Débats sur la garde alternée et proposition de loi

Après un billet très généraliste sur la garde alternée en début de semaine, j’ai eu envie de confronter deux points de vue radicalement opposés, publiés tous les deux sur Le Monde.fr :
A qui profite la garde alternée ? De Bernard Golse, pédopsychiatre et psychanalyste
Favorisons la garde alternée dans l’intérêt de l’enfant, de Richard Walter, délégué SOS Papa Loiret, une association qui milite pour les droits et devoirs des pères
Les deux articles sont passionnants, et les arguments des uns et des autres compréhensibles. D’un côté, des pères s’opposent à se retrouver écartés de l’éducation de leurs enfants,  tout au moins du point de vue du temps passé avec eux, de l’autre un pédopsychiatre s’inquiète de la mise à l’écart de l’intérêt de l’enfant au profit de celui des parents.

Et puis, j’ai lu en détail une proposition de loi visant à favoriser la garde alternée en cas de séparation des parents, du 18 octobre 2011, et j’ai tenu à vous donner quelques extraits de l’introduction et à y réagir un peu vivement, tellement ce texte m’est apparu grossier, réducteur et nuisible au discours pro-garde alternée. Je vous invite à le lire en entier, ici ça aurait fait un peu long !

Le législateur a progressivement établi l’autorité parentale conjointe en 1987, puis en 1993, faisant une place concrète à l’idée de partage de l’autorité parentale au bénéfice des deux parents, mariés ou non, en couple ou séparés. Ce principe consacre l’idée selon laquelle il est nécessaire pour l’enfant de bénéficier de la présence de ses deux parents.

Non mais je rêve, c’est une grande nouvelle ! Mais le principe d’une séparation, c’est justement que tu ne veux plus vivre avec l’autre !

De plus en plus d’enquêtes sociologiques révèlent la multiplication de situations de mères ou de pères ayant perdu tout contact avec leur enfant à la suite d’une séparation de fait, de corps ou d’un divorce.

Est-ce que des pères qui laissent tomber leurs enfants de cette façon auraient été prêts à accepter et gérer une garde alternée, j’en doute. Et quelles enquêtes, quels chiffres ?

Alors que les séparations ne cessent d’augmenter, nous rencontrons nombre d’enfants qui rejettent un de leur parent sans raison apparente. Questionnés par des spécialistes, ces enfants ne parviennent pas à expliquer les causes de ce rejet, mais expriment des sentiments de haine à l’égard du parent vu comme « fautif », traduisant par là-même une grande souffrance.

Quel nombre d’enfants ? Ce sont les psys qui fournissent des stats ? Et je ne vois pas en quoi la garde alternée garantit une bienveillance des parents l’un envers l’autre, et en quoi elle prévient ce « syndrome ».

Les statistiques récentes soulignent que les enfants élevés principalement par un seul parent sont plus enclins à sombrer dans la délinquance que la moyenne.

Non mais c’est une blague ! Si vous divorcez, vos enfants deviennent délinquants, démontré par a + b … Et quelles statistiques ? C’est confondre familles monoparentales, dans lesquelles il n’y a jamais eu de 2ème parent, ou bien il y a eu un décès, et couples qui se séparent et continuent d’élever leurs enfants à deux, même un week end sur deux. Que disent les statistiques sur les couples séparés ou divorcés dont un parent a la garde et dont l’autre parent est présent ? Ils deviennent eux aussi des délinquants ?

De nombreux pédopsychiatres ont souligné la présence nécessaire des deux parents au quotidien, afin de préserver l’équilibre de l’enfant, en fonction notamment de son âge.
Certains spécialistes évoquent l’âge minimal de 2 ans et demi pour que la résidence en alternance profite à l’enfant.

2 ans et demi ??? Qui a dit ça ? Des spécialistes de quoi ? Mais c’est nier toute la psychologie de base, et j’ai du mal à croire que des pros tiennent ce discours (pourtant c’est le cas …)

Par ailleurs, une tribune cosignée par Serge Hefez, Responsable de l’unité de thérapie familiale à la Pitié-Salpêtrière et Jean-Pierre Olie, Chef du Service Hospitalo-Universitaire au Centre Hospitalier Saint-Anne, fut publiée dans Le Monde en novembre 2010 interpellant la société avec le titre suivant : Résidence en alternance, le débat peut-il s’ouvrir ?

Voici le lien vers cet article, qui invite surtout à se questionner, plutôt qu’à définir la garde alternée comme mode de garde par défaut : « La question n’est pas de généraliser la résidence alternée mais de remettre l’enfant au centre du débat »

La résidence alternée résulte d’un long cheminement du droit, des mentalités et de notre société. Aujourd’hui, 80% des pères assistent à l’accouchement, 70 % prennent leur congé de paternité. Les pères assument 40 % des taches éducatives et soins aux enfants alors que les hommes travaillent à plein temps dans 95 % des cas.

Et alors ? Et d’où viennent (encore) ces chiffres ?

Une enquête d’Études et Statistiques constate qu’en cas de désaccord, la résidence en alternance est rejetée dans 75 % des décisions définitives et deux fois sur trois pour les décisions provisoires. Inversement, cette enquête démontre qu’en cas de non-opposition de l’autre parent à celui qui souhaite la résidence alternée, le juge approuve dans la majorité des cas cette solution.
Selon les données du Ministère de la Justice, au cours de l’année 2009, seuls 21,5 % des divorces par consentement mutuel, et moins de 14 % de l’ensemble des divorces prononcés sur le territoire français, ont donné lieu à la résidence alternée pour l’enfant.

Dont une grande partie était peut-être d’accord sur le mode de garde …
On est un peu noyé dans les chiffres, dont les sources varient. Ce qui serait intéressant, c’est de savoir combien couples sont d’accord pour une garde alternée, et de prendre une peu de recul sur le « taux de réussite » : combien changent d’avis,  combien d’enfants deviennent délinquants (ah ah ah), mais un recul d’à peine 10 ans me semble un peu juste.

C’est pourquoi, il semble tout d’abord important de promouvoir la médiation familiale qui demeure aujourd’hui peu utilisée. En effet, même si le champ de la médiation a été considérablement étendu par la loi du 26 mai 2004, les résultats restent timides : en 2008, 4 857 mesures judiciaires ont été confiées à des médiateurs familiaux soit 5 % des conflits.

On pourrait compter les thérapies de couple, les thérapies familiales, les suivis au CMP des enfants, qui, même si elles ne rentrent pas dans un carde légal, participent à cette médiation.

En effet, la résidence alternée est difficile à mettre en place car une prime est donnée au parent qui y est le plus réticent.

C’est quoi, cette prime ? La pension alimentaire ?

Par conséquent, il nous faut être dissuasif à l’égard du parent qui prend le risque de rendre son enfant otage d’un conflit dont il est innocent. La prolongation des conflits familiaux a, sur le comportement de l’enfant, des conséquences importantes en termes de santé publique ou de défaillances scolaires.

C’est bien l’intérêt de la séparation !!!

