Tape, tape, petite main…

Ma Zouzou tape. Voilà.
Nous sommes des parents battus (je rigole, mais c’est quand même pas sympa de se prendre des baffes par son enfant…).
Cela fait des semaines que l’on lui explique que : »Non, on ne tape pas, papa et maman n’aiment pas ça. On peut faire des bisous, des caresses mais pas taper. Tu nous as fait mal : tu dis pardon s’il te plaît pour t’excuser ? ». Plusieurs semaines… qu’elle nous rit au nez.
Et qu’elle recommence.

Et qu’on lui re-re-re-re-re-explique que non.
Surtout que ça se passe au moment du coucher, pas quand on joue avec elle et qu’elle est sous le coup de l’énervement ou d’une colère – où là je comprendrais davantage, puisqu’à cet âge l’enfant peut être emprunt à de fortes émotions et peut avoir du mal à l’accepter. Non, au moment du coucher, où on va se faire des câlins, le moment par excellence de bisouillage.
Surtout que nous, on ne la tape pas. Il m’est arrivé une seule fois – une fois de trop – de lui taper sur la main, fatiguée et bouleversée émotionnellement (même si ce n’est pas une raison pour le faire…).
Je suis contre le fait de taper mon enfant. Cela ne sert à rien à part nous défouler (et dans ce cas-là, c’est meilleur de se rabattre sur une heure de jogging, qu’on soit d’accord).

Mais quand les mots ne suffisent pas à expliquer, à faire comprendre à l’enfant, que doit-on faire ?
On se trouve vraiment démuni et il est alors facile de passer à l’acte.
Et parfois de lui crier dessus pour la faire réagir. (Ce qui n’est pas la solution non plus : je me sens mal quand je crie… et à part finir par lui faire peur… Qui comprend une personne qui lui crie dessus ? Qui aurait envie de l’entendre et de l’écouter ? Perso, adulte, ça ne marche pas, alors sur les enfants…)

Sauf que là, on se sent dans l’impasse totale.
On répète et rien n’y fait.
On est scotché. Elle ne réagit pas et continue de rigoler…

J’ai même fait le point avec les nanas de la crèche : ce qui est sûr, c’est que ma Zouzou ne tape personne. Elle joue encore beaucoup toute seule d’ailleurs. Mais se fait bousculer et taper parfois…

Donc quoi, en gros, elle nous tape pour son plaisir ?

Bien sûr que non. En fait, taper ou mordre constitue presque un passage obligé chez les enfants. Enfin, d’après ce que j’ai trouvé.

**Mais pourquoi exactement un enfant tape-t-il alors ?**

Sur le site des pédiatres de la clinique Sainte-Anne, ils évoquent surtout les enfants de 9 mois qui tapent et des 14-18 mois, ce qui correspond essentiellement à des phases d’opposition (euh, en même temps, je ne me rappelle pas que les 9 mois constituent une phase d’opposition… plutôt une angoisse de la séparation… Pour moi 9 mois c’est l’âge d’or des petits bébés, jusqu’à 18 mois, mais après tout, c’est sûrement parce que je ne l’ai pas vécu comme une phase d’opposition). Selon le pédiatre strasbourgeois qui a rédigé l’article, les bébés expérimenteraient la réaction de leur parent. « Il mord et tape, non pour jouer, ni « pour de faux », il tente une expérience de provocation tout à fait naturelle dans la vie d’un humain : Si je tape qu’est-ce qui se passe ? »

Le site québécois Naître et grandir évoque la frustration comme origine de ces débordements. Dans ce texte écrit par une professionnelle de l’enfance, nos enfants nous testeraient donc pour voir notre réaction. « Vos petits rebelles testent vos limites et s’imaginent que, s’ils ripostent, vous céderez à leurs caprices. Il faut donc réagir rapidement, tant pour les encourager lorsqu’ils expriment verbalement leur frustration, que lorsqu’il s’agit de les réprimander. «  Alors là, déjà, il y a des mots qui ne me plaisent pas comme « caprice » ou « s’imaginent »… Encore des intentions prêtées à un enfant… alors que je pense qu’il s’agit là d’un comportement instinctif – il fait instinctivement, sans réfléchir pour que nous mettons des limites, comme débordés par leurs émotions dans un monde qui change, sur lequel ils ont de plus en plus de prise (et non d’emprise) – plus qu’un comportement conscient et volontaire. A cet âge, cela ne me semble pas possible d’un point de vue du développement psychique. Passons.

