Vivre et faciliter le quotidien avec l’enfant

Voici un de mes ‘livres de chevet’, un des livres qui a révolutionné en moi la perception sur comment accompagner mes enfants dans leur croissance et leurs apprentissages au quotidien… ‘Le Quotidien avec mon enfant’ écrit par Jeannette Toulemonde (Editions l’Instant Présent) .

Nos enfants, tous les enfants, qu’ils vivent n’importe où dans le monde, et quel que soit leur âge, « attendent toujours la même chose : être compris et considérés dans leurs besoins fondamentaux. C’est une demande légitime et un droit pour tout enfant du monde. Encore faut-il y être introduit et être en mesure de l’honorer. » Devenir progressivement attentifs « de ce qu’ils ressentent et ce dont ils ont besoin pour grandir. (…) Chacun de nous est tellement particulier et change aussi… (…) Ni recettes, ni gadgets, cette lecture peut amener à des évolutions personnelles, familiales et professionnelles… profondes et concrètes. Si vous le souhaitez, en toute liberté… »  Ainsi Odile Jeannot  préface-t-elle le livre de Jeannette Toutlemonde : Le Quotidien avec mon enfant.

Jeanette Toulemonde, inspirée de Maria Montessori, propose des idées toutes simples et des astuces à la fois évidentes et peu coûteuses à mettre en oeuvre pour enfin mettre vraiment le monde à portée de nos enfants, pas seulement les meubles, mais bien plus encore, de la naissance à l’adolescence en passant par l’allaitement, les apprentissages, le sommeil, les repas, la violence …

 » N’est-ce pas souvent cela, la vie des petits enfants ? Des chaises trop hautes, des armoires inaccessibles, des poignées de porte hors de portée qui font d’une chambre une prison, un lit à un niveau si élevé qu’il faut de grands barreaux pour ne pas en tomber.

Aimeriez-vous vivre comme cela ? Des adultes traités de cette façon se sont d’abord amusés. Puis, très vite, ils se sont sentis irrités, fatigués, mal à l’aise.

Mais il n’y a pas que les meubles…

  • Quand nous voulons qu’un bébé finisse à tout prix son biberon…
  • Quand nous demandons à un enfant de quinze mois de prêter ses jouets…
  • Quand nous voudrions qu’un petit de dix-huit mois reste tranquille sans rien faire…
  • Quand nous refusons à un enfant de deux ans de toucher à ce qu’il voit…
  • Quand nous exigeons d’un enfant de trois ans qu’il dise bonjour, au revoir, merci…

… N’est-ce pas une autre manière de lui imposer des exigences qui ne sont pas à sa mesure ?

Or ces petits ne sont pas des adultes en miniature. A chaque pas qu’ils font dans la vie, ils ont sur elle un regard autre que le nôtre, et différent à chaque âge de leur enfance. Ils ont des besoins qu’ils manifestent à leur façon, sans que nous puissions toujours les comprendre. « 

C’est moi qui m’aide !  Respecter les besoins qu’ont les enfants de faire tout seuls, à leur rythme, mais les aider quand ils en font la demande ou que notre proposition  d’aide est acceptée :

« L’aider c’est, un jour où on a le temps, lui montrer calmement, lentement, à sa vitesse qui est moins rapide que la nôtre, un geste nouveau, puis le laisser essayer, et même rater, c’est comme ça qu’on apprend »

Do not disturb (ne pas déranger)

« Quand un enfant se concentre sur un jeu ou une activité, quelque chose change et se crée dans les cellules de son cerveau. S’il est dérangé, cette création cesse. (…) S’il y a le feu à la maison, bien sûr pas d’hésitation, il faut le faire sortir ! Mais en des circonstances moins urgentes il vaut mieux le laisser finir. Et si l’on doit vraiment le déranger ou l’interrompre, peut-on le faire sans le brusquer ? Très peu de minutes, une seule fois, suffisent à l’aider à laisser son travail s’il se sent vraiment compris.

Quand on prend l’habitude de respecter la concentration, on s’aperçoit que les compliments, les louanges plus ou moins bruyantes, et parfois même un regard un peu insistant, peuvent la couper net. Le petit enfant trouve une très grande joie intérieure dans le fait d’accomplir ce qui le grandit, et n’a plus, alors, tellement envie qu’on le complimente. »

Les adultes ont besoin d’ordre, cela nous rassure… Les enfants découvrent l’usage de chaque chose, et en quête de la vérité, de la réalité, entreprennent d’en découvrir sans cesse de nouvelles ou de vérifier maintes fois qu’une action donne toujours le même résultat…

L’ordre pour un enfant n’est pas le même que pour un adulte.

Pour ne pas devenir chèvre, et à la fois garder son esprit ‘neuf’ ouvert à ses propres stimulations et découvertes, Jeanette Toulemonde propose, entre autres,  de ne sortir que 2 ou 3 jeux à la fois dans un petit coin réservé rien que pour lui près de là où il a sa petite table et sa chaise à sa taille…

« Deux jeux seulement ? « Il va s’ennuyer! » Non, car ces jeux sont choisis en fonction de son âge et de l’intérêt du moment. Si un jeu ne l’intéresse plus on en trouve un meilleur dans la réserve.

