Le cododo, bizarre vous avez dit bizarre ?

Je fais partie de ces mamans qui refusaient totalement l’idée du cododo. Et pourtant, pourtant … c’est quand j’ai cédé à la tentation de m’endormir avec ma fille que j’ai rattrapé un minimum de ma fatigue. Je ne veux pas revenir sur la controverse posée par le cododo en terme de sécurité. D’autres blogueuses sont déjà revenues sur les conditions à réunir pour effectuer un cododo sur et serein. Non, je voudrais surtout parler de cette pratique comme étant culturellement inconfortable pour beaucoup de personnes.

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En effet, quand je dis qu’il m’arrive de m’endormir avec ma fille, on me regarde souvent avec de grands yeux. Je pensais être une extra-terrestre jusqu’au jour où j’ai rencontré une jeune maman qui a annoncé en plein repas devant une tablée fort nombreuse, et sans la moindre gène, qu’elle dormait dans un lit familial avec son mari et ses deux petites filles en bas âge.

Cela m’a fait réfléchir, finalement il y a peut-être autant de pratiques que de familles ! Dans Elever son enfant … autrement,  Catherine Dumonteil-Kremer nous rappelle que le cododo a été culturellement admis, dans les sociétés occidentales, jusqu’au XIXe siècle. Et surtout, qu’il est pratiqué dans de nombreuses cultures.

« Une étude de 186 sociétés traditionnelles a montré que 46% d’entre elles pratiquent le lit familial, et 21% le sommeil partagé. »

« Tous ces éléments tendent à prouver que notre manière de dormir est culturelle. »

Deux témoignages de maman qui ont décidé de partager leur sommeil avec leurs enfants, viennent apporter un éclairage sur ces pratiques. L’une d’elle, alors qu’elle refusait catégoriquement de dormir avec ses enfants, a finalement adopté, le lit familial. Un vrai projet parental, d’après l’auteur du livre. « Nous dormons maintenant à 5 sur un grand matelas. Pour notre part, notre sommeil est de bien meilleure qualité. » Elle parle des aménagements de l’espace qui lui permettent de gagner en m2, du regard étonné des visiteurs qui se posent parfois des questions sur la vie sexuelle du couple. Elle répond souvent, avec amusement, que le petit dernier ne s’est pas fait tout seul.

En effet, il y a tout cela aussi dans le cododo, ou dans les interrogations qui accompagnent cette pratique. Quelle vie sexuelle peut-on avoir dans ces conditions ? Sans rentrer dans les détails, il me semble que le simple fait d’avoir un bébé bouleverse les schémas organisationnels en terme de vie de couple, le fait de partager la chambre, ou le lit avec bébé, n’est (à mon sens) qu’un simple autre paramètre à prendre en compte mais qui n’empêche que bien peu de choses si tant est que l’envie et la créativité soient au rendez-vous.

Quant au bienfait sur le sommeil des enfants, je veux bien croire cette maman qui dit que tout le monde dort mieux ainsi, c’est ce que j’entends le plus souvent lorsqu’on me parle de lit familial.

Toutefois, je ne me vois pas non plus adopter cette pratique que je trouve bien difficile à assumer dans nos sociétés et qui pour le moment, ne nous séduit pas avec barbe de 4 jours. Concernant le cododo de façon plus générale, l’auteur nous dresse une liste des possibilités : berceau cododo attaché au lit des parents, partage de la même chambre mais chacun dans son lit, lit familial, matelas par terre dans la chambre de bébé. A vous de trouver celle qui vous satisfait le plus.

Quel que soit le choix effectué, je trouve intéressant de garder en tête qu’il faut faire celui qui convient à sa famille en particulier et de ne pas émettre de jugements hâtifs concernant un sujet au combien imprégné par des préceptes purement culturels. Qui sommes-nous pour assurer qu’un enfant va mal tourner s’il dort avec ses parents pendant quelques années ?

Home sweet mome

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17 réflexions sur “Le cododo, bizarre vous avez dit bizarre ?

  1. Je suis d’accord avec ta conclusion. Nous avons pratiqué le cododo pendant les 3ers mois de la laloutte et régulièrement (maladie, réveils nocturnes, insomnies) nous re-faisons du cododo. Je n’y avais pas réfléchi avant ou pendant la grossesse, c’est venu naturellement par commodité durant l’allaitement et à cause de la fatigue. Mon entourage ne m’a pas comprise et invoqué souvent les dangers. Je pense que le cododo fait partie d’une certaine manière de l’éducation au sens large que l’on souhaite donner à nos enfants et ce choix appartient donc aux parents et uniquement à eux. Il ne faut pas les juger car à chaque famille son éducation et ses principes, et fort heureusement car cela crée de la diversité et de ce fait de la richesse

  2. D’accord pour dire que le cododo n’est pas que négatif et dangereux. Nous l’avons pratiqué pour des raisons de manque de sommeil, et il faut bien l’avouer … ça marche.