**Pourquoi il faut réagir à ce genre de comportement ?**

Le pédiatre strasbourgeois met l’accent sur la nécessité de réagir. « Il est particulièrement troublant pour votre bébé de mordre ses parents ou sa petite sœur et de ne recevoir aucune réponse.
Ce vide de réponse, cette absence de réaction ou bien encore cette petite phrase timide « tu ne devrais pas faire ça, ça fait mal à Maman tu sais… » créent une surprise puis une angoisse profonde chez votre bébé: « Quand je mords, je devrais avoir une réaction: je n’en ai pas, je mords plus fort ! » Le bébé provoque, attends la réaction en retour, ne la voit pas venir, et retourne taper plus fort. Ceci est vrai aussi avec les enfants plus grands. » Réagir, pour exprimer que non, on ne tape pas, que cela ne se fait pas. « Mordre et taper c’est poser une question grave et légitime: puis-je taper ? Puis-je cogner et dominer ? Acceptes-tu ma loi ? La loi de la jungle, la loi du plus fort ? Il faut entendre cette question et non pas l’escamoter sous des excuses d’évitement : il est si petit, il ne sait pas ce qu’il fait…etc. S’il tape ses parents il tapera les autres. » Je suis assez de cet avis : les parents sont là pour mettre des limites et apprendre à l’enfant ce que l’on peut faire et ne pas faire en société, mais aussi tout simplement transmettre le respect de l’autre. Considérer l’autre pour ne pas outrepasser les limites. Faire avec l’autre, et ses goûts. Et cela m’arrive en  tant que maman de dire à ma Zouzou : « Je n’aime pas qu’on me tape et je n’ai pas envie d’être tapée. Je m’occuperais à nouveau de toi quand tu ne me taperas plus avec tes pieds. »Même si je doute de la portée de la chose (qui ne tente rien…).

Le site Naître et grandir quant à lui, rejoins un peu cette idée de la nécessité de poser les limites et apprendre le respect de l’autre : « L’apprentissage du respect des autres doit commencer au sein de la famille. C’est en respectant d’abord leurs parents que vos enfants apprendront à reconnaître les droits des autres, même si cela les oblige parfois à faire passer en second leurs propres désirs.  » « C’est en leur imposant des limites que vous les sécuriserez. La famille est le premier champ de pratique des habiletés sociales essentielles aux relations futures de vos enfants. C’est aussi grâce à votre encadrement parental que vos enfants apprendront peu à peu à devenir plus autonomes »

**Comment réagir ?**

Les deux partis sont d’accord : il ne faut pas tomber dans l’écueil de taper en retour. Sinon, comment en retour lui inculquer que l’on ne tape pas ?

Le pédiatre de Saint-Anne évoque d’ailleurs la difficulté qu’ont certains parents à réagir : « Ne pas prendre à la légère même une ébauche de geste agressif. Autrement dit ne pas accepter du tout que son propre enfant tape sa mère ni son père. Curieusement ce point pose un problème à bien des parents qui subissent et supportent trop longtemps, pensant bien faire. Mais qui donc mérite le moins d’être cogné par un enfant que ses parents ? Ils acceptent des coups pour ne pas le froisser, voilà où est l’erreur. Cette étrange acceptation des coups venus de son propre enfant est au cœur du problème.
Comment en arriver à cette incroyable passivité ? Bien des parents se reconnaîtront dans cette difficulté à affirmer leur désaccord avec leur bébé ou leur enfant plus grand : par crainte qu’il ne les aime plus ? Non. Par crainte de reproduire un mode éducatif dur subi jadis dans l’enfance, peut-être. Par manque de modèle parental dans certains cas, sans doute. D’autres raisons profondes sous-tendent cette impossibilité de s’opposer à son propre bébé, et le psy aidera au besoin à dénouer l’écheveau. Pourquoi hésiter à dire non à son enfant ? Telle est la question. » Il préconise de ne pas simplement dire non – même si, soit dit en passant, c’est déjà un début. « Dire le mot NON ne suffit pas, il faut le dire avec CONVICTION. Avec la mimique qui va avec, les gros yeux, le visage mécontent, et sans montrer de faille, ni de désir de ne pas se fâcher.
Dans le bain affectif chaleureux de votre famille, vous êtes en droit de vous fâcher (momentanément) avec votre enfant et de vous séparer de lui en le mettant dans sa chambre derrière une porte fermée. Se fâcher c’est se séparer de l’enfant momentanément. Se fâcher ainsi c’est montrer à votre enfant que vous êtes convaincu de votre idée ( je ne veux pas que tu tapes), que vous avez confiance dans le lien affectif qui vous relie à lui, et que vous savez qu’il y aura évidemment réconciliation par la suite. Cette attitude qu’on appelle « faire la rupture », est très bien comprise de lui si elle est motivée par une raison claire (ne pas taper ni mordre), et cohérente (refaite si l’enfant recommence). Elle est très bien reçue et se montre très efficace, contrairement à l’absence de réponse laissant l’enfant dans un vide angoissant et le conduisant vers la surenchère. »
Alors le coup de « je te mets dans la chambre », pièce destinée à la détente, au jeu et au sommeil, je n’aime pas trop. Parce que d’un, je ne veux pas que mon enfant voit sa chambre comme un lieu de « punition », et de deux, parce que c’est juste pas logique « je te punis dans l’endroit tip top pour jouer », mais cela n’engage que moi hein. Ce que j’ai essayé : l’asseoir, me mettre à l’écart (hors d’atteinte de sa petite main), de la regarder droit dans les yeux en montrant mon mécontentement et en lui expliquant. Et en essayant de l’interroger. « Est-ce que c’est agréable de se faire taper », « est-ce qu’on peut taper ? », « est-ce que tu aimes quand quelqu’un te tape ? » et je dois dire que ce soir, cela a plutôt pas mal marché. Et je lui donne la chance de « réparer » ce débordement en me disant pardon et je lui fais bien évidemment un gros gros bisous. Je lui dis aussi parfois que je sais que ce n’est pas facile toujours d’avoir toutes ces émotions en soi.

