Et Papa, on le met où ? {mini-débrief}

Lorsque l’on parle de parentalité, de la naissance d’un enfant, on se recentre souvent tout naturellement sur la mère et l’enfant. Burn-out, allaitement, la forme après bébé,, rester femme, la sexualité après bébé … une multitude de sujets sur la vie après la naissance d’un enfant, mais qui concernent pour la plus part la mère. Il est évident que la femme et sa nouvelle place de mère, tient un rôle primordial dans la relation à l’enfant. Elle est à la fois sécurité, nourricière, le 1er repère affectif du bébé …

Mais le père dans tout ça où est-il ??

Majoritairement, la question du père dans les études comme dans la société, se pose plus tard, lorsque l’enfant grandit. On traitera alors d’éducation, de figure d’autorité … Il semblerait que pour ce qui est des 1ers mois de bébé, l’homme se contente de la question du couple, et de la sexualité …

He bien Messieurs, ne vous levez vous jamais la nuit pour donner le biberon, amener votre bébé à votre femme pour qu’elle puisse lui donner le sein ? N’inondez-vous pas la salle de bain en donnant le bain à votre merveille ? Lequel d’entre vous n’a jamais eu une tâche de purée carotte sur la chemise ? Et je connais plus d’un papa qui se sont même aventurés au mouche-bébé !

Alors oui votre femme n’a pas  ♪♫ fait un bébé toute seule ♫♪ , oui elle a besoin d’aide, et bien sûr que vous êtes tout aussi important qu’elle. 

Le premier rôle du père se tiendrait alors dans le triangle affectifWorking mum nous a fait d’ailleurs un joli résumé, avec comme base solide, sa propre famille. Le père est partie intégrante de la famille. Il en fait parti et doit y être acteur.

En se plaçant entre la mère et l’enfant, et tant que l’homme, le mari, le père va permettre à l’enfant la différenciation besoin-amour-fusion. L’enfant n’en ressentira aucunement une frustration, au contraire, c’est de là que naîtra l’envie de découverte des autres. L’apprentissage des autres sentiments, à l’égard de sont entourage, mais aussi de son père. Il n’est pas toujours simple pour le père de tenir cette place de séparation. Il a souvent peur de mal faire, peur de cet Oedipe devenu populaire et souvent mal compris. Il se sent « de trop » dans la relation fusionnelle mère-enfant. Un ressenti que l’on voit trop souvent accolé à l’allaitement maternel, alors que bien au contraire, dans ce cas précis, l’homme a entièrement conscience qu’il s’agit ici d’un acte nourricier. La femme ne lui dépossède en aucun cas son enfant, elle le nourrit.

Pourtant, je n’aime pas trop cette vision de barrière affective entre la mère et l’enfant. Le père serait plutôt une passerelle. Une passerelle pour l’enfant, vers son émancipation de la mère. Mais aussi une passerelle pour la mère, pour l’aider à se retrouver en tant que femme.

Juliechall donne un aperçu de ce nouveau rôle dans son article. Elle cite Aldo Naouri, qui explique clairement, comment l’homme doit donner envie à la mère de redevenir femme. Mieux, il doit lui permettre d’y parvenir, en lui laissant cette possibilité. Si l’homme se ferme à la mère, s’il se concentre uniquement sur sa paternité, ou pire s’évince du triangle affectif, pourquoi la mère aurait-elle envie de reprendre sa place de femme ?

Sans stimulation affective de l’homme, c’est naturellement que la femme va combler une certaine frustration dans l’affectif maternel. Elle va se focaliser sur son rôle de mère. C’est ainsi que le fossé se crée.

L’homme devient alors un poids déterminant dans le difficile équilibre maman-femme.

Si aujourd’hui le père possède un rôle aussi déterminant que celui de la mère, il paraît normal qu’il en aille de même légalement. Parce que se donner les moyens d’être un père et un mari présent n’est pas chose facile dans notre société.  S’il est commun de voir une femme prendre un congé pour s’occuper de ses enfants, peu de pères osent encore le faire. Alors certes, ils sont de plus en plus nombreux a le faire, je pourrais même dire, a assumer cette place de père au foyer, mais trop nombreux sont ceux qui n’osent pas exprimer cette envie, ou qui ne sont même pas au courant de leurs droits. Petit à petit la société s’ouvre à ses nouveaux pères, elle s’y adapte, consciente des bénéfices d’abord pour la structure familiale, mais surtout pour l’enfant. Un petit tour chez miniglobetrotteur pour refaire le point sur les mesures à venir.

