Après l’accouchement, plus vite à la maison ! Le Prado (Programme d’accompagnement d’accouchement à domicile)

Mmm, le Prado, célèbre musée madrilène, abritant le célèbre Jardin des Délices de Bosch, les Ménines de Velasquez ou Saturne de Goya…  Bon, ok. Ce que recouvre l’acronyme Prado  est ici un peu moins glam’ que ce qu’il évoque. Mais la démarche est suffisamment intéressante pour qu’on la souligne !

L’assurance Maladie s’attache à développer le programme d’accompagnement d’accouchement  à domicile (Prado), qui permet à la maman et à son enfant de regagner, après l’accouchement, plus rapidement le cocon familial en raccourcissant leur séjour à la maternité.  Cela ne concerne, et heureusement, que les femmes dont l’accouchement s’est déroulé sans encombres (naissance unique, voie basse…). L’Assurance Maladie propose donc de remplacer un long séjour à la maternité par des visites d’une sage femme à domicile.

Je doute que cette initiative soit purement altruiste de la part de l’Etat. Le but étant, bien entendu, de réaliser des économies non négligeables en raccourcissant la durée de l’hospitalisation.

Mais ceci dit, je me réjouis de cette décision. Il me semble plus compliqué de s’épanouir pleinement dans son nouveau rôle de mère lorsque l’on dort sur un lit d’hôpital, certes, confortable, mais impersonnel au possible ; lorsque le berceau que l’on propose à l’enfant fraîchement sorti du corps de sa mère, est en plastique transparent (pour ma part, c’est grâce à cet horrible berceau que l’on a commencé le cododo), lorsque nous sommes infantilisées par un personnel soignant qui se pense omniscient et omnipotent… (Même si ce n’est pas la majorité, c’est malheureusement la tendance…)

A titre d’exemple, deux jours après mon accouchement, le pédiatre a décrété que mon fils, allaité, ne prenait pas assez de poids (il manquait 50g par rapport à la « norme » !). Il a donc décidé de nous garder deux jours de plus en observation : c’est précisément ce qui a déclenché ma « dépression post-partum »… qui s’est arrêtée au moment même où nous sommes rentrés à la maison.

Mais j’ai tout de même en tête le cas d’autres mamans, dont l’accouchement s’est a priori bien passé, mais qui étaient peu assurées, à la naissance de leur enfant. Peu assurées, dans leur nouveau rôle de mère. Dans la mise en place de leur allaitement. Submergées par ce que l’on appelle la dépression post-partum. Parce que, même si elle est normale, elle peut  prendre le pas sur le bonheur de vivre ses premiers instants avec son enfant. Certaines mamans ont naturellement besoin d’être plus encadrées, sans quoi elles auront l’impression de perdre pied.

Alors comment accueillir cette initiative ? Est-elle à applaudir ou à critiquer ?

Mum & wild

12 réflexions sur “Après l’accouchement, plus vite à la maison ! Le Prado (Programme d’accompagnement d’accouchement à domicile)

  1. Bon article. Je partage ton questionnement. Mais à mon avis, ce qui m’apparait important, comme pour tant d’autres sujets, c’est d’avoir le choix !
    Et en cela, je trouve que c’est une bonne nouvelle. A condition que cela soit bien appliqué. Oui, il y a des femmes qui préfèrent rester à l’hôpital, pour « souffler », pour se sentir entourées ou tant d’autres raisons qui leur sont propres… Et d’autres qui, au contraire, voudraient rentrer vite chez elles. Ne serait-ce que pour manger de la nourriture digne de ce nom, ou pouvoir dormir sans être réveillée par la 14 ème visite de personnel médical et la 50ème inspection de votre intimité qui a déjà bien souffert.
    Mais bien sûr, je parle là pour les femmes pour qui tout s’est bien passé, lorsqu’il n’y a pas d’obligation médicale pour la mère ou l’enfant. Mais là encore, cela reste à définir. Bien sûr que si bébé est en néonat, on n’a pas trop le choix. Mais un bébé qui n’a pas pris « assez » de poids, est-ce une obligation médicale ? Si une mère allaitante se sent mieux chez elle, peut-être sera-t-elle plus à l’aise et aura plus de lait chez elle au calme?
    Et pour les petites complications post-partum, la visite d’une sage-femme à domicile pourrait également suffire, dans certains cas.

    Donc pour moi la priorité c’est d’arriver à avoir un dialogue entre les parents et les soignants pour déterminer ce qui est le mieux dans chaque situation et non pas de proposer une solution standardisée.

    • Oui, avoir le choix serait la meilleure solution, mais de tous les articles parcourus sur le sujet, l’idée d’interroger la maman n’apparaît nulle part ! C’est tout de même drôle non ? Oui, je reste convaincue que la décision finale devrait appartenir à la maman…

  2. Je suis contente que l’assurance maladie commence à en parler… C’est un truc auquel je n’avais pas pensé avant d’être à la maternité et en me renseignant après par curiosité (bon rapidement ceci dit), les infos sur les conditions, le réseau sages-femmes etc ne sont pas si simple à trouver. Mais pourvu qu’en effet ils laissent le choix à chaque maman !

