Retour sur… allaitement et féminisme, au delà du conflit Partie 2 [GUEST]

Nous retrouvons donc Maya Paltineau, jeune chercheure préparant actuellement une thèse de doctorat à l’EHESS, en sociologie de la maternité, pour le deuxième volet de sa contribution visant à nous faire réfléchir sur les liens entre féminismes et allaitement maternel.

Dans la première partie de sa synthèse, elle faisait le point sur l’histoire de l’allaitement en France ainsi que dans quelques autres pays jusqu’à la fin du XXème siècle.  Sa deuxième partie sera quant à elle consacrée à l’approfondissement de l’analyse des liens entre féminisme et allaitement maternel dans la France d’aujourd’hui. Je vous laisse découvrir son travail….

Cette dernière partie se base sur les recherches empiriques que j’ai menées pendant ma thèse, auprès de femmes françaises, dont certaines d’entre vous font peut-être partie. Ces analyses sont le fruit de mon travail et n’engagent que moi. Je souhaite vous exposer ici mes observations sur la situation actuelle en France, et la place que prend l’allaitement maternel dans notre société contemporaine, maintenant, en 2012.

  1. Aujourd’hui en France

Aujourd’hui, la plupart des Françaises allaitent entre deux et trois mois, soit jusqu’au moment de la reprise du travail. Et on peut estimer qu’elles sont 50% à allaiter en quittant de la maternité, et il est difficile d’évaluer combien de femmes allaitent pendant les premiers mois de l’enfant, et pendant combien de temps. Même s’il reste peu pratiqué, on observe un regain d’intérêt pour l’allaitement au sein, et surtout, une implication forte des femmes qui allaitent. On peut dire qu’aujourd’hui, nous sommes passés à un allaitement qualitatif, qui prend du sens. Face aux alternatives que présente le lait en poudre, l’allaitement au sein devient une décision consciente pour la mère et pour les parents. Les femmes qui allaitent le font de plus en plus par choix et non par obligation, et au-delà de ça, elles y trouvent une réelle satisfaction pour elles et pour leur enfant. Ces pratiques deviennent un moyen d’expression et d’affirmation.  

3.1. Affirmation identitaire

J’ai observé que l’allaitement était un choix et également un plaisir. Les femmes qui allaitent sont généralement des femmes à l’aise dans leur corps, qui considèrent l’allaitement comme merveilleux privilège, un des temps forts de leur corps de femme. Et c’est un double plaisir, à la fois tourné vers l’enfant et vers le corps maternel. Mais c’est un plaisir dont un parle peu, que notre société considère tabou, comme s’il était suspect  et avilissant.

L’allaitement est une forme d’émancipation pour la femme, car il lui permet une très grande indépendance. Une indépendance financière pour commencer, car le lait maternel est gratuit.  On peut y voir une rupture avec la société de consommation, et une puissance symbolique de la femme.  L’allaitement permet également une flexibilité des horaires de tétée, un gain de place et d’argent, et une plus grande liberté de mouvement et de déplacement, car a priori, là où la mère est, le bébé pourra se nourrir.

Une indépendance vis-à-vis des hommes ensuite : pendant longtemps, les hommes ont contrôlé la mise en nourrice pour pouvoir jouir eux-mêmes du corps de leur femme (pour que le corps reste « beau », et pour avoir le droit de reprendre une sexualité après la naissance de l’enfant).  Donner le sein donne un incroyable pouvoir à la femme, car il lui permet d’être seule maîtresse de l’alimentation de l’enfant, et de prendre le contrôle pour renverser la domination masculine. Je ne dis pas que les pères doivent être exclus de cette relation, bien au contraire, mais j’y reviendrai plus loin.

Enfin, l’allaitement donne une grande indépendance vis-à-vis du corps médical : les femmes qui allaitement connaissent en général mieux que personne les besoins de leur enfant, et sont capables de s’affranchir des injonctions qu’elles peuvent entendre à la maternité, auprès de leur médecin, ou dans les médias. Certains professionnels de santé sont certes là pour aider les mères allaitantes (je pense notamment aux consultantes en lactation, aux doulas, etc.), mais il s’opère à un moment donné une sorte de déclic, où la femme prend le contrôle de son allaitement, et le transforme en une force, et un outil de son affirmation identitaire.

3.2. Nouveaux modèles

L’allaitement est comme nous l’avons vu, le résultat d’un contexte historique et culturel très précis, la société envoyant aux femmes toutes sortes de normes et d’injonctions. Or de plus en plus de femmes se détachent aujourd’hui de ces normes ancestrales, pour repenser leur allaitement. Et celles qui choisissent de s’y consacrer en toute liberté sont de plus en plus nombreuses.