On ne devient pas père du jour au lendemain. 9 mois c’est parfois court pour certains. Beaucoup d’hommes vivent ce parcourt vers la parentalité en osmose avec leur femme, une confiance qui grandit avec le ventre de la mère. Pour d’autres ce sont 9 mois; même plus, de questionnements sans cesse. Certains hommes se demanderont même si cet enfant est bien le leur ? Oui, après tout, comment savoir ? 1 four, mais des milliers de possibilités ! Conseils éducatifs, a soulevé la question du test de paternité in-utero cette semaine.

Pourquoi ce test ? Préserver l’enfant du mensonge ? Rassurer Monsieur ? Avoir le résultat de la roulette russe avant la fête ??

On pourrait tout aussi bien ouvrir le débat sur « Qu’est ce qu’un père : Celui qui change les couches, ou celui qui a transmis ses gènes ? ».

Ma petite conclusion …

Ne vous mettez pas hors-jeu Messieurs, la famille, c’est une équipe !!

mini débriefing de Mum Addict

10 réflexions sur “Et Papa, on le met où ? {mini-débrief}

  1. Chaque père a son vécu et ses propres comptes à régler souvent avant de pouvoir accepter de devenir père dans sa tête, de même que chaque mère !
    Chacun le vit avec son parcours là où il en est, plus ou moins en paix avec lui-même et son passé… Le dialogue à coeur ouvert me semble la meilleure voie pour que le couple et la famille évoluent à leur façon propre pour cette famille-là, unique, et généralement avec pour envie du bien-être de chacun… Etre père n’est pas plus difficile ni plus facile qu’être mère, c’est juste… la vie! :)
    On en vient à parler beaucoup des papas aujourd’hui décidément ;) : dans les commentaires … https://lesvendredisintellos.com/2012/01/10/retour-sur-allaitement-et-feminisme-au-dela-du-conflit-partie-2-guest/#comment-1848

  2. J’ai du mal à être totalement en phase avec cet article. Je ne saurais dire pourquoi. je cogite dessus et je vous dis ;-)

  3. Bel article!
    J’ai compris que j’étais papa quelques jours après la naissance de notre petit bonhomme et j’ai compris ce que ça représentait quelques mois après, le jour où il m’a fait son premier sourire.
    Être papa ne veut rien dire en soit, comme tu le précises à la fin de ton post : Qu’est-ce qu’un père?
    Quelle place veut-il (doit-il ? devrait-il ?) occuper dans la famille ?
    Si le papa n’est pas une maman de remplacement, son enfant à tout à gagner de sa proximité, de son empathie, de son écoute, de son implication. Ma conviction est que c’est réciproque.

      • avec plaisir ! tu pourrais peut être nous faire un VI sur la place du père ? c’est vrai qu’on manque de papas part ici :)

      • C’est vrai que c’est globalement XX dans le coin. A voir pour faire un VI. On peut recycler des articles de blogs ou il faut que ca soit original (j’ai un bel article sur l’allaitement :-) j’aime pas la polémique)

      • OOOOOh ben ça ce serait bien chouette d’avoir un nouveau neurone XY par ici!!! Pour faire un VI, ben faut un bouquin ou un article de presse mais à part ça, c’est comme tu veux!!! Fais moi signe!!!

  4. Merci beaucoup de ce joli débriefing!!! Et je suis d’autant plus ravie qu’il a donné l’occasion à quelques papas de sortir de l’ombre!!!
    Ce thème est finalement compliqué, essentiel mais compliqué…. et j’espère bien que les neuroneurs et neuroneuses n’ont pas fini d’en parler… car je suis convaincue que c’est la seule façon d’avancer sur le sujet…
    On parle de la « place du père » sans jamais imaginer une seule seconde parler de la « place de la mère »… on les voudrait aussi évidentes, allant autant de soi l’une que l’autre et pourtant, force est de constater qu’on en est loin….Comme tu l’as souligné dans ton débrief, la différence père/mère est probablement plus présente dans le discours que dans le quotidien des familles où les pères assurent comme les mères une part importante des soins matériels à l’enfant et contribuent en part équivalente à l’équilibre affectif…
    Bref, tout ça pour dire que c’est un thème qu’il me semble absolument capital qu’on continue à creuser….et c’est avec grand plaisir que je vous annonce qu’un Guest essaiera vers fin janvier/début février d’éclairer quelque peu notre lanterne à ce propos….
    En attendant, si l’un des papas blogueurs a envie d’évoquer la façon dont les hommes vivent le processus d’élaboration durant la grossesse de leur femme (et trouvent quelques références à ce sujet, ou même à titre d’illustration) JE SUIS PRENEUSE!!!!

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