Quant à Naître et grandir, voici ce qu’ils proposent :

  • Exprimer fermement et calmement votre désaccord.
  • Imposer un temps d’arrêt. Ces courts instants vous permettent de vous calmer et d’être, par la suite, disponible pour revenir sur ce qui s’est passé.
  • Reconnaître ce que votre enfant a ressenti et lui dire ce que vous avez ressenti. Proposer un autre modèle d’expression : « Je pense que tu étais fâché parce que…, mais je n’accepte pas que tu me frappes. Tu peux me dire ce que tu veux… »
  • Féliciter votre enfant lorsqu’il réussit à maîtriser ses émotions et à exprimer verbalement sa colère ou ses besoins.

Ce avec quoi je suis assez d’accord.

Au moment du bain, ce soir, elle m’a tapé, prétendant me mettre de l’eau. Je lui ai dis que non, elle m’avait tapé, et que je n’aimais pas ça. Je lui ai demandé si on tapait, elle m’a dit non d’un air boudeur. Puis je lui ai demandé si c’est agréable d’être tapé, elle m’a dit non.  Je crois (je crois, mais je n’y mettrais pas ma main à couper) qu’elle a compris. Bizarrement le repas s’est super bien passé, elle a mangé dans le calme, a posé son verre (sans le jeter par terre… du progrès !). Et au moment du coucher, après une course effrénée dans la chambre pour rigoler, on s’est câlinée et elle s’est endormie, sans taper.
Je crois qu’elle avait besoin de limites… Et à chaque fois qu’on lui en met (au bon endroit bien sûr, et de manière raisonnable) je la sens comme apaisée… et nous, étonnés !

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10 réflexions sur “Tape, tape, petite main…

  1. Ton billet m’a grandement intéressé car Chichi, bientôt 11 mois me tape et me tire les cheveux en ce moment et volontairement.
    Un peu comme il jette tout par terre pour voir la réaction que cela va provoquer, il me tire les cheveux et attend ma réaction.
    Je ne le laisse pas faire, je le regarde droit dans les yeux en lui disant que ce n’est pas bien de faire ça, en fronçant les sourcils et lui est mort de rire. Il tente même de recommencer.
    Aujourd’hui pour lui montrer que ça ne me plaisait pas, je l’ai posé dans son parc en lui expliquant pourquoi je n’étais pas contente.
    Je ne me souviens pas que TiBiscuit et Chupa aient fait ça.

  2. Titpoulette a fait ça aussi un moment, je lui ai expliqué que je ne trouvais pas ça agréable, donc je n’avais pas de plaisir à être avec elle si elle faisait ça, et que donc pour me protéger je m’éloigne physiquement d’elle. Je ne sais pas si c’était la « bonne » solution mais elle a rapidement compris que si elle voulait être avec moi, il fallait qu’elle respecte de ne pas frapper.
    Par contre à l’entrée à l’école à 3 ans, elle n’a jamais frappé, sans doute qu’elle avait compris l’interet du respect dans les relations sociales, mais n’a jamais pu se défendre lorsqu’elle a été « embêtée » à plusieurs reprises dans la cour de récré (quand je dis embêtée, c’est quand même « frappée » et mordue, et tous les jours sans que les maîtres le voient…)
    Et comme l’instit était très trèèèès autoritaire en classe, elle se sentait rabaissée je pense, ce qui peut aussi expliquer les réactions excessives en récré (violence et laisser-faire). Et en la récupérant de l’école, elle était trèèèèès autoritaire avec moi.
    Je pense que les enfants communiquent avec les « outils » de communication qu’ils voient. S’ils voient aussi des tapes, ou de l’autorité excessive, ils les tentent aussi, pas forcément par manipulation ni méchanceté. Après tout un être humain se construit de toutes ses expériences familiales et extérieures.
    (Je vous rassure, j’ai retiré ma fille de l’école !!! :-)