La question de l’allaitement maternel s’inscrit dans une tendance sociétale plus grande : l’accomplissement personnel ne passe plus autant par le travail, surtout chez les femmes mais pas seulement. On ne valorise plus la production économique de la même façon, et on se détache des biens matériels. Nous sommes en train de passer du bien-avoir à une ère du bien-être. Ceci s’inscrit dans un mouvement d’anti-consumérisme, d’écologie, de recentrage sur la sphère privée. Ce n’est peut-être pas une tendance générale, ni même observable par tous, mais elle se dessine peu à peu.

 Les femmes d’aujourd’hui osent privilégier leur vie de famille, et ne font plus systématiquement passer leur travail avant tout. Elles refusent parfois de faire deux journées de travail : une à l’extérieur et une à la maison. On observe de plus en plus de femmes qui font une pause dans leur carrière pour s’occuper de leurs jeunes enfants, et qui parfois s’engagent dans l’allaitement long et/ou le maternage proximal.  

Néanmoins, cette tendance ne concerne pas tout le monde, le taux d’allaitement varie selon le milieu social : les classes moyennes sont celles qui allaitent le moins ; les femmes les moins diplômées appartenant souvent aux milieux les plus modestes allaitent davantage, de même les femmes les plus diplômées.[1] Cette inversion de la tendance est frappante : ce sont en majorité des femmes diplômées et/ou issues de couches favorisées qui allaitent le plus et le plus longtemps. Ce sont aussi celles qui savent trouver les informations et l’aide nécessaires à la bonne conduite de leur allaitement.

Un recentrage, même temporaire, sur le foyer et les enfants n’est possible que dans les couches moyennes et supérieures, lorsque le mari travaille et gagne a priori bien sa vie, et/ou lorsque la profession de la mère lui permet de travailler à domicile, souvent à son compte.

3.3. La question des pères

Cet engagement dans la maternité et l’allaitement pourrait être critiqué à première vue : il isolerait les pères, les exclurait de la relation à l’enfant, etc. Cette critique est d’autant plus facile que le biberon paraît plus équitable en termes de participation du père.

Mes observations m’ont montré qu’il n’en était rien : de manière assez paradoxale, lorsque la mère donne le sein et s’investit dans la relation au nourrisson, le père est d’autant plus présent. Il se crée une sorte de recentrage sur l’enfant, de la part des deux parents, qui se sentent tous les deux investis dans leurs rôles respectifs. Le père cherche à s’investir d’autant plus auprès de l’enfant que la mère materne et allaite. Et il n’est pas rare de voir des pères mettre l’enfant au sein, et ainsi participer de manière active et concrète à l’allaitement maternel.  

La place des pères dans la famille est en train de changer profondément, et ces restructurations des pratiques et des représentations sont remarquables dans certains milieux sociaux.

3.4. Nouveaux féminismes

Nous avons vu que l’on peut distinguer deux grands courants de féminisme : les égalitaristes et les différentialistes. Et puis il y a celles qu’on appelle les « éco-féministes », qui revendiquent les liens entre les femmes et la nature. Ces personnes se retrouvent dans les groupes écologiques de différents pays européens, et s’affirment également par la maternité et l’allaitement.

 « Revendiquer ses droits sur un modèle masculin comme pendant les années 70, c’est fini.  Aujourd’hui, les femmes veulent des acquis féministes mais veulent encore plus.  Elles luttent maintenant en cohérence avec leurs envies profondes … ces jeunes femmes se réapproprient leur féminité pour être plus heureuses que leur mères.  Elles ne nient pas les acquis du passé et elles sont en colère contre le modèle masculin dominant. Elles n’ont pas envie d’être des  hommes comme les autres !  Elles veulent que la société les accepte avec leurs désirs spécifiques.  En leur permettant par exemple d’avoir des rythmes et des cycles de vie différents. »[2]

Mais le mot féminisme prend le sens qu’on veut bien lui donner, et j’irais même jusqu’à dire qu’il y a autant de féminismes que d’individus. De même, le féminisme est un terme qui n’a pas toujours le vent en poupe, et qui dérange, malgré le fait que l’on adhère à certaines valeurs qu’il englobe.  Ainsi, aujourd’hui, on voit se dégager plusieurs courants d’affirmation identitaire à tendance féministe, même s’ils ne portent pas ce nom.  Et il est parfois difficile de parler de féminisme en soi, car il ne s’agit pas toujours d’un mouvement construit, militant et organisé. Aujourd’hui, l’expression passe plutôt par les individus eux-mêmes, qui revendiquent leurs propres choix et leurs propres modes de vie.

Pour conclure

Tout au long des siècles, l’allaitement maternel a été influencé par les avis contraignants des médecins et des philosophes, les modes éducatifs, le niveau socioéconomique de la population.

