Le Passage du Réel à l’Imaginaire

Un jour, tu regardes un reportage sur la loi anti-fessée en Suède, le lendemain, tu te demandes pourquoi la violence faite sur les enfants fait partie intégrante de certains films familiaux et tu finis par t’interroger sur les valeurs et l’enseignement que peuvent retirer tes enfants de ces films qui ne sont pas moins que des contes animés…

Même si nous ne cessons de répéter à nos enfants que tout cela est du cinéma, du maquillage, du faux joué par des acteurs, même si pour nous, le doute entre le réel et la fiction n’est pas possible, je me rends de plus en plus compte qu’à 6 ou 7 ans, cela parait parfois bien plus réel qu’il n’y parait. Il n’est finalement pas si simple pour un enfant de 6 ans de croire que tout cela est « pour de faux ».

C’est comme ça que mon fils peut soudain avoir des terreurs nocturnes à cause du film « La Momie » alors qu’il l’avait déjà vu plus jeune… parce qu’il y croit aux momies.

Comment faire pour que nos enfants sachent que les films sont comme les contes que nous leur lisons le soir, rien de plus que des contes mis en scène avec des acteurs?

Attendre qu’ils grandissent ?

C’est là que je me suis souvenue de ma lecture du livre « L’éveil au conte » dont je vous avais déjà parlé.

Voici le passage du livre qui a fait tilt dans ma tête :

« Quand on parle du loup, on le fait avec malice, pour ne pas être pris au sérieux. De tout temps, en tout lieu, le conte est un récit balisé. Quand je dis « il était une fois », on est dans le conte, tout ça c’est des bêtises, des sornettes, des contes à dormir debout pour bien dormir la nuit. Quand je dis « Et Cric et crac, mon histoire est finie », on revient à la réalité. Si le moindre doute subsiste, si un enfant pose la question: « C’est vrai? », on arrête tout, et on le rassure … Surtout s’il s’agit d’un enfant plus âgé, de maternelle ou de primaire. L’enfant a la certitude que ça se termine bien. »

Texte : Jean-Claude Renoux « L’éveil aux contes »

Il suffirait donc peut-être de débuter chaque film familiaux par « Il était une fois ». Puis finir le film par « Et Cric et Crac, mon histoire est finie » pour revenir à la réalité. J’adorerai . Cela apporterait un peu de magie à chaque film.

Ce qui me rassure, c’est que quand ils jouent, mes enfants font comme dans les films. Il y a des chansons pour rythmées l’action, il y a un épisode 2, 3 ou 4, il y a parfois des publicités [pour aller aux toilettes] et il y a parfois un générique de fin! Et là, nous sommes bien dans le monde de l’imaginaire.

MissBrownie

5 pensées sur «Le Passage du Réel à l’Imaginaire»

  1. Merci beaucoup de ta contribution!! Mon avis est que les films, justement en « imposant » un visuel, une bande son, un univers à l’enfant, ne font que très peu « travailler » son imagination… et lui impose parfois des représentations qui sont difficiles à gérer pour lui dont justement la connaissance du monde s’accroît perpétuellement (comme tu le disais si bien, une momie peut paraître anodine à un petit enfant et lui provoquer des cauchemars 1 an après, parce qu’entre temps, il en aura davantage appris sur la vie, la mort, etc…).
    Un livre au contraire, laisse une large place à l’imagination chez l’enfant… alors même qu’il est question d’un loup, chacun est libre de l’imaginer comme il veut: certains penseront au loup aperçu dans un parc animalier, d’autres verront plutôt un personnage de bande dessinée, etc.. On peut donc faire l’hypothèse qu’un livre ne va que rarement pousser l’enfant face à des représentations qui l’effraie (je ne parle pas des illustrations qui, elles, peuvent susciter ce genre de réactions!!).
    Enfin, je terminerai sur la question du « pour de faux », A. Gopnik dit que les enfants qui ont par exemple un ami imaginaire savent parfaitement que c’est « pour de faux ».. je pense donc que tant que leur imagination est le maître de la situation, ils sont parfaitement capables de distinguer l’un de l’autre, c’est uniquement lorsque les adultes (ou producteurs de dessins animés/films) leur imposent leur imagination que cette limite peut se troubler… Mais je veux bien retrouver l’extrait de Gopnik très intéressant sur la question de l’imaginaire chez l’enfant, dis moi si tu es intéressée!!

  2. Je dirais que film et livre, c’est comme caramel et chocolat : pas le même plaisir.
    Nous avons toujours été assez stricts dans le choix des films montrés aux enfants et les avons toujours regardés avec eux.
    C’est bien parce que ce n’est pas évident de trouver des films pas trop gore et pas trop « sexuellement agressifs » que j’ai partagé une rubrique films et DVD sur mon blog !
    Je crois qu’il est important d’apprendre à nos enfants à avoir un regard critique sur les images mais en veillant à une « exposition » adaptée à chaque âge.

    • Je suis tout à fait d’accord avec toi… la complémentarité de ces plaisirs est évidente… je sais simplement que, de mon point de vue de parent, il m’est plus difficile d’anticiper sur les « dommages collatéraux » d’un film que sur ceux d’un livre…d’où probablement ma méfiance… mais il est vrai que l’APA est un grand anxieux, et les images les plus anodines peuvent prendre des proportions très importantes pour lui…

  3. Pingback : Et si on parlait de la mort à nos enfants ? – Mini-débriefing « Les Vendredis Intellos

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