Bon, je m’arrête là, j’aimerais juste que cette proposition soit lue, que chacun puisse donner son avis, et s’appuyer sur de vrais arguments. Je comprends la difficulté de décider de la meilleure solution pour les enfants après une séparation, mais je suis persuadée que ce genre de discours moralisateur et culpabilisant nuit au débat …

Elodie, du blog Conseils éducatifs

45 réflexions sur “Débats sur la garde alternée et proposition de loi

  1. A titre personnel et d’après mon vécu que je ne détaillerai pas, la garde alternée par défaut me semble aller dans l’intérêt des parents (du moins ceux qui la défendent) plus que dans l’intérêt des enfants, à quelques rares exceptions.
    Enfant, on a besoin de stabilité. Or, quand on change de maison il faut plusieurs jours pour prendre ses marques et c’est la même chose au retour.
    Si l’on veut que les enfants vivent toujours avec leurs deux parents, il faut interdire les séparations et divorces. Parce que là on poursuit un but idéaliste qui ne va pas nécessairement dans l’interet de l’enfant, qui signifie que tout enfant de divorcés ne trouvera son equilubre qu’avec ses deux parents vus à égalité (quid des parents qui n’en ont pas la possibilité car le travail les oblige à déménager ? De ceux qui veulent refaire leur vie et offrir à leur enfant un nouveau cadre stable qui demande une présence plus longue et donc « moins souvent » ?) Comme si la solution était la même pour tous… laissons donc les parents décider de ce qui est le mieux pour leur enfant (et pour eux mêmes ! Un parent malheureux rend l’enfant malheureux et je doute qu’un parent qui se sépare à 30 ans veuille rester célibataire tout le reste de sa vie, donc il faut l’autoriser à faire place à un nouveau couple, éventuellement plus loin de l’autre parent -ce que la garde alternée interdit car il FAUT vivre à proximité immédiate).
    Il y aurait beaucoup à dire. Je crois que l’essentiel réside dans le fait que le législateur devrait encourager le dialogue familial et non les solutions légales à un problème qui est tout sauf théorique. Mais ça, c’est dans beaucoup de domaines de la loi familiale qu’il y a du boulot…

  2. Pingback: Débat sur la garde alternée et proposition de loi / VI | Conseils educatifs

  3. A titre personnel aussi… je ne me verrai pas priver mes enfants de leur père (sous prétexte qu’il ne m’aime plus).
    De plus nous serions incapable de faire un choix quant au parent qui doit avoir la garde… pourquoi la mère absolument ?
    Mes enfants ont 2 et 5 ans et sont en garde alternée depuis 2 mois et pour le moment, ils le vivent bien (en tous cas ils ne montrent aucun signe du contraire). Je ne dis absolument pas que cette option doit être appliqué à tous, mais les juges devraient peut-être la considérer un peu plus.
    Les choses ne changeront que si leur papa est amené à déménagé pour des raisons professionnelles. Mais pour l’instant, je ne vois pas l’intérêt de faire autrement. Mes enfants ont besoin de leur père autant que de leur mère. Et vu qu’ils ne peuvent plus vivre ensemble, cette solution s’est donc imposé à nous.
    J’ai lu l’article du psychiatre… et c’est nul de considérer TOUS les parents de cette manière ! On peut être séparé… et même souffrir de cette séparation… sans forcément en vouloir à l’autre et essayer de le faire payer à tous prix. Ce n’est pas mon cas en tous cas.

    Aucune solution n’est bonne pour les enfants de toutes façons. Même l’idée que les parents restent ensemble pour le « bien » des enfants est mauvaise… parce que cohabiter quand on ne s’entend plus doit être la pire chose qui soit pour des enfants.
    On devrait s’aimer toujours une fois qu’on a fait des enfants… mais dans les faits… ça ne se passe pas comme ça.

    Cécilie, dans ce que tu décris plus haut… c’est aussi l’intérêt du parent que tu mets en avant en disant toi même qu’un parent malheureux ne fait pas un enfant heureux.
    Donc j’en viens à dire qu’aucune solution n’est bonne pour les parents non plus… dans tous les cas. Mes enfants me manquent terriblement quand je ne les vois pas pendant une semaine. Et quand c’est moi qui les ai toute la semaine, je les étriperai volontiers 2 ou 3 fois par jour. S’occuper de 2 enfants seule, quand on en a pas l’habitude, c’est dur.

    Si… l’idéal serait une maison commune, avec des chambres communes pour les enfants et le reste de la maison séparée avec chacun son côté… mais on est d’accord que c’est pas vraiment possible hein ?
    Désolée pour le pavé ! La question me touche ;-)

    • Je reste convaincue, peut-être naïvement, que ce n’est pas le temps passé avec les enfants, mais la qualité des moments qui compte et qui structure l’enfant. On est tous touchés par ce type de discussion, qu’on soit séparés ou non.
      Pour ma petite vie à moi, je suis convaincue que mon ex-mari est un très bon père, et qu’il parvient à maintenir un lien solide et de qualité avec nos filles, même s’il ne les voit qu’un week end sur deux.
      Quant à mon compagnon, qui est lui père à temps complet beaucoup plus investi que son ex, je crois qu’ils ont enfin trouvé un équilibre en rompant l’alternance au bout de 5 ans !!!

      • Peut-être que la quantité de temps n’est pas importante… Mais vous même? Pourriez vous concevoir de ne voir vos filles que 4 jours par mois? parce que c’est bien de ça qu’il s’agit. Jusqu’ à la séparation, mon mari a partagé avec moi 50% des soins aux enfants. Je reconnais que le petit est très petit… Mais pourquoi me réclame t’il son père tous les jours quand il est avec moi?
        Pour l’instant avoir 2 maisons ne semble pas les déranger. Ils sont même contents de retrouver leurs jouets. Ils ont gardé la même école, même nounou, même copains… Leur quotidien n’est pas affecté.

    • Je termine (problème de batterie). Ma seule préoccupation est évidemment le bien-être de mes enfants (et bizarrement celui de leur père également) et ce mode de garde sera le bon tant qu’ils le vivront bien.
      J’ai l’impression que le problème qui est quand même le plus souvent mis en avant c’est le conflit entre les parents… en quoi une garde « classique » n’engendre pas de conflits entre les parents ? Et en quoi une garde alternée en imposerait davantage ? Je pense au contraire que l’équilibre de la garde, du temps passé, du rôle éducatif (honnêtement quel rôle éducatif peut on avoir en voyant ses enfants 4 jours par mois ???) permet aux parents de s’équilibrer eux même. C’est mon côté naïf à moi !
      Même s’il m’a quitté, je garde énormément de respect pour le père de mes enfants et ce que je leur montre et c’est à mon avis le principal pour qu’ils vivent cette séparation le mieux du monde.
      Pour moi, le bon mode de garde est celui qui est bien vécu par les deux parents, en bonne intelligence.

  4. Bonjour,

    Je suis un papa en lutte pour la résidence alternée. Je me suis fait littéralement massacré par la justice aux affaires familiales. J’ai donc décidé de créer une page Facebook sur la question pour suivre le débat.