Mais de plus en plus de femmes affirment qu’ « il est temps de réaliser que nous n’avons pas à perpétuer les peurs et les règles de nos ancêtres. Il est temps pour chaque individu de se laisser aller totalement, dans la plénitude de la vie, telle qu’il la ressent. »[3] Pour les mères interviewées, vivre pleinement la maternité est une façon d’échapper au modèle dominant du travail à l’extérieur et à la double injonction qui pèse sur les femmes (à savoir mener de front une carrière et une vie de famille).

L’allaitement apparaît comme un choix personnel fait par des femmes informées, ce qui implique de connaître son corps et ses possibles, et d’avoir le courage de faire réellement un choix. [4] Il me semble donc utile de proposer d’autres discours sur l’allaitement, d’autres représentations sociales, médicales, économiques, pour que les femmes puissent faire un choix éclairé, que ce soit en faveur de l’allaitement maternel ou du biberon. [5]

L’enjeu est de prendre des décisions de manière consciente, réfléchie, de donner du sens à ses actions, et d’être fier de ses choix. Malgré les pressions sociales, la société ne pourra évoluer que lorsque chaque individu et chaque femme en particulier sera maîtresse de ses choix de vie. Finalement, le « féminisme » ne serait-il pas tout simplement la possibilité de faire un choix éclairé ? Le fait de prendre une décision individuelle, de s’affirmer par la maternité et l’allaitement si on le souhaite ?


[1] Catherine Rollet, Histoire de l’allaitement en France : pratiques et représentations, 2006.

[2] Flore Marquis-Didier (présidente de La Leche League)

[3] Catherine Milinaire, Naissance, 1977

[4] Marie Thirion, L’allaitement. De la naissance au sevrage, 1999

[5] Julia Laot, Allaitement et féminisme, 2010

24 réflexions sur “Retour sur… allaitement et féminisme, au delà du conflit Partie 2 [GUEST]

  1. Merci pour cette suite!
    Comme dit dans les commentaires en 1ère partie, oui nous avons la chance de pouvoir faire un choix, mais encore faut-il en avoir les moyens. Le manque cruel d’information sur l’allaitement -et, pire encore, les informations erronées- faussent à mon avis beaucoup le sentiment de se sentir maître de sa décisions.
    Informations sur les bienfaits du lait maternel, de la relation mère-enfant, mais aussi sur le fonctionnement la lactation, les petits/gros soucis et leurs remèdes…
    Ce manque d’info explique en grande partie, à mon avis, les différences évoquées dans l’article en matière de répartition « sociale » de l’allaitement.
    C’est donc aussi là qu’il faut travailler. « Proposer d’autres discours sur l’allaitement, d’autres représentations sociales, médicales, économiques » et donc informer, informer, informer. En classe, pourquoi pas dès le collège, et partout où la pub et les images nous envahissent, et pas seulement en une heure pendant une préparation à l’accouchement!
    Il y a du boulot !

    • Sur le fond, je suis assez d’accord avec toi… après, je pense qu’il est important de garder à l’esprit que les informations « neutres » idéologiquement n’existent pas vraiment… Donc: informons sur l’allaitement maternel, à 100% OUI, mais gardons à l’idée que l’objectif prioritaire doit rester d’améliorer la capacité de choix des femmes quelque soit la forme que celui-ci prenne….
      Et pour finir (avec une pointe d’humour) sur la question de l’information au collège, autrefois j’aurais peut être dit « à quoi bon, l’éducation à la sexualité n’est déjà même assurée alors…!! » et puis un jour j’ai assisté à la cantine de l’ENS à une conversation entre deux normaliens d’une vingtaine d’année… le sujet de leur conversation était: « étant donné que la montée de lait n’intervient chez la femme qu’entre environ 3 et 7 jours après l’accouchement: que mange donc le bébé en attendant?? »…. Une demi-heure de conversation animée plus tard, la réponse retenue fut: « RIEN ». Alors oui, il y a assurément du boulot..!! :-)

    • Oui Vervaine, vous avez tout à fait raison. Mon travail cherche juste à pointer du doigt certaines réalités, certaines tendances, ou certains manques.
      Je serai ravie qu’il serve à celles et ceux qui veulent faire bouger les choses!!

  2. Il me semble que c’est de la propagande pro-allaitement. En ce qui concerne le passage du ‘bien-avoir’ au ‘bien-être’, je ne comprends pas cette analyse à l’heure où les inégalités explosent.
    Je trouve aussi curieux de sous-entendre que le ‘recentrage sur la sphère privée’ est une évolution positive. Cette analyse est totalement décorélée d’un contexte socio-économique plus large (précarisation du travail qui touche en premier lieu les femmes, par ex). Je trouve cela dommage.

