De l’importance de l’attachement : exploration de ses balbutiements {mini-débrief}

L’attachement, on commence à le sentir dans les VI, semble être une étape primordiale dans le développement de l’enfant et surtout dans sa vie future d’adulte.
Cette étape est incontournable.
Et surtout indissociable des parents.
En effet, l’attachement naît de l’interaction entre l’enfant et ses parents, ou du moins avec les adultes qui prennent soin de lui.
L’essence même de l’être humain ne peut donc pas se construire sans l’échange, sans l’autre.
Un processus aussi étonnant que… flippant. Ben oui, nous adultes, on a une sacrée pression. Nous, les exemples, petit échantillon d’être humain, nous construisons cet attachement jour après jour, avec notre bébé… Une sacrée pression et un joli cadeau. Qu’y a-t-il de plus magique qu’accompagner un petit d’homme à prendre son envol et lui donner les clés pour bien vivre seul dans une société donnée.

Phypa aborde les bienfaits que l’attachement suscite. Et j’ai eu envie de dire « Amen ! » à son article. J’ai même eu envie de le faire lire à bon nombre de personnes. Non, un enfant ne doit pas être élevé à la dur parce que la vie est dure « et qu’il faut bien l’y préparer ». Non. Pitié, non. L’enfant a besoin, au contraire, que l’attachement soit fait doucement, à sa demande, et autant qu’il en a besoin. L’enfant à peine né – et même plus tard – a besoin de câlins, de sécurité, d’amour, de chaleur, de présence. Même si cela revient à le garder dans les bras toute la journée. Même si cela revient à se lever la nuit pour le rassurer. Non, un enfant ne pleure pas par chantage, ni par manipulation. Un enfant a besoin qu’on soit là pour lui car plus tard, il pourra « s’aider du connu pour s’ouvrir à l’inconnu, s’appuyer sur le passé pour embrasser l’avenir ». Traduction : plus l’enfant est sécurisé et l’attachement solide, plus il sera indépendant et apte à prendre son envol sereinement. Mieux : «  durant l’enfance, l’expérience d’une solidité suffisante de la relation, même lorsque des affects négatifs sont exprimés, garantirait à l’enfant (et plus tard à l’adolescent puis à l’adulte) une certaine capacité à connaître et à évoquer ses états mentaux et les inscrire dans une histoire cohérente de sa propre vie. » Enfin comme le rappel Phypa, le parent socialise l’enfant mais sa fonction première est de sécuriser. Mais ce qu’elle dit aussi c’est que cet attachement qui se crée donc à travers les personnes qui prennent soin  de lui, ne dépendrait pas uniquement des parents… mais aussi des personnes qui s’en occupent la journée (et là tout le monde flippe en lisant ça), à savoir l’assistante maternelle ou les professionnels qui travaillent en crèche, voire même encore plus en dehors de la famille selon certains spécialistes  … Bref, un article difficile à résumer tant il est intéressant… et ouvert ! Allez le lire !

Pour que l’attachement s’établisse, il y a les soins que l’on prodigue à son bébé à travers les gestes, comme on vient de le voir. Mais il y aussi la parole, ces mots que l’on dit à son enfant chaque jour… et qu’il répétera le jour venu. French Girl in London nous parle justement des premiers sons qui ressemblent à des mots émis par les bébés, ce que l’on appelle le babillage, mis en abîme à travers la question du bilinguisme. En effet, tous les bébés du monde commenceraient à parler en prononçant les mêmes sons, des sons qui sont peut-être à l’origine des mots « papa » et « maman ». Mieux : ces mots seraient les mêmes depuis la nuit des temps. Eh oui ! ces sons répondent à une contrainte physiologique : la bouche de l’enfant ne peut former que ces sons au début. Alors que nous parents, nous les voyons comme des signes d’attachement de notre enfant envers nous : on croit alors que ces mots nous nomment… C’est notre reconnaissance de ces mots comme nous désignant comme « maman » et « papa » qui fait que l’enfant va les prononcer dans ce but -là. Perso, quand j’y pense, cela me semble une théorie super plausible. Je me suis toujours étonnée que ma Zouzou ait prononcé ces mots. Je ne parlais jamais de moi en disant « maman fait ci », « maman fait ça » et m’étais demandé à l’époque d’où est-ce qu’elle avait pu sortir ce mot (j’avais accusé la nounou, hein, celle-là même qui tiendrait aussi un rôle dans l’attachement… hum : ça serait d’ailleurs intéressant d’étudier les forces contradictoires qui peuvent s’établir entre plusieurs personnes jouant un rôle de premier rang dans l’attachement…).

La première personne qui a d’ailleurs souvent son rôle à jouer dans l’attachement, c’est la mère, qu’on le veuille ou non : on est en première ligne de tir (encore !). Elle est la plupart du temps l’adulte principal qui s’occupe du bébé : mais oui, réfléchissez, être mère est naturel pour bon nombre de personne. La Farfa nous parle de l’instinct maternel souvent confondu avec l’attachement, à travers un ouvrage de Badinter. L’instinct maternel serait un instinct inné chez la femme. (L’attachement quant à lui, se construit petit à petit, au fur et à mesure des échanges mère-enfant.) Un précepte décrié et à juste titre : il y a bien des femmes qui ne veulent pas d’enfant, qui n’en ressentent pas l’instinct. On ne naît pas mère, on le devient. De même, l’attachement que l’on éprouve à l’égard de notre enfant ne fait pas de nous une femme. Maternité et féminité semblent être deux concepts distincts qui peuvent exister indifféremment l’un sans l’autre. Une réflexion sur la place de la femme à lire aussi absolument !

Ainsi l’attachement, cela se passe aussi dans l’autre sens, du parent à l’enfant : l’enfant nous fait parent. Nous aussi nous nous attachons au fil du temps. Souvent même avant la naissance comme en témoigne Maman Dragon à travers son histoire personnelle poignante et un ouvrage qui aborde le deuil périnatal. Car voilà, l’attachement naît bien avant la rencontre avec l’enfant, l’attachement se tisse, comme je le disais il y a peu dans les VI, dès l’annonce de la grossesse puis avec les premiers coups, les premiers mouvements de l’enfant dans le ventre de sa mère. Tout dans l’accompagnement de la grossesse nous pousse à ce rapprochement, les échographies notamment, le bruit du cœur que l’on entend. Tout nous pousse à nous attacher à cette vie que l’on porte mais pas encore née, alors même que les médecins et le corps médical l’appellent « fœtus » quand nous l’appelons bébé ou enfant. Tout nous pousse à être heureuse et à ne pas imaginer le pire, ce pire qui fait malheureusement partie de la vie, ce pire auquel rien ne peut nous préparer. Un deuil qui coupe en plein vol cet amour naissant déjà si fort entre les parents et cet enfant qui jamais ne vivra. Et l’on sent la puissance de ces liens qui se tissent en 9 mois, de manière si délicate et discrète, en 9 mois ou parfois moins. Car, que ce soit in utero, à la naissance, a 4 ans ou à 30 ans, la perte d’un enfant reste une perte qui n’est pas dans l’ordre des choses, difficile à vivre et tout simplement inimaginable. Un beau témoignage sur l’attachement quasi immédiat des parents et de cet enfant…

Kiki the mum

2 réflexions sur “De l’importance de l’attachement : exploration de ses balbutiements {mini-débrief}

  1. Merci beaucoup et bravo pour ce mini-débrief si riche et si dense!!! C’est vraiment du bon boulot!!! J’espère de tout coeur que cela donnera envie aux neuroneuses et neuroneurs de poursuivre l’approfondissement de ce concept si riche et si humain!!!

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.