    Sans nullement remettre en cause votre bonne foi et votre bonne volonté, je trouve vos réactions stupéfiantes de naïveté. Vous méconnaissez manifestement le fonctionnement de la justice aux affaires familiales française (heureusement pour vous) et tout un volet de la littérature pédo-psychiatrique consacrée à la question (Edward Kruk évidemment, mais aussi Neyrand, Poussin ou Le Camus pour la France ; des « généralistes très médiatisés » comme Ruffo ou Cyrulnik également). Je trouve également dommage et tendancieux de focaliser vos attaques sur les propos introductifs à la proposition de loi et non sur ses (seulement) six articles.

    Je me permets donc quelques remarques :

    1) Pour toutes les questions relatives aux chiffres, je me permets de vous renvoyer à l’étude de la CAF de 2008 (http://www.caf.fr/web/WebCnaf.nsf/090ba6646193ccc8c125684f005898f3/36e0f2def9019b8fc12574f1004b8c06/$FILE/Dossier%20109%20-%20R%C3%A9sidence%20Altern%C3%A9e.pdf) et au rapport de l’assemblée nationale de 2006 (http://www.assemblee-nationale.fr/12/pdf/rap-info/i2832.pdf). Les chiffres évoluent peu.

    2) L’intérêt supérieur de l’enfant, c’est de se construire avec ses deux parents. Toutes les études montrent que la présence du père et de la mère leur donnent une plus grande confiance en eux, une plus grande indépendance, une meilleure image d’eux-mêmes, un meilleur équilibre, etc.

    3) La justice actuelle permet à un des deux parents (souvent la mère, mais parfois le père) de couper le lien parent-autre enfant. C’est ce qu’on appelle le syndrôme d’aliénation parentale. Les retours que j’ai pu obtenir par l’intermédiaire de ma page Facebook montrent qu’il est beaucoup plus fréquent qu’on ne l’imagine.

    4) La proposition de loi est relativement équilibrée et elle donne une large marge d’appréciation au juge. La loi n’imposerait pas la résidence alternée, mais ce serait au parent qui y est opposé d’expliquer en quoi le système n’est pas adapté (ce qui est le cas en cas de parent défaillant, de distance trop importante, etc.). Aujourd’hui, un seul « non » de la mère suffit à interrompre le processus (c’est du vécu).

    Maxime

    http://www.facebook.com/pages/Pour-la-r%C3%A9sidence-altern%C3%A9e-des-enfants-de-couples-s%C3%A9par%C3%A9s/277098189001283

    • Merci pour ce complément d’infos. Ne confondez pas méconnaissance d’un sujet et avis divergent. J’ai aussi ma propre expérience, qui est visiblement différente de la vôtre.
      Et j’ai choisi de me pencher sur le texte d’introduction, parce qu’il me semblait révélateur du manque de contenu et de matière du projet de loi entier.
      Qu’on soit pour ou contre la garde alternée, il est évident que ce texte n’est pas de bonne qualité, se base sur des chiffres fantaisistes, et fait des associations d’idées douteuses …
      Bon courage dans votre parcours personnel
      Elodie

      • Merci pour votre réponse. Tout le monde a une expérience d’à peu près tout et peut s’en servir pour en produire un avis personnel. Il suffit d’aller au café du commerce de n’importe quel village pour s’en convaincre. Mais ce n’est pas un brevet de maîtrise du sujet.

        Vous avez décrété que le texte d’introduction manquait de contenu. C’est un avis personnel, mais votre démonstration n’est pas très convaincante.

        C’est aussi la première fois que je vois une proposition de loi attaquée non sur son contenu, mais sur son introduction. Pour reprendre vos propos, je trouve la démarche « fantaisiste » (même si je souscris à l’introduction).

        Toujours est-il que je suis preneur des chiffres et des données rigoureux que vous semblez avoir en votre possession. Merci par avance pour cette contribution future.

        En fait, la seule faille de cette proposition de loi, à mon sens, réside dans son article 5 et concerne l’audition de l’enfant. Un enfant, surtout âgé de cinq ans, ne sait pas ce qui est bien pour lui (sinon, il passerait ses journées à manger du Nutella). Et surtout, son audition possible le soumettrait encore davantage aux éventuelles pressions et manipulations de parents en désaccord.

        Merci pour vos encouragements. Je le fais évidemment pour mes enfants qui avaient l’habitude de tout partager avec leur papa et ne le voient plus que 6 jours par mois.

        Maxime

    • La question n’est pas d’être « pour ou contre », mais de savoir quelles sont les conditions requises pour que la garde alternée ne crée pas de dommages sur un enfant.
      Partager la vie d’un être humain, enfant de surcroît dont le cerveau est encore immature, en deux parties égales n’est pas quelque chose d’anodin ou banal ! Peu d’adultes supporteraient de vivre ainsi et c’est le système qui pose le plus de problèmes. D’autant que si la garde alternée garantit un partage égal des domiciles parentaux, elle ne garantit jamais une égalité de présence, de soins ou d’implication de chaque parent aurpès de l’enfant. Cette égalité brusquement revendiquée avec force après la séparation n’existe pourtant jamais durant la vie commune, les études sociologiques démontrant que « nouveaux pères » ou pas, travail féminin ou pas, ce sont toujours les mères qui assument l’essentiel des prises en charge des enfants.

      Parmi ces conditions il y en a une, impérative, qui est l’âge de l’enfant. Mais aussi une entente parentale minimum qui permette une communication fréquente pour une cohérence éducative.

      Vous citez Neyrand, mais est-il un spécialiste en santé mentale infantile ? Non ! il est sociologue et tout dernièrement dans une emission de France inter, sur ce sujet, il s’est montré beaucoup, beaucoup plus réservé sur la question. Son « étude » qui datait de 1994 ou 1996 avait non seulement un faible échantillon mais un échantillon de familles qui avaient opté pour cette disposition, et non à qui la justice l’avait imposée.
      Le Camus a aussi fait les mêmes réserves dans une interview fin 2009 !
      Le week endf dernier dans la revue Fémina qui accompagne le JDD, sont interviewées les pédopsychitres Nathalie Prietto et Marie-Claude Valléjo : elles considèrent que les enfants de moins 5 ans doivent être exclus de la RA et que par ailleurs, au delà de cet âge, la souplesse est indispensable. Ce qui exclut une résidence alternée imposée. Florence Brunet qui a fait l’étude de la CNAF ne dit pas autre chose dans cet article lorsqu’elle affirme que cette étude de la CNAF a démontré que « Ce mode de garde exige une grande souplesse et l’équilibre est difficile à maintenir sur la durée ».

      Les motifs de justification de la proposition de loi Mallié-Decool sont des contre vérités et je l’ai démontré dans un article sur Village Justice :

      http://www.village-justice.com/articles/Residence-alternee,11155.html

      Quant au « syndrome d’aliénation parentale »/aliénation parentale, ce concept ne repose sur aucune base scientifique, et j’en donne les preuves ici :

      http://www.village-justice.com/articles/Syndrome-alienation-parentale,10382.html

      Le professeur Golse a raison : les débats sur la garde alternée sont des débats d’adultes qui ont une vision auto centrée et narcissique sur le monde de l’enfance.