    • Je comprends votre sentiment, même si je ne le partage pas…Il est toujours délicat d’aborder la question de l’allaitement maternel, car il est clair que ce sujet provoque souvent (et surtout sur la Toile) des réactions épidermiques, conduisant la plupart du temps (et je le regrette) les individus à se positionner selon les seuls champs du « pour » ou « contre »…
      L’article ci-dessus avait, j’en suis certaine, l’ambition d’aller un peu plus loin… C’est en tout cas ce que je lis dans la phrase de conclusion « le féminisme ne serait-il finalement pas la possibilité de faire un choix éclairé? »… peu importe quel soit ce choix!! C’est en tout cas ma position à titre personnel…
      Par ailleurs, il faut rappeler que la centration de cet article sur la seule question de l’allaitement maternel n’est pas à comprendre comme une prise de position en faveur de cette pratique mais un simple choix de sujet qui visait à explorer en quoi féminismes et allaitement maternel étaient susceptibles d’être l’un et l’autre compatibles et quelles étaient à l’heure actuelle les modes de réinvestissement plus ou moins marqués des femmes dans cette pratique après la dépréciation nette dont celle-ci a fait l’objet dans les décennies précédentes….
      Enfin viens la question des limites des conclusions que Maya nous fait partager dans son article…Le lien très fort entre allaitement-> allaitement long-> maternage proximal qui semble conduire à la mise entre parenthèses de l’activité professionnelle me semble assez probablement sur-représenté …et passe sous silence notamment le combat de beaucoup pour montrer que l’allaitement maternel peut se vivre autrement… Assurément par souci de faciliter la lecture de ses résultats, Maya a fait le choix de ne pas nous préciser les éléments qui étaient intervenus dans le choix de son échantillon d’étude et quelle était son ampleur… Peut être ces précisions nous permettraient-elles de lever certaines ambiguïtés? et le malaise qu’il serait regrettable que certaines ressentent? Y compris sur les autres questions que vous soulevez?

    • Merci Hélène pour vos questions qui me permettent d’éclaircir certains points.
      – Au sujet du bien être et du bien avoir, ce que je veux dire par là, c’est qu’on se concentre moins sur la matérialité, moins sur la quantité que sur la qualité. J’en veux pour preuve tous ces courants contre la société de consommation, pour une consommation plus consciente, ou même pour la décroissance. Il s’agit d’une tendance sociale générale, accentuée par la crise, qui déplace les centres de gravité sur d’autres préoccupations que la matérialité, et la possession d’objets tangibles. Il ne s’agit pas d’un courant égalitaire ou inégalitaire, le débat se situe ailleurs, toutes les couches sociales sont concernées, à leur façon. Je vous renvoie entre autres aux travaux des sociologues Marc Prieto, Jean Godrey ou de l’historien Philippe Ariès.
      – Le recentrage sur la sphère privée s’insère dans cette recherche du mieux être. On valorise la famille, le foyer, les relations parents-enfants. Redonner du sens à la place de la famille a cela de positif, que cela permet un épanouissement de l’individu par d’autres moyens que la réussite professionnelle, et que cela génère d’autres types d’échanges et d’autres dynamiques sociales, avec, vraisemblablement, des liens sociaux intrafamiliaux plus forts.
      – Et pour votre dernière remarque, ma recherche ne se voulait pas exhaustive, elle porte sur la maternité intensive, et sur le féminisme par la maternité. Depuis trois ans, dans mon enquête de terrain (71 entretiens qualitatifs longs) et mes observations (dans des hôpitaux, maisons de naissances, rencontres autour de la périnatalité, etc.), j’ai été amenée vers certains groupes sociaux et pas vers d’autres, de par la nature même de mon sujet. Je ne mentionne pas les femmes qui sont touchées par la précarité sur le marché du travail, non pas parce qu’elles n’existent pas, mais parce que ce n’est pas mon sujet d’étude.

    • Pro-allaitement ??!
      Et quand bien même ?
      En tout état de cause parler de « pro-ceci » ou « pro-cela » pour parler d’un phénomène « physio-logique » n’a aucun sens. Avec un tant soit peu d’honnêteté intellectuelle c’est une évidence.

      Vous positionneriez-vous en tant que pro-grossesse par voie basse ? En tant que « pro » ou anti-grossesse à terme parce que plus contraignant pour la maman?

      Pourtant l’on pourrait, la grossesse est aliénante par nature et il y a des bébés qui subiront au final plus de conséquences d’un non-allaitement que d’une naissance prématurée ! Alors pourquoi pas ?

      Tout simplement parce que cela n’aurait aucun sens, puisqu’il est admis de fait que ces éléments (accoucher par voie basse, mener une grossesse à terme) font partie intégrante d’une maternité et qu’ils lui permettent un déroulement optimal. Ainsi, il en est de même pour l’allaitement.