Et souvent il préfère aux jouets d’autres occupations : se laver, s’habiller, laver le sol, les vitres, faire la vaisselle, la lessive, rouler la pâte (…) Ces occupations de la vie de tous les jours permettent à l’enfant d’entrer dans le monde des adultes et de s’y sentir à l’aise. Ce n’est pas pour nous aider qu’il les accomplit. Plus tard, après six ans, il sera content de rendre service. Tout-petit, il est tourné vers lui-même, parce qu’il a tout à construire en lui, et il fait ces travaux pour exercer ses mains, son corps et son intelligence. »

« on range avant de prendre une nouvelle occupation » avec eux quand ils sont tout-petits, et en adaptant petit à petit.

Si l’amour est toujours sous-entendu dans ce livre, et la confiance est primordiale !  Il est si facile de perdre petit à petit celle que nos enfants nous accordent :

« c’est la confiance qui fait grandir. Si on juge incapable un enfant, un adolescent ou un adulte, il le devient. Si au contraire, on lui fait confiance, il progresse. »

Maybeegreen

7 réflexions sur “Vivre et faciliter le quotidien avec l’enfant

  1. J’adore cette idée. Mais je sens que ça va me demander (ainsi qu’au papa) beaucoup d’effort pour la mettre un tant soit peu en oeuvre… Ce n’est tellement pas dans les moeurs…
    Déjà là, va falloir que je ruse un peu avec la nounou pour que Surprise ne soit pas obligé de manger la viande en morceaux. Il a peut être toutes ses dents (ou presque) mais il n’est pas prêt dans sa tête…Faut leur laisser le temps de grandir à nos ‘tits bouts. ^^

    • kawine est-ce que Surprise mange seul ou bien est-ce que la nounou (et toi) lui donne ? J’ai pratiqué la DME (Diversification Menée par l’Enfant) pour mon petit 5e, et il mange tout seul depuis qu’il goûte ou mange autre chose que le sein… Eh bien la table et l’espace sous sa chaise est bien plus propre que pour mes autres petits coeurs… Et il est ravi de faire tout seul, tu penses bien… sauf que pour lui, c’est juste ‘normal’ ;)
      Quoiqu’il en soit, s’il refuse un aliment, c’est en effet qu’il n’est pas prêt pour celui-là… ou du moins dans cette présentation-là (car ça joue pas mal aussi!)
      Laissons-leur le temps de grandir autant que possible, oui : on veut toujours faire à leur place, leur indiquer quoi faire et quand… mais pas facile avec nos rythmes d’adultes de prendre conscience de ça et de s’adapter… cependant beaucoup d’adaptations sont possibles, il suffit juste d’y penser… ou d’en avoir envie… (attention je ne dis pas que tout est possible dans toutes les familles, mais des améliorations, oui, toujours ;) et c’est tant mieux )
      Les enfants sont juste ce qu’ils sont ! :D

  2. Merci beaucoup pour ta contribution!!! ll y aurait tant à dire!!! Entre les questionnements sur l’adaptation matérielle et cognitive dans le respect des besoins de l’enfant, le rôle de l’adulte dans l’interaction d’apprentissage et le respect de la spécificité de l’enfant… je ne sais par où commencer!!!
    Je crois notamment qu’il serait intéressant que l’on creuse (cela avait été tenté puis plus ou moins abandonné il y a quelques temps) les situations où l’apprentissage requière l’intervention d’un adulte… car je pense que nous sommes tous d’accord pour dire que les enfants ne peuvent pas (surtout à partir d’un certain âge) apprendre uniquement en interaction avec leur environnement (ne serait-ce savoir traverser une route!!)… Alors même qu’il ne suffit plus que l’adulte organise convenablement la rencontre de l’enfant et de son milieu, quel rôle, quel comportement adopter pour poursuivre dans la voie du respect??

    • Oui, il y a encore beaucoup à dire sur cet ouvrage !
      Par contre pour les situations dont tu parles, j’ai beaucoup d’exemples mais ce n’est pas toujours évident de se souvenir d’où viennent nos « nouveaux » (par opposition à ceux pré-établis dans la norme ou l’éducation) réflexes … Donc retrouver les sources est en effet peu évident, mais c’est en effet un article qui serait intéressant d’écrire aussi ! Encore un ! Ce ne sont pas les idées qui manquent, mais les mettre en mots et en ressources est plus complexe (pas compliqué, juste complexe ;) )

      • Je pourrais éventuellement t’en chercher des références si tu veux… l’enseignement c’est plutôt mon (ancien) domaine de recherche…plusieurs pédagogues ont réfléchir justement sur le mode d’intervention à adopter lorsque l’apprentissage naturel par imitation ne suffit plus… tiens moi au courant de ce qui t’intéresse!!!

  3. Pingback: Parents adaptables, enfants épanouis ? [mini débriefing] « Les Vendredis Intellos

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