  5. Je me disais bien que Jacqueline Phelip était de la partie… On passe donc d’une pseudo analyse a priori neutre publiée sur un site « intello » par une dispensatrice de « conseils éducatifs » (les bons, s’entend) à une saillie de l’auteure du « livre noir sur la garde alternée ». Ce n’est plus tout à fait la même chose.

    Votre sortie dessert évidemment la neutralité du billet, même si évidemment chacun a le droit de défendre ses idées;

    Votre technique qui consiste à tenter de disqualifier les auteurs qui ne sont pas d’accord

  6. Je me disais bien que Jacqueline Phelip était de la partie… On passe donc d’une pseudo analyse a priori neutre publiée sur un site « intello » par une dispensatrice de « conseils éducatifs » (les bons, s’entend) à une saillie de l’auteure du « livre noir sur la garde alternée ». Ce n’est plus tout à fait la même chose.

    Votre sortie dessert évidemment la neutralité du billet, même si évidemment chacun a le droit de défendre ses idées;

    Votre technique qui consiste à tenter de disqualifier les auteurs qui ne sont pas d’accord avec vous et faire la promotion de vos propres écrits est un peu faiblard.

    Soyez concrète et dites-nous ce qui vous pose problème dans l’article 1, 2, 3, 4 5 ou 6 de la proposition de loi.

    Bon dimanche.

      • C’est nécessaire, mais c’est bien de faire tomber les masques.

        Dire qu’on est neutre quand est contre, c’est très tendancieux. Tous les points de vue sont défendables et assumez vos positions.

        Et répondez à ma question by the way. Quels sont les articles qui ne vous conviennent pas dans la proposition de loi (au cas où vous l’auriez lue naturellement)?

    • Monsieur Maxime

      Vous confondez apparamment avis, opinions ou convictions personnels avec des références documentées.
      Il se trouve que je n’avance jamais rien sans mettre les références appropriées auxquelles chacun peut se rendre.
      Il se trouve qu’il y a un consensus des spécialistes en santé mentale infantile, je répète : spécialistes en santé mentale infantile, en ce qui concerne la résidence alternée. Lorsqu’un enfant ne va pas bien, on ne demande pas une consultation à un sociologue, un psychiatre d’adulte ou un travailleur social.
      Il se trouve qu’en ce qui concerne l’aliénation parentale, ce sont les chercheurs, connus en tant que références internationales comme spécialistes des conséquences du divorce sur les enfants, qui sont tous directeurs ou membres d’un programme de recherche sur l’aliénation parentale, et avec qui nous sommes en contact depuis plus d’un an, qui nous ont autorisés à publier les documents qu’ils nous ont fournis.

      Monsieur Mallié a menti dans les justificatifs de sa propositioin de loi. Je ne me contente pas de l’affirmer, je donne les liens qui le démontrent. !

      La loi de mars 2002 qui ne comporte aucun garde-fous permet déjà aux Juges d’imposer des résidences alternées à n’importe quel âge d’un enfant et quel que soit le contexte parental, y compris lorsque l’enfant est encore allaité, y compris quand il y a eu des violences intra-familiales!
      Alors dire qu’il faudra que le « parent », c’est à dire la mère, fasse la preuve que la RA n’est pas bonne pour l’enfant parce qu’il est trop jeune ou parce que le père s’en peu occupé auparavant relève d’une abyssale hypocrisie !

      Quant il s’agit de santé mentale infantile, on ne reste pas « neutre » monsieur Maxime, les enfants ne sont pas des actions en bourse, ou soumis à des « points de vue ». Ils ont des besoins qui leur sont propres et qui ne sont pas toujours congruents avec ceux des parents. Encore faut-il les connaitre. C’est ce que vient de faire le professeur Golse dans un article publié dans Actualités Juridiques Famille, revue qui s’adresse aux avocats et magistrats, numéro qui vient de sortir.

      Et voici un autre lien d’article d’il y a quelques jours, où s’expriment d’autres pédopsychiatres
      Et c’est même une association de droits des pères qui le met en ligne :

      http://www.lplm.fr/spip/spip.php?article4034&utm_source=lplm&utm_medium=twitter

  7. Bonjour Maxime, bienvenu sur le blog collectif des VI. Comme dit Elodie, ici on partage nos interrogations, et on est libre de dire ce que l’on ressent, comprend de textes et sujets que nous voulons PARTAGER. Une réponse à Elodie serait de rejoindre la communauté de neurones, qui manque cruellement de neurone XY, et de nous faire partager votre lecture des 6 articles de ce projet de loi. A très bientôt j’espère!

  8. Bonjour à tous,
    Tout d’abord merci à Conseils Educatifs de sa contribution et d’avoir entrepris de mettre ce sujet au coeur des réflexions des familles à l’honneur sur les Vendredis Intellos.

    J’ai un peu attendu avant d’exposer mon avis parce qu’il me semblait que votre échange était enrichissant mais il me semble maintenant nécessaire de poser certaines choses…
    Par ailleurs, n’ayant jamais été confrontée à un divorce, j’avoue que la garde alternée est un sujet que je maîtrise assez mal… Je me rends compte aussi dans vos réactions ainsi que dans mon premier mouvement de recul à l’idée d’être incompétente sur le domaine quelle importance le vécu et la situation personnelle de chacun prend sur cette question bien délicate…

    Je vais donc essayer d’analyser les choses avec les grilles que je connais (au risque d’en paraître décalée) parce qu’entre culpabilité, image du père, de la mère ou de la famille parfaite, intérêt des enfants VS intérêt des parents, il me semble apparaître ici (en exacerbé!) rien de plus que les pressions habituelles et les tensions que vivent les parents dès la conception de leur enfant…

    Je comprend les questions de Conseils Educatifs sur la proposition de loi: les rapports ministériels ressemblent rarement à des rapports scientifiques, les chiffres ne sont pas argumentés et les préjugés sont palpables et aussi louables que soient les intentions, la formulation est souvent décevante et frustrante…

    Il me semble aussi tout à fait nécessaire de vous rappeler, comme l’ont déjà fait Conseils Educatifs et Muuuum (et je les en remercie) que tout le monde ici est libre d’exprimer son ressenti et ses opinions dans le respect bien entendu de celles des autres… Je n’ai pas pour habitude de prendre parti en faveur d’une idéologie ou d’une autre (même si nous frayons souvent avec des sujets tels que l’allaitement maternel ou les personnes sont très enclines à se positionner en terme de « pour » ou « contre »…) ce n’est donc pas maintenant que je vais commencer!!!

    Je constate, en lisant vos expériences personnelles que les souffrances sont nombreuses, aussi bien côté parent que côté enfant…Le divorce semble placer tout le monde devant une injonction paradoxale difficilement solvable: un enfant qui souhaite que ses parents arrêtent de se disputer tout en restant ensemble, des parents qui souhaitent se séparer tout en continuant de partager avec la même intensité le quotidien de leur enfant… Voilà des désirs bien légitimes!!! Même si en partie voués à l’échec… D’où la souffrance et le deuil….