  3. Merci beaucoup de ta contribution!!! C’est une vraie petite synthèse que nous proposes là!!!
    Bon alors bien sûr, moi aussi j’ai été souvent confronté au problème que tu exposes.. notamment avec PMH qui avait les dents lestes dirons nous!!!
    Globalement, j’ai tenté le « NON » ferme… sans trop de résultats à vrai dire… Sur le coup, il comprenait et était tout penaud mais le coup d’après, la tentation était trop forte et il recommençait…
    On a ensuite tenté l’incitation à la verbalisation… Quand il tapait ou mordait je lui disais: on ne tape pas, dis le avec des mots!!! Et je l’aidais à le faire, du genre: « je suis vraiment en colère contre toi parce que …. » ou « je suis très très contrarié parce que… ». Les résultats ont été meilleurs dans la mesure où l’apaisement était plus visible…Mais la verbalisation n’était pas évidente et je suis encore souvent obligée de l’assurer moi-même… Ceci étant, il lui arrive de la prendre en charge ce qui me semble encourageant!!
    Enfin, j’ai aussi testé l’originale technique de Catherine Dumonteil Kremer (citée dans Jouons ensemble autrement) je cite:
     » Le concept du pistolet d’amour a été utilisé par ce père dans d’autres circonstances, par exemple lorsque ses enfants lui donnaient des coups de pieds, crachaient ou bien mordaient « tu m’as donné un coup d’amour, maintenant il faut que je t’embrasse. » C’est assez déconcertant et n’est pas utilisable tout le temps (car il est nécessaire de réaffirmer l’interdiction de taper régulièrement!) mais en même temps l’effet est surprenant!!! C’est une manière de répondre à la demande implicite du coup qui est en fait de dire: « j’ai besoin de toi »…

  4. Je suis confronté à ces petites tapes avec mon Louis de 2 ans. Ce comportement intervient quand je ne lui donne pas assez d’attention (et il en demande beaucoup). C’est sa façon de me « choquer ». Je lui arrête le geste et lui demande de ne jamais taper personne. Puis je prends un moment avec lui et la plupart du temps il me demande ensuite un câlin. Mais le geste revient toujours; je vais essayer la méthode des bisous.
    J’ai remarqué que son frère de 4 ans agit de la même façon en me parlant sèchement (emploi de l’impératif, haussement de voix…). De la même façon je le reprends à chaque fois et me penche sur lui pour combler son besoin d’attention.
    Mais quelle est la recette miracle pour accorder du temps à chacun… autant que nécessaire et gérer tout le reste?

  5. Tous vos messages montrent à quel point cette question est presque un passage obligé pour tout parent et à quel point les enfants savent nous dire les choses. Même si le mobile n’est pas toujours clair. Cela ne veut pas dire qu’on est de mauvais parent (méthode Coué mon amour, j’y crois, j’y crois), juste que notre enfant nous montre le chemin. On apprend à être parent chaque jour, et chaque jour les besoins de notre enfant évoluent. Apprenons à faire des mises à jour !

  6. Très intéressant ! C’est bon de se rappeler que donner des limites est sécurisant pour l’enfant, et d’avoir quelques méthodes pour le faire.
    (Je te rejoins sur la chambre-punition. )

  7. Pingback: Règles et transgressions (mini-débriefing) « Les Vendredis Intellos

  8. Mon fils a eu lui aussi sa période « tape-tape », je retrouve dans ton texte et les commentaires beaucoup de choses que j’ai faites moi-même… En gros, être à l’écoute tout en affirmant clairement l’interdit. Je crois aussi, comme l’a dit mme Déjantée qu’il y a aussi des « coups d’amour » qui méritent d’être reconnus comme tels. Mon garçon a trois ans maintenant et ne me tape plus (pour son frère, c’est une autre histoire, mais bon). Ce qui me fait plaisir c’est de l’entendre affirmer avec beaucoup de conviction qu’il est interdit de pousser/taper au point même d’être choqué par le fait que je pratique un art martial (« maman, tu pousses, c’est pas bien de pousser »). Gardons le cap, on va y arriver !

  9. Pingback: Viens que je te croque… ou un enfant qui mord | Les Vendredis Intellos

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