Une Gifle sur Grand Ecran

Durant les vacances de Noël, nous avons regardé en famille le film « Les Enfants de Timpelbach« . Un film français qui fait sourire au 1er abord. Et pourtant en y regardant de plus près …

Pour la petite histoire, l’action se déroule dans un petit village nommé Timpelbach proche d’une frontière, à une autre époque que la notre…

Dans ce village, les enfants sont terriblement turbulents et font énormément de bêtises.

Lors d’une des premières scènes, un adolescent rebelle rentre chez lui après l’heure du couvre feu imposé par son père et se prend une gifle mémorable. Enfin mémorable, pour nous, car à voir la scène, la gifle a l’air quotidienne pour le garçon. Parce que c’est comme ça, voir un enfant se prendre une gifle par un adulte dans un film français, c’est normal, comme si la violence sur les enfants étaient normale.

Vouloir interdire la fessée, c’est un peu comme vouloir interdire la cigarette. C’est bien de mettre des messages partout en informant que CA TUE, mais il faudrait peut-être aussi penser à arrêter de les montrer à la télé comme si c’était ordinaire.

La réaction de mes enfants fut immédiate!

« Le pauvre!!! Son père a l’air trop méchant! »

Bizarrement, celui qui se prend le plus de coup est aussi le plus violent avec les autres… Enfin pas si bizarre que ça… La violence appelle la violence, non?

Toujours dans ce film, les parents dépassés par le comportement de leurs enfants, décident de leur donner une leçon en les abandonnant … enfin juste pour une nuit… sauf que finalement, contre leur gré, ils seront absents bien plus longtemps.

Mais alors, c’est ça le message? Quand les parents sont dépassés par les événements, ils baissent les bras, ils abandonnent leurs enfants pour leur donner une leçon?

Ok, tout ceci n’est qu’un film, un film pour rire, un film qui nous a fait rire et qui s’inspire de l’oeuvre créée par Henry Winterfeld, mais quels messages cachés retiennent nos enfants ? Que des parents peuvent abandonner leurs enfants ou gifler pour punir?

Je réfléchis peut-être trop… mais je constate qu’en France, on parle facilement de fessée, de gifle, de coup de pied aux fesses, comme si c’était ordinaire. Il suffit de regarder le spectacle « Papa est en haut » de Gad Elmaleh ou d’écouter Jamel Debbouze, il est rare qu’il ne parle pas de fessée dans leurs textes. Gad Elmaleh se demande même dans un sketch quand on peut donner une fessée si on ne peut pas en donner quand les enfants font des bêtises. J’aurais voulu retrouver l’extrait pour le citer mais je ne le trouve pas. Et tout le monde en rit. Parce que c’est de l’humour? Pas si sûr…

MissBrownie

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8 réflexions sur “Une Gifle sur Grand Ecran

  1. Dans le même genre « Le petit poucet » n’est pas mal, toute une fratrie laissée pour compte au fin fond de la forêt…. cela n’est qu’une histoire, un conte, pour faire rire, et réfléchir, mais à ne surtout pas prendre au premier degré !!

    • Je viens d’aller lire ton billet et je le trouve très intéressant, c’est une jolie lecture du film. J’avoue qu’en le visionnant j’étais peut-être un peu trop concentré sur ce qu’aller retirer mes enfants de ce film comme moral … et le fait que des parents abandonnent leurs enfants parce qu’ils font trop de bêtises, ça me dérangeait au fond …

  2. Je pense que si on analysait tous les films de la sorte, on ne verrait plus grand chose sur nos écrans. Je trouve effectivement que tout ceci va chercher un peu trop loin, pourquoi vouloir tout interpréter, analyser et chercher les sens cachés? Pour autant que l’enfant soit en âge de regarder je trouve que. ‘est justement un excellent moyen d’expliquer certaines choses (oui les baffes existent mais non ce n’est pas comme ça qu’on traite les gens, par exemple). Ce qui serait dommageable selon moi c’est de les laisser regarder n’importe quoi sans aucune explication à côté.

  3. Merci beaucoup de ta contribution…!!! Tu soulèves un point intéressant sur lequel je n’ai malheureusement aucune réponse définitive: il s’agit d’évoquer le potentiel éducatif des films… On sait bien évidemment qu’une partie des représentations de la société sont véhiculées par divers supports dont les films font partie… A ce titre, la mise en scène de certaines minorités sociales est souvent revendiquée comme facteur d’assimilation…Je ne sais pas jusqu’où les films doivent être conformes à l’idéal sociétal, d’abord parce que cet idéal est fluctuant d’une génération à l’autre, et aussi parce qu’il n’est pas toujours partagé par tous (sous des prétextes légitimes ou non)… Les films sont aussi des données culturelles et, à titre d’exemple, même si je préférerai que les héros justiciers soient exempts de cigarettes, je ne verrai pas non plus d’intérêt à réviser les classiques de la cinématographie du début du siècle pour faire disparaître cet accessoire indésirable…
    Car ne rien montrer peut aussi se retourner contre nous, les enfants ne sont pas (à mon sens) des cires vierges… Pour reprendre l’exemple de Maman Dragon, oui bien sûr, la violence de la belle-mère de Sophie dans les malheurs de Sophie est inouïe… mais (selon l’âge de l’enfant bien sûr) n’est-ce pas l’occasion de rappeler qu’il fut un temps où les enfants étaient considérés comme des demis-hommes? où leur vie et leur pensée n’étaient pas toujours respectés? Où d’atroces châtiments corporels étaient monnaie courante, et ce même à l’école… Afin de mesurer le chemin parcouru et son importance…
    A voir peut être s’il existe des références livresques de psychologue ou autre ayant réfléchi à la question (dit Mme Déjantée, en manque de bouquins… ;) )?

  4. Dans les films , comme dans les livres, il y a ce qu’a voulu dire l’auteur, à resituer dans son contexte (et en effet le regard sur l’enfance a beaucoup évolué au cours du temps), et il y a ce que nous recevons.
    Quel que soit le film, nous on aime le regarder en famille pour en parler après.
    Ce week end, nous avons regardé les 4 filles du Dr March. P’Tit Gars n’a retenu que les grimaces sur la fenêtre des enfants que gardait Jo en ville, Miss Puce a adoré les robes et les chevelures, et cela a été l’occasion de parler de la vie au XIXe siècle , pas de télé, pas d’électricité, mais des histoires qu’on se racontait ensemble, et puis les choix de vie possible pour les hommes et les femmes, etc …

  5. Pingback: Les fantômes Ed , Uk et Atif. { Mini Débrief } « Les Vendredis Intellos

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