    Mais ce qui se rajoute de surcroît c’est qu’alors même que les autres tensions familiales sont habituellement résolues à l’intérieur du contexte familial, dans le cas du divorce, c’est la société toute entière, par l’intermédiaire de la justice qui s’immisce au coeur des choix des parents… Et en ce sens, les deux pauvres petites possibilités « garde alternée ou non » semblent bien maigres pour correspondre à l’immense richesse et diversité des familles!!!

    J’ai donc bien l’impression qu’une prise de position stricte en faveur de l’un ou l’autre des dispositifs serait aussi stérile que de proposer un algorithme pour décider si une mère doit ou non allaiter au sein son bébé (je fais volontairement le parallèle entre ces deux sujets polémiques…). Il y a des pères démissionnaires, il y a des mères démissionnaires, il y a des situations où les parents arrivent à conserver de bonnes relations et d’autres où cela n’est pas possible, il y a des situations où les parents arrivent à rester habiter à proximité l’un de l’autre et d’autres ou cela n’est pas possible, il y a aussi des situations où la distribution des rôles entre l’homme et la femme ont poussé la mère (ou le père) à surinvestir la sphère domestique dont les soins quotidiens aux enfants et l’entretien de la maison, il y en a d’autres où la répartition des tâches est plus équilibrée, il y a des enfants qui vivront mal le rythme imposé par la garde alternée et d’autres qui s’en accommoderont sans difficulté…. Comment dire alors ce qui serait bon pour tous????

    Notre devoir en tant que parents n’est pas d’être parfaits, ni d’offrir à nos enfants une vie parfaite mais de rester sans cesse à l’écoute des besoins de nos enfants ainsi que des nôtres en respectant avec autant de déférence leurs émotions et les nôtres… Les mères qui travaillent se demandent sans cesse si elles privilégient leur intérêt ou celui de leur enfant, les parents épuisés qui réclament du sommeil ou des loisirs se demandent sans cesse si ils doivent privilégier leur intérêt ou celui de leur enfant, les parents dépressifs ou malades se demandent sans cesse s’ils privilégient leur intérêt ou celui de leur enfant… la liste est longue!!!! Arrêtons de voir l’un ou l’autre comme incompatibles, et trouvons un autre chemin plus respectueux dans cette culpabilité qui nous étouffe… A titre de conclusion, je vous renvoie à la contribution du jour de Clem qui peut nous aider à y voir plus clair (sur la question de la culpabilité et de l’articulation intérêt de l’enfant/intérêt du parent dans un contexte hors divorce)
    https://lesvendredisintellos.com/2012/01/20/trop-de-culpabilite-tue-la-culpabilite/

    • Votre propos est sage, mais la » grille » qui est la votre ou qui serait la mienne, ne peut hélas être celle du pouvoir judiciaire. Celui-ci intervient lorsque les parents sont inaptes à s’entendre et qui plus est, en un moment de turbulences où divers sentiments comme le dépit, la jalousie, la frustration etc. occultent l’intérêt de leurs enfants.
      C’est la raison pour laquelle, je précise toujours qu’il ne s’agit pas d’être pour ou contre la résidence alternée, mais de connaitre les conditions requises pour son application. A titre d’exemple, poserait-on la question d’être pour ou contre les antibiotiques ? certainement pas, mais on doit définir pour qui ils sont à prescrire, dans quelles conditions et à quelle posologie, cette dernière variant selon l’âge du patient.
      En sachant aussi qu’une auto médication sans avis médical pourrait avoir de lourdes conséquences.
      Autrement dit : lorsqu’un juge impose une résidence alternée d’une semaine/une semaine à un bébé de douze ou quatorze mois, il n’a aucune conscience de ce que sont les aptitudes cognitives et la mémoire d’un enfant de cet âge. Et les risques psychiques pour l’enfant sont d’autant plus graves que les parents sont inaptes à coordonner les habitudes routinières de l’enfant.
      Alors s’agit-il de culpabiliser qui que ce soit ? la réponse est non. Mais il est indispensable que les choix, qu’ils viennent des parents ou des juges soient éclairés.

      On pourrait en dire autant de l’allaitement maternel. N’en faire qu’une question de féminisme est surprenant. le lait maternel est, et pour cause, ce qu’il y a de mieux pour un bébé et particulièrement pour l’immunité que ça lui procure. Sachant aussi que l’allaitement préserve davantage la femme du cancer du sein. A partir de là, chaque femme prend la décision qui lui sied, mais au moins elle la prend en connaissance de cause.

      En conclusion, l’intérêt d’un enfant n’est pas toujours compatible avec l’intérêt de ses parents, et il est du devoir des parents de faire passer l’intérêt de leur enfant avant le leur. Encore faut-il connaitre quels sont les besoins essentiels des enfants qui varient avec leur âge et non avec des modes et moins encore des idéologies.

      • « Encore faut-il connaitre quels sont les besoins essentiels des enfants qui varient avec leur âge et non avec des modes et moins encore des idéologies. »

        cela devrait s’appliquer à chaque situation de couple alors, que dire des familles où les enfants sont délaissés voir maltraités, des familles de junky, ou pire les « cas-sociaux » dont les enfants traînent les rues… ha oui quelles belles idéologies !!!
        les juges statuent-ils en fonction des besoins essentiels des enfants, pas certaine vu les situations qui perdurent

        alors oui la garde alternée est bénéfique pour les enfants, et non ça ne les met pas en péril d’un point de vue physique ou psychologique
        les enfants ont besoin de leur 2 parents à part égale quoi qu’en pense certain

  9. Merci pour cet article. C’est en effet un sujet compliqué. Je n’ai pas eu le même ressenti que toi, Elodie, en lisant l’introduction de la loi. Je suis d’accord avec toi pour l’accumulation de chiffres et la non précision des sources, l’argument perd de son intérêt. Mais je crois qu’ils essaient d’expliquer l’importance du père puisqu’on a tendance à donner la priorité sur la mère (si ça a vraiment changé, c’est quand même récent). Je pense qu’il faut voir cette loi comme une volonté de mettre plus d’égalité entre le père et la mère. Il y a des exceptions, c’est sûr, mais en théorie, les deux ont envie de s’occuper de leurs enfants. D’où la citation dans l’introduction : « Aussi le magistrat doit-il se montrer très attentif aux raisons qui font qu’un parent réclame la résidence unilatérale ».
    Certes, il est bon de placer l’intérêt des enfants avant tout mais dans ce domaine, il faut être prudent : comme il est impossible de déterminer a priori quel est le meilleur intérêt de l’enfant, les lois sont faites pour laisser la possibilité à chaque parent de s’occuper de son enfant. Par définition, la loi ne peut donc pas être parfaite puisque chaque famille est unique.
    Effectivement, on parle d’un sujet difficile puisque toute séparation crée de la souffrance. La neutralité est pratiquement impossible.
    Pour ma part, j’ai vu mon père souffrir de sa séparation (avec sa première femme, pas ma mère) : il ne voyait ses enfants qu’un week-end tous les 15 jours. C’était le système par défaut et je ne trouve pas ça juste, ni pour le père, ni pour les enfants. Alors, je suis pour l’idée de vouloir faire quelque chose pour changer ça.
    En tout cas, c’est un sujet très important, il faut en parler c’est certain !

