Voilà le titre d’un article paru dans le « Vif L’express » du 10 février 2012.

 » C’est tantôt l’aîné, tantôt le bébé. Ou le moins sage, le plus beau, le plus zigoto… beaucoup de parents élisent un préféré parmi leurs enfants. Tout en le niant farouchement, bien sûr (ce dont ils ont bien raison) ».

Mais oui bien sûr, admettons-le on a un « préféré » dans la fratrie, ce n’est pas pour autant qu’on aime moins les autres! Il y a bien un enfant avec lequel on a plus d’affinités et un autre qui peut nous énerver au plus haut point car soit il nous renvoie une image qu’on n’aime pas, soit il nous fait penser furieusement à l’autre parent, avec ses mauvais côtés. J’ai montré cet article à Chéri qui a fait un bond « ah mais non je n’ai pas de préféré!! », il a précisé que c’était par moments… Il y a des jours où l’on se focalise plus sur l’un ou sur l’autre, des jours où l’on fait clairement sentir qu’on est passablement énervés par certains comportements, des jours, où inévitablement, inconsciemment (ou pas!), on ne peut s’empêcher de comparer…

NuméroUn, mon aîné, celui avec lequel j’ai appris mon rôle de maman, celui qui ressemble comme deux gouttes d’eau à son père et que bien souvent d’ailleurs, j’appelle par le prénom de mon mari… Mon grand, mon crapaud… Mais aussi celui qui se permet de prendre ma place en faisait des réflexions à ses frères: « termine ton assiette »  » dis t’irais pas dormir toi, je crois que tu es fatigué », …

NuméroDeux: celui sur lequel je me projette le plus, celui qui a la place la plus inconfortable dans la fratrie, celle que j’ai occupée aussi… Celui qui demande le plus d’attention, parfois trop… alors je m’énerve…

NuméroTrois, mon petit dernier, celui qui me ressemble le plus physiquement, c’en est parfois très interpellant… Celui qui passe le plus de temps avec moi, des nuits entières à dormir sur mon ventre… Celui qui peut pousser des cris terribles qui me donnent envie de partir loin, très loin…

 

Alors oui, j’ai des préférences, mais elles ne sont pas constantes, elles varient d’un jour à l’autre, voire d’une heure à l’autre… J’en suis consciente et j’essaye d’être le plus « impartiale » possible, mais ne nous leurrons pas, ce n’est pas toujours possible… 

 

Quelques extraits de l’article:

 » Les parents ne doivent pas lutter contre l’idée qu’ils ont des préférences, mais juste veiller à ce qu’elles ne se transforment pas en injustice – Imaginer qu’on donne à tous pareil est un leurre. Il est radicalement impossible d’aimer deux personnes de la même façon: chaque enfant a une place différente après de chacun de ses parents – Que ces derniers tiennent à camoufler l’évidence est en outre tout à fait compréhensible. Voilà un constat difficile à avouer, que mine un terrible sentiment de culpabilité, … – Quasiment dès leur naissance, frère et sœur entrent en lice pour décrocher l’essentiel de cette précieuse ressource qu’est l’attention parentale. C’est une lutte sans merci pour se forger une identité qui captivera les regards adorés… – … pour développer de tels talents, les derniers-nés ne sont sûrement pas en reste, puisqu’ils affichent une formidable capacité à charmer et à désarmer, sorte de « kit de survie » dans une salle de jeu où ils s’avèrent (un temps, du moins) les plus jeunes, … – Les premiers et les derniers-nés jouissent clairement d’un a priori positif. Les plus beaux aussi, même si l’aveu est encore plus tabou. Mais le favoritisme ne connaît pas de règle stricte, … – …ce que les parents valorisent le plus chez leurs enfants de l’autre sexe soit justement des traits de caractère paradoxalement associés à leur propre genre, …- … les interactions varient au cours du temps, et en fonction du développement de l’enfant. Il y a des tournants. On peut basculer du statut de petit chéri à celui de monstre persécuteur… – … parfois aussi , ce sont les activités familiales qui (r)établissent un genre d’équilibre… – … quand l’injustice, dans le chef d’un parent, est trop criante au détriment de certains, il serait d’ailleurs bon que l’autre conjoint tire gentiment le signal d’alarme… – … des études avancent que le préféré retirerait également de sa position une forme d’arrogance pas forcément profitable dans le vie de tous les jours. Immunisé dans sa prime jeunesse, le chéri a parfois du mal à accepter, dans une société d’adultes où ses charmes spéciaux ont soudain disparu, qu’il n’est qu’un parmi d’autres… « 

Source: Le Vif l’Express n° 3162 du 10 au 16 février 2012, article écrit par Valérie Colin.

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