  3. Merci beaucoup de ta contribution!!!
    J’en profite de mettre ici un lien vers la dépêche AFP (oui parce que je suis en manque d’un petit extrait!!! ,Oui, je sais, c’est maladif!!!) qui annonce la mise en place du PRADO (suis un peu déçue, j’espérai trouver un compte rendu d’expérimentation des départements pilotes et ben nan!!)
    http://mag.materneo.com/2012/01/03/projet-prado-retour-precoce-au-domicile-apres-la-naissance-de-votre-enfant/
    Personnellement, je ne sais pas si c’est une bonne ou mauvaise solution… le retour anticipé existait déjà, qu’est-ce que ce nouveau programme apporte sinon de la publicité autour de cette pratique envisagée comme un moyen de faire des économies?
    Comme dit Vervaine, la chose qui me soucie le plus est de savoir comment seront pris en compte la diversité de chaque famille, le désir de la maman, les circonstances extérieures ou autre??? Bref, comment ce dispositif sera adapté à chacun dans l’objectif d’un mieux pour tous? Comment les gynécos vivront-ils le fait d’avoir à donner très tôt leur autorisation de sortie? Les éventuelles conséquences en cas de nécessite de réhospitalisation?

    A titre d’exemple, je sais que la sage femme qui me suit et qui pratique des accouchements à domicile avait été exclue par l’hôpital du coin (au titre de représailles vis à vis de sa pratique) de la liste des sages femmes habilitées à suivre à domicile les mamans sorties rapidement de la maternité… Un exemple pour montrer que les rapports de force sont loin d’être établis dans cette nouvelle pratique…

    Comme souvent lorsqu’un nouveau projet est proposé (dans le domaine de la santé comme de l’éducation nationale d’ailleurs) beaucoup d’éléments me semblent à première vue positifs malheureusement la concomitance de ces projets avec une volonté de restriction budgétaire ne me semble jamais de très bon augure….!!

  4. Merci de ton questionnement sur ce programme. Je me questionne encore plus sur sa mise en place : formation des sages-femmes, nombre suffisant pour assurer un suivi de qualité. Si j’applaudis des deux mains, je reste donc sceptique sur le mode de mise en place, ainsi que les freins du monde médical, comme le dit Mme Déjantée. Bien sûre que les raisons sont avant tout financières, oui il y aurait des économies à faire?vraiment? Parce que former et revaloriser une profession, aussi ça coûte cher… A quelle sauve allons nous être mangées, petites mamans et sages-femmes, au nom d’économies?

    • Quel genre de formation ? Parce que les SF sont formées à suivre des suites de couches, que ce soit à domicile ou pas, en formation initiale.
      Après en nombre suffisant, ça c’est le nerf de la guerre effectivement… surtout en ces temps de restrictions budgétaires. Mais c’est valable pour le suivi hospitalier aussi.

      • je ne critique pas la formation actuelle, je n’ai absolument rien à dire la dessus, mais qui dit plus de sages-femmes à former dit plus de moyens, plus de profs, etc et c’est peut-être là que la bas va blesser… comme partout d’ailleurs! Voilà, j’ai bien peur qu’un programme comme ça serve à faire des économies et tout va être mis sur les épaules des SF sans leur donner de moyens supplémentaires, financiers et humains

  5. Perso je trouve ça plutôt bien…
    Ma demande de retour anticipé n’a pas été très bien accueillie pour ma 2ème fille, dans une maternité pourtant réputée « nature », et alors que j’avais revu mes « exigences » à la baisse (sortie au bout de 48h contre 24h intialement prévue)

    Quelques mois plus tard, on proposait à une amie dans une grosse maternité de ma ville EXACTEMENT la même chose que ce que j’avais demandé, sauf que la position était inversée : là où j’ai du argumenter, elle n’a eu qu’à accepter une proposition (et on ne lui a pas forcé la main, son avis lui a été demandé). Ils étaient en expérimentation pour le PRADO.

    Pour moi savoir que cela existe et que c’est maintenant institutionnalisé, c’est sortir de la « marginalité » (pour info, la pédiatre de la maternité nous a traités d’inconscients, alors qu’on rentrait totalement dans le cadre de ce qui est prévu aujourd’hui : accouchement par voie basse, bien passé, sans aucune complication, sans anesthésie, bébé en pleine forme, à terme, de poids normal, qui reprenait déjà du poids à J2, allaitement comme sur des roulettes, bref… zéro souci, tout était prévu avec notre SF, on ne partait pas dans la nature sans suivi).

    Alors certes ça existait déjà, mais ce n’était pas super bien vu, et puis il fallait souvent se débrouiller soi-même pour trouver une SF qui vient à domicile (là si j’ai bien compris c’est la maternité qui organise tout).Ca ouvre donc la sortie précoce à des femmes qui n’y ont pas forcément pensé avant, qui ne connaissent pas le principe, ou qui ne connaissent pas de SF libérale, et qui finalement vont s’en trouver très satisfaite, comme ma copine.