      Techniquement comment souhaiter autre chose pour un bébé ? C’est bien là une lubie occidentale. Etre pro-nourriture optimale pour le petit être humain? Allons donc, quel crime !

      On ne peut pas parler de pro-allaitement, tout simplement parce que allaiter son bébé est un acte physiologiquement normal pour n’importe qu’elle mammifère que nous sommes. On ne choisit pas d’allaiter, on choisit de ne pas le faire.
      Cela va de soit qu’il est préférable pour un bébé d’avoir le lait de sa mère , au delà du fait que l’être humain a mis en place des solutions de substitutions. Arrêtons un peu l’hypocrisie !

      Il faut remettre l’allaitement à sa place, en dehors de portée de « pro » ou « d’anti ». Le traiter pour ce qu’il est, avec honnêteté :
      Le moyen prévu par notre corps pour nourrir et « soigner » un bébé, rien d’autre. Si ce n’était pas le cas il n’y aurait pas de lactariums. A moins qu’ils représentent une coquetterie des instances de santé ? Il y a des bébés qui meurent si ils ne reçoivent pas de lait humain. Les autres, ceux qui sont assez costauds pour supporter la poudre de lait de ruminant, aux huiles de poisson, de palme, au lactosérum de moutons sont privés d’une alimentation optimale, on le sait tous. Les préparations pour nourrissons sont un peu aux bébés ce qu’est la « junkfood » pour nous adultes. (Je vous laisse le soin de regarder la composition d’une boîte de Gallia ainsi que la liste rouge Greenpeace, TOUS les laits artificiels non BIO contiennent des OGM.)

      Les velléités personnelles des gens n’ont pas leur place dans les raisonnements objectifs! Pour tout les autres phénomènes physiologiques qui ne se commercialisent pas on ne se pose pas la question de savoir si l’on est pour ou contre… A nous de nous demander pourquoi… L’industrialisation nous a tout de même bien lobotomisé !

  3. Merci Maya de partager avec nous en avant-première les résultats de tes travaux ! Comme Mme Déjantée je trouve un peu dommage que l’allaitement, y compris long, soit présenté uniquement dans un contexte d’éloignement de la sphère professionnelle. J’ai allaité mes deux enfants en travaillant à 100%, le 1er quelques semaines et le 2nd plusieurs mois. Pour moi c’est aussi une revendication féministe que de pouvoir concilier ma façon de materner et ma carrière. Enfin pour moi un noeud important du problème allaitement vs féminisme est la représentation et la promotion de l’allaitement en France, avec une double contrainte sur les femmes où elles doivent allaiter pour être de bonnes mères MAIS allaiter « comme il faut » (pas trop de tétées, pas trop longtemps…) et avec une organisation sociétale (congé post natal court, désinformation médicale etc) qui est un obstacle réel à l’allaitement. Cela résulte à mon sens soit en une culpabilisation des femmes de ne pas réussir à allaiter et donc à être une bonne mère (selon la pression sociale, pas selon moi…), soit en un rejet en bloc de l’allaitement pour éviter cette culpabilisation, et parfois sur des informations erronées, soit encore en une grande frustration de voir son désir réel d’allaiter ne pas pouvoir se concrétiser avec la colère de réaliser qu’on a été « plantée » par des incompétents (y compris de bonne volonté). En bref cette double contrainte est il me semble extrêmement nocive pour les femmes (et pour les bébés, mais ça n’est pas le sujet du jour).

    • Je suis tout à fait d’accord avec toi. Cette double contrainte qui pèse sur les femmes est très culpabilisante, aussi bien du côté professionnel que du côté familial (qui peut inclure l’allaitement maternel). Je présentais en fait UNE des solutions de passer outre la double charge de travail et la double pression morale qui pèse sur les femmes, à savoir d’arrêter de travailler pour un temps pour s’occuper de ses enfants à plein temps. Et chez les personnes qui j’ai rencontrées, cette solution marche bien, éradique toute trace de culpabilité en déplaçant le centre de gravité du débat, et la définition traditionnelle du féminisme. Cela rejoint aussi l’idée du choix, et le fait de ne pas culpabiliser quand on fait ce que l’on a décidé.
      Il est vrai que je n’ai pas mentionné ici le féminisme chez les femmes qui travaillent et qui s’impliquent (ou non) dans la maternité. C’est une autre partie de ma thèse, que j’aurais peut-être dû évoquer, car je n’oublie pas la problématique de la conciliation vie familiale – vie professionnelle, qui impose tant de contraintes et de difficultés pour les mères qui souhaitent allaiter. C’est un autre débat, ou la continuité de celui-ci, avec notamment la question de l’allaitement sur le lieu de travail, ou la possibilité de nourrir de lait maternel un enfant qui va à la crèche.