    • Selon le ministère de la justice, en 2007, la résidence alternée passe de 5% à 18 % pour des enfants entre 0 à 9 ans.

      1% des enfants de moins d’un an était à la garde de leur père, 5 % en résidence alternée.

      A l’âge de 2 ans, 3% étaient à la garde de leur père, 12,6 en résidence alternée ;

      à 3 ans, 3,7 % vivaient chez leur père, 15,4 étaient en résidence alternée ;

      à 4 ans, 4 % étaient en garde chez leur père, 15, 4 % en résidence alternée etc.

      Les mères n’ont pas à être « avantagées », mais il s’avère que dans l’immense majorité des cas, ce sont elles qui sont les principales pourvoyeuses de soins.

      Et pourquoi toujours opposer résidence alternée versus week end sur deux ?

      les spécialistes recommandent un système progressif qui évolue avec l’âge de l’enfant.

  10. la garde alternée est à mon sens la meilleure solution pour les enfants (et accessoirement les parents) à partir du moment ou les enfants sont totalement et régulièrement intégré dans l’organisation de cette garde justement
    les avantages étant tout simplement le lien gardé entre les parents et leurs enfants
    les enfants ne sont pas stressés par les séparations continuelles, le rythme est régulier, ils ont les 2 avis (mère-père) à porté, aucun besoin d’avoir un sentiment de culpabilité puisque les droits (et les devoirs) sont partagés équitablement

    de plus pourquoi l’un des parents devrait avoir plus de droit (ou moins, selon les situations)

    maintenant il est vrai que cela suppose un niveau de vie adéquate, afin d’avoir quand même le plus de choses en double à chacun des domiciles, une certaine proximité pour favoriser les échanges, et la proximité des écoles est appréciable également, mais tout cela reste du matériel

    le plus important restant le bonheur et l’équilibre des enfants, qui est de toute évidence auprès de ses 2 parents

  11. Je reprends le débat…

    1) Contrairement à ce que dit Jacqueline Phelip, il n’y a évidemment aucun consensus des spécialistes de l’enfance pour dénoncer la résidence alternée. Chacun autour de nous peut constater que c’est un système qui donne des résultats très satisfaisants si quelques conditions, notamment matérielles, sont remplies. La plupart des spécialistes sérieux sont pour. Certains émettent des réserves légitimes au sujet de l’âge, notamment pour la très petite enfance.

    2) Il faut arrêter d’opposer l’intérêt des parents et des enfants. Les papas et les mamans ont pour but l’intérêt et le bon développement de leurs enfants. Si je me bagarre pour la résidence alternée, c’est évidemment pour que mes deux petites filles puissent vivre et connaître le quotidien de leur papa. Ca me semble indispensable à leur construction.

    3) La loi actuelle permet toutes les interprétations d’une juridiction à l’autre. J’ai la malchance d’avoir été jugée par une JAF très matriarcale qui a donné à mon ex un véritable droit de véto. A Paris ou Lyon, je serais allé plaider ma cause en sifflotant. Là, je me suis fait littéralement massacré (et mes filles aussi). On sait à quel point les décisions iniques sont génératrices de conflit. J’ai donc fait appel et j’attends la décision. Pour l’instant, mon ex et moi avons englouti 8.000 euros en frais de justice, dont nous avons privé nos filles.

    4) Pour revenir à la proposition de loi maintenant. Outre l’audition de l’enfant dont j’ai déjà parlé et qui ne me semble pas être une bonne idée, il faut retenir quatre points principaux :

    a) la proposition de loi lutte contre les déménagements intempestifs du parent gardien. Le déménagement est un grand classique, parfois même recommandé par des avocats véreux, pour couper la relation avec le parent non gardien. Je vous recommande à ce sujet l’article publié sur le blog de la psychologue Elodie Cingal (et de lire au passage son compte rendu de l’ouvrage de Jacqueline Phelip ;o)). La loi ne dit rien à ce sujet et la proposition met des barrières aux déménagements intempestifs.

    b) la PPL punit de prison et d’amende l’entrave ou la manipulation d’un parent pour dégrader sa relation à l’autre parent. On en revient au syndrôme d’aliénation parental. Rien n’interdit aujourd’hui (à part le bon sens) à un parent de détruire l’image de l’autre auprès de son enfant. La PPL lutte contre ça.

    c) la PPL promeut la médiation.

    d) la PPL pose que la résidence alternée est la solution de principe. Si un parent y est opposé, il doit démontrer que la solution ne va pas dans le sens de l’intérêt de l’enfant. Le juge apprécie ensuite. La résidence alternée ne peut pas fonctionner dans tous les cas, c’est une évidence (notamment en cas de distance ou de parent défaillant). Le juge entendra les arguments et tranchera en argumentant. Dans la situation actuelle, c’est souvent au père de démontrer qu’il est un père normal et que les conditions sont remplies. Mais si le juge est opposé au principe, c’est foutu.

    Voilà, rien de sorcier. Et il est très dommage que « Conseils éducatifs » n’aie pas lu ce texte avant d’en parler.

    Bonne soirée et bon dimanche.

    Maxime

    • En effet Maxime, faire des affirmations péremptoires n’a rien de sorcier. Et chacun peut en faire autant.
      Vous citez Elodie Cingal qui, non seulement ne connait pas la théorie de l’attachement, mais ne se souvenait plus du nom de Lamb qui est pourtant un chercheur connu internationalement !

      Voici les avis de spécialistes, (et encore, ils n’y sont pas tous, certaines publications ne pouvant être mises en ligne)

      http://www.lenfantdabord.org/lenfant-dabord/avis-de-specialiste/

      Quant au syndrome d’aliénation parentale, je vous engage à lire ces deux publications qui émanent d’universitaires- chercheurs qui travaillent ce sujet depuis des années.
      Lorsqu’un enfant refuse ou rejette un parent, la raison la plus fréquente parmi toutes les étiologies possibles, tient aux carences et déficiences parentales du parent refusé ou rejeté et non d’une manipulatioçn quelconque !

      Cliquer pour accéder à Publication-Johnston-Goldman3.pdf

      Cliquer pour accéder à SAP-ou-Aliénation-parentale1.pdf

      • Merci de toutes ces références que j’espère que nous aurons l’occasion d’analyser et de débattre ici… Mais ne nous battons pas à coup de bibliographie!! ;) Si seulement le fait d’être enseignant-chercheur suffisait pour toujours dire des choses vraies et pertinentes, cela se saurait malheureusement!! :D

      • « Lorsqu’un enfant refuse ou rejette un parent, la raison la plus fréquente parmi toutes les étiologies possibles, tient aux carences et déficiences parentales du parent refusé ou rejeté et non d’une manipulation quelconque ! »
        Je suis d’accord avec cela. Un enfant peut être monté contre son beau-parent très facilement puisqu’il le voit déjà à la base comme un intrus. Mais un enfant aime énormément le parent qu’il voit moins souvent, il est très compliqué de faire en sorte qu’il ne l’idéalise pas (encore plus compliqué de le monter contre ce parent).

