serait-il vraiment ? Une liberté a chacun de disposer de son corps (accès à la pma ouvert à tous) ? Un devoir de garanti de l’Etat ? Cette question de droit est assez délicate, surtout si l’on considère le “droit à l’enfant” comme un “droit naturel” …

La société est donc plus que jamais imbriquée dans la maternité. Elle est en constante interaction avec nous, dans nos questionnements avant, et pendant la grossesse. Elle nous bride dans nos choix de puériculture, de prénoms … Rose pour les filles, Chambre séparée, allaitement au sein ou biberon ? … Une influence constante sur notre instinct.

Parce qu’il n’est écrit nul part que l’on berce un enfant sur sa poitrine, c’est pourtant le geste le plus naturel du monde. C’est le 1er geste que l’on fait pour calmer notre enfant, sans se poser de question …  On se pose la  question de l’allaitement ou non, alors que partout dans le monde, cette question n’a pas lieu. On pèse le pour et le contre de quelque chose de simplement naturel. Naturel ailleurs … là où la mère est nourricière, où le rôle de la femme est de devenir mère. La-bas où l’allaitement est une tradition, ancré dans des croyances et un mode de vie qui perdurent depuis des siècles. A une époque ou le retour au naturel fait bon vivre, il est facile de prendre ces peuples pour exemple du “bon”, parce que naturel, instinctif. Mais il ne faut pas perdre de vue que bien souvent l’allaitement est chez certains peuples une question de survie mais aussi culturel. Alors oui, faisons propagande de l’allaitement pour ses bienfaits nutritifs et affectifs, mais indépendamment du modèle sociétal.

Parallèlement à l’allaitement, lorsque l’on défini le cododo comme une pratique, l’on oublie trop souvent sa dimension culturelle. Encore une fois, nous ne pouvons pas calquer un modèle culturel sur notre société. Afin de comprendre les bénéfices du cododo dans NOTRE société, il faut le sortir de son contexte lorsque l’on regarde chez nos voisins. Ainsi, en Asie, le cododo est une question de confort dû aux habitations trop petites, et en Afrique, de croyances. De cette façon, le cododo commence à s’occidentaliser : berceaux de co-sleeping par exemple. Le cododo peut avoir des réels bénéfices, mais il nécessite un respect de certaines règles. Même s’il est certain qu’il n’est pas toujours facile de se laisser aller à l’instinct avec le poids de la société, toujours plus lourd … (campagne anti-cododo)

Une des pratiques qui reflète parfaitement la standardisation de la maternité est sans nul doute le sacro-saint“doudou”. Finalement, il vient d’où ce bout de tissus que l’on “doit” avoir dans le berceau dès la naissance de l’enfant ? Ce fameux “doudou” que la nounou nous réclame à grands cris. Et si l’enfant n’a pas de “doudou”, c’est grave ? Et s’il se suffisait à lui même, sans cet objet transitionnel, incontournable des pédopsy à la mode !??!! Alors oui, le “doudou” est parfois sauveur et permet à l’enfant de se rassurer. D’autres fois il sera notre pire cauchemar car oublié dans un coin, et l’enfant ne saura pas s’endormir seul … Je laisse le débat ouvert. Pour ma part, il n’y a pas de “doudou” ici, et c’est pas faute d’avoir essayé …

Alors naturel ? culturel ? notre affectif est de plus en plus soumis à des questionnements sans fin.

La peur de mal faire. D’être un mauvais parent. Peut être faudrait-il être soi même, ou écouter nos enfants, après tout, paraît-il qu’il n’en sort que la vérité …

Mum addict

Une réflexion sur “Etre parents : entre le culturel et l’affectif {mini-débriefing}

  1. Merci beaucoup et bravo, sincèrement, pour ce très beau débriefing sur ce que je considère être un sujet complexe!!!!
    Donc oui, évidemment, j’attends DEUX guests sur les sujets que tu as évoqué… Celui sur le cododo pour lequel j’ai vraiment hâte (mais je sais la personne débordée)… et un sur le droit à l’enfant pour qui j’ai demandé à Pom, notre Guest philosophe du début d’année de commencer à nous éclairer sur la question du « droit à l’enfant » (parce que j’ai dans l’idée qu’on ne va pas régler ça en une fois!!!)
    Que de chouettes perspectives n’est-ce pas??

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