S’adapter pour mieux limiter

Pour continuer mon exploration des limites à poser en tant que parent, j’avais promis de parler, aujourd’hui, des astuces proposées par Catherine Dumonteil-Kremer dans Poser des limites à son enfant et le respecter, pour mettre en place les limites de la famille à notre tout petit bambin qui commence à se déplacer.

En effet, quel parent ne s’est pas senti désarmé devant son tout petit qui commençant à se mouvoir, débute par la même occasion l’expérience du non et des limites ? Expérience qui ne semble pas du tout aller de soi pour ce petit chercheur et explorateur du monde, qui croque la vie à pleine dents avec force, joie et insouciance.

La première astuce consiste à aménager son lieu de vie. Cela me semble aller de soi et nous nous rendons compte avec barbe de 4 jours que nous avons très mal calculé notre coup lors de notre emménagement puisque rien n’est homologable pour bébé. Et il est vrai que passé le 10 ème « Stop, ne joue pas avec les fils, c’est dangereux ! » ou « Non, ne va pas vers les gamelles » on finit par jurer 100 fois que dans le prochain appartement, on aménagera notre espace de façon un peu pensée ! Ceci dit, nous avons déjà procédé à des petits changements, parfois peu esthétiques mais quasiment vitaux vu les circonstances. Et en effet, Cahterine Dumonteil-Kremer nous dit « Passer toute une journée derrière un bambin actif, le surveiller et devoir lui dire non toutes les demi-secondes, c’est un choix compliqué qui n’est pas sans retentissements sur la joie de vivre d’un petit de cet âge. » Elle souligne, par ailleurs l’importance du travail d’exploration des mains chez les tout petits, travail qu’il faut donc laisser un minimum se construire. A chaque parent de mettre en place un dispositif pour éviter les dangers et pour mettre en lieu sur les objets fragiles ou importants aux yeux des adultes de la maison. L’auteur laisse à l’appréciation de chaque parent le soin de définir quels sont ces objets et quelles sont les manières d’en prendre soin.

La deuxième astuce est de créer un espace sécuritaire. Notamment avec une barrière pour éviter la sortie du dit lieu sécurisé. Cet endroit, souvent la chambre du bébé, a pour utilité de permettre un temps de tranquilité si cela est nécessaire, aux parents. A l’abri dans un lieu bardé de matériels de « sécurité enfant », bébé sera certes plus largement autonome mais dans sa solitude, il risque de ne pas vouloir rester bien longtemps, comme nous le rappelle l’auteur. Les bébés ont besoin de nous.  » Cet espace n’est pas un bon reflet de la réalité et c’est de cette dernière dont il a le plus besoin ». En effet, un bébé a besoin d’expérimenter et d’apprendre quels sont les dangers. Ce n’est pas en restant confiné dans un lieu sécurisé mais factice qu’il pourra le faire.

Ensuite, il peut être utile de proposer des activités stimulantes à son bambin. « Il aime toucher, manipuler les objets de votre vie quotidienne. » Effectivement, mini capuchon s’amuse parfois plus avec des casseroles, des spatules que je lui donne, qu’avec ses jouets. Elle aime aussi déballer mes sacs de courses, ce que je laisse faire avec beaucoup d’amusement mais sous haute surveillance, bien évidemment. L’eau est aussi un moyen de stimulation intéressant pour un petit. On peut le laisser s’amuser à vider et à remplir, dans le bain notamment mais aussi avec une bassine. L’auteur nous dit qu’un enfant peut rester concentré sur ce type d’activités s’il se sent en sécurité, que plus tard cela l’aménera à nous aider dans les tâches ménagères (Montessori par ci, Montessori par là … je dis ça, je dis rien !). Elle nous dit cette phrase que je trouve très juste et qui résume tellement bien la façon dont je conçois la vie avec un bébé :  » Si vous êtes à l’écoute, vous découvrirez ce qu’il préfère et aménagerez son temps en conséquence. »

Enfin, l’auteur propose de se demander si les besoins du bambin sont comblés. « Un bambin dont les besoins ne sont pas comblés peut très vite se retrouver dans un état émotionnel intense et devenir destructeur pour son environnement. Ceci est parfaitement normal. Il vit une souffrance, une situation stressante. » J’aime quand on nous rappelle que cet état intense est normal ! Car elle peut nous désemparer au départ, cette émotion vive que notre cher bambin manifeste de toute son énergie ! Il convient donc de vérifier si ses besoins primaires sont comblés : a-t-il soif ? Faim ? A-t-il besoin d’être changé ? Fait-il ses dents ? A-t-il mal au ventre ? Puis on peut s’interroger sur ses besoins émotionnels :  » a-t-il besoin de calins ? A-t-il besoin de ma présence, de mon attention ? A-t-il besoin de mes bras ? L’auteur nous dit :  » Vous serez peut-être surpris de constater que l’attention est un besoin de base, tout comme les contacts physiques. Si vous passez beaucoup de temps au téléphone ou avec des amis, votre enfant peut tout simplement agir de façon à attirer votre attention … Il souffre et ce qu’il fait n’est que la manifestation de son trouble … » Je trouve très intéressant de se poser ces questions et de savoir s’arrêter pour accorder à son enfant une attention minimum, attention qu’on a tendance à oublier de donner dans le flot des tâches quotidiennes. Se rappeler aussi qu’il ne s’agit pas de caprice, comme on l’entend souvent, est essentiel. D’ailleurs, soit dit en passant, ce mot ne veut pas dire grand chose, à mon humble avis …

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Voila les petites astuces suggérées par Catherine Dumonteil-Kremer pour vivre en bon entente avec bébé. Mais qu’en est-il des limites ? En effet, si le dit bébé refuse de s’astreindre aux règles de la maison, à savoir ne pas mettre les doigts dans la prise, ne pas déchirer en mille morceaux le livre de collection, que faire ? En gros, quelle attitude adopter quand les limites sont franchies par un tout petit ?

J’en parlerai la semaine prochaine, histoire de ne pas rendre mon petit billet des vendredis intellos totalement indigeste !

Sur ce, bon ramassage de jouets, livres, DVD, CD, feuilles, bouteilles (liste non exhaustive) en passant derrière bébé !

Home Sweet Môme

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3 réflexions sur “S’adapter pour mieux limiter

  1. Merci pour ton article ! Je l’ai lu le mois dernier… J’ai trouvé le livre un peu court (lu en 2 fois !), mais les alternatives proposées sont intéressantes.

  2. Merci beaucoup de cette contribution ainsi que de ton témoignage!!! Plus que des limites éducatives, j’ai le sentiment que ce qu’il y a ici en jeu est la conciliation entre protection de l’enfant et intérêt de la découverte… Chez nous, on a longtemps opté pour une pièce toute sécurisée (la chambre des affreux) où éventuellement nous pouvions installer une barrière… on s’installait souvent Mr D et moi sur un matelas par terre à côté d’eux…l’absence de danger nous permettant de bouquiner, bref, d’être là sans être là… ce qui est bien reposant parfois!! Pour le reste de la maison, nous sommes restés à un niveau de danger limité… il y a bien des trucs à mettre par terre (le placard à épices par exemple est un endroit très très prisé!!) mais ce ne sont jamais réellement des trucs dangereux ou auquel je tiens trop…et sinon, j’approuve à 300% le fait de les faire participer à la vie de la maison: GPL sait parfaitement vider un lave linge, remplir le sèche linge, vider le sèche linge et plier les bavettes!! et il adore ça!!!

  3. Pingback: Mettre de l’eau dans son vin {Mini-débrief} « Les Vendredis Intellos

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