        Le débat semble tourner en « regarde je fais ça pour mes enfants donc je suis le meilleur parent du monde » ou en reprises par une asso militante pour les pères (bien plus que pour les enfants… j’ai eu affaire à eux pour le savoir), c’est dommage. Les spécialistes de ceci ou cela auront toujours une étude sous le coude pour vous dire que vous avez raison les uns et les autres. Le souci est que la justice ne devrait pas tant se mêler des histoires de famille, la plupart du temps un dialogue entre les parents devrait être suffisant, sans norme imposée par qui que ce soit et sans devoir se justifier de quoi que ce soit ! Les normes et les justifications ne sont bonnes pour personne. Les cas de maltraitance, à quelque degré que cela soit, devraient être les seuls à n’avoir pour regard qu’un juge surpuissant et des spécialistes qui font dire ce qu’ils veulent à leur spécialité comme à leurs études.

        Les parents divorcent donc ne vivent plus ensemble, donc l’enfant doit faire ce deuil. Il n’a rien demandé, mais puisque les parents divorcent, il n’a pas le choix. On ne peut pas continuellement vivre dans le regret du passé, c’est entretenir le schéma de refus du deuil de la séparation que de faire cela. Si l’on ne veut pas que l’enfant ne voie plus ses deux parents chaque jour avec lui, on ne se sépare pas (ce qui est aussi stupide à dire que de calculer le nombre de jours où vos enfants seront chez l’un et chez l’autre parent, quand on sait que la réalité est que la MAJORITE des pères confient leurs enfants à leur nouvelle femme pendant qu’ils vont bosser tard… ce que les enfants n’ont pas plus envie de vivre que cette nouvelle femme, d’ailleurs. Ce qui compte, ce n’est pas la quantité mais la qualité des relations. Et elles peuvent être de bien meilleure qualité en petit nombre avec vous en congés qu’en grand nombre avec vous au boulot de leur lever à leur coucher. Et surtout elles seront de bien meilleure qualité si vous arrêtez de compter et vous consacrez à vos enfants quand vous les avez chez vous.).

        Je n’interviens plus dans ce débat qui vire aux justificatifs dignes d’un dossier de jugement, il faudrait retirer la passion d’un tel débat pour le rendre possible (ce qu’Elodie a fait dans son billet, d’ailleurs).

    • J’insiste une fois encore… Pourrait-on s’il vous plait continuer de débattre sans sous entendus désagréables sur les idées des uns et des autres…? Je lis votre désarroi, votre souffrance ainsi que celle vous voyez chez vos enfants ainsi votre sentiment d’injustice intolérable… J’insiste également sur le fait que l’article initial n’avait pas pour objectif une quelconque exhaustivité, ni de présenter un point de vue synthétique sur le sujet… mais simplement de débattre d’un texte…
      Je souhaite vivement que des contributions sur la garde alternée soit de nouveau publiée notamment pour décortiquer tous les textes que les uns et les autres ont cité…

      • Ben moi, j’aimerais bien que l’on réponde concrètement à cette proposition de loi… C’était le point de départ du débat et personne n’en parle..

      • Vous me rendez perplexe mmedejantee……s’agit-il de débattre sur des « idées » ou sur des connaissances avérées ? Une biblographie ne sert pas de débats, mais uniquement à référencer des affirmations faites.
        Ce n’est pas d’être « enseignant-chercheur » qui présente un intérêt quelconque, mais de savoir quelles études scientifiques a réalisées le chercheur en question.
        Une étude scientifique doit répondre à une méthodologie précise, selon un protocole et des normes qui dépendent du champ disciplinaire. Chaque étude est soumise de façon anonyme à l’évaluation par des pairs ou comités de lecture afin d’être publiée. Ces lectures par des pairs servent à évaluer les erreurs de méthodologie éventuelles ou les interprétations erronées d’autres études de chercheurs qui seraient citées.
        Les revues internationales les plus cotées soumettent les études à plusieurs relectures avant de les publier, et une publication dans une revue cotée est recensée dans Medline ou Pubmed. Les résultats sont considérés comme recevable lorsque les conclusions de ces diverses études aboutissent à un consensus dans l’ensemble de la communauté scientifique concernée.

        Autrement dit, lorsque vous consultez un pédiatre, un chirugien etc. les diagnostics et soins qu’ils vous apportent ne viennent pas de leurs opinions personnelles ou de leurs « idées » mais de connaissances qui émanent des études des chercheurs !

        Je vais faire comme Cecilie et arrêter ces discussions impossibles et surtout stériles quand les arguments compassionnels prennent le pas sur la raison.

        • Je me suis probablement mal exprimée…L’intérêt de s’appuyer sur des recherches de qualité est évident et vous n’avez pas besoin de me le prouver (même si je suis beaucoup plus partagée que vous sur le fait que les conseils des professionnels de médecine s’appuie sur des connaissances non empreintes d’opinions)…
          Comme vous l’avez souligné très justement les arguments compassionnels se mêlent ici à la raison, cela est probablement du au fait que nous n’avons pas tous le même statut vis à vis du sujet que nous évoquons…
          N’ayant pas vécu personnellement de divorce ni de conséquences d’un divorce, je suis tout à fait à même de débattre d’arguments rationnels comme vous le proposez…mais cela n’est pas forcément aussi simple pour tout le monde, notamment ceux qui sont encore aux prises avec des souvenirs ou des situations douloureuses, c’est simplement cela que j’ai voulu rappeler…
          Ceci étant, je ne pense pas que cela empêche le débat, cela le « ralentit » sûrement, mais je ne pense pas qu’on puisse arriver à des conclusions solides où la collaboration entre acteurs judiciaires, sociaux et éléments familiaux est assurée sans en passer par considérer cette part de la réalité…

  12. Je suis fille de parents divorcés. Mes parents se sont séparés quand j’avais 12 ans, mon frère aîné 15, ma petite soeur 9 et mon petit frère 6.

    Jamais, nous n’avons été entendu par le juge aux affaires familiales.

    Mes parents ont convenus entre eux d’un arrangement et nous avons suivi « le mouvement ». Ma mère n’avait pas un salaire suffisant pour nous avoir, mon père ne pouvais pas lui verser une pension pour 4 enfants!

    Nous avons vécu chez mon père, qui nous encourageait à aller voir notre mère quand on le souhaitait alors qu’ils ne s’adressaient plus la parole. Il a su respecter mon choix de couper provisoirement les ponts avec ma mère quand j’avais 17 ans.

