Aider nos enfants à devenir ce qu’ils veulent devenir [mini debrief]

Nos enfants ne nous appartiennent pas. Nous la savons tous et, pourtant, nous sommes souvent tentés de souhaiter les voir devenir ceci ou cela, de les réduire à un trait de leur caractère ou à l’un de leurs défauts (ou qualités), de vouloir décider de tout ou, au contraire, de rien. Entre tout cela, trouver le juste milieu est très difficile. Il faut savoir être le parent bienveillant sans être étouffant, le parent qui voit les qualités sans mettre la pression, le parent qui sait transformer les défauts en tremplins sans pour autant se voiler la face. Parce que tout au long de leur vie, nos enfants deviennent qui ils sont, qui ils veulent être. Notre devoir de parents est de les laisser devenir qui ils veulent être.

« Tout se joue avant 6 ans ! » entend-on parfois. Pour sortir de ce dangereux fatalisme, Maman Sioux nous livre une réflexion autour de propos de Jean Epstein. Qui rappelle, comme le voudrait le bon sens, que rien n’est jamais joué « avant la mort ». A chaque étape de nos vies, nous rencontrons des personne qui nous font des décisions nouvelles, qui nous font parfois radicalement changer d’opinion ou de projet. Il en est de même pour nos enfants. D’où l’importance de savoir, parfois, ne pas les enfermer dans des carcans mais être celui ou celle qui saura voir en eux le potentiel qui ne peut s’exprimer si on ne l’y invite pas. Etre celui ou celle qui verra que, si à l’école ceci se passe et cela moins bien, en-dehors de l’école l’enfant est tout autre chose, a d’autres centres d’intérêt, d’autres qualités.

J’ai tendance, pour ma part, à accorder une grande importance au cadre scolaire. Pour moi, l’école est une structure qui doit imposer ses règles de fonctionnement, même si l’enfant ne les aime pas – c’est les préparer au monde du travail, mais aussi aux règles d’une société qui ne fonctionne pas autour d’une petit groupe de personnes mais de dizaines de millions de personnes. Mais en-dehors de l’école, notre rôle de parent est d’être à l’écoute des capacités de nos enfants. Les encourager à se trouver eux-mêmes pour devenir celui ou celle qu’ils veulent devenir. Plutôt que celui ou celle qu’ils doivent devenir en fonction des critères de personnes qui ne les connaissent pas. Garder à l’esprit que rien n’est jamais vraiment joué, pour ne pas leur imposer une vision réductrice d’eux-mêmes.

Flo la souricette poursuit sur ce même fil conducteur et nous interroge sur les étiquettes que nous collons sur le front de nos enfants. Presque tout le monde le fait. Le pire, c’est quand il y a plusieurs enfants : on compare, on oppose les uns aux autres, on favorise l’un sur une activité et l’autre sur une autre… Rien de pire pour créer des comportements chez nos enfants, alors que nous pensons les décrire. Plus nous dirons à un enfant qu’il est « mauvais », plus il le sera car il jouera le rôle que nous lui demandons implicitement de jouer. Je le constate d’ailleurs à titre personnel, heureusement pas sur ma fille – car je mords quand il s’agit de mon enfant. Enferme un enfant dans un rôle en pensant parfois bien faire, c’est lui interdire d’en sortir et lui permettre d’approfondir le personnage et de grossir le trait jusqu’à ce que sa vie en subisse les conséquences. Gardons-nous donc de coller des étiquettes sur des êtres qui ont encore tout à apprendre, tout à nous montrer de qui ils sont et de qui ils vont devenir.

Les aider à devenir ce qu’ils veulent devenir passe probablement aussi par une juste mesure de notre intervention auprès d’eux, de notre disponibilité. Ainsi, Mini Globe trotteur nous fait part de la façon dont on peut trouver une juste présence. Savoir répondre aux besoins du bébé, savoir aussi vaquer à ses occupations, ne pas être plus disponible qu’il ne le demande. C’est très compliqué. Et puis ça dépend des bébés. Il faut faire preuve d’une grande écoute, mais savoir aussi s’écouter soi-même. Mettre de côté les « tu l’étouffes ! » aussi bien que les « tu le délaisses un peu, non ? ». Pour mieux respecter les besoins propres à son enfant, dont nous sommes les seuls experts en tant que parents (n’en déplaise aux grands-parents ou médecins). Et ainsi mieux le guider sur la voie qu’il doit lui-même trouver.

Cécilie

Une réflexion sur “Aider nos enfants à devenir ce qu’ils veulent devenir [mini debrief]

  1. Merci beaucoup pour ce mini-débrief (toujours aussi agréable à lire et bien ficelé!) qui résume bien nombre de nos préoccupations (pour ne pas dire casse tête!!) de parents…. comme notamment imposer un cadre structurant sans brimer la personnalité et les potentialités de chacun, être présent sans l’étouffer et s’étouffer aussi au passage… il me semble que c’est toute la difficulté de la construction d’un attachement secure ou d’être un socle stable sur lequel nos enfants vont de construire…

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