    • Chère Poule Pondeuse, je rédige ce commentaire avec moulte pincettes, tant il me paraît aussi potentiellement polémique que l’allaitement sur un forum / blog / espace webbesque « mainstream ». Il s’agit de toutes façon uniquement de mon point de vue personnel (ce qui n’empêche en rien les foules de s’étriper dans les espaces sus-mentionnés, mais j’ai confiance dans notre capacité à échanger de façon courtoise et respectueuse).

      Pour ma part, je considère que la présence de la mère les premiers mois (et encore, si j’osais, je dirais « les 2 à 3 premières années ») est totalement essentiel au bon développement de l’enfant, au même titre que le lait maternel. Je pense que la revendication féministe qui veut concilier maternage et carrière est quelque part illusoire, du moins sur un même temps. Moi aussi je tiens à ma carrière, j’adore mon boulot et je ne me suis pas tapée toutes ces années d’études pour m’arrêter à 31 ans. Et je tiens tout autant à ma vie de famille, je n’ai pas enfanté cette merveilleuse personne qu’est ma fille pour la voir 2 heures / jour 5 jours par semaine. Ma vision de la « conciliation » serait de pouvoir sans problème prendre un congé maternité / parental de 3 ans, décemment rémunéré, par enfant, et de pouvoir continuer ma carrière par la suite.

      Pour en revenir à mon propos, je pense qu’aujourd’hui on ne réalise pas l’impact de la présence maternel, de la même façon qu’on a mis longtemps à réaliser l’impact de l’allaitement maternel. Je pense que l’idée du « temps de qualité qui vaut bien la quantité » est erronée, tout comme celle d’un « biberon donné avec amour qui vaut bien le sein donné à contrecoeur ».

      Et tout comme pour l’allaitement, je souhaite que chaque femme puisse faire ce qui est bon pour elle et qu’on lui f**** la paix, mais que chaque femme ait les informations pour faire un choix réellement conscient et lucide sur les conséquences. Ce qui, à mon sens, réduit à néant la culpabilisation : quand on sait ce qu’on fait, et qu’on le fait parce que c’est ce qu’on sent, alors personne n’a le pouvoir de nous faire sentir qu’on devrait faire autrement.

      Paix et Amour,
      Jolune

      • Chère Jolune, en toute courtoisie respectueuse, je ne suis absolument pas d’accord avec toi. Pour moi le père de mes enfants est tout aussi important pour eux que moi, et ce dès leur plus jeune âge. Evidemment les premiers mois la dépendance au sein est forte mais je crois qu’il est extrêmement important que leur père prenne sa place tout de suite. Et bien avant leurs 3 ans ils sont tous les deux passés par des phases où ils veulent leur père et personne d’autre (en alternance avec « que maman » et la majorité du temps « un parent ». Je n’ai pas vocation à tirer une loi générale de mon cas particulier (et je n’oublie pas qu’il n’y a pas de père présent dans toute les familles), ni à faire là une revue biblio, mais la plupart des études sur l’attachement montrent bien l’importance d’avoir des figures stables pour l’enfant, sans pour autant que ce soit nécessairement la mère ou seulement la mère. Et il ne me semble pas avoir vu passer d’étude montrant qu’une activité professionnelle de la mère nuisait au développement de l’enfant. Je crois qu’il faut voir plus large que la question « présence maternelle », plutôt la qualité de la présence majoritaire auprès de l’enfant. Et je pense comme toi que le congé maternité est trop court, mais pour ma part je suis favorable plutôt à un congé à la scandinave, d’environ une année, à partager entre les deux parents. Avec ensuite le maintien d’un congé parental car ne nous leurrons pas + de la moitié des – de 3 ans est gardée par des parents donc ce congé permet de limiter vaguement la casse du manque criant de modes de garde avant l’école. Et au-delà c’est un choix essentiel pour certain(e)s même si moi j’aurais trouvé ça un peu long…

  4. Qu’entends-tu par « les premiers mois » ? Mon cas à moi est un peu particulier car pour des raisons… particulières, nous étions tous les deux au foyer jusqu’aux 18 mois de ma fille. Mais jusqu’à un an, son père pouvait s’absenter, pas moi (enfin, entendons-nous : bien sûr que je pouvais m’absenter, mais mon absence devait être « gérée », et pas seulement pour l’allaitement, alors que celle de son père était très simple).

    Je n’ai pas eu le sentiment (peut-être était-ce lié à notre situation) que le papa devait « prendre sa place », mais plutôt qu’il était là, et que sa place a évolué au fil du temps, très simplement.

    En ce qui concerne les études sur l’attachement, et la qualité de la présence auprès de l’enfant, elles me semblent au contraire renforcer mon propos : dans les premiers mois, l’enfant a besoin *d’une* figure d’attachement stable – or, par nature, c’est la mère qui est attendue ici. D’où le problème des enfants laissés en nourrice, qui sont donc en présence de deux figures d’attachement, et font donc face soit à un problème d’abandon, soit doivent faire un effort d’adaptation important pour gérer deux figures là où ils auraient besoin d’une seule.