    Alors qu’ils se détestaient, ne pouvaient pas tenir dans une pièce sans s’insulter, mes parents ont eu l’intelligence de ne pas « compter » les jours chez l’un, ou chez l’autre.

  13. Pour moi, le problème de la garde « classique » c’est qu’elle n’est pas suffisante… 4 jours par mois c’est vraiment ridicule non ? Si on devait m’imposer ça je deviendrai folle. Vraiment.
    Aujourd’hui je vois mes enfants 15 jours par moi et c’est déjà très peu. Donc j’imagine très bien que c’est la même chose pour mon ex (qui a demandé le divorce).
    Quand ils sont chez leur père, j’essaie, autant que possible de « couper la semaine » en les prenant les mercredi ou un soir après l’école dans la semaine. Parce que j’ai bien conscience que mon bébé est tout petit à 27 mois… mais il est tellement proche de son père… aussi.
    C’est un déchirement pour nous de devoir se les « partager » de la sorte. C’est une situation que je n’ai jamais envisagé avant… comme je n’avais jamais envisagé de divorcer un jour.
    Mais c’est la situation qui nous paraît la plus « équilibrée » pour les enfants et pour nous… parce que j’insiste là dessus, mais le bien-être des parents contribuera à celui des enfants et également à la bonne entente entre les parents. Et c’est ça qui me semble être la priorité : ok l’amour n’est plus là, mais le respect doit perdurer pour le bien des enfants. J’ai conscience que c’est rarement le cas. Mais il faudrait une loi pour obliger les parents à se mettre un peu à la place de l’autre mais aussi à la place de leurs enfants, parce que malgré tout ce que vous dites, j’aurai préféré 100 fois avoir 2 maisons (dans la mesure évidemment où on garde la même école, mêmes activité, et même rythme surtout) que de ne voir un de mes parents que 4 jours pas moi.

    On ne dit rien des mères qui aussitôt le divorce prononcé, déménagent à des centaines kilomètres de chez leur ex-mari, avec leurs enfants. sous prétexte de refaire leur vie… est-ce que ce n’est pas le parent qui pense à lui là dans ce cas là ??
    Notre objectif à nous est de ne pas dé-scolariser les enfants, et donc c’est le parent qui devra partir (j’ai bien conscience que la résidence à proximité est un peu illusoire à long terme) qui laissera la garde à l’autre. Mais dans ce cas, on fera tous les deux notre possible pour que l’autre parent voient ses enfants un maximum… et de ne surtout pas se cantonner à 2 week-end par mois.

    Je rejoins Cécilie quand elle dit que la justice ne devrait pas avoir à se mêler de ça. Au mieux un médiateur familial devrait raisonner les parents pour qu’ils s’entendent sur la question.
    Je suis un plus septique sur cette idée de qualité et de quantité… le père (parce que c’est souvent de lui qu’il s’agit) se retrouve alors avec le « beau » rôle… celui des vacances, du jeu, du plaisir… la mère se tape les devoirs, les couchers difficiles, le stress du matin…

    J’ai de la chance, mon ex et moi nous entendons bien et je suis convaincue que c’est la moins mauvaise solution pour nous.

    Mais je reprends cette phrase : « Lorsqu’un enfant refuse ou rejette un parent, la raison la plus fréquente parmi toutes les étiologies possibles, tient aux carences et déficiences parentales du parent refusé ou rejeté et non d’une manipulatioçn quelconque ! »
    Comment ne peut-il pas y avoir de carence lorsqu’on ne voit son enfant que 4 jours par mois ? Y a des spécialistes qui travaillent la dessus aussi ???

  14. A Madame Déjantée :

    Je ne pense pas qu’il soit nécessaire d’être parent et/ou d’avoir vécu une séparation pour « sentir » qu’un enfant a besoin de ses deux parents pour se construire.

    De la même manière, il est assez patent que l’enfant peut être instrumentalisé par l’un ou l’autre des parents, et parfois même par les deux. La loi ne prévoit rien contre cela. Le nouveau dispositif pallierait cette carence.

    Quant au reste, c’est de la mousse…

    • J’ajoute que le combat en faveur de la résidence alternée est un combat d’arrière-garde (comme le vote des femmes, la peine de mort, le mariage homosexuel, etc.).

      Dans dix ou vingt ans, nous relirons ces débats avec un regard amusé. Mais nous vivons tous dans le présent et il est urgent d’agir.

      Bonne journée.

  15. Force est de constater que l’intérêt de l’enfant ne passe pas nécessairement par la résidence alternée.La résidence alternée n’est envisageable que dans les couples qui parviennent à faire le départ entre leur rôle de parents et leur conflit conjugal. A défaut, elle risque de faire de l’enfant l’otage de l’affrontement des parents, alimenté par les difficultés de l’organisation quotidienne qui ne manqueront pas de surgir. A nier le conflit, on ne risque que de l’attiser.
    Certains commettent une erreur de perspective en cherchant à rétablir « l’égalité » entre le père et la mère, quand il ne s’agit que de servir au mieux l’intérêt de l’enfant. C’est méconnaître les différences biologiques et symboliques qui séparent les rôles respectifs du père, qui guide l’enfant vers l’extérieur et le social, et celui de la mère, qui rassure et donne la confiance.
    La mesure de ces difficultés et de ces différences doit être envisagée de façon particulière, s’agissant d’enfants en bas âge et de nourrissons qui ne sont pas encore autonomes et dont l’équilibre psychologique futur dépend de l’énergie qu’on aura mis à les protéger et à les rassurer plus qu’à les conquérir…

  16. Une anecdote vécue ce matin : j’habite en face de l’école de mes filles et je vais travailler à pied (à 800 mètres). Je les croise assez rarement, mais cela fait deux matins de suite que ça m’arrive.

    Mes puces (4 et 5,5 ans) se sont évidemment jetées sur moi (« papa, papa… »), mais mon ex m’a lancé un regard haineux : »Maxime, il faut qu’on parle et il faut que tu arrêtes! ». Moi, naïf : « Euh, quoi? ». Elle : « Quand tu croises les filles, ça les perturbe… ».

    What else?

    • Je ne connais pas ton histoire avec ta femme et pourquoi elle t’en veut autant… mais c’est vraiment moche. Je vois pas bien en quoi ça les perturbe de voir leur papa. Moi quand les enfants sont chez mon mari, j’essaie de les voir le plus souvent possible quand même… et je laisse mon mari les voir autant qu’il veut quand ils sont chez moi.

  17. Pingback: Parents imparfaits : et alors ? {mini-débrief} « Les Vendredis Intellos

  18. Aucune idée non plus.

    On est dans l’irrationnel le plus total, mais elle a juridiquement raison, puisque le juge a massacré le droits de mes filles à voir leur père plus de six jours par mois, m’a massacré dans mes droits, m’a massacré financièrement.

    La décision inique du juge lui donne un sentiment de superpuissance. C’est un grand classique.

  19. Pingback: L’absence du père « Les Vendredis Intellos

  20. Pingback: Mémoire - Monoparentalité et l'Ecole | Pearltrees

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