    Après il ne faut pas qu’il y ait des dérives (forcer la main à des femmes qui ne sont pas d’accord juste pour libérer des lits), évidemment. Ca risque d’arriver ici ou là. Comme des abus en sens inverse arrivaient (refus de sortie précoce, menaces, etc.). J’ai envie de dire que quand on tombe sur des équipes « normalement » ouvertes, tout va pour le mieux qu’on sorte tôt ou pas.

  6. Je trouve ça intéressant comme idée. L’important étant que le choix appartienne aux parents et que ce ne soit pas imposé. EN ce qui me concerne, j’étais assez contente de rester un peu à la maternité. Ça me rassurait. (maintenant, peut être que la solution est d’apprendre plus aux femmes à se faire confiance… enfin, réapprendre plutôt d’ailleurs)
    Mais j’étais dans une maternité où les gens sont très sympas. Évidemment, si l’ambiance est pourrie et que les sage-femmes, puér, médecins ne sont pas sympas du tout, ne donnent pas des conseils mais des ordres, etc ; ça change la donne. ;)

  7. Je me permets d’apporter ma petite expérience : appremment ce système fonctionne déjà depuis plusieurs années dans la maternité de Seine et Marne où sont nés mes 3 enfants.
    En 2004 j’ai accouché de mon 1er enfant. L’accouchement s’étant mal passé pour mon fils comme pour moi, l’option d’une sortie précoce ne nous a évidemment pas été proposée.
    En 2006, à la naissance de mon deuxième enfant, on m’a proposé un retour à domicile le lendemain de la naissance, avec pendant les 5 jours suivants la visite quotidienne d’une sage-femme. J’étais en forme, j’avais hâte de retrouver mon mari et mon fils, j’ai dit oui et j’ai énormément apprécié. Une adorable sage-femme passait une bonne 1/2 heure chaque jour pour s’assurer que tout allait bien pour mon bébé et pour moi, pour les suites de couche et la mise en route de l’allaitement. Elle serait restée plus longtemps si cela avait été nécessaire et assurait une prise en charge mère/enfant dans la globalité, à la différence de ce qui se pratique à l’hôpital.
    En 2008, pour ma 3ème, c’est moi qui ai fait la demande d’un retour précoce et comme la première fois, j’ai été enchantée de pouvoir en bénéficier.
    Pour ma propre expérience, et de mémoire (mais je n’en suis pas certaine) le retour précoce n’est proposé qu’à partir du 2ème enfant, considérant sans doute que pour un premier la maman nécessite d’être plus entourée. Par ailleurs, rien ne m’a été imposé, j’aurais parfaitement pu si je l’avais désiré poursuivre mon séjour à la maternité pour la durée habituelle de 4 jours. Enfin si j’en avais éprouvé le besoin, j’aurais pu prolonger l’HAD (hospitalisation à domicile, en l’occurrence la visite de la sage-femme) quelques jours supplémentaires.
    Il me semble que si le PRADO respecte les conditions ci-dessus, c’est une mesure à la fois bénéfique pour les finances de la Sécu et pour les mamans désireuses de retrouver le cocon familial dans des délais raccourcis.

  8. Je trouve que le programme en soi est très intéressant. Mais il doit rester au choix de la nouvelle maman et de son ressenti. Lorsque j’ai eu ma première fille, dont l’accouchement s’est bien passé, on ne voulait pas me laisser sortir avant J7. C’était une clinique et j’étais particulièrement frustrée de ne pas pouvoir rentrer à la maison avec ma fille. J’étais très fatiguée à la maternité et pas forcément mieux accompagnée lors de la mise en place de l’allaitement qui s’est avéré un échec total (certainement engendré par la fatigue de la maternité). Actuellement enceinte de mon second, je me réjouis d’avance de pouvoir demander une sortie précoce.

    En revanche, outre un vécu personnel et un désir qui nous sont propres, je crois qu’il faut laisser le choix à chaque mère de pouvoir refuser cette sortie précoce. Ceci doit rester un choix, et non être imposé. Si de jeunes mamans se sentent plus rassurées à la maternité pourquoi les obliger à sortir plus tôt ? Ce ne peut pas être positif.

    Enfin, je pense qu’il faudrait également réfléchir – outre la mise en place d’un suivi sage femme – à un suivi à domicile par une puéricultrice et pouvoir bénéficier pendant au moins 7 à 15 jours d’une aide à domicile pour gérer le quotidien. Tous les papas ne sont pas en mesure de pouvoir prendre leur congé paternité à la suite des 3 jours, et il serait intéressant que les mamans soient également aidées à ce niveau là, comme c’est le cas dans certains pays scandinaves.

  9. Pingback: Etre femme, être mère, ça reste un combat [mini-debrief] | Les Vendredis Intellos

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