    Je n’essaie ni d’argumenter ni de convaincre, c’est juste ma conviction profonde, et mon autre conviction profonde (et optimiste) est que la suite me donnera raison, et que dans quelques années ce « fait » (à mon sens) sera aussi répandu et évident que l’importance de l’allaitement. En attendant, j’entends bien que tu le ressens différemment, que ton expérience t’a renforcée dans ta vision, et je te remercie pour ta réponse.

    • De mon expérience, mon fils a été gardé par son père depuis ses 5 mois pendant que je travaillais. Eh bien non le père pour mon fils ce n’est pas pareil que sa mère… jusqu’à au moins 12 voire 18 mois son père pouvait s’absenter plusieurs jours sans qu’il le réclame vraiment, alors que moi, c’était difficile pour lui… pourtant la journée je n’étais pas avec lui habituellement. Je crois aussi que la mère reste la figure d’attachement principale, surtout en cas d’allaitement. L’enfant peut s’adapter mais cela lui demande de la ressource. Ça ne veut pas dire que le père n’a pas d’importance pour l’enfant, il en a, mais différemment. Je pense pour ma part que son importance arrive aussi plus tard dans la vie de l’enfant, qu’il a d’abord besoin de s’attacher très fort à sa mère avant.
      Pourquoi les femmes auraient mieux ce rôle? Pour des raisons biologiques : Il y a l’allaitement d’abord effectivement, et pour un bébé c’est une expérience affective importante. De mon expérience toujours : j’ai plus de sensibilité envers les besoins affectifs de mon enfant, et c’est lié je pense à la fois à l’éducation actuelle des filles, et aux hormones de la maternité qui aident à pouvoir se centrer sur les besoins de l’enfant.
      Pour avoir tenté d’inverser les rôles, je peux dire que ce choix ne m’a finalement pas du tout convenu, que pour moi ça a été très dur pour moi de laisser mon bébé tous les jours à son père et que je ne compte pas le refaire. Je ne me suis pas du tout sentie à ma place, et pourtant au départ j’avais une position féministe telle que la tienne, le poule pondeuse. Donc à ce moment là si j’avais eu de l’information sur l’importance de la mère sans préjugés féministes du style « le père peut bien remplacer la mère », j’aurais peut être fait des choix qui m’auraient mieux convenus.

      • Je ne nie pas que chaque famille est différente et s’organise comme elle veut et peut, que chaque couple trouve un équilibre qui lui est propre. Chaque enfant aussi peut avoir un rapport différent d’attachement. Donc je trouve dangereux d’enfermer les familles dans un schéma « c’est la mère, point barre ». Des auteurs comme SB Hrdy ou G Neufeld expliquent que l’attachement n’est pas obligatoirement sur une personne, mais que plusieurs peuvent très bien se cumuler s’ils sont compatibles.
        En ce qui concerne la fameuse place du père, je constate que selon les couples la mère est plus ou moins disposée à laisser une place à l’égal de la sienne et que le père est plus ou moins disposé à la prendre. ça n’est pas forcément un problème si tout le monde y trouve son compte mais il faut en être conscient. Pour moi notre organisation sociale et biologique fait que souvent la mère construit « naturellement » sa relation avec l’enfant, par contre le père doit consentir un investissement, il doit aussi accepter de tâtonner au début pour trouver sa façon de faire, sa façon d’apaiser l’enfant, notamment autre que le sein, forcément. La transition peut être un peu difficile pour toute la famille (père qui se sent impuissant, bébé qui pleure, mère qui veut intervenir) mais je crois que tout le monde peut y gagner.
        Et non, le père ne peut pas remplacer la mère, pas plus que la mère ne peut remplacer le père, puisque ce sont deux personnes différentes. Ce qui ne veut pas dire qu’ils ne peuvent pas avoir une place de « même rang » auprès de leur(s) enfant(s). Mais ça ne veut pas dire qu’ils doivent ! Laissons le champ des possibles ouvert sans enfermer les familles dans un modèle donné (et à mon humble avis peu étayé scientifiquement).

