Je suis tombée par hasard sur cet article de rue 89 : »Et si on enseignait l’égalité hommes-femmes dès la crèche ?

Évidemment, ça m’a intéressée. Et j’ai de suite pensé au VI (c’est fou comme on chope des automatismes à forces. ^^). Enseigner l’égalité hommes-femmes dès la crèche, ça semble prometteur. Mais pourquoi, comment, quelle égalité?

Car oui, il y a différentes visions de l’égalité hommes-femmes. Personnellement, je considère que les hommes et les femmes sont égaux du point de vue droit, liberté, expressions etc… Mais qu’il ne faut pas se leurrer, point de vue biologique, biochimique, anatomique, hormonal, on n’est évidemment pas fait pareil. De là à dire que certaines activités, métiers etc sont réservé(e)s à tel ou tel genre, par contre… (Oui, une femme aura beaucoup de mal à soulever un sac de ciment de X kg, bien sûr. Cela dit, je ne suis pas convaincu que le dos d’un homme soit franchement plus à même de le supporter, le sac…)

Par contre, je suis toujours choquée quand j’entends des « Nan mais tu vas pas jouer à ça, c’est pour les filles/les garçons » ou « Ah non! je ne veux pas que mon fils joue à la poupée, vous allez m’en faire une lopette » ou encore « c’est bien, il joue au camion, c’est un VRAI petit garçon. » (liste non exhaustive, malheureusement… les filles ne sont pas mieux loties, on s’en doutera…)
L’article commence par un constat :

Tout au long de leur scolarité, les filles obtiennent de meilleurs résultats que les garçons. Mais au cours des études supérieures, les garçons reprennent l’avantage et sont les premiers à trouver un emploi, avec un salaire plus élevé.

Bon, déjà, ça m’a un peu hérissé car, dit comme ça, ça sous-entend un peu « les filles sont plus intelligentes et pourtant, c’est les macs (oups) mecs qui finissent scientifiques avec des gros salaires… » On va me dire que je vois le mal partout, que c’est un constat, mais quand même, la formulation me gêne.
Ce qui ai vrai par contre, très nettement, c’est cela :

En cause, une orientation scolaire conditionnée par le genre, les stéréotypes et les attentes des parents : les femmes restent surreprésentées dans les filières littéraires (80%) et médico-sociales (95%), mais se font plus discrètes dans les grandes écoles.

C’est un constat. Quelles sont les origines de cet état de fait, je n’en ai aucune idée. Si ce n’est peut être, que dans l’inconscient collectif, les hommes se réalisent dans leur travail, les femmes dans leur maternité. C’est triste, mais combien de femmes déclarant ne pas vouloir d’enfant se prennent des réflexions. Et les pères au foyer sont souvent en butte à la surprise et l’incompréhension. Ces deux exemples montrent qu’on a tendance à mettre les gens dans des cases, selon leur genres. Et que sortir de ces cases n’est pas facile. (Combien d’hommes disent sans détour qu’il est HORS DE QUESTION que madame gagne plus qu’eux. Parce que quand même, c’est eux, les mecs de la famille! soupir*)

Alors prendre le problème à la racine, apprendre dès le début de la vie en groupe (autre que le groupe familial) que hommes et femmes sont égaux. Je pense que c’est une bonne chose.

Comment cela se passe en définitive. Et bien très simplement :

« Nous proposons des activités dites “neutres”, de la peinture, des puzzles… Et nous mettons tous les jeux dans la même pièce : poupées, motos, voitures, jeux de construction, caisse enregistreuse… Ensuite, nous encourageons garçons et filles à se les approprier indistinctement. Comme Marcus, 3 ans, qui fait faire un tour en moto aux poupées ou vend des briques à la marchande. »

Cela demande quand même une remise en question et un changement de mentalité des encadrants :

« On a procédé à une longue phase d’observation du personnel encadrant, qui avait tendance à appeler les mères quand les enfants étaient malades ou qui alternait systématiquement sécurisation des filles et rappel des règles pour les garçons. »

Et il y a le fait que la grande majorité des encadrants, en crèche et maternité sont en fait… des encadrantes :

Lorsque les femmes représentent 99% des auxiliaires de puériculture, il est difficile de démontrer que les hommes sont tout aussi capables de s’occuper d’un enfant, de le laver, de préparer son biberon, etc. Pourtant, montrer l’exemple est efficace. Pour preuve, Arnaud, 2 ans et demi, s’amuse beaucoup avec le fer à repasser en plastique : « Je fais comme Papa ! »

Il peut cependant y avoir des frictions avec des parents, qui différencie beaucoup les genres (qui ne supporte pas que fiston joue à la poupée, ou fifille au camion) :

« Certains pères refusent que leur garçon joue à la poupée ou se déguise en princesse. On leur répond que si l’enfant le désire, on ne l’en empêchera pas. D’où des rapports parfois virulents avec l’équipe encadrante. »

L’exemple a été montré par la Suède, où, pour que les acquis ne se perdent pas à l’entrée en primaire, organise des heures non-mixte :

Pour que ces acquis perdurent, la Suède a mis en place, dès l’école primaire, des temps « non mixtes » de quelques heures par semaine. Pendant les cours d’éducation physique, les filles jouent à des sports traditionnellement « réservés » aux garçons. A la cantine, où elles déjeunent entre elles une fois par semaine, les filles peuvent cesser d’être les auxiliaires de service.

Et ça par contre, j’aime moins. Pourquoi ne pas faire des équipes mixtes, si les acquis sont bien là, les garçons ne vont ils pas considérés les filles comme des partenaires de jeux tout à fait corrects? Sauf qu’on tombe là dans l’égalité qui nie un peu la réalité biologique : en moyenne, les filles sont moins fortes musculairement parlant, que les garçons. Et pourtant, je me souviens de cours de sport en primaire, où l’on faisait de rugby. Je suis nulle en sport (quel qu’il soit hein..) et pourtant, je me souviens de ces cours de franc moment de rigolade, où je participais à fond, idem pour les sessions de foot.
Et que dire du fait que l’on considère que les filles doivent être mises entre elles pour « cesser d’être les auxiliaires de services ». Ne serait il pas plus simples et plus efficaces d’apprendre aux garçons que non, les filles ne sont pas là pour les servir et que « si tu veux de l’eau Jordan, tu bouges tes fesses et tu vas en chercher. Et non, pas juste ton verre, le pichet, comme tu demandais à Claudine… »
Je n’ai pas l’impression que ça serait si difficile à mettre en oeuvre. Il suffit qu’il y ait suffisamment d’encadrants. (Ah oui, ça doit être là le problème, à une personne pour 50 gamins, ça devient difficile de faire un peu la police… Pourtant, si on est capable d’enquiquiner les gamins pour qu’ils finissent AB-SO-LU-MENT leur assiette et transformer ainsi le repas en calvaire, (c’est du (vieux) vécu) on doit être capable de repérer les tables où il n’y a que les filles qui se lèvent pour danette pour aller chercher quelque chose.)

Et vous, que pensez vous de cette idée?

La Farfa

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