Frère de qui ?

Virgile a 7 ans. Virgile est déjà grand, il comprend déjà ce que ça veut dire, d’attendre un bébé pour une maman. Sa maman s’appelle Catherine, son papa s’appelle Ahmed. Sa maman a eu un autre bébé, une petite Cassiopée, c’était sa petite sœur, mais Virgile il est aussi assez grand pour comprendre que Cassiopée, elle n’a pas pu vivre, et que si papa et maman pleuraient beaucoup, c’était parce qu’ils attendaient et aimaient déjà très fort sa petite sœur, et qu’elle n’est pas là. Dans tout ça, il est quoi, Virgile ? Il se pose la question, surtout depuis qu’à l’école, sa maîtresse a voulu que les enfants dessinent leur arbre génial-logique. Alors Cassiopée qui est morte avant d’être née, elle a sa place dans cet arbre de famille ?

La petite soeur de Virgile, écrit par Edwige Planchin (qu’on retrouve également dans Le Noël vert de Siméon, édité par le même éditeur que (Les Racommodeuses des Coeurs Déchirés) et illustré par Anne-Soline Sintes, éditions Pour Penser à l’Endroit, aborde le sujet du deuil périnatal au niveau de la fratrie. Quel impact cela a t’il sur l’enfant déjà présent, sur les enfants suivants ? Comment se positionnent t’il dans la fratrie ?

J’aime beaucoup ce livre pour sa douceur, pour sa manière très vraie et simple de dire les choses, sans faux semblant, sans trop en faire mais sans mentir aussi. Surtout.

Je trouve important qu’il soit dit que la mort est taboue et que pour celà, elle rend mal à l’aise et que beaucoup préfèrent faire comme si elle n’existait pas, alors que même si elle existe surtout pour les personnes agées, elle arrive aussi pour des plus jeunes et même pour des tous petits.

Je trouve nécessaire que les choses soient abordées avec nos enfants. Sans les tanner non plus évidemment, mais qu’il faut se préparer à répondre honnêtement à leurs questions sans parler de voyage dont on ne revient jamais. C’est important de dire les vrais mots, même ceux qui font peur. Car souvent les enfants ont besoin de clarté sur ces sujets qui tiennent à cœur. Même s’ils ne sont pas concernés personnellement. Virgile, lui, a pu poser ses questions à ses parents, il a pu donner une vraie place à sa petite sœur, sans trop ni trop peu, mais sa place juste. Qu’aussi il est important de voir que Virgile grandira, sera un jour un homme qui deviendra papa, et que son histoire de grand frère d’un nuage prénommé Cassiopée n’est pas accomplie, qui sait quels dommages ça pourra lui faire dans sa construction de père, dans son vécu de la grossesse, de sa paternité ? J’ai souvent rencontré des parents ayant perdu un enfant, ayant perdu un frère, une sœur, à des âges différents, souvent à la naissance ou tout petit. Ces parents n’avaient des fois pas pu faire leur deuil, avaient subit ce tabou très violent, et en souffraient encore 20, 30, 40ans après. Comment avancer lorque l’on reste accroché à une page non fermée ?  Ce qui est clair, c’est qu’éviter d’en parler, faire comme si, ça fait beaucoup de mal.

« Papa, lui, aime bien regarder les étoiles. Il dit que, parfois, certaines étoiles sont mortes, mais que leur lumière continue à nous parvenir. Il dit que c’est comme Cassiopée : elle est morte, mais sa lumière nous éclaire encore »

MamanDragon

6 réflexions sur “Frère de qui ?

  1. Merci beaucoup de nous faire découvrir cet ouvrage sur un sujet aussi difficile et peu abordé que le deuil dans la fratrie…
    De façon générale, la question de la façon d’aborder la mort avec les enfants me semble un sujet important à creuser… j’ai en tête au moins deux neuroneuses ayant pour projet de le faire, j’espère que ton article leur donnera envie (et courage!) de l’aborder… Merci encore!!

  2. j’ai deux autres livres en stock sur le sujet (j’ai déjà fait un article sur l’un des deux sur mon blog en fait donc je le linkerai pour un prochain vi), j’hésitais à les aborder maintenant pour pas faire redondant mais devant un tel accueil je n’hésiterai plus !

  3. Un très bon livre que je recommande et qui est très juste. Je le recommande à la fois en tant que psychologue et en tant que maman qui a dû surmonter ce douloureux problème.

  4. Pingback: Et si on parlait de la mort à nos enfants ? – Mini-débriefing « Les Vendredis Intellos

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