  5. Je dirais sans détours que mon avis intime est que la présence de la mère ET du père sont toutes deux fondamentales dans la création et la consolidation de liens de confiance pour que l’enfant puisse petit à petit s’émanciper et devenir un adulte bien dans sa peau et dans sa tête… Non pas que cela soit vécu de la même manière dans chaque famille, bien au contraire, en tant qu’humains nous développons chacun notre propre personnalité et nos propres besoins et désirs dans une certaine mesure… (je ne détaillerais pas, on s’éloignerait trop du sujet ;) ) Ce n’est pas pour dire que les parents doivent ou devraient tous deux obligatoirement quitter leur travail pendant quelques années pour s’occuper de leurs enfants, bien que cela serait idéal si c’était toujours possible pour tous… ce n’est même pas notre cas ici (mon mari travaille et n’a bénéficié que de ses congés légaux)…
    Entre l’idéal et ce que l’on peut ou choisit de vivre, l’essentiel est de bien le vivre, ne croyez-vous pas ? Que ce soit du point de vue de l’enfant comme du nôtre… Nos enfants grandissent si vite… ils ne seront petits qu’une courte période de leur vie et de la nôtre… gardant cela à l’esprit, nous ne pouvons pas toujours faire exactement comme notre idéal , et cela peut nous ronger… Il suffit de faire régulièrement le point sur nos priorités ET nos possibilités, de faire nos choix en conséquences, et de cesser de culpabiliser : JAMAIS nous ne serons des parents parfaits : quoiqu’on fasse ;)

  6. C’est drôle que sur ce site, à la suite de cet article, on arrive si vite à la place du père alors qu’on parlait allaitement et travail de la mère…
    Mon propos de départ était de dire qu’à mon sens, vouloir concilier éloignement du bébé plusieurs heures par jour, tous les jours, et attachement « secure » n’est pas vraiment possible, et qu’on se rendra bientôt compte que c’est finalement la même chose que d’avoir voulu concilier « bébé » et « vie qui ne change pas », à l’aide de lait artificiel, baby sitter pour un enfant de 15 jours pendant que les parents partent au ski en amoureux, etc. C’est possible, peut-être agréable, mais pas sans conséquence, même si on adore le ski et sa vie d’avant. Mon exemple est bien sûr volontairement caricatural.

    Et puis, on dévie sur l’importance du père, sa capacité à être là, son importance, etc. Bien sûr ! Et quand je regarde ma relation à mon père, et celle de ma fille au sien, je ne peux qu’approuver vigoureusement.

    Mais ce glissement me donne l’impression d’une leçon féministe bien apprise : ne pas se focaliser sur la femme, ce qu’elle peut, ce qui est important et qui vient d’elle, sinon on l’enferme. Mais à nouveau, ça me paraît aussi erroné que les anciennes croyances sur l’allaitement que démontent brillamment Maya (§ « affirmation identitaire ») : à mon sens, c’est au contraire donner du pouvoir – du vrai, du pouvoir personnel, pas celui des politiques ou des chefs.
    Perso, je ne souhaite enfermer aucune famille dans aucun schéma, je suis juste persuadée que c’est la mère qui porte, la mère qui allaite, et la mère qui est indispensable les premiers mois. Et que cela ne remet en rien en cause le père, dont le rôle est différen

    • Jolune je suis d’accord avec ce que tu dis que vouloir faire comme si rien n’avait changé est illusoire : un enfant change la vie ! Et la mère est au centre de cet événement, c’est justement pour ça que la présence du père lui permet d’être encore plus forte, plus confiante en ses propres capacités ! Le rôle de l’un comme de l’autre est différent et complémentaire, c’est ça qui fait une famille à mon sens : nous ne sommes pas interchangeables, mais complémentaires, et unis, aussi ;) L’allaitement est, comme la grossesse et la naissance, quelque chose de profondément intime et féminin, quoiqu’on en dise… mais pourquoi serait-ce mal ? Pour autant cela n’est pas une exclusion du papa, il a toute sa place, juste différente, la sienne propre ! (pour enfoncer encore le clou mais je ne faisais que poursuivre la discussion très intéressante suite à cet article qui fait réfléchir et c’est bien là le but, n’est-ce pas !? :) )

    • Je me permets enfin de vous répondre à toutes après avoir assisté à votre débat vraiment passionnant….Juste pour vous annoncer une bonne nouvelle: la question de la place du père et plus généralement celle de l’ensemble des éléments familiaux et sociétaux autour de l’enfant me semble en effet plus que capitale… J’ai donc trouvé un Guest qui dépote pour fin janvier/début février pour en parler… Affaire à suivre donc!!! Et merci encore d’avoir exprimé vos idées et témoigné de vos modes de vie…

  7. Maybegreen, je pense qu’on est d’accord sur l’essentiel ; le reste m’apparaît être de l’ordre du point de détail quasi impossible à discuter par écrit ;-)
    Je te rejoins vraiment sur la valeur de la présence du père (le père étant par défaut considéré comme soutenant, pro-maternage, valorisant la mère, etc…), sur le caractère intime et féminin du tryptique allaitement/grossesse/naissance, sur les places différentes de chacun, sur l’importance de l’amour (ce que je comprends de « unis » ;-))…

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