Un enfant est… un enfant

Je me rends compte au fil des jours et avec chacun de mes enfants qu’un enfant est… un enfant. Un enfant n’est pas un adulte avec des petites mains dodues, des petits pieds, un petit nez, un rire merveilleux, une voix plus aiguë…

C’est parce qu’un enfant est … un enfant qu’il n’a pas les mêmes réactions et comportements qu’un adulte. Qu’il ne réagit pas aux mêmes codes, aux mêmes règles. Ses centres d’intérêt ne sont pas ceux d’un adulte.

Le Dr Julien Cohen-Solal dans « Les deux premières années de la vie » précise:

« Un petit enfant n’a qu’un soutien et qu’un but: l’amour de ses parents. S’il est insuffisant, il fera tout pour en obtenir davantage, mais il ne sait pas forcément bien le faire: sa seule manière d’agir est d’attirer l’attention. Il ne sait pas qu’il pourrait être « gentil », « attentif », « complaisant », « aimable », comme ses parents voudraient qu’il soit.Tout cela n’a aucun sens pour lui. »

« Lorsque le bébé de deux ans fait ce que tout le monde appelle un « caprice », par exemple une colère parce qu’un objet lui ait refusé ou pris, il n’agit pas de façon délibérée. Lorsque, conduisant votre petit garçon pour faire quelques courses, il va piétiner, crier, se jeter par terre parce que vous lui refusez un bonbon, ou parce que vous essayez de lui donner la main alors qu’il est décidé à marcher seul, il ne s’est pas dit: « Maman m’ennuie, donc je vais faire une colère pour l’ennuyer à mon tour. » Il a une activité motrice et des cris très violents correspondants à une pulsion qui est le désir de bonbons ou le désir de marcher seul. Vous pouvez accepter ou refuser, considérer que vous devez accepter ou refuser, mais il y a peu de chances que dans ce cas l’enfant soit accessible à un raisonnement logique. »

Je me pose la question suivante, est ce qu’on ne leur en demande pas trop à ces petits. Est ce que nous ne sommes pas trop exigeants. Une exigence inutile puisqu’elle n’est pas comprise.

L’enfant a pris une place centrale dans nos vies de parents mais on ne le considère plus assez comme un enfant. On a de plus en plus une relation d’égal à égal. Or c’est loin d’être le cas. On veut l’éveiller de plus en plus tôt, le faire grandir de plus en plus vite, le faire devenir adulte avant même qu’il n’ait le temps de profiter de chaque étape de l’enfance. On veut qu’il comprenne, qu’il assimile, qu’il ressente, qu’il s’exprime… Les besoins d’un enfants sont loin d’être ceux d’un adulte.

Lorsque l’on réagit avec nos enfants il ne nous faut pas penser en « adulte » mais essayer de comprendre leur comportements et à chaque âge adapter nos réponses.

Notre bulle et nous

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5 réflexions sur “Un enfant est… un enfant

  1. Bien d’accord, ils sont tellement demandeurs d’affection tout en étant très autonomes parfois… ça surprend!
    Je dirai que ce qui est difficile aussi, c’est s’adapter soi, à des moments parfois imprévus, quand on est fatigués par exemple.
    Mais je suis d’accord: on leur en demande trop à ces enfants.
    (et j’aime aussi la précision qu’un caprice n’en est pas un – ça fait pas de mal de l’entendre de nouveau!)

  2. oui, et c’est aussi ce que dit Filliozat, dans J’ai tout essayé. finalement, par habitude et par pression sociale, on estime que c’est aux enfants de s’adapter alors que c’est l’inverse. merci beaucoup de se rappel qui est le début de la communication non-violente, non (là j’en appelle aux spécialistes!)

  3. Merci beaucoup de ta contribution!!! Toutes les questions que tu te poses me semble absolument essentielles…
    Non, l’enfant n’est pas un adulte miniature… Pour Gopnik, du point de vue cognitif, il serait même presque plus juste de considérer les enfants comme une autre espèce d’être humain…ceci apporte peut être un éclairage différent à la question que tu soulèves dans ta conclusion, à savoir la pertinence d’entretenir avec eux, une relation d’égal à égal… L’enfant est une personne, cela est incontestable mais une personne très différente de celle que nous sommes en tant qu’adulte, et cela aussi est incontestable…
    A ta question: ne leur en demande-t-on pas trop? Je me dis effectivement (comme dis Muuuum) que l’on peut se baser sur les principes de la communication non-violente pour répondre : laissons les exprimer leurs émotions, tolérons les, accueillons les, peu importe leur acceptabilité sociale car ce sera probablement le meilleur moyen de prouver à nos enfants le respect que nous avons pour ce qu’ils sont… n’en oublions néanmoins pas notre rôle de parent, qui est d’assurer leur protection ainsi que de leur poser des limites adaptées à leur âge (voir à ce sujet la contribution du jour de Home Sweet Mome sur les limites éducatives vues par la communication non-violente)…

  4. Pingback: La place de l’enfant, entre hier et aujourd’hui.#minidébrieffing. « Les Vendredis Intellos

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