    Je suis malgré tout pour une sensibilisation quant au risque qu’il représente. La campagne diffusée aux états unis est certainement très marquante mais elle a le mérite d’exister.

    Enfin pour savoir ce que j’en pense c’est là > http://www.pere-de-famille.fr/cododo-attention-danger

    • Beaucoup d’informations sur l’évaluation des risques du cododo sont lacunaires et imprécises… Les informations les plus véhiculées et relayées dans la presse généraliste sont rarement les plus fiables car seule une étude minutieuse de la bibliographie sur le sujet peut aboutir à des recommandations pertinentes…
      Je suis très heureuse de vous annoncer (maintenant c’est sûr!!) que les VI accueilleront bientôt une contribution invitée d’un médecin ayant soutenu très récemment une thèse brillante sur le sujet…

  3. Je n’arrive pas à bien dormir avec un bébé dans mon lit, mais je ne dormais pas bien avec bébé hors de ma chambre, la solution était simple: matelas de bébé puis bibou à proximité de lit de maman et ça a permis a tous le monde de bien dormir et ça pour moi aussi c’était vital surtout quand on a repris le travail et pas le loisir de faire des siestes.
    Passé 1 an or cas de cauchemar, maladie ou angoisse exceptionnelles le cododo était fini ici et Papa-maman pas fachés de retrouver un havre un peu plus « privé » mais chacun adapte à ses enfants et ses besoins
    D’autres réponses ici pour du cododo plus ou moins extrême:
    http://change-le-monde.com/archives/486

  4. En trois enfants, je suis passée de complètement horrifiée par l’idée du cododo à beaucoup plus compréhensive. J’ai l’impression que la pratique augmente, mais pas toujours dans les bonnes conditions.
    Pour mon expérience personnelle, je ne peux déjà pas dormir avec mon bébé dans la même chambre, alors dans mon lit… C’est arrivé que je m’endorme en allaitant mon bébé. Je dirais même que parfois, j’ai trouvé ça agréable, mais en tant qu’évènement exceptionnel.

    J’avais fait un VI sur un extrait du livre d’Elizabeth Pantley « Sommeil paisible et sans pleurs ». Elle parle beaucoup du cododo qu’elle a elle-même beaucoup pratiqué. Cependant, en plus de recommandations sur la sécurité, elle met l’accent sur un constat qui a été fait au cours de plusieurs études et qui peut poser quelques soucis sur la nuit des bébés en cododo : les bébés qui dorment dans le lit parental ont un sommeil beaucoup plus entrecoupé et mangent beaucoup plus la nuit que les enfants qui dorment dans leur propre lit.

  5. Je crois que les façons de dormir sont très culturelles.

    Je suis un pue surprise de voir ces débats enflammés sur le thème « il faut », « il ne faut pas » (comme pour l’allaitement).

    A chaque famille de faire comme ça lui convient , non ?
    ça regarde qui d’autre que les protagonistes ???!!

    • Je suis assez d’accord avec toi…d’ailleurs la plupart des non parents à qui je parle de cette question sont très dubitatifs quant aux controverses qu’elle suscite…
      Je crois que, comme l’allaitement, elle est très fortement liée aux représentations sur la mère/le père/le parent parfait… les incertitudes et incohérences dont font preuve les représentants du corps médical renforçant le trouble…

  6. Quand je suis rentrée de la maternité, c’est mon compagnon qui avait transporter le lit de notre fils dans notre chambre. Mais j’ai mis du temps à m’endormir avec mon fils au sein dans notre lit, puis de le remettre dans le sien une fois la tétée terminée. Il a intégré sans heurts sa chambre quand il n’a plus tété la nuit. Maintenant à 2 ans et demi, le week-end, quand il se réveille de bonne heure, il partage notre lit, pour une grass’mat’ en commun! On a trouvé notre façon à nous de partager notre sommeil.

  7. Merci beaucoup pour cette contribution qui a le mérite de décentrer la question du cododo de son habituel ancrage autour de la question des risques…
    Un peu comme les autres avant moi, je pense qu’il s’agit avant tout d’une pratique difficilement évaluable dans l’absolu… D’autant qu’il ne s’agit pas non plus d’une pratique absolue: on peut y avoir recours un soir ou lors d’une sieste ou d’une maladie et pas le lendemain… Bref, bien malin celui qui pourra évaluer l’impact psychologique global de cette pratique!!

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